Publié le samedi 13 mars 2010 à 11H00
HILTON. L’accord à 220 millions de Fcfp d’indemnités de licenciement a été signé hier par Otahi alors que la CSIP, la CSTP-FO et A Tia i Mua l’ont signé la veille. O oe to oe Rima a quant à lui refusé le protocole et a déposé un préavis de grève.
Ooe to oe Rima fait cavalier seul. Pour le leader syndical Ronald Terorotua, pas question de signer l’accord à 220 millions de Fcfp avec la direction de l’hôtel Hilton. “On peut faire mieux”. Aussi, hier, après une réunion avec ses adhérents salariés, assez houleuse, la confédération syndicale a décidé de déposer un préavis de grève. “Nous allons renégocier. Nous aurons cinq jours pour rediscuter et voir comment améliorer les conditions de départ par rapport à l’accord signé par les quatre autres confédérations syndicales”, a annoncé Ronald Terorotua. Et pour ne pas faire les choses à moitié, il a décidé de déposer son préavis “pour l’ensemble du groupe Wane”. Pourquoi, alors que tous les autres syndicats dont Otahi hier aprèsmidi, ont signé l’accord proposé ? Ronald Terorotua répond en toute simplicité : “Parce que le comité d’entreprise n’a pas eu les documents comptables et analytiques qu’ils devaient recevoir”. Il poursuit d’un ton amer : “Cet accord a été signé en catimini alors que nous avons jusqu’au 31 mars, date de fermeture annoncée pour négocier. Pourquoi ont-ils signé aussi vite ?”.
Ronald Terorotua, Don Quichotte du Hilton ? “Je veux juste ce qu’il y a de mieux pour l’ensemble des salariés et des actions seront menées tant que nous ne serons pas entendus”, a averti le syndicaliste. Des actions qui pourraient notamment se traduire par un blocage de l’hôtel. “C’était très émouvant. Certains vont se retrouver avec zéro franc. Avec des crédits à la banque et sans salaire. On ne peut pas rester insensible aujourd’hui”, martèle O oe to oe Rima. Le syndicat aurait souhaité être suivi par les autres confédérations et espère mieux de la direction. “Je ne désespère pas”, lance-til à ses collègues. Sauf que pour l’heure, il est seul. Car même si tout le monde semble amer à l’idée de voir l’hôtel fermer ses portes, les syndicalistes concèdent : “Ce que la direction nous propose, c’est déjà mieux qu’au départ”.
“Ronald est libre de faire ce qu’il veut. On respecte son choix. S’il estime avoir plus pour ses adhérents, tant mieux. Mais aujourd’hui, nous avons tous ratifié le protocole et je ne pense pas que la direction revienne sur ce qu’elle a déjà accordé”, a déclaré pour sa part Lucie Tiffenat de Otahi. Toutefois, elle reste pessimiste quant à l’issue d’une telle manoeuvre. “On pouvait négocier sur les indemnités. On pouvait peut-être espérer mieux en sachant qu’en fin 2008, le personnel qui a été licencié pour des raisons économiques a bénéficié de plus. Mais la situation est différente aujourd’hui. Je crois que la direction est vraiment allée au bout de ses possibilités financières. Il n’y a donc pas d’autres solutions. Quoi qu’il serait arrivé, l’hôtel aurait fermé ses portes”, a-telle précisé avant de conclure que l’hôtel aurait autrement déposer le bilan : “Ce qui aurait été beaucoup plus difficile pour tout le monde”.
L’accord proposé par la direction du Hilton propose 220 millions de Fcfp d’indemnités de licenciement. Au départ, la chaîne en accordait 155 millions. Les discussions avec les syndicalistes ont permis d’obtenir un bonus de 65 millions de Fcfp. Plus au passage, un aide pour le reclassement d’une trentaine d’employés mais en contrat à durée déterminée. Une cessation de l’activité du Hilton est aujourd’hui fixée au 31 mars. La direction de son côté, attend pour l’heure des rencontres avec O oe to oe Rima. Aucune date de négociation n’est annoncée.
Jenny Hunter
Décryptage
-
Quatre centrales syndicales ont signé l’accord : Otahi, A Tia i Mua, CSIP et CSTP-FO
-
Seul O oe to oe Rima refuse de le signer.
-
L’accord prévoit un bonus de 65 millions, les indemnités de licenciement passent ainsi de 155 millions à 220.
-
Ronald Terorotua espère négocier à la hausse durant le préavis de grève.








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
15/03/2010 à 02h18
Facile de discuter « argent » quand il ne vous appartient pas. On n’est plus à quelques millions près. Se demander comment on peut perdre son emploi définitivement, il faut se tourner vers les syndicats qui veulent tellement conserver leurs propres emplois qu’il faut les justifier par n’importe quoi (manifestations, marches, grèves, pressions…). Ils sont si utiles qu’ils arrivent à tuer « le poussin dans l’œuf ». La fermeture de l’Hôtel HILTON de Faa’a, parmi tant d’autres fermetures, est un des derniers exemples. Il y a un proverbe qui dit : « A force de tirer sur la ficelle, elle fini par se casser ». Le personnel devrait se remettre en cause à savoir que pour conserver son emploi, il faut aussi agir de telle sorte que le patron lui-même ne soit pas en difficulté pour que son affaire ne tombe pas en faillite. Les grèves qui remontent à deux ou trois ans pour obtenir par la force des avantages ou garder du personnel qui pourrait mettre en péril le bon fonctionnement de l’Hôtel ont pour conséquences sa fermeture et la perte totale du reste des employés. Les patrons qui subissent dans leurs affaires des malversations, vols, détournements, abus de confiance, exigences d’augmentations de salaire, avec en surplus une mauvaise qualité du travail, complicité, gaspillage, etc.… finiront par fermer. Récemment des vols dans un hangar (des stocks de nourritures) ne devraient pas faire « sourire » le personnel (vu à la télé)comme s’il n’est pas concerné ; au contraire il devrait s’inquiéter pour son emploi si la société devait fermer pour faillite. Il devrait même être solidaire avec leur employeur, veiller dans la fermeture et sécurité des locaux et dénoncer les préméditations et associations de vols, s’il faut, au sein même de l’entreprise quelques fois, pour protéger et perdurer son propre travail.
Commentaires anonymes
14/03/2010 à 07h14
Que font les politiques???????
Ces fermetures d'hôtel sont inquiétantes!!!!
Cela risque de nous péter à la figure!!!!
Se retrouver du jour au lendemain sans aucun salaire
pour nourrir sa famille , c'est dramatique!!!
C'est encore plus désespérant pour
ceux qui ont des traites en cours!!!
Mea ma , mea rahi tera 'i haere mai 'i muri !!!!