Les amateurs disent oui

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Publié le jeudi 05 août 2010 à 11H52

DESSERTE RAROMATA’I. Le Pays voulait le feu vert des armateurs. C'est fait. Ces derniers ont validé la mise en place du Tahiti Nui 1 sur la ligne des Raromata’i. Une desserte qui ne fera pas la moindre ombre aux privés et dont la première rotation est fixée au 20 août.

Sans surprise, la mise en place du Tahiti Nui 1 pour assurer provisoirement la desserte des Raromata’i a fait l'unanimité du côté des armateurs qui ont rencontré hier aprèsmidi le ministre des Archipels Louis Frébault, dans le cadre du CCNMI (comité consultatif de la navigation maritime interinsulaire). Il faut dire que le dossier du Pays ne fait pas d'ombre aux armateurs, pour ne pas parler de sur-mesure. En concertation avec eux, le Pays a en effet fixé le tarif et les conditions de transport. Sept à 8 000 Fcfp selon la destination, une capacité de 198 passagers, pas de fret et pas plus de dix véhicules (qui seront grutés à l'intérieur des cales) appartenant uniquement à des passagers. Pour le transport de ces véhicules, les tarifs appliqués seront alignés sur ceux des compagnies privées. Voilà donc une étape de passée pour le Pays qui doit, après cette consultation des armateurs, préparer un arrêté en conseil des ministres, sans doute la semaine prochaine. Hier, le ministre des Archipels a officiellement annoncé la première rotation Tahiti-Les îles Sous-le-Vent pour le 20 août à 17 heures.

Si le Tahiti Nui 1 est présenté depuis le début comme une solution provisoire, le ministre semble écarter tout risque d'installation définitive du bateau sur la ligne. “Ne vous inquiétez pas, les armateurs ont des projets dans leurs cartons”, assure Louis Frébault, qui a rappelé lors du CCNMI que dès qu'un projet concret serait présenté par les armateurs, le territoire se retirerait. “Le Pays n'est pas là pour rester longtemps sur cette ligne”, répète le ministre qui confirme toutefois que la demande traitée en CCNMI porte sur une durée d'un an. Reste maintenant à évaluer le coût de la mise en place de cette rotation pour le territoire. Le prix de revient d'un aller simple est chiffré à 15 000 Fcfp quand le billet sera vendu 8 000 Fcfp au maximum. Pour Ethode Rey, le président de la Confédération des armateurs de Polynésie, cette différence va forcément coûter au Pays. Un calcul que ne partage pas Louis Frébault. “On ne va rien payer du tout. C'est un bateau que nous avons déjà, il n'y a pas de coût supplémentaire si ce n'est le carburant. Et celuici sera largement supporté par le prix payé par les passagers”, assure le ministre. Une seule rotation est maintenue par semaine, sauf lorsque le Tahiti Nui 1 sera réquisitionné pour le ramassage scolaire sur Rapa. Un pied de nez aux préconisations du rapport Bolliet qui soumettait l'idée de céder cet “actif non essentiel”.

ASF

Entretien Ethode Rey, président de la Confédération des armateurs de Polynésie

Vous êtes satisfait de la proposition du Pays de mettre provisoirement en place le Tahiti Nui 1 ?

“Je crois que ce sont les populations des îles Sous-le-Vent qui seront satisfaites. Pour nous, cela ne pose pas de problème puisque nous n'avons pas de bateau à mettre immédiatement sur la ligne.”

Est-ce qu'un armateur s'est déjà positionné par rapport à cette ligne ?

“Plusieurs armateurs travaillent sur le dossier. Certains parlent de ferry avec donc transport de passagers et fret roulant, d'autres parlent de cargo-mixte de type Aranui. D'autres encore voudraient proposer que du transport de passagers. Il y a plusieurs options.”

Pour les passagers, le Tahiti Nui 1 ne sera pas moins cher que le King Tamatoa alors que le voyage sera plus long, le transport de fret inexistant et les véhicules limités. Est-ce que vous pensez vraiment que cela va faire le bonheur de la population ?

“Ce ne sont pas des choses comparables. J'ai demandé au ministre quel serait le prix de revient d'un billet aller simple sur le Tahiti Nui 1 pour les îles Sous-le Vent. Ce prix aller simple est de 15 000 Fcfp et cela sera facturé entre 7 000 et 8 000 Fcfp aux passagers. On sait que dans les administrations il y a pléthore de personnel et donc il ne faut pas s'étonner du prix de revient. Par contre, dans le privé, si on prend la desserte, à mon sens, on devrait pouvoir avoir un prix de revient de l'ordre de 7 à 8 000 Fcfp. Le gouvernement semble nous suivre sur cette voie-là.”

