Publié le lundi 22 février 2010 à 11H34
DESSERTE MARITIME. Le symbole était de taille hier dans la rade de Papeete. Après des mois de polémique politico-économique le King Tamatoa, appelé à desservir les îles Sous-le-Vent, s'est amarré au port. Gaston Tong Sang n'a pas bougé d'un iota, Jean-Christophe Bouissou mijote sa loi et Bill attend…
L’ESSENTIEL
- La loi concoctée par Jean- Christophe Bouissou, qui pourrait répondre aux attentes du King Tamatoa, devrait comprendre une possibilité de négocier directement les prix du carburant mais aussi une exonération concernant l'impôt sur les sociétés
- Le représentant Ia Ora te Fenua, pro-King Tamatoa, regrette que “les autorités passent leur temps finalement à vouloir empêcher” les initiatives privées et “sauvegarder la chasse gardée de ceux qui étaient en place et qui n'ont rien fait depuis des années”
- Répondant aux critiques, Bill Ravel, le propriétaire du navire, a rappelé hier qu'“il n'y aura pas d'employés philippins” et que le bateau est immatriculé à “Marseille”
Près de 134 m de long, un peu moins de vingt de large. Le roi est là. Imposant, fier et presque défiant, le King Tamatoa, arrivant tout droit des Marquises après un périple de 36 jours depuis Toulon, est finalement bien arrivé hier matin dans le port de Papeete. Ironie de l’histoire, il a croisé dans le chenal entre Moorea et Tahiti, un autre bateau, un certain Aremiti dont les propriétaires en fin d’année dernière s’étaient érigés en opposant commercial au moyen d’un contre projet. Une arrivée de laquelle Bill Ravel retiendra notamment la présence d’un ballet de dauphins dans la passe du port de Papeete : “un bon signe” at- il estimé. Et des signes comme celui-ci, il en faudra à l’homme d’affaires qui n’est pas vraiment dans les petits papiers du président du Pays. Car même arrivé, les questions demeurent. D’un enjeu a priori purement économique au début, le King Tamatoa a vite glissé dans le monde politique et ses guerres d’intérêts.
Pourra-t-il par exemple effectuer sa première liaison avec Huahine le vendredi 5 mars ? Peu probable comme nous l’écrivions samedi. Et son arrivée n’a pour l’heure rien changé. Samedi soir, le président du Pays n’a pas bougé d’un iota. Grosso modo, le King Tamatoa a une licence d’armateur dont il doit assumer les droits et les devoirs sans avantage supplémentaire. Du côté de chez Ravel on attend surtout des équivalences à une défiscalisation et des facilités sur l’achat du carburant. Car “si d’ici le 5mars rien ne s’est passé et que je vois que rien n’arrive je vais désarmer le bateau et puis il restera là” a prévenu hier Bill Ravel. Et de balayer d’un revers de main les critiques chroniques émises : les emplois ? “Il n’y aura pas d’employés philippins” ; l’immatriculation du bateau ? “Il est immatriculé à Marseille” ; l’accostage ? “Il manque juste deux Duc-d’Albe – pilotis sur lequel le bateau peut s’amarrer, ndlr– un à Bora-Bora et un autre à Raiatea”. Ayant ciblé Air Tahiti comme concurrent, le clan Ravel veut lui aussi ne pas être taxé sur l’achat du carburant et d’avertir qu’il n’achètera pas de fioul localement “si je ne le paie pas au prix d’Air Tahiti”. Autre souhait, bénéficier d’une exonération d’impôts comme “dans le passé” se souvient l’investisseur avec le Code des investisseurs “vous étiez exonérés pour 10 ans. On demande qu’on nous applique cela, c’est tout !” Ces avantages pourraient peut-être venir de la recette que mijote le chef de l’opposition “constructive”, Jean-Christophe Bouissou, proue des pro-King (lire interview). On le sait, le patron de Ia Ora te Fenua prépare une loi du Pays qui devrait être prête aujourd’hui ou demain. Et le texte destiné au NGV (Navire de Grande Vitesse) permettrait à ces mastodontes des mers de bénéficier à la fois d’une liberté de négociation quant à l’achat du carburant mais aussi d’une exonération d’impôts sur les sociétés. Pour l’heure l’équipe du King continue sans rien changer, à commencer par les offres promotionnelles qui vont fleurir au prochain salon du tourisme. Et dans le domaine du tourisme, le ministre Steeve Hamblin n’a pas caché hier soir au micro de nos confrères de RFO télé que le King Tamatoa était “un bel outil de développement”.
