Le croisiériste meilleur touriste 2009

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Publié le lundi 23 août 2010 à 11H32

PALMARÈS. Les croisiéristes reçoivent la médaille d'or du touriste 2009, selon l’étude de l’ISPF Points forts sur l'impact économique du tourisme international sur l'économie polynésienne. Ils ont dépensé en moyenne 269 500 Fcfp par personne au cours d’un séjour qui a duré en moyenne 15,5 jours contre 12,8 jours pour les touristes terrestres. Ceux-ci dépensent en moyenne 227 000 Fcfp par voyage. Les Japonais eux décrochent la médaille de l'espoir : ils dépensent pas moins de 31 112 Fcfp par jour mais ne restent en moyenne que 6,2 jours au fenua.

Le croisiériste dépense plus

Avec ses 121 îles et une surface maritime grande comme l’Europe, la Polynésie pourrait être le paradis de la croisière. Pourtant l’activité croisière ne s’est jamais réellement développée comme aux Antilles ou en Méditerranée, probablement à cause d'une réglementation trop stricte qui doit évoluer prochainement. Les croisiéristes ont été plus de 30 000 en 2009. Ils ont dépensé en moyenne 269 500 Fcfp par personne au cours d’un séjour qui a duré en moyenne 15,5 jours contre 12,8 pour les touristes terrestres. Contrairement à certaines idées reçues, les croisiéristes dépensent aussi sur la terre ferme. Un touriste terrestre dépense en moyenne 227 000 Fcfp. “La clientèle de ce type de vacances est beaucoup plus ciblée que celle du tourisme traditionnel”, note l'ISPF dans sa publication Points forts sur l'impact économique du tourisme international sur l'économie polynésienne. “Elle est en majorité (56,1%) composée de touristes Américains et d’autres Européens (21%). C'est un tourisme rémunérateur et pas seulement pour les armateurs”.

Les Japonais flambeurs

Tous pays de résidence confondus, la dépense moyenne journalière d'un touriste est de 17 700 Fcfp, en progression de 5,3% depuis 2007 pour un séjour moyen de 13,3 jours. Hors France, la durée moyenne du séjour n’est plus que de 11,1 jours. Ce résultat masque toutefois des comportements très différents selon les pays. Les Japonais arrivent largement en tête, avec une dépense par jour et par personne de 31 100 Fcfp. Ils sont suivis par les Américains du Nord (22 700 Fcfp, +2,5 %) et ceux d’Amérique du Sud (21 600 Fcfp). Les Européens (hors France) dépensent 20 100 Fcfp par jour. Les autres marchés ont comme particularité d’avoir des dépenses quotidiennes en dessous de la moyenne. Ainsi, les Australiens et les Néo-Zélandais se situent juste en dessous de la moyenne, avec une dépense de 15 800 Fcfp. Les métropolitains se positionnent comme l’un des marchés où la dépense moyenne par jour est la plus faible avec 13 100 Fcfp, cependant elle progresse de 11 % depuis 2007. “Toutefois, cette dépense par personne et par jour apparaît, bien souvent, inversement proportionnelle à la durée du séjour”.

Le jackpot des honeymooneurs

Compte tenu de sa réputation paradisiaque et mythique, la Polynésie française maintient sa position de destination privilégiée pour les voyages de noces. 33% des touristes viennent pour leur lune de miel ; ils représentent 36% des recettes. Malheureusement, ce segment touristique n’a pas été épargné par la crise et enregistre un recul de 25% de ses effectifs depuis 2007. “Les touristes originaires d’Europe (hors France) sont les plus nombreux, 29% des effectifs, suivis des Américains du Nord (25%) et des Japonais qui représentent 22% de cette catégorie”, écrit l'ISPF. “Les jeunes mariés sont dépensiers et ne regardent pas à la dépense durant leur courte lune de miel (9,4 jours en moyenne pour 13,3 jours tous buts confondus)”. Entre les hôtels, les croisières, les excursions, les loisirs, ils dépensent pas moins de 257 500 Fcfp en moyenne par personne (dont 54% en hébergement). C’est le prix que sont prêts à payer les amoureux pour accomplir leur rêve et conserver des souvenirs inoubliables. Ces vacanciers sont quasi exclusivement des touristes terrestres (96% d’entre eux).

