Publié le vendredi 19 février 2010 à 11H39
TEMAE. Finis les swing et les putt sur l'île soeur ? À l'heure de la reconquête des touristes, le complexe hôtelier situé à Temae s'apprête à mettre la clé sous la porte le 31 mars prochain, entraînant avec lui la fin des activités golfiques. À moins… À moins qu'une banque ne se décide à financer le milliard et demi manquant, ce que le propriétaire du golf, Jean-Louis Gregori cherche désespérément depuis des années. Hier soir, la Socredo lui a fait savoir qu'elle mettra le sujet à l'ordre du jour de son comité de crédit, prévu mardi. Suspense donc…
L’ESSENTIEL
- Jean-Louis Gregori, le patron du complexe golfique de Moorea envisage de mettre la clé sous la porte si aucune banque n'accepte d'apporter le 1,5 milliard de Fcfp manquant pour la construction de l'hôtel, soit 15,5% de l'investissement
- Pour être en équilibre, le golf devrait accueillir plus du double de fréquentation qu'actuellement. L'hôtel devait permettre de générer cette fréquentation
- Dans une lettre adressée aux banques, (lire ci-contre) Jean-Louis Gregori ne voile pas les menaces pesant selon lui sur les prêts déjà consentis si une cessation d'activité devait intervenir
“Situé au coeur d’une végétation luxuriante, entouré de somptueux jardins tropicaux, de lacs et de marécages naturels, l’hôtel de luxe 5 étoiles surplombe l’océan Pacifique et son incroyable plage de 650 mètres. Que l’on soit sur le golf international 18 trous signé Nicklaus Design, assis au bar, allongé au bord de la piscine, sur la plage ou en train de se relaxer au spa, c’est le parfait endroit pour admirer les couchers de soleils magiques du Pacifique Sud 365 jours par an”. C’est beau. C’était ça le projet…
Mais pour l’heure, l’hôtel est au stade des terrassements qui pourraient vite s’arrêter. Car désormais, sous le green immaculé du 18 trous, la crise gronde. Il est déjà loin ce jour du 12 mai 2007 où une centaine de golfeurs accompagnée de tout le gratin politique local était venue inaugurer les neuf premiers trous faisant partie du futur complexe hôtelier. Depuis, le ficelage du projet a du mal à se nouer. Et la ficelle pourrait bien même craquer, car le patron du complexe est sur le point de jeter l’éponge.
Au coeur de l’affaire : la rentabilité du complexe. Partant du principe qu’un simple 18 trous, aussi classe internationale soit-il, ne peut assurer une rentabilité suffisante, l’idée d’un hôtel haut de gamme cinq étoiles avait germé dès le début du projet. Coût : 10 milliards de Fcfp. Si le financement public avec la double défiscalisation a pris la part qui était la sienne, selon Jean-Louis Gregori, président de la South Pacific Golf & Resort Development propriétaire du complexe, ce sont les banques qui aujourd’hui feraient défaut. Au point d’envisager tout simplement de déposer le bilan au 31 mars prochain. Ce qui serait un modèle de comble pour un pays qui, pour mémoire, a toujours une vocation touristique. Il faut dire que la chute de la fréquentation touristique n’aide pas vraiment les investisseurs à suffisamment croire qu’un jour ils reverront les billes investies. La SPGRD comptait générer des bénéfices grâce à l’hôtel et ses 155 chambres qui pour Jean-Louis Gregori auraient permis d’atteindre les 120 greenfee / jour (forfait dont le joueur de golf doit s’acquitter pour avoir accès au parcours), soit un peu moins du triple du nombre de greenfee nécessaires pour assurer l’équilibre.
“Aujourd’hui, constate amer le patron des lieux, on fait du 17 greenfee”, et d’avouer qu’il met de sa poche “près de 4 millions de Fcfp par mois depuis le début”. Outre les 35 emplois qui pourraient être détruits et les 400 espérés si l’hôtel voyait le jour, les conséquences d’un dépôt de bilan pourraient être salées. Dans une lettre envoyée aux banques (lire cicontre), Jean-Louis Gregori stipule à toutes fins utiles (!) les menaces qui pour lui pèsent sur les crédits bancaires déjà consentis. De quoi inviter les banques à se pencher avec la plus haute considération sur le financement de l’hôtel.
PL
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Lire aussi dans Les Nouvelles de Tahiti l'intégralité de la lettre envoyée par Jean-Louis Grégori, le patron du complexe hôtelier comprenant le golf, aux banques annonçant le dépôt de bilan faute de financement.
JEAN-LOUIS GREGORI, Pdg de la South Pacific Golf & Resort Development
“Ou je continue à faire un golf parfait et dans lesmeilleures conditions, ou je ferme et j'arrête totalement”
Vous êtes le propriétaire du complexe hôtelier de Temae qui comprend notamment le golf, vous dites que vous vous apprêtez à déposer le bilan au 31 mars, pour quelles raisons ?