PL
Entretien Jean-Christophe Bouissou, président de Ia Ora te Fenua
Vous êtes en train d’élaborer un projet de loi qui permettrait notamment au King Tamatoa d’obtenir certains avantages quel est l’esprit du texte ?
“C’est un texte particulier qui va bénéficier non seulement aux îles Sous-le-Vent mais aussi aux archipels en général en matière de transports maritime à grande vitesse, et qui va permettre aux sociétés en question, de pouvoir gérer directement leur approvisionnement en carburant car, quand on importe 18 millions de litres de carburant ça se gère comme un avion, ça ne peut pas se gérer comme un petit bateau. On évoque là quand même, 5 à 6% du total de l’approvisionnement en carburant du pays.”
C’est un texte qui ne concernerait que les navires à grandes vitesses dépassant les 40 000 chevaux ?
“C’est un texte qui est orienté pour le développement des archipels. C’est comme lorsqu’on souhaitait à une époque soutenir la construction d’hôtels (…) dès l’instant où l’on veut soutenir une activité il faut créer un cadre spécifique à cette activité. Je rappellerai qu’à une époque le gouvernement de Flosse avait souhaité l’importation d’entreprises à Hao. On avait totalement défiscalisé la mise des entreprises dans cette commune…”
Existe-t-il d’autres avantages qui pourraient figurer dans cette loi ?
“À mon avis ça peut être lié aussi à l’exonération de l’impôt sur les sociétés parce que les investissements dans ce domaine-là sont importants. J’ai demandé à ce que l’on me donne la liste des investissements futurs de la société. C’est-à-dire que ça ne s’arrête pas sur le fait de faire venir une exploitation de navires, ça nécessite aussi d’autres investissements futurs, qui doivent pouvoir justifier des exonérations fiscales sur l’impôt sur les sociétés, en partant du principe que le Pays n’a pas mis en application l’exonération sur la défiscalisation concernant l’acquisition du navire, à l’origine. Cela aurait permis évidemment par rapport au projet qui a été soumis à la commission de navigation de pouvoir maintenir les tarifs d’origine. Le dossier prévoyait des tarifs à 6 000 Fcfp mais en partant du principe que les ressorts en matière d’incitations fiscales allaient pouvoir agir. Maintenant, si notre souhait, c’est le mien sur le plan politique, est que les gens qui vont emprunter ce moyen de transport puissent bénéficier des tarifs préférentiels qui ont été mis en avant, il est bien évident qu’il faut aussi que les pouvoirs publics aménagent un cadre particulier sans pour cela que ça ne coûte un franc à la caisse du Pays. Car j’entends dire : “combien ça va coûter au Pays ?” ça ne va rien coûter au Pays. Si la société ne se mettait pas en place, de toute manière ce serait la même chose. Or, il y a la création d’emplois, il y a de l’activité qui est créée, il y a des gens qui vont transiter dessus, qui vont dépenser leur argent, il y a le commerce qui va fonctionner, il y a les îles Sous-le-Vent que l’on rapproche à trois heures de Papeete. Tout pousse à soutenir des initiatives de ce type et je rajoute qu’il faut vraiment être courageux de vouloir le faire. Car je m’aperçois qu’ici, on a en face des autorités qui passent leur temps finalement à vouloir empêcher que l’initiative privée se mette en route et vouloir sauvegarder la chasse gardée de ceux qui étaient en place et qui n’ont rien fait depuis des années.”
Propos recueillis par Patrice Lafforgue








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25/02/2010 à 10h20
Le KT a le droit de démarrer sa ligne mais sans passe droit supplementaire.
