La perle est bradée

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Publié le lundi 06 septembre 2010 à 10H32

BILAN. L’Institut statistique de la Polynésie française a sorti les chiffres de la perliculture pour l’année 2009. Le secteur est dans une “situation difficile” en 2009, révèle la publication. Pendant ce temps-là, on créa la Maison de la perle dont la mission ressemble à peu de chose près à celle du service de la Perliculture.

L’ESSENTIEL

  • Produit de luxe jadis, la perle est désormais bradée : les volumes exportés augmentent et son prix ne cesse de baisser
  • Pendant ce temps-là, l’Épic Maison de la perle est créé ; un goinfre financier dont les professionnels se demandent à quoi il sert
  • Dans le cadre d’un plan de relance, il est prévu la mise en place d’un “numerus clausus” par île, déterminant un quota de production de perles

“La demande est encore en baisse”, “le prix de la perle faible ne correspond plus à un produit de luxe”, “la valeur diminue encore pour revenir à un niveau jamais enregistré depuis 1993”, “la baisse amorcée de la vente d’ouvrages en perles au dernier trimestre 2008 se confirme”, “les exportations de ces ouvrages sont en chute libre en 2009”, “les effectifs salariés diminuent, tout comme le chiffre d’affaires et les exportations dont les recettes sont très en deçà des capacités du secteur”. La dernière publication de l’Institut statistique de la Polynésie française (ISPF) sur la perliculture est cinglante. En bref, le secteur va de plus en plus mal. Pourtant dans le budget 2010 du Pays, 100 millions de Fcfp étaient attribués au nouvel Épic créé en septembre 2009 : la Maison de la perle dont la plupart des professionnels du secteur se demandent à quoi elle peut bien servir. “Quand je vois qu’ils continuent le projet d’une Maison de la perle qui centraliserait tous les professionnels en un seul lieu, soit au dancing Pitate, nous disons que le gouvernement est inconscient. Quand on voit les problèmes économiques et financiers du territoire, ils feraient mieux de reporter ce projet. D’autant qu’il n’a aucune nécessité et aucune urgence. Il n’y a plus de production parce que ce n’est plus rentable”, avaient critiqué des professionnels, à l’annonce du projet du bâtiment pour abriter l’Épic. Une enveloppe de 1,345 milliard de Fcfp est prévue même si les travaux sont estimés à 900 millions de Fcfp.

Une phrase de la publication de l’ISPF résume à elle seule les problèmes du secteur : “Trop de perles et de trop faible qualité conjugué à la quasi-absence de promotion sur le produit ont conduit à un effondrement du cours en 2009.” Le gouvernement est conscient qu’il faut “une réorganisation générale du secteur” et a présenté mercredi dernier en conseil des ministres un “projet de loi du Pays afin de mettre en place des dispositifs de contrôle de perles plus élargis et rigoureux visant à réduire progressivement la quantité de perles circulant frauduleusement”. Enfin ! Pour l’ISPF, la promotion est en panne : “Avec le ralentissement des exportations de perles et surtout des recettes liées au droit spécifique sur les perles exportées (DSPE), le GIE Perles de Tahiti a commencé à rencontrer des problèmes de financement. Après 15 années d’existence du groupement qui servait la promotion de la perle polynésienne dans le monde, la suppression de la taxe de 200 Fcfp par gramme de perle exportée sonne son glas ; le GIE Perles de Tahiti est dissous début 2010. Dans la transition, de 2008 à 2009, sans réelle stratégie de promotion et de commercialisation, la surproduction s’est amplifiée entraînant une baisse des prix.” Une nouvelle fiscalité devrait voir le jour pour financer la promotion du secteur : la contribution à l’organisation de la perliculture (COP) de 50 Fcfp par perle.

Côté commercialisation, les mauvaises nouvelles pleuvent : un chiffre d’affaires en baisse de 13% par rapport à 2008 ; si on y inclut les industries et commerces de l’horlogerie, bijouterie (activités liées à la perliculture), il baisse de 37%. En 2009, les exportations de produits perliers ont rapporté 7,9 milliards de Fcfp à la Polynésie française, soit une baisse de 19% par rapport à 2008. Les recettes reviennent ainsi à leurs niveaux de 1993. Parallèlement, les volumes correspondants sont en hausse de 50%, ce qui a pour effet de faire à nouveau baisser le prix au gramme à 480 Fcfp (contre 890 Fcfp en 2008). Le nombre de perles augmente lui aussi à un niveau élevé (+80%), faisant chuter le prix de la perle à 760 Fcfp. Mais cette baisse est essentiellement due à une baisse de la qualité des perles, le poids par perle diminue. Les résultats de la perle brute à l’exportation enregistrent de tristes records en 2009. Les recettes diminuent à 7,5 milliards de Fcfp (-10%), tandis que le volume exporté atteint 15 tonnes (+68%), des niveaux jamais enregistrés.