7 000 ou 8 000 Fcfp, vous ne trouvez pas cela encore cher pour la population ?

“Le transport a un coût. On peut faire du social aussi. On peut effectivement demander au Pays de prendre en charge une partie du billet, pourquoi pas ? Mais cela va se traduire par des taxes supplémentaires qui seront payées par le contribuable. Il faut en être conscient.”

Est-ce que la desserte des îles Sous-le- Vent peut véritablement être rentable pour un privé ?

“Elle peut être rentable, cela dépend du prix qu'on facture et il faut savoir si les gens seront prêts à payer. Il n'y a pas de miracle en la matière.”

On se souvient d'échanges musclés entre Bill Ravel et le gouvernement pour l'obtention d'exonération de taxes, la défiscalisation, etc. Est-ce que vous avez les mêmes attentes que Bill Ravel pour que le coût soit moins élevé ?

“Nous, nous n'attendons rien. Nous travaillons en fonction des textes qui existent. Donc on sait très bien ce que cela va nous coûter, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Ravel, lui, a mis la charrue avant les boeufs. Nous, ce n'est pas comme ça qu'on raisonne. On considère la situation existante et en fonction de cela, on choisit le bateau qui pourrait convenir. Et non pas l'inverse.”

Pour vous le King Tamatoa, c'est du passé ?

“Oh oui, c'est du passé. Dès le départ on a dit que cela ne pouvait pas tenir. On lui donnait six mois. En deux mois, il s'est arrêté avec 304 millions de pertes. Il n'y a pas photo.”

Alexandra Sigaudo-Fourny
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Commentaires anonymes

09/08/2010 à 15h10

LNT écrit en titre : "Les amateurs disent oui" (oh là, on fait exprès (???) d'oublier le "r" pour mieux qualifier les bandits de mer locaux...)
Le rédacChef aurait mieux fait d'écrire : "Les ARMenteurs tiennent Louis Faire-Bau et GTS par les c...lles" ou "Les ARMenteurs prennent en otages les ISLV".

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07/08/2010 à 11h37

Bande d'amateurs !!!

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06/08/2010 à 09h44

Au vu des tarifs évoqués, sûr que les armateurs vont dire oui. Qui prendra le bateau à ce prix-là ? Autant payer un peu plus et en 10 fois moins de temps, on est arrivé !

En fait, c'est juste pour dire plus tard : "vous voyez, il y a très peu de passagers en bateau donc ça ne rapporte pas et il est normal que le King Tamatoa s'est planté !"

C'est tellement prévisible qu'on en rigolerait ! Et la question de SUBSTANCE est tellement pertinente qu'elle traduit à elle seule l'incompétence du président actuel !

Mi-na-ble !!!

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05/08/2010 à 22h49

Le Pays (GTS) ne voulait pas payer quand il y avait le KT.
Maintenant qu'il est parti, GTS veut bien payer puisque les billets sont subventionnés à 50%.
N'y a-t-il pas bientôt des élections aux Raromatai ?

:o:P

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05/08/2010 à 20h56

Encore une fois ce sont ces amateurs armateurs qui font la loi dans ce Pays. Et quand on connaît le ministre, c'est pas lui qui va s'opposer à cette ligue d'amateurs...
Merci monsieur GTS. Quand on pense qu'il n'y a pas longtemps encore il a accordé la défisc pour une nouvel hôtel alors que le Hilton fermait, et pour le King, rien, nada...

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05/08/2010 à 20h51

Je ne sais pas si c'est voulu, mais le titre parle bien "d'amateur". Ce que sont véritablement nos armateurs et des hypocrites en plus. Je me demande bien pourquoi aujourd'hui le Pays doit leur demander l'autorisation d'exploiter le Tahiti Nui alors que si on se rappelle bien, ce sont pourtant les armateur amateur qui avaient proposé à monsieur Temaru (en 2009) d'utiliser le Tahiti Nui sur la ligne des ISLV afin de couper l'herbe sous les pieds de monsieur Ravel...

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05/08/2010 à 17h44

Le lapsus dans le titre de cet article "amateurs" et non "armateurs" va beaucoup faire rire Bill Ravel.

;) un grand fa'aitoito aux rédacteurs web des Nouvelles en passant.

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05/08/2010 à 15h05

Depuis quand le Pays doit demander l'accord des armateurs pour une desserte et une mission publique?

Légal

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