Publié le samedi 20 février 2010 à 12H19
DESSERTE RAROMATAI. Chaque jour ça bouge, ça s’agite autour du King Tamatoa. Hier Bill Ravel a rencontré des membres du groupe UDSP à l’assemblée pour présenter son projet. Une énième rencontre de la semaine pour tenter de gagner les élus à sa cause.
L’ESSENTIEL
- La délibération qui définit le classement des bateaux en navire de croisière exclut le King Tamatoa parce qu’il ne dispose pas de cabines
- La société continue sa croisade : persuader un maximum d’élus pour que la réglementation évolue en sa faveur
- Mais pour sortir du FRPH comme les autres armateurs… il lui faut une loi sur mesure, qu’il espère haute couture, mais qui ne pourra être adoptée avant la 1ère rotation
Le King fait maintenant dans la dentelle. Bill Ravel a été clair : si on lui met trop de bâtons dans les roues et qu’il ne peut se débrouiller par ses propres moyens pour acheter du carburant pas cher et détaxé… il n’assure pas les rotations interîles ! Face à cette impasse, il va bien falloir trouver une solution. La solution de le classer dans la catégorie des navires de croisière comme il le demande se révèle impossible, et il ne s’agit pas seulement de la volonté du gouvernement de Gaston Tong Sang. En effet, la délibération 2002- APF du 27 juin 2002 qui définit le cadre général des dispositions incitatives applicables aux paquebots effectuant des croisières touristiques interinsulaires en Polynésie française, est très claire : pour qu’un bateau puisse être classé en catégorie croisière, il doit disposer d’au moins 12 cabines. Le King Tamatoa n’en dispose pas, les rotations entre les îles étant très courtes. Il effectue du transport de passagers certes, mais un transport rapide, avec des véhicules, mais aussi avec du fret. L’énorme King Tamatoa ouvre donc une catégorie à part. Comme il le révélait aux Nouvelles hier, Jean-Christophe Bouissou concocte une loi de Pays. Cette dernière permettrait d’adapter la réglementation au King Tamatoa : “une modification des impôts pour permettre la détaxation du prix du carburant” comme il l’a précisé. Sauf que depuis hier, la donne a déjà évolué. Il s’orienterait désormais sur une loi spécifique, du sur-mesure pour permettre au bateau de garder les conditions qu’il a acquises, mais surtout son objectif ultime : ne pas payer de taxes sur le carburant et surtout pouvoir l’acheter lui-même en aging, à savoir de très grosses quantités négociées à bas prix annuellement. Un domaine dans lequel l’homme d’affaires Bill Ravel excelle déjà.
Le temps presse. Le bateau arrive lundi matin à Tahiti. La 1ère desserte est prévue le 5 mars. Toute la semaine Bill Ravel s’est entretenu avec différents groupes d’élus pour défendre son projet devant les représentants. Même si Gaston Tong Sang reste ferme, l’armateur peut passer par le biais de l’assemblée. Ils sont déjà plusieurs à envisager positivement l’évolution de la réglementation en faveur du projet de Bill Ravel. Le groupe Te Natira’a mené par Sandra Lévy-Agami l’a déjà confirmé. Ia Ora te Fenua de Jean-Christophe Bouissou fait partie des plus actifs et va proposer lui-même un texte “au plus vite” nous at- il assuré. Suite à l’entretien avec Bill Ravel, rassuré sur la protection de l’emploi local et l’abandon de l’idée d’installer des machines à sous sur le King Tamatoa, le groupe UDSP à son tour s’est révélé favorable à une nouvelle loi de Pays. Pas une loi uniquement destinée au King Tamatoa a précisé Pierre Frébault à l’issue de la rencontre entre le groupe et Bill Ravel hier matin, mais pour “toute la desserte”. Une manière de dire que le groupe ne veut pas lui allonger le tapis rouge, mais dont le King étant le seul pour l’instant à envisager d’assurer la desserte, le résultat sera sensiblement identique.
La majorité des représentants est donc largement acquise, d’autant que plusieurs élus de la majorité, à l’instar de Lana Tetuanui et d’autres élus des îles Sous-le-Vent, risquent de pencher en faveur du King aussi. Mais la loi de Pays ne pourra matériellement pas être adoptée à temps. En effet, même si elle était déposée lundi à l’assemblée, un minimum de 48 heures est requis avant que ne se réunisse la commission qui votera le texte avant qu’il ne passe en séance plénière. Aucune date n’est encore fixée pour la prochaine séance, mais elle devrait probablement être convoquée le 2 mars, pour se tenir le 3 en cas d’absence de quorum. Mais une journée ne changera rien, puisqu’après le vote d’un texte en commission, au moins 12 jours doivent s’écouler avant que les représentants ne le votent. Il ne pourra donc être adopté avant la semaine du 8 mars, au plus tôt. L’armateur pourrait alors décider de patienter face à tant de bonnes volontés des élus. Que le gouvernement soit d’accord ou pas ne changera pas grand-chose face à une loi de Pays voté par une majorité d’élus, tandis que la population s’impatientera derrière. D’autant que pendant que Bill Ravel fait du lobbying auprès de la classe politique, Gaston Tetuanui, son agent maritime, prépare le recrutement dans les îles Sous-le- Vent. Sauf que comme le précise son patron : aucun emploi n’est confirmé tant que la détaxe n’est pas assurée. Outre le besoin de cette liaison pour la population, en pleine crise, Bill Ravel dispose d’un atout de poids. Le bras de fer penche de plus en plus en sa faveur. L’impasse se rétrécit pour le Pays.