“Depuis que j’ai commencé à faire cet investissement, j’ai investi d’énormes sommes de ma société pour finir le golf car nous avions très peu de subventions et depuis, ce golf, faute d’hôtel, ne peut pas avoir une fréquentation suffisante pour équilibrer ses comptes. Depuis trois ans maintenant que le golf est ouvert, je paie de ma poche environ entre 3,5 et 4,5 millions de Fcfp par mois pour équilibrer les comptes. Nous avons 35 employés, nous avons un golf de très haute qualité, nous n’avons pas voulu sacrifier la qualité du golf par économie. Ou je continue à faire un golf parfait et dans les meilleures conditions, ou je ferme et j’arrête totalement.”
C’est la décision apparemment que vous avez prise, qu’est-ce qui vous a poussé ?
“J’avais en prévision de vendre une partie des terrains à des investisseurs calédoniens. Ces investisseurs devaient m’apporter 1,1 milliard de Fcfp d’argent frais qui allait servir à l’hôtel et enfin arriver à avoir une fréquentation suffisante pour le golf. Mais du fait que mon projet, à cause des banques, ne peut boucler son financement, ces investisseurs sont en train de se retirer. Donc non seulement nous perdons l’hôtel que j’avais prévu de faire, de 155 chambres sur le golf, mais un hôtel trois étoiles à côté qui s’appelait le Manava de 130 chambres…”.
Vous avez obtenu l’ensemble des financements publics, pourquoi alors selon vous les banques ne veulent pas débloquer l’argent ?
“Je ne sais pas, je n’arrive pas à comprendre. J’ai depuis 2006, six lettres d’intentions dont deux fermes qui me disent qu’ils vont financer le complément nécessaire à la réalisation de l’hôtel et depuis 2006 on me fait tourner en bourrique en me disant qu’il fallait recommencer l’étude, qu’il y a d’autres conditions qui viennent s’insérer, qu’il fallait refaire le business plan puisqu’il y a avait beaucoup moins de fréquentation… Enfin, mille et une raisons qui font que je ne peux plus continuer à approvisionner ce golf avec ces 4 millions de Fcfp qui sont nécessaires chaque mois…”.








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Commentaires anonymes
21/02/2010 à 04h55
apres un tel désastre écologique, ce serait bien qu'il serve effectivement à l'emploi local...
En même temps, ces travaux ont permis de viabiliser bcp de terrains avec la double defisc pr limiter les coûts...
le golf, opération immobilière réussie?
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20/02/2010 à 12h18
Le golf est dans le trou ?
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20/02/2010 à 07h51
Parce que le Golf de Moorea, vu les emplacements et structures, est compté parmi les « activités » du Pays et du tourisme que nous cherchons à développer, c’est important que ce magnifique golf de s’arrête pas. Il est nécessaire pour son promoteur de s’accrocher et de le maintenir. Il faudrait qu’il envisage, pour apporter de « l’eau au moulin », peut-être d’autres moyens financiers ? Pourquoi ne pas envisager d’ouvrir à Moorea, pour les « fêtards et noctambules », des « night clubs » (insonorisés et bien aérés) avec bien-sûr des conditions très stricts sur les consommateurs pour y avoir accès (ne pas être saoul avant d’entrer, par exemple). Prévoyez des sécurités, (accompagnateurs ou taxis) pour les retours, sans danger sur les routes, à domicile ou à l’hôtel pour les cas « éméchés » (quand même...). Une salle de danses sur chaque moitié de l’île pour éviter de longs trajets qui assoupiraient les chauffeurs ou les pousseraient à faires des imprudences de vitesse ; servir ou proposer plus de boissons aux fruits pressés, crème-lait avec une pointe d’alcool, ou chaudes (café, chocolat, thé…). Comme tous débits de boissons alcoolisées, les services d'alcool c’est de savoir stopper à temps. Vous pourriez lancer une nouvelle mode de s’amuser, chanter et danser pour cette nouvelle jeunesse. Les après-midis dansants (pour tous les âges) pourquoi pas ? Ils sont nombreux ceux qui ont envie de rire, de faire la fête, se faire des amis et partager la joie, le bonheur de vivre. Il n’est pas interdit d’être heureux et pour l’être il n’est pas nécessaire d’être ivre. Il faudrait savoir juste être raisonnable et amusant.
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19/02/2010 à 15h07
Aprés le Club Med , le Golf
Le site de l' ancien Club Med est trés certainement un des plus beaux de polynésie . Son potentiel en matière de tourisme est indéniable .
Le golf de Moorea est superbe . Sa contribution à notre succés touristique devrait être louée et soutenue par les autorités .
Nos gouvernants sont d'une incompétence relevant de la pathologie.
Avant d'autoriser la déficalisation de l'hôtel brando, les autorités auraient dû inciter les proffessionels a sauver ces deux sites.
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19/02/2010 à 14h13
Peut-être un apport exceptionnel de la part de GTS et al comme ils l'ont faite pour Bora Bora Cruises?
Faa'ito'ito Jean-Louis!