Publié le vendredi 15 janvier 2010 à 09H51
CATASTROPHES NATURELLES. Après le violent séisme qui s'est produit à Haïti, certains Polynésiens se demandent quels sont les risques de tremblement de terre chez eux. Selon le laboratoire de géophysique, il est “relativement faible” voire “quasi nul”.
L’ESSENTIEL
- L'antenne de la Croix- Rouge en Polynésie et le collectif de soutien Tahiti- Haïti 2010, appellent aux dons pour les sinistrés d’Haïti, suite au séisme de mardi
- La Polynésie n'est pas une zone propice aux risques naturels hormis les tsunamis. Le taux de sismicité est relativement faible
- La zone active la plus proche est celle des Samoa, située à plus de 2 000 km
En effet, s'il existe une certaine sismicité, elle a pour principale cause une origine volcanique. En clair, elle est due à la formation des îles et au déplacement du plancher océanique. “Ce volcanisme crée une sismicité de faible énergie. On a souvent des petits séismes mais ils sont très rarement ressentis. Les plus forts séismes ressentis en Polynésie étaient de magnitude 4 et c'était en mars 2008. Il a été localisé dans la zone de Teahitia, à 60 km à l'ouest de la presqu'île de Tahiti. C'est le plus fort que l'on ait pu ressentir. Ensuite, il faut remonter à janvier 1985 pour observer un autre séisme d'une magnitude 4”, explique-t-on au laboratoire de géophysique. Autrement dit, les séismes sont rares au fenua. Entre 1980 à 1985, il y a eu une crise volcano-sismique, liée au volcan de Mehetia. 40 000 petits séismes ont eu lieu en 5 ans et seuls quatre d’entre eux ont vraiment été ressentis. “Ils ne sont pas inquiétants du tout”,martèle Dominique Raymond.
L'éloignement de la Polynésie des zones actives explique ce risque quasi nul de séisme. Ces zones se situent principalement sur le pourtour du Pacifique, ce qu'on appelle la ceinture de feu (un alignement de volcans qui bordent l’océan Pacifique), et qui produit 90% de la sismicité mondiale. Plusieurs milliers de kilomètres séparent la Polynésie de la ceinture de feu. “Ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'il n'y a pas de faille connue en Polynésie comme dans le cas d’Haïti, qui a un réseau de failles auxiliaires connues des géologues. Haïti est à la limite de la plaque sud-américaine et de la plaque des Caraïbes, il y a eu un coulissage horizontal. Encore une fois, nous n'avons pas cela en Polynésie. La zone de faille active la plus proche est celle des Samoa et elle est située à plus de 2 000 km. En clair, même s'il y avait un gros séisme aux Samoa ou à Tonga, on ne le sentirait pas ici”, explique le directeur du laboratoire.
En revanche, le tsunami est un risque plus grand pour la Polynésie. Et ce sont justement les très forts séismes qui ont lieu sur le pourtour du Pacifique qui produisent ces tsunamis. À ce sujet, Dominique Raymond explique : “On ne peut pas prédire les séismes, mais on peut avoir une action de prévention des tsunamis. Dans l'heure qui suit un séisme, on a toutes les informations sur ce tremblement de terre, donc nous savons si un tsunami va avoir lieu. Nous pouvons lancer des alertes si nécessaire.” Mais la dernière alerte rouge en Polynésie, celle de septembre 2009, a révélé certaines failles : plans communaux de sauvegarde pas prêts, réseau téléphonique saturé, réseau routier encombré, évacuation des écoles désorganisée ou encore des sirènes d'alerte aux tsunamis inaudibles dans certaines zones…Des points qui restent à améliorer.
JH
Zoom
Mobilisation pour Haïti

Le collectif Tahiti-Haïti 2010 a été créé à l’initiative du député maire de Papeete, Michel Buillard, qui en a été désigné président d’honneur, pour organiser l’aide des Polynésiens à l’égard des victimes de la catastrophe survenue mardi dernier à Haïti. Marcel Luccin, Patrick Bordet, Louise Peltzer, Adrien Lombard, Anne- Sophie Goupil et Vincent Law en sont respectivement président, vice-président, secrétaire, secrétaire adjoint, trésorière et commissaire aux comptes. Ensemble, ils s’associent pour faire appel aux valeurs de compassion, d’humanité, d’ouverture et de générosité de la population, pour tendre la main aux Haïtiens, aujourd’hui en profonde détresse, et se joindre à l’opération d’aide internationale massive amorcée au lendemain du tremblement de terre. “On n’est pas à l’abri d’une catastrophe, a souligné Louise Peltzer. C’est bien que des îliens pensent à d’autres îliens pour apporter cette chaleur dont on a besoin dans le malheur.”
