Le CESC dit non au “protectionnisme”

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Publié le jeudi 12 août 2010 à 14H19

PROJETS DE LOI DU PAYS. Le Conseil économique, social et culturel (CESC) a étudié hier trois textes. Un seul a reçu l’avis favorable des conseillers, celui visant à instaurer un dispositif de soutien au développement des établissements d'hébergement de tourisme chez l'habitant et de la petite hôtellerie familiale.

L’ESSENTIEL

  • Le projet de loi du Pays sur la création d'un statut de l'auto-entreprise a eu un avis défavorable, le CESC estimant qu'il faut revoir le texte
  • La proposition de loi du Pays relative aux autorisations d'établir et d'exploiter un réseau ouvert au public a aussi été rejetée
  • Le CESC dit non “à une politique aberrante de protectionnisme, de repli” contre l'installation de sociétés étrangères {1xtypo_rounded2}

Le Conseil économique, social et culturel (CESC) a étudié hier deux projets de loi du Pays et une proposition de loi du Pays. Le premier a porté sur un dispositif de soutien au développement des établissements d'hébergement de tourisme chez l'habitant et de la petite hôtellerie familiale, le seul projet à avoir reçu un avis favorable de la quatrième institution. Il tend à une refonte du cadre réglementaire organisant l'attribution des aides financières du Pays. En gros, il permet d'étendre le champ d'application du dispositif de soutien financier, par exemple pour des opérations de mise en conformité des établissements, pour créer des activités liées à l'exploitation d'établissement ou encore pour former les futurs gérants ou exploitants. Cela vise en clair à répondre aux besoins exprimés par les professionnels du secteur. Les critères d'appréciation sont là aussi plus souples. Et surtout, le plafond des subventions et la possibilité de renouveler les demandes d'aide à changer. Au lieu du plafond unique à 3,5 millions de Fcfp, les professionnels qui seront classés pourront prétendre à une aide de 5 millions de Fcfp. Bref, autant de mesures qui “montrent une volonté du gouvernement de pouvoir renforcer le soutien financier aux exploitants d'établissement”, note le CESC. Bien sûr, il faudra montrer patte blanche et se soumettre aux différentes conditions. “Mais cet avis est vital pour la pérennité des établissements (…), le conseil émet donc un avis favorable sous réserve des observations et recommandations”, a conclu le Conseil sur ce dossier.

Le second projet de loi du Pays a porté sur la création d'un statut de l'auto-entreprise. L'idée étant également de simplifier le régime fiscal des très petites entreprises. Les membres du CESC ont été très prolixes sur le sujet. Et pour cause, ce projet vise à encourager la création d'entreprises individuelles et à simplifier la fiscalité et à alléger les procédures administratives et comptables de ces TPE. Sur le papier, tout cela semble bien. Sauf que le système et les textes présentent des failles. Et les conseillers du CESC ont taillé en pièces le projet : “L'ensemble du projet souffre d'une présentation inadaptée et d'une insuffisante consultation” ; “Le projet de créer un statut de l'auto-entreprise est certes noble dans son intention, mais souffre de trop nombreuses omissions ou faiblesses qui dénotent une trop grande improvisation” ; “Cela risque de mettre en péril les entreprises déjà existantes” ; “Le projet est peu lisible”… Les conseillers pensent que cela risque, entre autres, “d'entraîner une augmentation de l'impôt annuel pour un grand nombre d'entre elles, ce qui laisse penser que l'objectif de soulager l'administration a pris le pas sur celui affiché de soulager les TPE”, a relevé le CESC. Certains qualifiant même ce projet “d'assistanat”. Les échanges ont donc été houleux. Pour Christophe Plée, “il aurait été nettement mieux de créer tout un volet de professionalisation. Mais les textes n'en parlent pas. Il faudrait entièrement réformer ce projet à 80%”. Le projet a donc reçu un avis défavorable à la majorité.

