Publié le mercredi 26 novembre 2008 à 15H07
GRÈVE. Leurs salaires devaient être versés hier, ils ne le seront pas avant la semaine prochaine. Les fonctionnaires, dont la paie est gérée par le Trésor public, doivent se tourner vers leurs banques après le conflit qui s’est terminé hier soir.
L'ESSENTIEL
- La paie des fonctionnaires était suspendue à la reprise du travail au Trésor public
- Le salaire sera versé dans une semaine, après la signature du protocole d’accord hier soir mettant un terme au conflit social
- Une tournée des banques de la place a été entreprise, afin de sensibiliser leurs dirigeants aux retards de paiement prévus
La paye des fonctionnaires était l’inquiétude de Jean-René Petit, le trésorier payeur général de la Polynésie française. Elle n’a plus lieu d’être. “Elle est au point mort”, confiait-il aux Nouvelles hier, avant la signature du protocole d’accord annonçant la fin de la grève au Trésor public. La paye des fonctionnaires était en effet suspendue à la reprise du travail au Trésor public. Sur les 140 personnes y travaillant, le taux de grévistes avoisinait les 40%, mais “100% des gens ne travaillaient pas”, soulignait le TPG. Pour rappel, le service gère non seulement les salaires des agents de la fonction publique d’État, mais aussi ceux du Pays et des communes, la fonction publique hospitalière et certains organismes comme l’EGT. “Au bas mot, 20 000 personnes sont concernées”, soulignait Jean-René Petit. Et si la grève est levée aujourd’hui, leurs traitements “ne seront versés, a priori, que la semaine prochaine”. Bien après l’échéance habituelle, autour du 25 du mois. Ce délai d’une semaine est “incompressible” : “Il y a notre délai à nous, et aussi celui des banques”, rappelle le TPG qui assure toutefois que, dès la reprise du travail, “la paie des agents sera la priorité” de ses services.
Les agents grévistes s’étaient préparés depuis le début à des conséquences sur leurs revenus. “On a mis un frein à nos dépenses”, reconnaît une enseignante, avenue Pouvana’a. Outre les jours de grève logiquement décomptés, “on s’attendait même à ne pas être payés avant le 15 du mois suivant”. Ce cas n’est sans doute pas le plus fréquent, et dès mercredi dernier, les responsables syndicaux prenaient les devants pour que la grogne contre l’ITR ne finisse pas par étrangler financièrement les agents. Une tournée des banques de la place a été entreprise, afin de sensibiliser leurs dirigeants aux retards de paiement prévus, et leurs conséquences sur les remboursements de prêts. La démarche a porté ses fruits, à en croire James Estall, P-dg de la Socredo et président de la Fédération des banques de Polynésie. “Chaque établissement a ses pratiques, mais on est sur la même longueur d’onde. La Banque de Polynésie, contractuellement, peut reporter l’échéance d’un prêt en fin d’échéancier. La Banque de Tahiti a sa propre pratique aussi… Quelle que soit la banque, on sait très bien gérer ça. Ce n’est pas notre premier conflit, et à chaque fois la question se pose”, fait-il remarquer.
Concrètement, comment le fonctionnaire lambda, temporairement privé de son salaire, va-t-il négocier la fin de mois ? “Il n’y a pas de dispositif généralisé, mais un examen attentif de chaque situation, au cas par cas”, résume James Estall. “Certains des clients vont pouvoir continuer à payer les échéances normalement, car ils ont les ressources pour cela. D’autres vont négocier un report à un, deux ou trois mois, pour étaler la charge, on peut aussi faire un relais… Il y a une multitude de solutions, et c’est le chargé de clientèle qui va le mieux connaître la situation et qui est à même de faire des propositions.” Pour les agents qui ont fait grève et perdu une partie de leur paie, “on sait que les salaires seront de toute façon payés ; en revanche on ne sait pas comment seront étalées, ou non, les retenues de salaires sur les prochains mois”, note le banquier. “La situation sera donc examinée en fonction de qui est touché, et à quel niveau.”
En marge des établissements bancaires classiques, enfin, la Casden a décidé de soigner sa clientèle composée uniquement de fonctionnaires. À la banque mutualiste, qui revendique “15 000 sociétaires pour 6 000 dossiers de crédit”, il a été décidé de ne pas prélever d’échéances de crédit au mois de novembre. “Il n’y a pas de cas particulier, ce sera pour tout le monde”, précise un de ses responsables. “Et cela se fera sans frais.” Presque de quoi souhaiter que la grève continue…
PYL