Commerçants, chefs d’entreprise, artistes, administrations, citoyens de tout bord sont appelés à se mobiliser pour participer à cet élan de solidarité. Des urnes vont être installées à la mairie et au marché de Papeete, dans les centres commerciaux Carrefour et Champion, à la CCISM, à la Maison de la culture et à l’hôpital notamment. Des collectes de dons et des actions spécifiques seront par ailleurs mises en place dans les semaines à venir. Un concert de solidarité et une course à pied sont déjà prévus. Les dons ainsi récoltés seront envoyés à un organisme référent en métropole, que le ministère des Affaires étrangères devrait désigner dans les prochains jours. Marcel Luccin, président du collectif, a assuré “une transparence des activités et de la destination des fonds qui seront récoltés. On souhaite que la circulation d’informations se fasse efficacement de façon à ce que ce lien de solidarité naissant se renforce au sein de la population polynésienne”. Michel Buillard a, pour sa part, précisé : “Notre action entend s’inscrire dans le temps. On peut par exemple envisager le parrainage des enfants aujourd’hui orphelins.” Le député maire de Papeete a aussi annoncé qu’il fera une demande dans le courant de la semaine prochaine au conseil municipal de Papeete pour l’octroi d’une subvention. À noter également que l’antenne locale de la Croix Rouge appelle également aux dons pour venir en aide aux sinistrés d'Haïti.
Manon Hericher
Pour tout renseignement, vous pouvez contacter l’association au 42.02.76 ou 29.57.79 ou sur comitetahiti-crf@mail.pf. Vous pouvez adresser vos dons par chèques bancaires à Croix-Rouge Polynésie, BP 4492, 98713 Papeete. Concernant le travail du collectif, toutes les informations et évolutions le concernant sont disponibles sur le site Internet de la capitale www.ville-papeete.pf, derrière le logo “collectif Tahiti-Haïti 2010”. Pour toute autre information, un seul numéro : 79.99.72.








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
19/01/2010 à 10h42
Il en faudrait pourtant un de séisme dans la classe politique ...
Commentaires anonymes
18/01/2010 à 12h11
Je cite:
"Mais la dernière alerte rouge en Polynésie, celle de septembre 2009, a révélé certaines failles : plans communaux de sauvegarde pas prêts, réseau téléphonique saturé, réseau routier encombré, évacuation des écoles désorganisée ou encore des sirènes d'alerte aux tsunamis inaudibles dans certaines zones…Des points qui restent à améliorer."
Ceci devrait ameuter le Haut Comissariat avec un "droit de réponse" prioritaire !
...
A quand une réponse dans la presse , voire présentation du travail de fait en "prévention" durant votre séjour (bien payé) sous les cocotiers, vous les gens de la Protection Civile, Haut Commissariat, qui avez tout pouvoir à gérer le "plan Orsec" en cas de catastrophe locale ?
=> Alors les fonctionnaires, & élus de tout bord ..."au boulot" (comme dit OBS!)
(Il n'y a plus les GIP qui avaient été officiellement créés pour palier à votre carence (déjà) de l'époque ...)
...
Pour Haïti tout à fait d'accord avec Obs !
Commentaires anonymes
17/01/2010 à 08h31
Horrible :@
Commentaires anonymes
16/01/2010 à 15h39
- Les fonctionnaires en vacances quand il y a eu le tremblement californien sont rentrés ?
- Et pour les sinistrés de Kosovo dessus le Maeva rackettés par des GIP, ... toujours rien ?
- "Croix-Rouge", ce ne serait pas "catho-communiste" ? lol lol
- Les politiciens élus pour gérer NOTRE économie sont assez indécents de nous demander du pognon pour venir en aide aux pays sinistrés ! Gérez, vous êtes grassement payés pour ça, tiens : rognez sur les avantages des fonctionnaires ! Au boulot !