Publié le jeudi 18 mars 2010 à 09H31
BILAN 2009. Inflexion, perturbation, berne, repli, en deçà, atone… Bienvenue dans le monde gris foncé de l’économie polynésienne. Dans sa dernière “Note Expresse”, qui est le prélude au rapport annuel prévu en juin, l’IEOM trace l’état 2009 d’une économie qu’on savait déjà KO. Aucun secteur ne s’en sort à part quelques exportations, dont le poisson. Et “en dépit du plan de relance mis en oeuvre par le gouvernement polynésien, les moteurs de l’économie n’ont pas permis de retrouver le chemin de la croissance”, souligne l‘institut.
3 100 emplois détruits
L’année 2008 avait montré la voie, avec une baisse de 2,6% des effectifs salariés déclarés à la CPS. Au mois de septembre 2009 la baisse était de 4,6%. Ce sont près de 3 100 emplois qui ont été détruits sur les neuf premiers mois de l’année et ce “en dépit des aides au maintien de l’emploi mises en oeuvre par le gouvernement polynésien dans le cadre du plan de relance”, fait observer l’IEOM. Les plus fortes contractions ont surtout concerné la construction (-769 emplois), l’hôtellerie (-678 emplois) ainsi que la pêche et la perliculture (-447 emplois). On notera une légère amélioration à la fin de l’année dernière avec un mois de décembre enregistrant une progression de 1,5% de l’indice emploi salarié liée pour l’essentiel “à la reprise des embauches à durée déterminée”.
Quand le bâtiment (ne) va (pas), tout (ne) va (pas)
“Le secteur du BTP aura souffert tout au long de l’année d’une absence de perspectives rassurantes sur l’évolution de son courant d’affaires” analyse l’institut d’émission d’outre-mer. Si la commande publique a eu pour effet de faire naître un regain d’activité dans la branche des travaux publics, celle du bâtiment “a nettement pâti d’un manque de chantiers d’ampleur”. Et pour illustrer la perte de vitesse du secteur, l’IEOM relève notamment les importations de ciment et de bois transformés qui ont respectivement chuté de 24% et 20% en volume sur l’année.
La perle plombe l’export quand le poisson émerge
12,5 milliards de Fcfp équivalent à une baisse de 23%, les exportations ont enregistré une contraction en valeur d’un peu moins d’un quart. Et en matière d’exportation, la perle n’est jamais très loin, puisqu’elle assure la plus grande partie des ventes à l’extérieur. Au terme de l’année dernière, ses recettes d’exportation ont reculé de 19% et ce “en dépit d’une progression sensible des quantités exportées de 26%” explique l’IEOM. Et si le volume augmente alors que la valeur baisse c’est que le prix unitaire s’écroule. Le fait est donc rapproché par l’IEOM à la chute du prix au gramme qui “a reculé de 60% sur un an, à 500 Fcfp le gramme” mais aussi à “la suspension puis la réactivation du DSPE (taxe de 200 Fcfp par gramme exporté). Très bonne tenue en revanche du poisson dont les exportations entre 2008 et 2009 ont presque doublé, enregistrant une augmentation de 88%.
Quand les consommateurs ne consomment pas…
L’un des moteurs de la croissante s’est grippé ! “En lien avec la fragilisation de leur situation financière découlant des pertes d’emploi et malgré la tendance fortement baissière des prix, la consommation des ménages est apparue très modérée voire en panne en 2009” analyse l’IEOM. Les importations de biens de consommation et de produits de l’automobile symbolisent la morosité de la consommation accusant des replis respectifs de 9,3% et 22,9%. Mais ce sont les immatriculations cumulées de véhicules neufs qui enregistrent une considérable baisse évaluée à 26% sur 2009 “pour atteindre leur plus faible niveau enregistré depuis 1997”. Toutefois l’investissement des ménages “a été dynamisé par les dispositifs d’aides à l’habitat mis en oeuvre par le gouvernement”, néanmoins l’IEOM tempère en faisant observer que “l’attentisme, l’aggravation des tensions de trésorerie et la reconduction tardive des mesures locales de défiscalisation ont lourdement pesé sur l’investissement des entreprises”.
La Polynésie…un pays touristique ?
Le tourisme : première ressource du Pays ? Oui, enfin on va se contenter de le chuchoter… Car ce qui doit, toutes proportions gardées, devenir ce qu’est le pétrole aux Emirats Arabes Unis, s’éloigne chaque année un peu plus de son objectif. L’IEOM relève (encore une fois) les mauvais chiffres du secteur (160 447 touristes en 2009 soit une baisse de 18,3% sur un an). Cette baisse correspond à une perte de 36 000 touristes. Les hôtels en difficulté, illustrés notamment par l’épisode médiatique du Hilton, ont enregistré un taux d’occupation moyen de l’ordre de 46,5%.