Surtout que mr Ravel n'est pas vraiment un spécialiste du service publique ni du bien commun : il est très connu dans le milieu du transport maritime du pacifique comme un requin de 1ère classe
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24/02/2010 à 19h24
@BOB
Non Bob, je suis tout simplement un consommateur averti, qui s'étonne que personne ne voit le décalage de l'offre du KT, avec la demande :
Pas assez rapide,
Trop cher,
Horaires peu intérressants.
Sers toi de ce qu'il y a sous ton bob, Bob....
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24/02/2010 à 01h39
Après avoir bien profité des remises, exonérations, etc. ... pendant dix ans, il pourra aller pendre sa crémaillère ailleurs ou désaffecter le navire.Le mur est trop haut, il va falloir sauter haut pour passer, comme il y a des "as", cela va passer mais à travers comme un miracle. Le bateau est là, et il faut adapter une Loi, c'est ce qu'on appel "être au pied du mur".
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23/02/2010 à 14h12
En voilà une bonne idée, de faire du King Tamatoa un navire de croisière! Mais encore faudrait-il qu'il en soit vraiment un! Combien de cabines à bord? de salles de sport, de piscines, de restaurants? Est-ce qu'on pourra embarquer à Tahiti le vendredi, découvrir Huahine, puis Raiatea et Tahaa, et enfin Bora Bora, en vivant à bord du bateau et retour à Tahiti le lundi matin ou soir... sinon, entre le mardi et le vendredi? Au fait, ça sert à quoi un navire de croisière à grande vitesse en Polynésie? S'il allait moins vite, sa note de carburant serait peut-être moins élevée. Et peut-être aussi que ça conviendrait aussi bien aux habitants des ISLV qui ne font que le trajet, comme du bon temps du Raromatai Ferry?
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23/02/2010 à 12h26
@ TEIVATANE
Pour faire de tels calculs, tu dois être soit banquier, soit assureur.
:P
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23/02/2010 à 12h22
Y a qu'à mettre de l'huile de coco. Ça fera plaisir à tous.
Il parait que GTS est pour l'autonomie énergétique.
En plus comme le coprah est déjà fort subventionné, il suffira de rajouter que un peu de subventions.
CQFD
8):P:o
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23/02/2010 à 11h44
aller toujours +vite, mais les neurones sont bien lent, pourquoi avoir laisser venir se bateau ,votre décision sur le carburant ne pouvaient pas être prise avant .Ou alors virer tous le monde, reprenez les pirogues et la pêches aux cailloux. A cote de cela tout le reste traine et la métropole trinque ,les Q I de nos politique serait il au nivaux de lagon
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23/02/2010 à 06h59
Il doit y avoir une discussion féroce sur le montant du dessous de table.
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23/02/2010 à 06h06
Il est à noter quand ce jour du 23/02/2010 … que le Pays et la Société de Bill Ravel en s’ont encore, et d’une gravité propre à notre folklore, à déterminer des éléments d’activité propre à l’investissement mais également au fonctionnement alors que le dossier est censé être clos (ce même dossier qui fut le « déboute » du dossier des armateurs polynésiens).
En tant que ressortissant polynésien, débouter le dossier des armateurs par préférence à un autre dossier est aussi stupéfiant :
-que le dessous de l’iceberg n’en est moins énorme de fond (défiscalisation impôt sur les sociétés) que d’espèce (défiscalisation sur l’hydrocarbure).
-que des comportements dits de « push » :
•forcing par l’emploi,
•sur-obligeance par la mobilisation des forces vives « départ de Toulon »,
•occultisme en intention géoéconomique pendant la commission d’étude (c’est-à-dire les éléments de pression actuels)
sont économiquement très allouables.
Bref, la gestion du dossier semble être extrêmement médiocre pour le moment.
Hormis les dispositions d’une défiscalisation de l’impôt sur les Sociétés qui généralement (et à titre de souhait) sont reversés aux autres petits émulsionneurs d’activité économique dans notre pays, il ne semble pas envisageable d’exonérer une Société de « plein exercice » de son obligation à la participation sociétale envers la tempérance d’une consommation énergétiquement responsable.
