Publié le lundi 12 octobre 2009 à 11H57
CONJONCTURE. Le ralentissement de l'activité se poursuit en Polynésie au second trimestre selon les chiffres de l'ISPF. Les exportations de produits locaux sont en baisse tout comme la fréquentation touristique, les entreprises investissent moins, les ménages consomment moins et l'emploi est retombé au niveau de 2005.
Emploi
Quatorze demandeurs d'emploi pour une offre
“En 2009, pour la première fois en Polynésie française, l’emploi a diminué dans tous les secteurs d’activité”, souligne l'ISPF dans sa note de conjoncture du deuxième trimestre 2009. Une diminution que l'institut attribue d’abord aux contrats à durée déterminée qui ne sont pas renouvelés, auxquels viennent s’ajouter les licenciements pour cause économique. Selon les chiffres du Sefi, rapportés dans la note de conjoncture, les inscriptions de demandeurs d’emploi suite à un licenciement économique ont doublé sur un an : 235 personnes au premier semestre 2009. Les personnes qui cherchent à reprendre une activité professionnelle après une période d'inactivité ont augmenté de 20% en un an. Aujourd'hui, on compte ainsi 14 demandeurs d'emploi pour une offre. Un ratio qui a doublé en un an. Le nombre de salariés du secteur marchant déclarés à la CPS a reculé de 6,5% pour atteindre le niveau de septembre 2005. Le secteur le plus touché est celui de la construction dont les diminutions d’effectifs représentent 20% de la baisse globale, suivi par les hôtels et restaurants (18%), la pisciculture, aquaculture (16%), les commerces (13%) et enfin l’immobilier, les locations, et les services aux entreprises (10%).
Un niveau légèrement supérieur à la moyenne 2001-2007
“Face à un marché du travail en crise, les demandeurs d'emploi s'efforcent de créer leur entreprise. Au cours du premier semestre 2009, 1 070 entreprises nouvellement créées sont venues s’inscrire au RTE, répertoire territorial des entreprises, (stable sur un an). Ce niveau est légèrement supérieur à la moyenne 2001-2007, période pendant laquelle les inscriptions tendaient à diminuer. Sur cette période, les activités traditionnellement les plus créatrices sont restées les mêmes, mais le dynamisme des créations diffère selon le type d’activité. Les activités du commerce (le plus souvent de détail hors magasin), les services aux ménages, les activités de l’enseignement, les services de santé et les activités juridiques, comptables, et de gestion, ont été très créatrices, tandis que les activités de la construction (travaux de finition et construction de bâtiment), la restauration et l’industrie de la viande, tendaient à baisser”, apprend-on dans cette note de conjoncture. “Si d’un côté, la morosité du marché du travail a provoqué un mouvement de création des entreprises, de l’autre, le ralentissement de l’activité économique a pénalisé de nombreuses entreprises, qui n’ont pu conserver le seuil de rentabilité nécessaire pour traverser la crise. Sur les six premiers mois de l'année, la hausse des radiations a atteint 22% par rapport à la même période en 2008, soit 1 170 radiations, le bilan semestriel le plus lourd depuis 2000. Les entreprises de services et celles du commerce cumulent les deux tiers de la hausse des radiations, respectivement un tiers pour chaque secteur, l’industrie 19% et la construction 14%.”
Tourisme
La Polynésie a perdu un quart de ses touristes
Et ça continue encore et encore. “Avec 23 000 touristes en moins au premier semestre 2009, la fréquentation touristique internationale a baissé de 25% en glissement annuel”, constate l'ISPF qui souligne que “tous les segments du tourisme sont touchés, des croisiéristes au tourisme d’affaires, en passant par le tourisme affinitaire. L’ensemble des marchés émetteurs est en retrait, y compris la France (-7%). La majorité de cette baisse incombe à l’Amérique du nord dont les touristes diminuent de 39%, soit une diminution des effectifs de 13 000 personnes, détaille l'ISPF. Les résultats des hôtels internationaux s’en ressentent. Malgré une baisse du nombre de chambres offertes (-1,2%), le coefficient moyen de remplissage est de 41,5% au premier semestre et perd huit points par rapport au premier semestre 2008. Le revenu moyen par chambre diminue lui aussi de 6%, à 22 200 Fcfp. Le nombre de nuitées vendues a chuté de 17% entre le premier semestre 2008 et 2009, soit 241 000 nuitées. Les deux tiers de cette baisse sont imputables aux Américains et 12% aux Européens (hors France).”
