Les entreprises dans le rouge

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Publié le mercredi 17 décembre 2008 à 10H17

ÉCONOMIE. Les chefs d'entreprise polynésiens sont plus inquiets que jamais. Voilà ce qui ressort de leurs réponses à un questionnaire expédié par le CEPF (voir encadré). 65% ont d'ores et déjà suspendu leurs projets d'investissements et 73% ont reporté les enregistrements de commandes.

L’ESSENTIEL

  • Les chefs d'entreprise tirent –une nouvelle fois– la sonnette d'alarme. La bombe économique est prête à exploser en 2009
  • Les réponses de 55 chefs d'entreprise à un questionnaire, expédié par le conseil des entreprises de Polynésie, sont pour certaines alarmantes
  • 65% ont d'ores et déjà suspendu leurs projets d'investissements, 77% s'inquiètent à court terme pour leur trésorerie

À l'instar de l'initiative du Medef en métropole, le CEPF (le conseil des entreprises de Polynésie française) a expédié début décembre à tous ses membres, environ 500, un questionnaire (le même que celui du Medef) pour mieux comprendre leurs inquiétudes, dresser un état des lieux de la situation économique et cerner leurs attentes. Cinquante-cinq y ont répondu. Cinquante-cinq patrons qui emploient 3 000 salariés.

Pour imager le désarroi dans lequel sont aujourd'hui plongés les patrons, le président du conseil, Bruno Bellanger, les décrit comme "enchaînés à un poteau au milieu d'un terrain de paint-ball" et "peu importe qui tire, on est de toute façon éclaboussé par la peinture". Les effets conjugués de "l'instabilité politique, d'une absence de politique de développement depuis 5 ans, de la dégradation de l'activité touristique et de la crise financière" ont allumé la mèche d'une bombe économique prête à exploser en 2009. Les indicateurs sont mauvais. "De manière unanime, les 55 entreprises qui se sont exprimées font état d’une diminution de leur carnet de commande, dont 93% sur le long terme" et ils estiment n'avoir aucune visibilité pour 2009, ou seulement une marge de manoeuvre "incertaine".

Plus de la moitié (65%) ont d'ores et déjà suspendu leurs projets d'investissements et 73% ont répondu qu’ils reportaient les enregistrements des commandes. Quinze se voient contraints de procéder à des licenciements. "Dans un contexte très difficile, si certains dirigeants envisagent de fermer leurs entreprises, d’autres optent pour des mesures de réduction de leurs effectifs en attendant des jours meilleurs : limitation des CDD et du personnel intérimaire, incitation aux départs volontaires sans remplacement ou encore réduction du temps de travail", peut-on lire dans le dépouillement de ce questionnaire (lire l’intégralité ci-dessous).

Quand à savoir combien exactement de plans sociaux sont en cours ou seront lancés en 2009, le CEPF dit ne pas disposer de ce genre de données. L'évocation du budget 2009 du Pays, décrit par le président Gaston Tong Sang comme un "budget de relance", ne provoque pas l'enthousiasme : "C'est un projet de relance par l'investissement. Nous estimons qu'il n'y a pas assez d'aides directes, ce qui aurait été complémentaire", selon Bruno Bellanger. Alors, que veulent les chefs d'entreprise ? "Le maintien à leur niveau actuel, voire à la réduction, des charges fiscales et sociales ; la baisse des coûts de l’énergie et du fret inter-îles ; le renforcement des fonds propres ; et l'aménagement du temps de travail." À la veille de l'ouverture de la session extraordinaire, où est prévu l'examen du budget 2009, à bon entendeur…

