Quand le renouvelable émerge

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Publié le lundi 29 décembre 2008 à 09H54

PROJETS. Après la claque de la flambée des cours du pétrole qui a réveillé tout le monde sur la nécessité de penser différemment la consommation d’énergie, une conjonction de mesures et de projets voit le jour. Mais le pays reste indépendant en matière d’énergie pour seulement 11% alors que les objectifs pour 2020 ont été fixés à 50%. Pas gagné...

L’ESSENTIEL

  • La crise des derniers mois liée à la flambée du cours du pétrole a poussé nos politiques à s’orienter davantage vers les énergies renouvelables
  • Deux projets viennent d’être validés en conseil des ministres et une loi du Pays a été votée afin d’établir un régime fiscal favorable
  • Pour l’heure, les énergies renouvelables assurent un petit 11% de l’ensemble de la production d’énergie

Un cap a-t-il été franchi ? Nos gouvernants auraient-ils pris pleinement conscience du tournant stratégique qu’il était bon de prendre si on ne voulait pas voir un jour le pays asphyxié par sa dépendance à un pétrole qui pourrait devenir de plus en plus rare et donc de plus en plus cher ? Bon certes, le cours du pétrole est aujourd’hui en chute libre. Alors qu’il y a quelques mois, il se plaisait dans la stratosphère des 140 dollars le baril, aujourd’hui il a perdu plus de 100 dollars et est revenu à la raison avec un baril à un peu moins de 40 dollars. Mais jusqu’à quand ? Car si l’ensemble des experts s’accordent à dire qu’on pourra s’appuyer sur le pétrole pour assurer notre consommation encore pendant une quarantaine d’années, cela ne signifie pas que le cours, lui, ne va pas encore faire des siennes.

La claque de la flambée des cours du pétrole pendant les trois dernières années a eu en tout les cas le mérite de forcer les gouvernants et les entreprises grosses consommatrices en énergie à se tourner vers des moyens moins polluants mais surtout plus rentables. D’ailleurs, pour le maître en conférence de sciences économiques Bernard Poirine, la hausse des prix du pétrole “est une bénédiction”, parce que justement les prix atteints par le pétrole ont rendu les solutions alternatives plus intéressantes économiquement parlant. Et quand on sait qu’au fenua seulement 11% du total de la production d’énergie sont assurés par les énergies renouvelables (dont 99% par l’hydraulique, équivalent à 30% des besoins en électricité), on reste à la merci d’une dangereuse dépendance au pétrole. Autant dire que le chemin est encore long, surtout quand on sait que le gouvernement a fixé à 50% l’objectif à atteindre à l’horizon 2020, soit dans 11 ans.

S’il existe depuis bien longtemps des projets au stade de la réflexion, certains pourraient à court ou moyen terme sortir de terre. C’est le cas de deux projets validés au cours du dernier conseil des ministres. Il s’agit tout d’abord d’un procédé utilisant l’énergie thermique des mers (voir encadré). Au terme d’un accord avec les spécialistes japonais de Xenesys, la société Pacific Otec envisage en effet d’installer une centrale offshore. Dans les faits, il s’agira d’une énorme bouée au large utilisant la différence de température des eaux pour produire de l’électricité et la revendre à EDT. Le second projet, il est connu, et est relatif à une centrale photovoltaïque (panneau solaire) sur le toit du supermarché Carrefour de Punaauia. Ainsi le conseil des ministres a accordé l’autorisation à la société Ecoenergy de produire de l’électricité à partir de cette future centrale. Concrètement, seront installés sur le toit du centre commercial des panneaux solaires équivalent à une puissance totale d’un peu plus d’un million de WC (Watt Crête qui est l’unité définissant la puissance nominale d’un panneau solaire). Ce “champ solaire” devrait permettre d’assurer une fourniture d’énergie de l’ordre de 1,5 million de KwH sur une année, soit 25% de la consommation électrique totale du magasin.

La formulation de ces avis favorables s’accompagne de la possibilité de rachat par l’EDT du KwH produit par le solaire –fixé à 35 Fcfp en conseil des ministres et pour une période allant du 1er janvier au 30 juin 2009– et de mesures fiscales dont l’absence bridait jusqu’alors le marché des énergies renouvelables. Votées à l’assemblée en bénéficiant d’une unanimité politique, ces mesures concernent notamment la réduction des coûts liés à un tel investissement et l’exonération de taxes sur l’importation de matériel.