Entreprises
Le chiffre d'affaires le plus mauvais depuis 1998
“Perte de confiance des ménages dont la consommation ralentit, un maigre carnet de commandes et une crise sans précédent qui touche la Polynésie française”, le constat pour l'IPSF est là : “Les entreprises polynésiennes traversent une période difficile.” Les secteurs phares de l’économie en termes de ressources tels que le BTP, le commerce, et l’hôtellerie-restauration sont les plus touchés. Le moteur de la croissance économique, la consommation des ménages (70% du PIB), a commencé à ralentir au dernier trimestre 2007, freinée par le ralentissement des créations d’emplois et par l’inflation constate l'institut. Anticipant une perte de chiffre d’affaires, les entreprises commencent à diminuer leur volume de production dès le premier semestre 2008, et arrêtent le renouvellement des contrats de travail à durée déterminée. Au deuxième semestre 2008, l’emploi se dégrade, tout comme le chiffre d’affaires des entreprises. Tout ceci dans un contexte de baisse des exportations et de la fréquentation touristique.
Dès lors, le cercle vertueux de la croissance s’inverse : la baisse de l’emploi rend les ménages d’autant moins enclins à consommer, ce qui atteint encore un peu plus les résultats des entreprises qui investissent peu et n’embauchent plus, voire licencient. Au terme du premier semestre 2009, tous ces facteurs sont orientés à la baisse. Conséquence, “le chiffre d’affaires des entreprises polynésiennes diminue de 8%, soit la plus forte baisse enregistrée depuis la mise en place de la TVA en 1998. Les activités les plus touchées sont celles du commerce (-15,5 milliards de Fcfp), de la construction (- 4,5 milliards), de la finance (-4,1 milliards), des industries manufacturières (-3,7 milliards) et des transports et communications (- 3,1 milliards)”. Enfin, l'ISPF indique que le faible niveau d’investissement des entreprises s’observe à travers la baisse des importations de biens d’équipement et biens intermédiaires qui sont en net retrait par rapport au premier semestre 2008 : -15% en valeur sur un an, soit un déficit de 5 milliards de Fcfp. Les industries des équipements mécaniques sont les premières touchées par cette baisse, suivies des industries de la métallurgie et transformation des métaux et des industries des composants électriques et électroniques.
Baisse des crédits aux entreprises de 4,4% Les crédits consentis aux entreprises qui sont à nouveau en baisse ce deuxième trimestre (-4,4% sur un an) confirment un climat d’affaires morose. Les crédits d’exploitation, en particulier, diminuent de 10,8% sur un an ; les besoins de trésorerie des entreprises sont effectivement bien moindres du fait des carnets de commandes peu remplis. Les intentions d’investissement des entreprises suivent la même tendance comme le montre la diminution de 1% sur un an des crédits à l’équipement.
Baisse des avoirs de 2,5% Au cours de la première moitié de l’année 2009, l’activité des établissements de crédits locaux a nettement ralenti, tant au niveau de la collecte des dépôts que de l’octroi des crédits. L’ensemble des avoirs financiers s’est replié de 1,4% au cours du second trimestre 2009, et de 0,9% en glissement annuel à fin juin. Sur un an, les avoirs des entreprises ont diminué de 2,5% et leurs comptes à terme sont en baisse de 11% sur un an. Certaines entreprises ont utilisé une partie de cette épargne pour anticiper le remboursement de leurs crédits d’équipement.
Augmentation des créances douteuses de 40,6% La qualité des risques des établissements de crédit locaux s’est dégradée au cours du premier semestre 2009, reflétant les difficultés rencontrées par les sociétés. Les créances douteuses des entreprises augmentent de 40,6% sur un an. Les secteurs de la pêche et de la perliculture sont les plus touchés par ces difficultés de remboursement du crédit avec 6 fois plus de créances impayées sur un an), ainsi que le BTP dont les créances ont progressé de 10%.
Import/Export
Les exportations des ouvrages en perles ont baissé de 91%
Les chiffres du commerce extérieur se sont dégradés au cours du premier semestre 2009, selon la note de conjoncture de l'ISPF. Le montant exporté des ouvrages en perles est passé de 985 millions à 88 millions de Fcfp, soit une baisse de 91%. Les exportations couvrent de moins en moins les dépenses faites pour les importations. Le taux de couverture réelle tombe à 5,7%, niveau le plus bas jamais observé pour un premier semestre. Les exportations de produits locaux diminuent encore. Les ouvrages en perles en particulier constituent 70% de la baisse globale, ce qui profite aux exportations de perles de culture brutes redevenues plus avantageuses depuis la suspension de la DSPE.