L’Europe : 45% des touristes et 50% des devises

Le marché européen, qui représente 45% des touristes venus en Polynésie française, génère à lui seul 50% des recettes touristiques. Le touriste européen voyage plutôt en couple en Polynésie (73% des ménages). “Il exerce une profession de cadre supérieur (45% des visiteurs) avec une durée de séjour relativement longue grâce au marché français (16,7 jours)”, décrit l'ISPF. Il privilégie les séjours terrestres (87% d’entre eux) avec des nuitées payantes au cours de leurs vacances (90% de touristes payants). Les séjours en forfait sont choisis par 57% des touristes. Les Européens dépensent en moyenne 260 500 Fcfp au cours de leur séjour. Le marché américain est le deuxième marché polynésien en 2009, avec 28% des touristes et 28% des recettes. Le voyage en couple est privilégié par 83% d’entre eux ; ce sont plutôt des cadres supérieurs qui passent des vacances en hébergements terrestres (62%) même si la croisière reste un type de voyage très prisé sur ce marché. Le voyage clef en main reste la solution la plus simple pour ces touristes (72% voyagent en forfait) qui séjournent en moyenne 10,3 jours dans le cadre de leurs vacances (63% des buts de séjours) au cours desquels ils dépensent 235 000 Fcfp.

Le tourisme affinitaire, encore restreint, doit être développé

Les touristes qui déclarent comme but principal de leur voyage la visite de la famille ou d’amis sont moins nombreux qu'on pourrait le penser. Ils représentent 15% de l’ensemble des visiteurs du fenua en 2009, soit 24 000 touristes, et 10% de la recette touristique. “Ces touristes affinitaires présentent une dépense moyenne par séjour relativement faible (160 500 Fcfp) pour un séjour nettement plus long (27,2 jours)”, explique l'ISPF. “Ils sont majoritairement originaires de France (60%)”. L’effectif relativement faible des touristes d’affinité s’explique, en partie, par le fait que nombre d’entre eux déclarent les vacances comme principal motif de leur séjour sur le territoire. Ces touristes se tournent davantage vers les pensions de famille et ont donc un rôle fondamental dans leur activité. Même si les visites de la famille ou d’amis rassemblent finalement relativement peu de monde dans le flux des touristes, “le montant de leurs dépenses locales est non négligeable (3,9 milliards de Fcfp), compte tenu de la longueur de leur séjour”, relève l'ISPF. “Loin de se contenter de séjourner chez leurs connaissances, ils génèrent également 1,1 milliard de recettes pour les structures d’hébergement locales et 410 millions de Fcfp dans le transport”. Et surtout leur impact ne se limite pas à ces dépenses. Souvent leur famille ou les amis les accompagnent dans leur découverte des îles polynésiennes, ils augmentent d’autant la consommation touristique des résidents, jouant ainsi un rôle moteur en faveur du tourisme intérieur.

37,7 milliards de recettes touristiques en 2009

En 2009, les touristes accueillis en Polynésie française ont dépensé 37,7 milliards de Fcfp au cours de leur séjour, soit 77% des ressources propres et soit plus de trois fois le montant des exportations de produits locaux (10,8 milliards). “Ce montant équivaut au chiffre d’affaires réalisé localement par les entreprises polynésiennes”, souligne l'ISPF. “Il correspond aux dépenses effectuées localement par les non-résidents en hébergements, restaurants, commerces, transports locaux etc., à l’exclusion des dépenses réalisées hors territoire comme les marges des tour-opérateurs et les billets d’avion internationaux”. Ce chiffre d’affaires des entreprises résidentes ne s’assimile pas à une création nette de richesse ou “valeur ajoutée”. Il sert en partie à couvrir les frais de personnels, les frais de fonctionnement et de manière plus générale toutes les consommations intermédiaires des unités productives concernées. On est encore bien loin des objectifs du ministre du Tourisme. Steeve Hamblin a de nouveau répété cette semaine que le but était d'atteindre “dans les 20 prochaines 220 milliards de Fcfp de recettes pour un million de touristes”.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

29/08/2010 à 08h21

concernant les touristes japonais, qui ne passent que 6,2 jours sur le territoire, c'est tout a fait normal.... il faut savoir que le japonais ne dispose généralement que d'une semaine de congé annuel, pas un mois ou trois semaines....
La moyenne de 6,2 jours correspond donc précisément a la durée dont ils disposent réellement.
De ce fait tout sejour ou forfait supérieur leur est inacessible, ex une semaine complete de croisière.

Pour cette clientèle spécifique il faut adapter les offres a la durée réduite de leur congés annuels

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