Enfin, le CESC s'est penché en dernier lieu sur la proposition de loi du Pays relative aux autorisations d'établir et d'exploiter un réseau ouvert au public ou de fourniture au public d'un service de télécommunication. Un texte qui vise essentiellement à limiter l'arrivée de sociétés étrangères sur le marché de la téléphonie locale. Trois opérateurs sont concernés par cette proposition de loi : Mara Télécom, Pacific Mobile Télécom et Digicel Tahiti. Sauf que seul Digicel, qui détient une partie de son capital dans des sociétés étrangères, est concerné par le texte. Le CESC a expliqué qu'elle était défavorable à la proposition de loi. Il a dans un premier temps émis de sérieux doutes quant à la légalité de la proposition qui lui a été soumise. Selon la quatrième institution, “ces incertitudes portent sur la légalité de l'atteinte à certains principes, tels que la liberté du commerce et de l'industrie, la légalité du traitement différencié des sociétés françaises et européennes…” Pour le CESC, l'objectif de ce texte est flou, “inaccessible, et en contradiction avec la libéralisation du secteur”. D'autant que cela relève d'“un protectionnisme inopportun”, comme l’ont souligné plusieurs conseillers. “Même s'il s'agit d'une société ‘étrangère’, cela apporte tout de même de l'argent à la Polynésie française. Même si certains capitaux partent à l'étranger, il restera des bénéfices au Pays. Aussi, en tout état de cause, et si la volonté des pouvoirs publics est réellement de mettre un frein à une évasion financière, la réglementation actuelle y suffit en soumettant certains investissements étrangers à autorisation, et le texte proposé passe à côté de son objectif.” Le CESC dénonce “des risques d'une politique aberrante de protectionnisme, de repli, le message négatif de défiance vis-àvis de l'extérieur envoyé aux investisseurs, alors même que c'est la politique inverse qui devrait être menée en vue de les attirer. Le Pays n'est certainement pas en situation de refuser de manière automatique ces investissements. En voulant conserver un système protectionniste, la proposition fausse le jeu du marché au détriment de celui qui devrait en être le principal bénéficiaire : les consommateurs, soit plusieurs dizaines de milliers de Polynésiens”. Il a donc émis un avis défavorable et a souhaité “une concurrence plus saine”.

JH

La téléphonie et le tribunal administratif

C'est la guerre de la téléphonie mobile. La semaine dernière, le tribunal administratif s’est penché sur pas moins de cinq affaires d’opérateurs de téléphonie. Des affaires opposant Digicel, Pacific Mobil Telecom, Mara Telecom et la Polynésie française. En cause : des licences d’opérateurs accordées par le Pays à certaines sociétés. Il faut dire que la Polynésie est un marché où une société a le monopole et qu’il faut se partager le gâteau. Résultat, tout le monde s’attaque, car au final, on risque de se retrouver avec quatre opérateurs. Donc certains reprochent au Pays d’avoir par exemple renouvelé l’autorisation d’exploitation de Tikiphone ; d’autres attaquent des autorisations qui ont été délivrées pour les fréquences. Le tribunal administratif doit se prononcer sur la légalité de certaines décisions du Pays.

Au sujet du recours demandé par Digicel qui souhaite l’annulation de l’arrêté accordant à Pacific Mobil l’autorisation d’utilisation des fréquences, le rapporteur public s’est prononcé pour un non-lieu. Il rejette par ailleurs les trois autres demandes. La première porte sur l’annulation d’un arrêté autorisant Digicel à établir et exploiter un réseau, la deuxième concerne une demande de Mara Telecom souhaitant que le tribunal annule l’arrêté portant sur l’autorisation d’exploitation de Digicel. Et la dernière, celle de Pacific Mobil qui souhaite que le tribunal annule un arrêté pour l’autorisation d’exploitation de Digicel. Décision dans trois semaines.

Jenny Hunter
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27/08/2010 à 21h28

Je ne suis pas du tout d'accord avec Drollet... On dit de lui être adherant à la pensée Troskiste... La provision de son texte de loi de Télécommunication me confirme de + en + ces dires... Je m'explique... Pourquoi empêcher les investisseurs étrangers de rentrée dans l'aréne local.. Une question que l'on doit ce poser par rapport à cette proposition, à qui cela profite t'elle? A QUI?? La est toute la question... Drollet, Barral et leurs accolites.. tous deux anciens president de L'OPT.. Benh! voyant pourquoi aller chercher + loin!!.. SA thèse qui tend à dire d'une intention noble à protéger le tissue economique local à travers cette loi, désolé,c'est du pipot! ... Faudrait + pour berner le petit "Tetuanui". Je vous le dis, il y a une grosse embrouille derriere tout ca. Et une grosse comme ça????????????????
La thèse du capital recapitalisé à l'étranger est vieille comme le monde.. cela à toujours existé là ou l'emperialisme s'installe.. Si l'on doit appliquer cette loi dans la téléphonie pourquoi pas la recalquer aux hôteliers de la place. Le Radisson, l'Intercontinental, Hiltons, St Regis, Four Seasons et d'autres, qui eux sont à (je pense) + de 40% d'investissement exterieures ... Faut pas ce leurer... Il est temps de relativiser les choses... Protéger les investisseurs locaux, qui peut entre nos investisseurs locaux être à la cheville des investisseurs étrangers ... c'est ridicule... notre PIB comparer à ceux des US, Européens, chinois, Jap, AU et même calédonien etc... nos investisseurs locaux désolé mais y a pas photos... Nous ne sommes mêmes pas auto-suffisant à 100% ni producteurs.. tout est importé...