Les exportations de nacre, le monoi, la bière et l’huile de coprah sont aussi en baisse, tandis que la perle de culture brute, le noni, le poisson et la vanille se vendent mieux qu’il y a un an.
Leurs résultats demeurent toutefois bien inférieurs à la moyenne des cinq dernières années.
La valeur des importations diminue sur un an ; exceptés les “produits agricoles, sylvicoles et piscicoles”, tous les postes sont en baisse, signe d’un ralentissement de la demande des agents économiques locaux.
Les achats de biens d’équipement et de biens intermédiaires des entreprises sont en baisse de 5 milliards de Fcfp, soit 15% et traduisent le ralentissement de l’investissement et de la production. Les achats des ménages ont diminué de 9% sur un an, en particulier les achats de produits automobiles en baisse de 27% et une baisse de 32% d'immatriculations de voitures neuves. Avec un cours international du pétrole en baisse de 43% (en euros) et une moindre consommation (-6% d’imports en volume), la facture énergétique s’allège de 30% sur un an.
Baisse des immatriculations de 32%
Dossier préparé par Florence Richard








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Commentaires anonymes
14/10/2009 à 12h06
Pardon, mais le fils Sarko n'a été élu au suffrage universel [b]que[/b] dans son canton. Les autres élections n'étaient pas au suffrage universel, contrairement à ce que certains peuvent prétendre ;)
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13/10/2009 à 22h01
Bien envoyé Guys ! Et le fils Sarkozy s'est toujours fait élire au suffrage universel et sans l'assistance permanente de son père...
Quant à la légendaire propagande de Tupita, elle est à vomir, limite raciste et rappelle étrangement celle d'une certaine Emere qui comme par hasard semble avoir quasiment déserté les website de la presse locale...
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13/10/2009 à 14h42
Qui dit mieux ?
La fille à Temaru, elle sort de l'école et HOP, la voilà ministre.
Pas besoin de faire 18000km pour trouver des monarques.
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12/10/2009 à 22h25
On a les élus que l'on mérite, ici comme à Matignon et à l'Elysée.
Et bien dansez maintenant!
Oupsss un oubli, le népotisme tant reproché à Monsieur Flosse. Pour dire juste un mot du petit Sarko, le cher fiston du monarque, titulaire d'aucun diplome et d'une expérience zéro pointé puisqu'il tente un petit deug de Droit à l'heure qu'il est. Et hop, Président de l'EPAD par la volonté de son Papounet, le monarque. Qui dit mieux!
Et, la honte du siècle, votre ministre de la culture, le neveu de votre ancien pérézidon, Frédéric Mitterand, la classe, qui est juste allé faire du bronzing sur les plages de Thaïlande xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx..." On vous dispense de la suite que les "voyeurs de français prêts à toutes les transgressions" (c'est de Wolton) n'ont pas manqué de savourer en se précipitant pour partager "sa mauvaise vie"!!!!
Alors les leçons de... quoi que ce soit, vous vous les gardez à l'avenir. Muchas gracias. Et fa'aitoito!
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12/10/2009 à 20h42
La Polynésie s'effondre ?
Baissez les prix, et tout ira mieux !
La baisse des prix c'estle retour des touristes, c'est évident, mais c'est aussi la relance de la consommation, donc de la production et de l'importation. C'est pas compliqué !
Mais encore faut-il savoir donner pour recevoir, et en Polynésie c'est pas gagné.
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12/10/2009 à 20h09
Enfin une bonne nouvelle ! La baisse des immatriculations de 32%.
Encore un petit effort et on pourra rouler sans embouteillages.
Commentaires anonymes
12/10/2009 à 15h12
Avec un tel bilan négatif, il n'est pas étonnant que Puchon parcourt les allées de Matignon pour quémander des milliards, et promet que 2010 serait encore plus désastreux, un Jdrollet avec son projet de 4milliards, un Géros qui se tourne sur un projet "virtuel" d'Xylofuture à coco à la thon de Foster, un Maker qui revient de France avec "Rien" car arrivant en retard à son meeting à Paris, un Schyle pareillement pour obternir un chocolat pour sa commune..
Le King Tamatoa qui fait tanguer la majorité!!!!
Hé ! que fait notre Peretiteni Oscar entre temps ? Du Golf ?
D'ici 2010 bien venu catastrophe!!!
Faaitoito!