FR

Questionnaire du CEPF

77% des patrons inquiets pour leur trésorerie

  • Vous sentez-vous impacté par la crise financière ?
82% des entreprises ont répondu “oui” avec des degrés différents, 26% s’estimant beaucoup impactées.
  • Si “non”, pensez-vous que vous serez impactés par la crise financière ?
Sur les neuf entreprises ayant répondu “non” à la question précédente, 95% estiment qu’elles seront impactées, 25% d’entre elles prévoyant de l’être au cours du prochain trimestre et 25% d’ici six mois.
  • Si oui, à quel niveau ?
Pour l’ensemble des secteurs d’activité, l’impact de la crise se traduit par une baisse des chiffres d’affaires et une hausse des charges d’exploitation. Le ralentissement de l’activité des entreprises industrielles, hôtelières et des services a par ailleurs des effets induits sur les agences de formation et d’intérim. La baisse de la consommation des ménages et le resserrement des crédits bancaires accordés aux particuliers ne sont pas sans répercussion sur les activités commerciales.
  • Quelle est l’évolution de votre carnet de commande ?
De manière unanime, les 55 entreprises qui se sont exprimées font état d’une diminution de leur carnet de commande dont 93% sur le long terme.
  • Quelle est votre visibilité pour 2009 ?
“Aucune” et “incertaine” sont les deux réponses majoritairement données.
  • Avez-vous enregistré des reports de commandes ?
73% des chefs d’entreprise ont répondu par l’affirmative, les représentants du secteur de l’hôtellerie précisent, quant à eux, ne pas avoir eu des reports mais des annulations.
  • En termes d’emplois, quel est votre intention :
Sur 55 chefs d’entreprises, 43 se sont exprimés :

-Seulement trois envisagent d’embaucher

-25 se prononcent pour le maintien de leur effectif actuel

-15 se voient contraints de devoir procéder à des licenciements

  • Avez-vous constaté des délais supplémentaires dans le règlement de vos clients ?
72% des chefs d’entreprise estiment que les délais de règlement de leurs clients se sont allongés, passant de 15 à 60 jours et plus.
  • Avez-vous constaté un durcissement dans vos relations avec :

-votre banquier : 54% des chefs d’entreprise répondent “non” alors que 20% estiment “un peu” et 6% “beaucoup”

-votre assureur-crédit : 75% répondent également par la négative

  • Avez-vous déjà suspendu des projets d’investissements ?
65% des réponses sont affirmatives. Ces suspensions portent sur des projets d’agrandissement, et des investissements en matériels qui sont reportés de six mois, voire plus.
  • Allez-vous suspendre des projets d’investissements ?
74% des chefs d’entreprise annoncent se limiter aux stricts besoins de renouvellement de leur outil de production. En outre, une absence de signes forts et durables de reprise économique pourrait déboucher sur des risques de délocalisation des investissements.
  • Avez-vous déjà suspendu des projets de Recherche et développement ?
La réponse est “non” pour 74% des opinions exprimés.
  • Allez-vous suspendre des projets de Recherche et développement ?
La réponse est “non” pour 57% des opinions exprimés.
  • Quelles sont vos priorités à court terme ?
La trésorerie est de loin la préoccupation la plus importante pour 77 %.
  • Quelles mesures souhaiteriez-vous obtenir en priorité ?

De manière globale, il ressort quatre constantes :

-Le maintien à leur niveau actuel, voire à la réduction, des charges fiscales et sociales

-La baisse des coûts de l’énergie et du fret inter-îles

-Le renforcement des fonds propres

-La réduction du temps de travail Pour le secteur de l’hôtellerie, le maintien de la défiscalisation des investissements est hautement souhaité tout comme la mise en place d’un plan de relance de l’activité touristique. Un plus grand soutien des banques est souhaité par les entreprises de services, le secteur de l’audiovisuel demande, quant à lui, la pérennisation des aides financières obtenues.

  • Observations particulières
Si certains chefs d’entreprise s’inquiètent sur les capacités des hommes politiques locaux à réagir face à une crise majeure, les intervenants du secteur touristique (hôtellerie et prestataires de services) sont soucieux quant à la pérennité de la compagnie ATN et aux conséquences de l’annulation des vols prévus pour le début de l’année 2009.

Florence Richard
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19/12/2008 à 11h07

Là je ne comprends pas qu'il n'y ait personne qui ne fasse des commentaires, s'en foutent-ils de leurs emplois ou de leurs entreprises? Je voulais embaucher du monde mais vu la conjoncture actuelle je préfère ne pas investir et par la même occasion rejet d'embauche. C'est une nouvelle fois encore que je vois, lorsqu'arrivent les fêtes de fin d'année; 3 semaines avant les prix augmentent ensuite ça reste; réaugmentation à l'approche de nouvelles fêtes, fêtes des mères etc... et fin d'année boum là c'est le paquet. vous pouvez vérifiez. Faites attention que l'année 2009 ne soit pas une année noire pour l'emploi en Polynésie. Dites à vos syndicalistes de regarder à 2 fois avant de demander et d'exiger des privilèges aux patrons, ils sont décidés à débaucher surtout dans le batiment ; alors attention danger.

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