Noir, c'est noir...

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Publié le mercredi 26 novembre 2008 à 15H36

C'est la crise ! La dernière enquête de conjoncture trimestrielle* réalisée par l'IEOM confirme l'état de délabrement de l'économie polynésienne auquel on peut ajouter des perspectives peu réjouissantes. L'introduction du document plante d'ailleurs les éléments d'un décor malheureusement déjà bien ressenti : “Alors qu’un cycle de récession s’enclenche à l’échelle planétaire, la Polynésie française a précédé le mouvement”. Et l'IEOM d'évoquer “le tassement de la consommation d’électricité moyenne tension”, “le marasme” évoqué par les participants à l’enquête de conjoncture, “une nette accélération de l’inflation”…

Et ce sont pratiquement tous les secteurs de l'économie qui font grise mine avec une agriculture touchée de plein fouet par le manque de précipitations, une industrie où “le découragement a… prévalu”, un BTP où les dirigeants “ont perdu leur optimisme et reconnu avoir ajusté leurs effectifs à la baisse”, un commerce “qui a pris pleinement conscience de l'affaiblissement de la consommation des ménages”, une hôtellerie internationale en crise, des services marchands qui se sont plaints “de l'inconsistance de leur activité et de leurs carnets de commande” et des exportations en chute. Dans cette grisaille générale, seul l'agroalimentaire semble espérer “un maintien autour de l'équilibre de [sa] trésorerie”. Maigre consolation. Surtout que pour la fin de l'année, on évoque une possible “déferlante de licenciements”.

PL

* Pour réaliser le document de conjoncture trimestriel, l'IEOM se base notamment sur des données statistiques et les résultats de l'enquête réalisée chaque trimestre auprès d'un échantillon d'entreprises de la région.

COMMERCE EXTERIEUR

Exportations en chute libre

chiffre3Si les importations en glissement annuel –de septembre 2007 à septembre 2008– enregistrent une hausse (+15,5% en valeur et +3,5% en volume), les exportations, elles, s'effondrent. De septembre 2007 à septembre 2008, elles ont tout simplement perdu 48,5% en valeur. Le document de l'IEOM confirme d'ailleurs que les branches tournées vers les marchés extérieurs “ont particulièrement souffert”. Au premier rang, la perle de Tahiti dont les recettes d'exportations de janvier à septembre de cette année ont plafonné à 3,7 milliards de Fcfp contre 7,6 milliards de Fcfp un an plus tôt. L'Institut fait remarquer à juste titre que la décision de suspendre le DSPE (la taxe au gramme de perle exportée) pour les trois derniers mois de l'année 2008 a eu pour effet “de mettre un brutal coup d'arrêt aux exportations en septembre”. Il est en effet logique que les exportateurs aient attendu la suspension de la taxe avant de faire sortir leur produit. Idem pour le poisson dont les exportations en cumul de janvier à septembre 2008 "ont diminué de moitié” (319 tonnes contre 510 en 2007). Le nono, plus qu'un autre produit, ne contrecarre pas la tendance. Sévèrement concurrencé par des pays producteurs proposant des tarifs beaucoup plus bas qu'en Polynésie, les exportations en glissement annuel de celui qui est souvent qualifié de “produit miracle” ont baissé de 30% en volume.

BTP

Effectifs en baisse

C'est l'un des forts symboles de l'activité d'un pays, le secteur du bâtiment et travaux publics. Et en Polynésie, il broie du noir. “Au troisième trimestre, a relevé l'IEOM, les dirigeants du BTP ont perdu leur optimisme et reconnu avoir ajusté leurs effectifs à la baisse.” Dans l'ensemble, les dépenses liquidées par les pouvoirs publics ont été “décevantes”. Pour la direction de l'Équipement, elles ont été de 4,9 milliards de Fcfp sur les neuf premiers mois de l'année contre 6,4 milliards de Fcfp l'année précédente.

TOURISME

Fréquentation en berne

C'est une année à oublier. Le secteur, on le sait, est en perte de vitesse et les données ne font que froidement confirmer la morosité d'un domaine censé nous apporter les plus importants revenus. “Avec seulement 150 395 visiteurs étrangers entre janvier et septembre 2008, note l'IEOM, la fréquentation touristique s'est inscrite en repli de 8,3%”, contre 163 931 touristes pour la même période l'année dernière. Soit largement en deçà des performances enregistrées sur l'Océanie qui font état d'une hausse certes modeste mais tout de même de l'ordre de 0,4%. Les principales zones émettrices (Europe -2%, États-Unis -12,8%, Japon -16,3%, Pacifique -15%) ont été affectées notamment par “l'évolution des taux de change et de la surcharge carburant”, estime l'Institut. De fait, et malgré une baisse des tarifs, le coefficient moyen de remplissage de l'hôtellerie internationale a continué à se dégrader : 62,1% en septembre 2008 contre 66,4% en septembre 2007 et 72,2% en septembre 2006.