L’année 2009 sera-t-elle alors l’année des énergies renouvelables ? Vu d’où on part, le peu qu’on puisse apporter est déjà semblet- il beaucoup, mais tout risque de dépendre encore une fois des cours de l’or noir.

PL

Décryptage

Qu'est-ce qui peut fonctionner en Polynésie ?

Solaire photovoltaïque : La lumière du soleil est transformée directement en électricité par des modules photovoltaïques composés de petites tranches de silicium.

Solaire thermique : Des capteurs transforment l’énergie du rayonnement solaire en chaleur véhiculée par de l’eau. Ce principe est utilisé notamment pour fournir de l’eau chaude sanitaire (chauffe-eau solaire).

Éolien : Les célèbres pales tournant au grè du vent.

ETM (énergie thermique des mers) : Sur d’immenses régions de l’océan tropical, la différence des températures entre l’eau de surface et l’eau profonde est supérieure à 20°C. Ce phénomène naturel peut être exploité selon le procédé dit Énergie thermique des mers – ETM.

Hydroélectricité : Cette énergie provient essentiellement du passage de l’eau à travers les barrages.

Climatisation à l’eau de mer : Il s’agit d’aspirer de l’eau de mer en profondeur et d’en utiliser la fraîcheur pour les circuits de climatisation.

Biocarburant (huile de coprah) : Les biocarburants sont des produits de l’agriculture pouvant se substituer à l’essence, au gazole ou au fioul domestique. Ils sont utilisés purs ou mélangés aux produits pétroliers.

Hydrolien : L’hydrolien est l’équivalent de l’éolien en milieu marin.

Houle : Elle peut être utilisée pour donner de l’électricité via une centrale houlomotrice.

Biogaz : Le biogaz est le résultat de la fermentation anaérobie des déchets organiques.

La bouée électrique…

Et si l’espoir d’une dépendance moindre au pétrole venait de la… maréthermie. Autrement dit de l’utilisation de la différence de température entre l’eau froide des profondeurs et l’eau chaude de la surface. Validé en conseil des ministres, le projet est supervisé par Pacific Petroleum Company qui en s’alliant avec les experts japonais de Xenesys a créé les sociétés Pacififc Otec qui aura la charge d’exploiter la centrale et Xenesys Pacific qui pour sa part se lancera dans la recherche. En fait de centrale, il devrait s’agir d’une énorme bouée d’une circonférence d’une cinquantaine de mètres posée au large et qui aspirera l’eau. Elle jouera avec les différences de températures entre les eaux des profondeurs et celles plus chaudes en surface afin de produire de l’électricité. Techniquement, la différence de température permettra de refroidir et réchauffer un mélange ammoniaqué qui en s’évaporant produira une pression permettant en bout de chaîne le fonctionnement d’une turbine. L’idée est d’assurer une production brute de cinq mégawatts et de revendre la production utilisable à l’EDT. Ce qui a poussé PPC à s’orienter vers l’énergie thermique des mers, plus connue sous le nom de Otec (Ocean thermal energy conversion) c’est “la stabilité et le fait qu’on peut le mettre partout”. Il est vrai que cette technique est particulièrement adaptée pour nos latitudes puisque ne pouvant s’utiliser que sur des zones où il existe de grands écarts de températures soit, l’ensemble de la ceinture tropicale.

 

Patrice Lafforge
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02/01/2009 à 11h27

Je ne pense pas qu'on ira jusqu'au bout des projets. Tout ce tintamarre (à part le projet de Carrefour) je n'y crois pas beaucoup. Car il n'y aura que des particuliers et des Industriels qui se lanceront, soit en Solaire soit en Eolienne et fabriqueront du Biocarburant. Le gouvernement ne se lancera jamais, ils sont trop incapables et auront trop peur de perdre leur place. Souvent lorsque des demades de permis de construction surtout des grands immeubles, 2 choses doivent être exigées, parking souterrain et au moins éclairage au solaire et chauffe eau. Même pour les maisons individuelles. Voilà une partie de ce qu'il faut exiger, pour commencer à être autonome du pétrole. Je croyais même que l'ETM avait été abandonné et la société était partie à la REUNION pour expérimenter cette Energie.
Alors éclairez moi.

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