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17/08/2010 à 18h33

Le protectionnisme c'est consommer beaucoup moins bien qu'ailleurs en le payant beaucoup plus cher.

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14/08/2010 à 02h03

Le projet du Statut de l’auto-entrepreneur c’est « les salamalecs » pour mettre le pied à l’étrier (de la façon la plus « mensongère ») les sans-emplois vers la création d’entreprise et (pour les gens en coulisse, très lucrativement) l’endettement bancaire par l’emprunt. En processus naturel, l’argent vient par le salariat et le patronariat vient progressivement par l’émancipation financière. « Mieux » que de créer des emplois, en Polynésie, on créé surtout des enseignes et leurs emprunts. A terme, ce n’est pas un montage de tissu économique vertueux (sauf pour les banques et les nantis ... grands propriétaires terriens).

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14/08/2010 à 01h06

Les gens quand ils investissement de l’argent, ce n’est pas pour le bénévole, ils espèrent en tirer un gain. Si 80% des capitaux sont de provenances étrangères, il est à penser que les intérêts des placements seront expatriés (repartiront à l’étranger et donc al-fine sortiront du Pays).
Déjà qu’il est difficile pour les capitaux locaux de créer une « source » viable d’enrichissement, mais en plus on invite des gens à exploiter cette source et a en faire bénéficier l’usufruit aux autres de façon expatria.

Le CESC qui devrait être alerte à ce phénomène économique, prend la tangente des responsabilités qu’elle a envers la population en minimisant et en entérinant la protection de la Population et la Société Polynésienne au sens le plus large. Je suis rarement d’accord avec Mr DROLLET, mais dans ce cas de figure, la création d’une Loi de Pays (qui se veut plus protecteur que les textes nationaux) se justifie.

L’étrange effet « de mode » de l’ouverture à la concurrence de nos marchés, ne veut pas dire « exposer » ou « offrir » en holocauste notre PIB. Vous vous faites conseiller par des personnes savantes qui prennent des stéréotypes économiques de pays à la Population, production et consommation de masse : la Polynésie ne rentre absolument pas économiquement dans ces clichés de « refourgue ». Nous sommes un cas économique socioculturel inédit qui ne peut s’inscrire au modèle des autres, ce que les gens n’ont pas compris c’est que la Polynésie est en « charnière » d’un nouveau modèle économique qui fera cas de figure dans les années avenirs dans la littérature économique mondiale.

ogoway@hotmail.com

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13/08/2010 à 07h42

"Le CESC dit non au protectionnisme" mais que pense-t-il des 500 millions que l'on vient encore de refiler en douce à Air Tahiti Nui?
Où est la concurrence? Les polynésiens (et les touristes) en ont assez de payer pour ce poids mort qui nous arnaque.

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12/08/2010 à 17h33

Si Miltond Friedman était encore vivant il serait mort de rire en observant le "spécificités" économiques de la Polynésie française!
Les "génies" de l'économie locale seraient bien inspirés de lire son célèbre traité: Capitalisme et Liberté, où il explique sa théorie selon laquelle la réduction du rôle de l'État (ici le Territoire) dans une économie de marché est le seul moyen d'atteindre la liberté politique et économique. Allez, bon courage!

Commentaires anonymes

12/08/2010 à 17h32

- Hep BOB ! C'est quoi le protectionnisme ?
- C'est quand tu penses Maohi, tu vis Maohi, tu rêves Maohi, tu manges Maohi, et que tu attends que des touristes payent !

:o:P