Les techniciens polynésiens à l’oeuvre

Publié le jeudi 29 juillet 2010 à 09H48

CINÉMA. Durant près de deux mois, près de 125 Polynésiens seront appelés à travailler derrière la caméra pour le bon déroulement du prochain film de Mathieu Kassovitz, L’ordre et la morale. Certains ont commencé à monter les décors.

L’ESSENTIEL

  • La production du film assure que le tournage de L’ordre et la morale injectera quelque 500 millions de Fcfp dans l’économie locale
  • Elle a déjà recruté certains rôles et techniciens. Une chance pour ces jeunes Polynésiens qui découvrent l’univers d’une grande production
  • Un casting sera organisé les 16 et 17 août pour dénicher des cascadeurs

Ils sont “toute l’équipe” que l’on remercie lors des différentes remises de prix dans les prestigieux festivals du 7e art. Ces travailleurs de l’ombre, que l’on ne voit jamais sur la pellicule, sont les artisans du bon déroulement de la réalisation. L’ordre et la Morale, le prochain long-métrage de Mathieu Kassovitz, fera participer le petit monde du cinéma polynésien. Depuis quelques semaines déjà, une cinquantaine de jeunes polynésiens dispatchés entre Tahiti et l’atoll de Anaa s’affèrent à la tâche : à la construction des différents décors, à la “régie générale” qui contrôle les matériels et personnels à acheminer dans les divers lieux stratégiques.

Tout ceci ne se fait non sans mal, car si ces jeunes hommes et femmes ne manquent pas de bonne volonté et d’énergie, la production générale doit faire avec leur manque d’expérience. “Il est clair que sans ces petites mains, ce film ne pourrait se faire”, indique la productrice exécutive Marie-Ève Tefaatau. “Cela était d’ailleurs un des premiers souhaits de la production à Paris, elle voulait absolument des Polynésiens actifs, qui sachent prendre des responsabilités et surtout des initiatives pour des postes très valorisants”. “C’est très motivant pour ces jeunes, qui se retrouvent pour la première fois sur un projet aussi énorme que celui-ci” même s’il y a un inconvénient : “le manque d’expérience de ces personnes, qui n’ont pas l’occasion en Polynésie de pouvoir travailler à des postes comme cela. Nous devons donc les accompagner au maximum et les guider quotidiennement pour éviter les erreurs. Mais heureusement la bonne humeur règne et les choses se font naturellement”. Pas moins de 125 Polynésiens travailleront au final sur ce film qui sortira au prochain festival de Cannes. Ce à quoi il faut rajouter les 200 acteurs et figurants embauchés pour le tournage. “Le film injectera directement plus de 500 millions de Fcfp dans l’économie du fenua” assure la productrice exécutive.

Seule ombre au tableau : la production attend encore l’aide du Pays qui doit théoriquement mobiliser sa flottille administrative pour acheminer les tonnes de matériels et les centaines de personnes indispensables à la réalisation. “Nous devons actuellement chartériser les avions d’Air Tahiti pour parer au plus pressé. Nous sommes un peu dans le flou et cela plombe déjà notre budget qui est extrêmement serré”, lâche Marie-Ève Tefaatau, légèrement angoissée.

Pour l’instant, la production poursuit ses castings. Une quarantaine de cascadeurs seront sélectionnés les 16 et 17 août prochains au Sofitel Tahiti. “Nous désirons des sportifs, peu importent leurs origines. Nous ne leur demanderons pas de sauter d’un avion, mais de savoir faire des roulades et autres acrobaties”, précise-t-elle. Par ailleurs, des figurants sont toujours recherchés, il leur suffit d’envoyer leur photo et leurs coordonnés à pacificproduction@ mail.pf.

NP

Nicolas Perez
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