LR

DÉCHIFFRÉ

  • 571 concessions maritimes (-13% en un an). L’archipel des Tuamotu regroupe 70% des concessions
  • Fin 2009, le service de la perliculture dénombre 460 producteurs d’huîtres perlières et 460 producteurs de perles de culture brutes (respectivement -14% et -10% sur un an)
  • En décembre 2009, les activités de la “pisciculture, aquaculture” comptent 1 124 salariés, soit une baisse de 20% par rapport à 2008
  • Les industries de la bijouterie, joaillerie voient ses effectifs baisser de 17%
  • Après la disparition du DSPE (droit spécifique sur les perles exportées), une nouvelle fiscalité est prévue pour financer la promotion du secteur : la contribution à l’organisation de la perliculture (Cop) de 50 Fcfp par perle
  • En 2009, le chiffre d’affaires des entreprises du secteur perlicole soumis à la TVA s’élève à 191 millions de Fcfp, soit une baisse de 13% Si on inclut les industries et commerces de l’horlogerie, bijouterie, ce chiffre baisse de 37%
  • En 2009, les exportations de produits perliers ont rapporté 7,9 milliards de Fcfp à la Polynésie française, soit une baisse de 19% par rapport à 2008. Les recettes reviennent ainsi à leurs niveaux de 1993
  • Parallèlement, les volumes correspondants sont en hausse de 50%, ce qui a pour effet de faire à nouveau baisser le prix au gramme à 480 Fcfp (contre 890 Fcfp en 2008)

Lucie Rabréaud
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Commentaires anonymes

08/09/2010 à 21h02

je connais pleins de perliculteurs qui pleurent a l'heure actuelle et qui étaient les premiers a brader leurs perles et colliers de perles, et lorsque l'on leurs disaient de ne pas le faire ,ils nous envoyaient sur les roses "pour être poli" et maintenant ils pleurent?;D
moi je dis bien fait vous récolté ce que vous avez semé ;D

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08/09/2010 à 04h14

Le précédent ministre avait commencé la mise en place d'un déterminant processus de contrôle. L'étude Italtrend faisait état il y a déjà 10 ans de la nécessité d'une AOP et le répétait en juin dernier. Peut être faut il réunir toutes ces compétences et faire en sorte que la filière soit enfin régulée. L'excellence de la Perle de Tahiti le mérite et les perliculteurs l'attendent.

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07/09/2010 à 07h34

@ fiu

Peut-être y avait-il beaucoup de perles à compter...?

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06/09/2010 à 17h20

"La perle est bradée". "La perle ne vaut plus rien".

Relayés par tous les médias, ces propos sont insultants pour les perliculteurs honnêtes qui subissent tout autant l'incompétence de nombres de ministres successifs responsable de la perliculture, l'incrompréhension totale des politiques qui ne voient dans cette corporation qu'un moyen de polémiquer et surtout l'émergence des tricheurs (fraude à la CPS, surexploitation des salariés et des greffeurs, fraude aux contrôles de qualités) qui peuvent effectivement accaparer les marchés existants et étroits avec des prix ne correspondants pas à la réalité de l'image de ce produit.

Alors oui il y a un problème d'image et cela saute aux yeux lorsque l'on constate que la maison de la perle chargée de l'image et de la promotion de la perle ne pipe mot lorsque les médias lancent ces titres raccoleurs qui font très mal à la profession.

Alors oui il y a un problème de production lorsque l'on voit que le ministre actuel a OUVERT les lagons au mois d'avril pour faire plaisir à certain et que cela se traduira forcément dans les mois à venir une fois de plus par une augmentation de la production alors que tout les professionnels reconnaissent aujourd'hui qu'un des problèmes principaux de la crise actuel est la surproduction ou en tout cas la production non maitrisée et imprévisible.

Stop aux formules chocs journalistiques et que dire du ou des fonctionnaires qui se permettent des analyses caustiques, certes ettayées de nombreux chiffres mais qui éludent une bonne partie des problèmes.

Les perliculteurs ont en marre de toute cette agitation autour d'eux.

Que les politiques prennent vraiment leurs responsabilités, un peu plus rapidement qu'ils ne le font aujourd'hui. Après tout pour se mettre et se démettre (la lecture au second degré est autorisée) à leur places dorées, il ne leur faut que quelques heures...

Commentaires anonymes

06/09/2010 à 15h23

Pourquoi 8 mois pour sortir les chiffres?

Légal

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