Publié le samedi 02 mai 2009 à 10H33
1ER MAI. Seul Otahi et la CSTP-FO ont répondu hier matin à l’invitation du ministre du Travail. Otahi est venu accompagné des patrons et de salariés d’une entreprise du BTP.
L’ESSENTIEL
- La CSTP-FO envisage un préavis de grève si le directeur du port autonome change à nouveau
- Le secrétaire général de O Oe to oe Rima n’a pas attendu d’être reçu par le ministre, mais lui a transmis ses doléances par lettre
- A Ti’a i Mua a demandé à être reçu la semaine prochaine. La CSIP a décliné l’invitation
Seules deux organisations syndicales sur cinq ont répondu présent hier matin à l’invitation du ministre du Travail Pierre Frébault pour exposer leurs doléances. La CSTP-FO qui a été le premier syndicat à être reçu a fait part de ses inquiétudes pour les personnels de l’éducation quant au transfert de la dotation globale et pour le port. Mahinui Temarii, bras droit de Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO qui est actuellement en dehors du Pays, a souligné : “Depuis que James Salmon est redevenuministre en charge du Port, il veut encore changer de directeur. Alors qu’il ne reste que deux points à régler au port avec l’actuel directeur”. Le syndicaliste menace : “Si le ministère persiste à changer de directeur à chaque fois, je pense qu’on mettra un préavis de grève pour demander l’augmentation des débarquements”.
Ensuite, Otahi s’est fait entendre. Sa secrétaire générale Lucie Tiffenat est venue avec une dizaine de salariés de la société GL constructions, armés de banderoles, et aussi de ses patrons. Pour la première fois, des patrons ont été reçus par le ministre du Travail pour le 1ermai. “Aujourd’hui, on a de l’activité pour une trentaine de personnes. Au mois de décembre, nous avions un effectif moyen de 125 salariés”, décrit Jean-Claude André, responsable de l’administration de la société GL constructions. “Aujourd’hui, nous tournons à 84 CDI. Pas loin d’une vingtaine de salariés en CDD n’ont pas été renouvelés. D’ici la fin du deuxième trimestre si nous n’avons pas de perspectives vers de nouveaux chantiers, nous aurons du mal à conserver les emplois”. “La volonté du gouvernement est d’aller très vite”, a assuré Pierre Frébault. Celui-ci a mis en avant les projets de grands travaux et les projets immobiliers en défiscalisation pour relancer l’économie, dont “bon nombre” ont été “agréés” en conseil des ministres cette semaine. Le ministre a aussi souligné que les mesures “Relance convention emploi” et “Incitation au maintien de l’emploi” doivent passer mardi en commission à l’assemblée.
Le secrétaire général de O Oe to oe Rima s’est déplacé jusqu’au ministère. Il a remis une lettre à Pierre Frébault mais n’a pas attendu d’être reçu. “Ça fait des années que nous avons patienté. Encore une fois le 1er mai ce n’est pas à eux de nous imposer la façon de faire les choses”, a-t-il expliqué aux médias. “Si monsieur le ministre ne veut pas nous voir aujourd’hui, peut être nous reverronsnous dans les prochains jours dans la rue”. Jean-Marie Yan Tu, secrétaire général de la CSTP-FO, a lui demandé à être reçu par le ministre la semaine prochaine tandis que Cyril Le Gayic de la CSIP a décliné l’invitation.
MT

MAHINUI TEMARII, secrétaire général adjoint de CSTP/FO
“Un préavis de grève si leministère persiste à changer de directeur”
“Depuis 2004, il y a eu des grèves au port qui ont débouché sur des accords. À chaque fois qu’il y a un nouveau ministre, il met son directeur en place et les accords ne sont jamais appliqués. Quand Tong Sang a été mis en place, ils ont changé de ministre et ont mis en place un nouveau directeur. J’ai dit au ministre que c’est peut-être mieux de mettre un jeune comme directeur du port. Comme ça il peut rester longtemps à ce poste. Mais il a voulu mettre quelqu’un qui est déjà à la retraite. Finalement, j’ai regretté ce que j’ai dit car Patrick Bordet a bien fait son travail. Je le remercie beaucoup. Depuis que James Salmon est en place, il veut encore changer de directeur alors qu’il ne reste que deux points à régler au port. On ne peut pas accepter cela. Si le ministère persiste à changer de directeur à chaque fois, je pense qu’on mettra un préavis de grève pour demander l’augmentation des débarquements.”