L’exonération d’Air Tahiti ne peut pas être comparable dans le sens où si ils économisent le carburant en l’air, ça peut donner un coucou « fer-à-repasser hautement perché » … Tandis, qu’exonérer un NVG … (ogre pétrolivore flottant) infavorise une gestion économe du carburant : « plus tu vas vite, plus vite tu arrives, mais … plus la consommation fioul est conséquente (majorée) ». En temps difficile (choc pétrolier, cours du baril hautement fluctuant, réserve mondiale en rationnement), il est certain que l’effort contributif de chaque citoyen à travers le Fond de péréquation de l’Hydrocarbure fera intrinsèquement goulument l’affaire des gros-consommateurs imparticipatifs qui a n’en pas douter seront les premiers campeurs du parvis !!!
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22/02/2010 à 21h55
TOUS CONCERNES HABITANTS DE LA POLYNESIE ET TOURISTES
FAISONS CHUTER LE MONOPOLE
VOICI LE LIEN POUR LA PÉTITION
www.petitionduweb.com/oui_aux_king_tamatoa-6346.html
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22/02/2010 à 16h58
Combien va coûter en carburant par an, ce bateau, aux polynésiens ? :
10 , 20 écoles, 10 stades ? 50 abris para-cycloniques pour les atolls ? 100 emplois administratifs ? 1 piste, 5 quais ? combien ?
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22/02/2010 à 16h17
En situation, un jeune moins de 25 ans en partance de Bora vers Papeete un dimanche soir, avec son véhicule, pour entretien….
Depart KT , arrivée dimanche soir, 3 nuits à payer sur place, retour par KT le mercredi matin : coût : (6000+9% + 6000 + 5000)+TVA + 3X7000(nuit) = environ 40000 s’il se demerde bien pour les nuits (et hors frais de bouche) .
Depart avion arrivée dimanche soir, 1 nuit à payer, location petite voiture, retour lundi soir par avion : coût = 14100 (si plein pot) + 7000 (nuit) + 7000 (loc voiture) = environ 30000 (hors frais de bouche).
Ou est l’arnaque ????
PS :Il pourra gagner en partant le Jeudi de Bora, et caser son entretien avant 9h00 du matin, afin de reprendre le KT le vendredi matin....
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22/02/2010 à 14h53
L'INTERET GENERAL SELON LE REMORA PICSOU
POURQUOI PICSOU SOUTIENT K.T. DE RAVEL BILLY THE KID !
Voici ci-dessous, ce que nous révèle THT sur son site :
" Mais il s'agit de Bouissou le nomade, et, s'agissant du leader errant du parti Rautahi, on doit forcément réfléchir un peu plus...
On l'a vu surfer régulièrement sur des sujets largement débattus dans les médias, comme par exemple les réfugiés du Kosovo, ou l'instabilité quand il s'improvisait chevalier blanc pour faire le médiateur en tentant, vainement, de rabibocher tout le monde.
N'existe-t-il pas déjà des liens financiers entre J.-C. Bouissou et Bill Ravel, dans les complexes immobiliers et bâtiments se situant vers la rue des remparts et le canal Papeava, à Papeete ?
Des liens qui remontent au papa de J.-C. Bouissou, l'un des dirigeants de l'église sanito, dont certains des locaux sont précisément dans ce quartier Papeava, à l'entrée de Fare Ute ?
...tiens !
D'autre part B. Ravel n'aidait-il (ou ne finance-t-il pas toujours...) la radio TAUI FM de J.-C. Bouissou ?
...tiens tiens !
Et enfin, agir de la sorte peut constituer un affront personnel de J.-C. Bouissou à Tong Sang, opposant farouche au projet King Tamatoa ? Si c'est le cas, Bouissou ne chercherait-il pas ainsi un argument pour abonder dans le sens de Temaru en vue d'une prochaine motion de défiance ?...
...tiens tiens tiens !
Rien d'illégal dans tout cela, mais peut-être que ceci explique cela...
On va le savoir rapidement.
Et pour l'arrivée, ce matin, du mastodonte flottant, ayons une pensée pour les 4.000 habitants de Tahaa, les grands oubliés de la desserte du King Tomato Ketchup...