Salaires gelés pour 2010

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Publié le vendredi 22 janvier 2010 à 10H40

EMPLOI. Les négociations salariales devraient aboutir à un statu quo pour les salaires. Les syndicats de salariés et les patrons se sont mis d'accord pour d'abord maintenir l'emploi.

L’ESSENTIEL

  • Seul le secteur du bâtiment a signé un accord de revalorisation salariale de 3,02%
  • “Il y a encore six mois voire une bonne année de crise à traverser”, souligne la CGPME
  • Les patrons notent que“les syndicats de salariés ont bien compris que les entreprises souffrent” et de ce fait, ils ne sont pas dans “un objectif de revendications”

Sans surprise, les revalorisations salariales devraient plafonner à zéro cette année. Seul le secteur du bâtiment a signé un accord à 3,02%. Mais il ne s'agit en réalité que d'un rattrapage du secteur des travaux publics qui avait signé l'an dernier un accord à 3,02% sans le bâtiment. Tous les autres secteurs ne devraient pas avoir de revalorisation salariale, ou s'il y en a, elle devrait être proche de zéro. Les premières réunions se sont tenues le 12 novembre et le 17 décembre. Dès la première, les patrons avaient mis les négociations en stand-by le temps de voir ce qu'allait devenir notamment le projet de la Tis (taxe intérieure de solidarité). Certains secteurs n'ont fait qu'une réunion. D'autres se sont réunis deux ou trois fois à l'Inspection du travail. Le secteur du gardiennage et du nettoyage s'est mis d'accord sur 0% de revalorisation salariale. Les patrons et les syndicats de salariés ont déjà prévu de se revoir au mois de juin. Les salariés du secteur de l'automobile, qui a été sinistré en 2009, garderont aussi le même salaire. Mais en contrepartie, “un certain nombre de points de leur convention collective seront renégociés”, précise Hervé De Gaillande, directeur de l'Inspection du travail. Les salariés et les patrons doivent se revoir dans l'hôtellerie. Une nouvelle réunion devra sûrement avoir lieu dans le secteur des assurances et banques. Dans le secteur des hydrocarbures liquides, “les patrons n'ont pas dit zéro”, précise Hervé De Gaillande. “Mais ils n'ont pas dit beaucoup plus”. Dans le commerce, aucun accord n'a été trouvé, “mais, c'est habituel”, remarque le directeur de l'Inspection du travail. Le secteur de l'imprimerie-presse est “un des rares secteurs où les patrons n’ont pas dit zéro”. Un calendrier doit prochainement être établi.

“Tout le monde s'attendait à la position des employeurs. Les syndicats n'ont pas été trop pugnaces”, décrit Hervé de Gaillande. “Les centrales syndicales ne sont pas cette année dans un objectif de revendications. Elles sont plutôt dans une stratégie défensive pour maintenir l'emploi”, explique Yves Laugrost du syndicat A Ti'a i Mua. Même son de cloche chez les patrons. “Les syndicats de salariés ont bien compris que les entreprises souffrent. Ils veulent maintenir l'emploi”, indique Christophe Plée, le président de la CGPME. “Il y a encore six mois voire une bonne année de crise à traverser”. Le moment n'est donc pas propice à obtenir des avancées sociales. Et pour preuve, l'Inspection du travail a recensé peu de jours de grève en 2009 : moins de 2 000. Il y a eu grève aux mairies de Papara et de Pirae, à la STA, à la Stam et à la maison familiale et rurale de Papara. Ces chiffres n'incluent pas la grève générale. Mais même si celle-ci était incluse, elle n'a duré qu'une journée, on est bien en deçà des jours de grève de 2008 (12 000). Cette année-là pourtant il y avait déjà eu moitié moins de conflits dans les entreprises que l'année 2007 où on avait recensé 25 954 jours de grève. “Ce n'est pas en faisant la grève qu'on arrivera à maintenir l'emploi”, ajoute Yves Laugrost. Il est par contre difficile de savoir combien de licenciements économiques ont été effectués en 2009 et combien risquent d'être réalisés cette année. Normalement, l’Inspection du travail est destinataire d’une notification de tous les licenciements économiques, mais toutes les entreprises ne le font pas.

MT

Zoom

Baisse record de l’emploi depuis cinq ans

L'ISPF vient de publier les derniers chiffres de l'emploi sur le mois de novembre. “L'emploi marchand se stabilise”, observe l'institut. Mais “la variation de l’emploi sur un an (-4,8%) reste très inférieure à la moyenne observée sur les cinq dernières années”. Dans le commerce, l'ISPF décrit une “légère baisse de l’emploi depuis trois mois”. Aux mois d'octobre et novembre, la situation de l'emploi s'est améliorée dans la construction. Mais cette embellie n'est pas suffisante pour compenser le recul qu'a connu l'emploi dans ce secteur. Même tendance dans l'hôtellerie et la restauration. Dans ce secteur, l'emploi a légèrement augmenté. L'emploi dans l'industrie s'est stabilisé au mois de novembre tandis que les autres services marchands, l'emploi a stagné de septembre à novembre.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

23/01/2010 à 09h13

Effectivement, comment les salariés pourront-ils dépenser plus en ayant leur salaire gelé alors que les prix des produits augmentent sans cesse ?

Si le chien est enragé, faut-il tuer son maître ?

23/01/2010 à 07h16

Il vaut mieux avoir un petit (ou moyen) salaire qu’un grand (ou gros) salaire qui ne tient pas la route pour se retrouver au « sans emploi ».

Dans les grandes surfaces, si la partie « des produits froids et frais » était isolée par des baies vitrées, ou d’autres systèmes à mettre en études, pour faire des économies d’énergie, nous ne serions pas là à payer les frais. La fraîcheur des bacs congelés s’échappe et rafraîchit les packs de lessive, ect… qui se trouvent à l’autre bout de la grande surface et même s’échappe à l’extérieur si les ouvertures ne se fermaient pas automatiquement. Les frais occasionnés se trouvent aussi dans les prix des produits. Nous aimons faire nos achats dans la fraîcheur, c’est le luxe, qui n’est pas gratuit.

23/01/2010 à 06h50

Pour le patron, l’inspection du travail est un passage difficile, voir constipant, qui débouche dans une caverne bien sombre où se trouve un dragon sourd et pas gentil.
On peut toujours essayer de se défendre, comme il n’y a pas d’écoute, on n’y arrive pas. On en sort condamné, perdant et pas valorisant pour fermer sa boîte ou survivre.

Commentaires anonymes

22/01/2010 à 16h43

bloquer les salaires, c'est intéressant pour les employeurs et désolant pour les employers
Pourquoi ne pas avoir également demander le gel des prix des produits
de consommation et de services lorsque l'on voit les augmentations dans les grandes surfaces qui, eux, ne veulent pas subir la récession et répercute celle-ci sur les clients qui font partis en majorité des personnes au salaire bloqué. Pourquoi les salariés ont droit à ce régime de faveur et pas les employeurs?

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