RONALD TEROROTUA, secrétaire général de O Oe to oe Rima
“Peut-être nous reverrons-nous dans les prochains jours dans la rue”
Pourquoi n’allez-vous pas rencontrer le ministre ?
“Ce n’est pas de notre faute en tout cas. Nous sommes présents aujourd’hui et la porte n’est pas ouverte (le ministre recevait à ce moment-là le syndicat Otahi, ndlr), peut-être parce que nous sommes la dernière organisation syndicale cette année. On essaiera de reconquérir cela. Le 1ermai c’est quoi ? C’est la commémoration des milliers de salariés qui ont été tués par la milice américaine en 1986. C’est ça le 1er mai. Je suis déçu que le 1er mai ne soit pas encore réellement connu en Polynésie française. Nous aimerions ces prochaines années commémorer vraiment le 1er mai avec les organisations syndicales : à savoir aller dans les rues et montrer que nous sommes mécontents. Il y a des licenciements partout. On veut maintenir les emplois avec une subvention, avec nos sous à nous. Ce n’est pas la solution. Si monsieur le ministre ne veut pas nous voir aujourd’hui, peut-être nous reverrons-nous dans les prochains jours dans la rue.”
Pourquoi n’attendez-vous pas la fin de la rencontre avec Otahi pour être reçu ?
“Ça fait des années que nous patientons. Encore une fois, le 1er mai ce n’est pas à eux de nous imposer la façon de faire les choses. Pour quoi ne pas faire une tribune ouverte pour toutes les organisations syndicales plutôt qu’un huis clos ?”
Vous avez remis une lettre aux ministres. Quelles sont vos doléances ?
“Je lui ai écrit simplement que dans certains pays, Fidji ou les îles Mariannes, le gouvernement a pris la décision de baisser ses salaires de 50%. Je demande à ce que le gouvernement en fasse autant ou alors qu’ils refusent de toucher leurs indemnités de chômage. Nos dénonçons aussi l’outrance des subventions pour venir en aide, non pas aux salariés, mais aux entreprises qui sont en difficultés ce n’est pas comme ça qu’on vamaintenir l’économie de ce pays. Il faut changer les moeurs.”
Quels secteurs pourraient être concernés par un préavis de grève ?
“Pourquoi pas l’hôtellerie ? Comme ça l’IME (Incitation au maintien de l’emploi) ne sera pas utilisée, la CRE (Convention relance emploi) non plus et pourquoi pas Air Tahiti Nui qui est vraiment en difficulté ?”
MÉLANIE THOMAS LUCIE TIFFENAT, secrétaire générale de Otahi
“Je suis satisfaite”
Quelles doléances avez-vous présentées au ministre ?
“Nos doléances ont porté principalement sur la protection de l’emploi qui manque cruellement aujourd’hui. J’ai demandé au ministre s’il ne pouvait nous aider à renforcer les dispositions pour protéger les salariés en cas de licenciements économiques. Nous avons aussi demandé au ministre une aide pour accompagner les familles touchées par des licenciements. Nous n’avons pas les moyens légaux pour bien les protéger. Nous estimons que le gouvernement pourrait tendre la main et les accompagner.”
Vous êtes venus avec les patrons d’une société. Pourquoi ?
“Les dirigeants de cette société ont accepté de nous accompagner pour rencontrer le ministre pour qu’il voie les difficultés qu’ils rencontrent. Ces employeurs ne souhaitent pas procéder à des licenciements économiques car ce n’est pas la solution.”
Êtes-vous satisfaite de cette rencontre ?
“Je suis satisfaite puisque le ministre nous a fait savoir que des projets de délibération ont été adoptés récemment par l’assemblée concernant des avancées sociales, surtout pour la fonction publique. Les agents de la fonction publique n’avaient pas le droit à certains congés et rejoignent leurs camarades de l’ANFA. Il ne peut pas activer plus puisqu’il doit se plier à la réglementation.”








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Commentaires anonymes
02/05/2009 à 13h19
Dans les spécificités locales il y a la non-culture syndicale, donc l'absence quasi unique au monde de non-fête du 1er mai, pas de défilé sympathique dans les rues, rien de bien valorisant.
Certains leaders "syndicaux" viennent d'être condamnés pour incitation à la haine raciale, et Otahi qui se félicite "d'avancées sociales ... surtout pour la fonction publique "... un comble !
Illettrisme ? ?