Raromatai Ferry prépare un “mini King”

Publié le mardi 24 août 2010 à 12H04

DESSERTE DES ÎLES SOUS-LE-VENT. La société prépare un plan de continuation avec un navire à grande vitesse de Grèce, un “mini King” selon Kim Than Trong, son directeur général. Ce bateau mesure 96 mètres et peut transporter 180 véhicules et 736 passagers.

L’ESSENTIEL

  • Le tribunal de commerce examinera le 25 octobre prochain le plan de continuation de la société Raromatai Ferry
  • La mise en place du Tahiti Nui est de la “concurrence déloyale” selon Kim Than Trong, le directeur général de Raromatai ferry
  • Quarante-quatre passagers sont descendus du Tahiti Nui hier matin

Le 6 juillet, moins de cinq mois après son arrivée, le King Tamatoa quittait la Polynésie française. Depuis, Raromatai Ferry planche toujours sur un plan de continuation. Hier, après une demande de la société, le tribunal de commerce a décidé de repousser au 25 octobre prochain l'examen de ce plan. La société souhaite poursuivre la desserte des îles Sousle- Vent avec un “mini King Tamatoa”, affirme Kim Than Trong, le directeur général de Raromatai Ferry. “On va travailler sur un nouveau bateau pour remplacer le King Tamatoa puisque celuici est en Nouvelle-Calédonie. Il appartient au groupe Veolia donc on ne peut pas y avoir accès”. Il ajoute : “On est en procès avec la SNCM (Société nationale Corse- Méditerranée, NDLR). On ne peut pas prétendre être en procès avec la SNCM et continuer avec le même bateau malheureusement”.

Ce “mini King” est un navire à grande vitesse, comme le King Tamatoa, qui se trouve actuellement en Grèce. Il mesure 96 mètres et peut transporter 180 véhicules et 736 passagers. Pour comparaison, le King Tamatoa mesure 134 mètres et peut accueillir jusqu'à 983 passagers et 250 voitures. Un nouveau projet avec un bateau plus petit, est-ce à dire que le King était trop grand et trop coûteux ? “Il est plus économe que le King Tamatoa. Mais on est limité dans le choix”, répond Kim Than Trong. “Il n'y a pas beaucoup de navires sur le marché des NGV”.

Impossible d'en savoir plus sur les tarifs et la fréquence de la desserte qui seront proposés dans ce plan de continuation. “Le plan n'est pas terminé. Je ne peux pas vous le dire. A priori il n'y a pas de raisons que ça diffère. Ce n'est pas terminé”. La question de la location, comme pour le King Tamatoa, ou de l'achat n'a pas été tranchée selon Kim Than Trong : “Cela reste à voir avec les associés”.

Pendant ce temps-là, le Tahiti Nui est revenu hier matin des îles Sous-le-Vent avec 44 passagers, soit 158 places de libres, et une voiture à bord. Vendredi, 22 passagers et cinq voitures avaient pris la direction des îles Sous-le-Vent. Le Pays va donc devoir mettre lourdement la main à la poche pour maintenir ce service conçu pour compenser le départ du King Tamatoa en ne concurrençant surtout pas les armateurs locaux et Air Tahiti. Il faut savoir en effet qu’à chaque voyage, et en ne comptant que le carburant, les salaires, l’huile et l’entretien on atteint un coût de plus de 18 000 Fcfp pour un billet Papeete-îles Sous-le-Vent. Un trajet Papeete-Bora Bora est lui vendu 8 000 Fcfp. Mais du côté de la flottille administrative, on est optimiste, “la desserte va être maintenue”, assure un agent. “Les gens commencent à appeler. Nous avons eu aujourd'hui la réservation d'un groupe d'Américains pour Huahine”. En attendant, le navire doit prendre la direction aujourd'hui de Anaa chargé notamment de vivres qui serviront au tournage du film de Mathieu Kassovitz, L'ordre et la morale. “Normalement, le bateau revient jeudi et devra être là pour sa rotation vendredi”, explique l'agent de la flottille administrative avant d'ajouter : “C'est la théorie”.

La mise en place de ce bateau fait en tout cas grincer des dents chez Raromatai Ferry, “vu les conditions dans lesquelles il est exploité, on pense qu'il y a un peu une concurrence déloyale dans la desserte”, avance Kim Than Trong qui précise ne pas avoir eu de discussion avec le Pays depuis le 16 septembre 2009, date de dépôt du dossier de défiscalisation du King Tamatoa.

MT

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En redressement judiciaire depuis juin

Raromatai Ferry est en redressement judiciaire depuis le 28 juin dernier. Pour qu’une société puisse sortir de cette procédure, il y a trois possibilités. La première, c’est l’adoption d’un plan de continuation dans lequel le débiteur s’engage à payer les créanciers selon certaines modalités. Dans ce plan, il doit prouver qu’il est en mesure de payer ces créanciers selon les modalités. La deuxième possibilité, c’est la liquidation judiciaire lorsqu’il ne peut pas y avoir de redressement de la société. Dans ce cas, les créances sont payées sur les actifs réalisés. Selon les règles de procédure collective, il peut y avoir des créances privilégiées et des créances non privilégiées. Pour le reste, les créanciers ne sont pas payés, sauf s’il y a une mesure de faillite personnelle à l’encontre des dirigeants qui permette de les poursuivre. Enfin, la dernière possibilité, c’est le plan de cession : lorsqu’un tiers est intéressé par l’activité de la société et reprend tout ou partie des actifs. Le tribunal de commerce décidera quelle sera la voie empruntée par la société Raromatai Ferry.

Mélanie Thomas
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