EMPLOIS

Contraction de l'emploi

chiffre1Parmi les impressions recueillies dans le cadre de l'enquête de conjoncture par l'IEOM, les responsables des sociétés confessent “avoir été contraints de réduire leurs effectifs”. L'Institut statistique fait observer un tassement de l'emploi salarié dans le secteur marchand de -0,6% entre la période de septembre 2007 et septembre 2008, ce qui reste très inférieure à la moyenne observée sur les cinq dernières années. Les baisses les plus significatives se rencontrent dans les secteurs de la construction (-4,4%) et l'hôtellerie- restauration (-2,7%).

PERSPECTIVES

Une possible déferlante de licenciements

On pourrait assister à “une déferlante de licenciements”. L'expression qui sort tout droit de l'IEOM pourrait bien être la tendance des trois derniers mois de cette année. Les services marchands ont fait part “de l'inconsistance de leur activité”, souligne l'IEOM, “justifiant ainsi leurs intentions de licencier”. Les responsables du commerce “ont pris pleinement conscience de l'affaiblissement de la consommation des ménages… et leur volume d'affaires n'a pas décollé selon leurs attentes”. Dans l'hôtellerie et selon les soldes d'opinions, “le choix d’une limitation des effectifs et d’une application de rabais tarifaires semble avoir été privilégié”. Idem dans l'industrie où les réponses à l’enquête de conjoncture “suggèrent que les compressions de personnel ont été la norme pour le deuxième trimestre d’affilée”.

INDICE DES PRIX/CONSOMMATION DES MENAGES

Consommation altérée

chiffre2L'IEOM a noté “une nette accélération de l'inflation” soutenue par l'évolution d'un indice des prix à la consommation de +4,5% en glissement annuel en septembre. La vigueur de la consommation des ménages pour sa part a été altérée selon l'IEOM, notamment par l'inflation et la morosité du marché de l'emploi. Les importations de biens en consommation (hors alimentaire) “n'ont enregistré que +1,4% en glissement annuel sur les trois quart de l'année, fait observer l'IEOM et de poursuivre, les immatriculations de véhicules neufs ont presque stagné”.

Patrice Laforge
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05/12/2008 à 19h01

je ne suis pas surpris de cette morosité de notre économie, celà date déjà depuis plusieurs années. Aucun gouvernement depuis ces 30 dernières années n'a pensé à faire de la Polynésie et de Tahiti un HUB aussi bien Aéroportuaire que Maritime. En 2005 j'ai vu un rapport pour que Tahiti soit un HUB pour les futurs porte-conteneurs qui deviendront de très gros porteurs ils laissent tomber les Fiji car Tahiti étant sur les lignes sud-américaines ou néo zélandaises et australiennes vers l'Asie et l'Amérique du nord, est plus propice à ces mégatransporteurs. Malheureusement ce projet a été mis sous le coude de Temaru et les autres, les auteurs de ce projet se sont tournés vers la Réunion et je crois même que c'est l'Ile Maurice qui a été choisi je ne suis pas sùr à 100% De toute manière je suis très déçu des responsables de notre Fenua, que ça soit Etat ou Local rien n'a été fait . Pourtant il y avait de quoi, lorsque la Polynésie a été choisie pour loger le CEA/CEP. il y a eu cette affluence de personnes. Mais notre Agriculture a été délaissé, notre pêche on l'a envoyée dans les abyssese etc... Maintenant où en sommes-nous. pourquoi n'avoir pas regardé du côté de la Nouvelle-Calédonie eux avaient le minerai de Nickel et nous l'immensité de notre surface Maritime, les néo-calédoniens ont forcé sur leur industrie, ils font un chiffre de 185 milliards de frs cp et notre pauvre industrie ne fait que 93 milliards, mais attention leur industrie est consommée entre 75/80% en Nouvelle-Calédonie même, tandisque chez nous, nous consommons à peine 25 % de notre production il y a trop de consommation de produits importés, le Polynésien préfère les produits étrangers au lieu du sien propre qui a quand même une meilleure qualité sur certaines importations. J'ai encore d'autres réflexions à faire mais là il me faudrait le Journal entier. il y a tout à dire. Je ne veux pas faire de la critique négative, au contraire tout ce que je dis reste dans la logique. On a oublié de dire que le CEA/CEP n'était que temporaire. Voilà j'arrête pour aujourd'hui mais si Muriel Pontarollo veut que je dévoile tous mes projets je le ferai avec plaisir. AVE à Tous et Toutes.

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