Publié le jeudi 11 décembre 2008 à 09H43
TRAVAUX. Le président Gaston Tong Sang a lancé hier le chantier de l’hôtel des familles. Un hospitel qui accueillera les malades, évasanés ainsi que leur famille pour des séjours de courte durée. Il devrait voir le jour d’ici fin 2009.
L’ESSENTIEL
- L’hospitel du Taaone devrait être achevé d’ici un an. Sa construction coûtera 485 millions de Fcfp
- Après l’hôpital et le centre 15, c’est la troisième grosse infrastructure de santé dont le Pays sera doté fin 2009
- L’hôtel des familles était réclamé depuis plusieurs années par la fédération A Tauturu ia na qui s’occupe des évasanés
Les mains dans le ciment. Le président et ses ministres, le député-maire, la mairesse de Pirae et ses adjoints, ont joué de la truelle, hier sur le chantier du futur hôtel des familles. Accompagnés d’Éric Noble-Demay, le directeur général de l’Établissement public de l’aménagement et du développement (EAD, ex-EGT), ces personnalités politiques venues en grand nombre ont “posé la première pierre de l’hospitel du Taaone”. Alors que les fondations sortent à peine de terre, l’EAD affirmait hier que les travaux dureront un an et coûteront 485 millions de Fcfp.
L’hôtel des familles aura pour vocation première d’accueillir les familles des évasanés, les habitants des archipels ou de la Presqu’île qui accompagnent un malade et n’ont nul endroit où loger. Mais l’hospitel ne sera pas seulement un hôtel des familles. Il recevra aussi des malades, avant et après hospitalisation : femmes enceintes, patients des consultations spécialisées, de la chirurgie ambulatoire ou de la chimiothérapie, entre autres. En sommes, tous les patients éloignés de leur domicile. En revanche, l’hôtel des familles ne fera que du court séjour. Pour l’instant, il est exclu par exemple que les dialysés permanents en bénéficient.
Divisé en deux bâtiments de trois étages, l’hospitel comprendra 63 chambres pour une ou deux personnes avec salle de bain. Il y aura aussi des possibilités de modulation familiale et quatre chambres pour les personnes à mobilité réduite. L’architecture de l’édifice sera “tropicale” : protection solaire, protection des intempéries, ventilation naturelle, communication avec les espaces extérieurs. “Les chambres seront un endroit pour dormir, a ajouté Éric Noble-Demay. Les lieux de vie se trouveront dans un patio végétalisé. On y trouvera une cuisine, un salon équipé de la télévision et d’Internet. Et nous avons rajouté deux bureaux qui serviront pour les consultations psychologiques.” Le DG de l’EAD a affirmé vouloir “confier la gestion de l’établissement à des professionnels. Un animateur résidera donc dans un appartement au sein de l’hôtel, et non pas seulement un gardien”, a-t-il annoncé. Enfin, l’hospitel sera conçu de façon écologique : son toit recouvert de panneaux photovoltaïques qui fourniront l’établissement en eau chaude et en électricité, ses terrasses et ses façades végétalisées pour une meilleure protection thermique.
Cette infrastructure est très attendue, notamment par la fédération A Tauturu ia na qui s’occupe des malades évasanés. Son président, Patrice Jamet, avait fait de l’hôtel des familles son combat. Il l’avait obtenu au forcing auprès du gouvernement. C’était en mai dernier, quand Jules Ienfa annonçait lors de l’assemblée générale de A Tauturu ia na son ouverture pour la fin 2009. Les quelque 57 associations et 600 bénévoles de la fédération peuvent aujourd’hui être satisfaits de leur lobbying.
L’hospitel sera installé à 340 mètres de l’hôpital du Taaone, dont Gaston Tong Sang a annoncé hier l’inauguration pour la fin juin. Après le démarrage des travaux du centre 15 en septembre dernier, l’hôtel des familles est la troisième infrastructure de santé importante dont le pays sera doté à partir de 2009. “Il devrait ouvrir six mois à un an après l’hôpital du Taaone”, soulignait hier Jean- François Charles, conseiller du ministère de la Santé.
Benoît Buquet