Lara Dupuy
Entretien
Bill Ravel : “On n’a pas confirmé les embauches”
Pourquoi avez-vous rencontré des élus du groupe UDSP à l’assemblée vendredi matin ?
“L’objet de cette rencontre c’était de donner des éclaircissements sur le projet, concernant l’équipage. Le King Tamatoa peut naviguer avec 18 membres d’équipage mais pour un service convenable on va mettre 30 personnes à bord dont 21 Tahitiens ; certains sont déjà à bord comme officiers. On a expliqué qu’on ne veut pas être dans le FRPH pour rester sur le marché libre. Notre concurrent c’est Air Tahiti, et lui ne paie pas de taxes.”
Qu’en est-il des machines à sous : pensez-vous en installer sur le bateau ?
“Nos détracteurs disent des choses comme ça. Les gens racontent souvent n’importe quoi”.
La classification croisière ne vous intéresse donc que pour la détaxe sur le carburant ?
“Oui, c’est tout !”
Et la loi de Pays que prépare Jean- Christophe Bouissou, qu’en pensez-vous ?
Je suis fatigué de tous ces pea pea. J’ai tenu mes engagements. Le bateau est là. Que les gens prennent leurs responsabilités. Tant que je n’aurai pas une situation claire je ne commencerai pas”.
Pourquoi aucun accord n’est survenu avant ?
“Parce que Gaston Tong Sang est contre le projet depuis le début mais un jour il aura des comptes à rendre sur la situation des îles Sous-le-Vent”.
Il se dit que vous pourriez amener des gens des Raromatai à bord du King Tamatoa lundi pour soutenir le projet. Qu’en est-il ?
“Je ne sais pas ! Ce sont des choses dont on ne parle pas. Nous ne sommes pas en Amérique du sud ! On n’en est pas là, il ne faut pas dire des choses comme ça. Nous verrons bien quand il arrivera.”
Si la loi de Pays n’est pas votée mais qu’elle est prête et inscrite à l’ordre du jour de la prochaine séance à l’assemblée, êtes-vous prêt, face à la bonne volonté des élus, à démarrer quand même les rotations dès le 5 mars ?
“Tant que la situation n’est pas claire, le bateau sera désarmé, il ne bouge pas. Un parti politique va présenter un projet de loi qui pourrait mettre en place une réglementation pour les navires rapides qui naviguent en dehors de Moorea. Mais peut-être l’idée de ce NGV donnera des idées à d’autres pour desservir Rangiroa ou les Tuamotu.”
Vous confirmez donc qu’il n’est pas question que le bateau assure la desserte tant qu’il ne bénéficie pas de carburant détaxé…
“Si le 5 mars rien n’est prêt on désarmera le bateau. On n’a pas confirmé les embauches. Beaucoup de gens sont en attentes d’un emploi. On a sélectionné les gens mais ils n’ont pas leur confirmation d’embauche tant qu’il ne sera pas prêt à partir.”
L’éclairage
Plus puissant qu’une centrale
La capacité en passagers du King Tamatoa est de 1 116 places. Il peut transporter 250 véhicules. Il mesure 134 mètres de long pour 19,80 mètres de largeur. Sa vitesse est de 42 noeuds. Il possède entre autre deux turbines à gaz et deux diesels. Sa puissance atteint 63 000 kw. Il est équipé des mêmes turbines que le Queen Mary 2. Beaucoup de paquebots ont été équipés de turbines à gaz, car elles libèrent moins de rejet que les diesels notamment pour les navires qui allaient en Alaska, où la réglementation est particulièrement stricte sur les rejets des navires par leur cheminée à quai. Chaque turbine étant d’une puissance d’environ 25MW, sa puissance se révèle supérieure à celle de la centrale thermique de Vairaatoa, (40 MW).
Pierre Frébault : “Ce service doit être rendu aux habitants des îles”
Quel était le contenu de l’échange avec Bill Ravel ?
“Monsieur Bill Ravel a sollicité cette entrevue afin d’exposer l’état de la situation, les conditions d’exploitation à venir et les difficultés rencontrées. Il est vrai qu’il avait fait état d’une situation sur le coût des hydrocarbures, demandant dans un 1er temps à ce qu’il puisse sortir du fonds de régulation qu’on appelle le FRPH, qui permet au Pays d’intervenir pour réduire la facture. Au même titre que l’avitaillement des aéronefs, ne pas bénéficier de cette aide du Pays tout en lui permettant dans ces conditions de lui-même négocier son prix auprès des pétroliers.”
Êtes-vous favorable à ce qu’il négocie le prix du pétrole lui-même ?
“Dès lors que le Pays n’intervient pas en terme d’aide publique…c’est bien entendu dans ces conditions-là à ses risques et périls.”
Mais le Pays devra se passer de cette taxe…
“Elle est aux alentours de 2 Fcfp le litre, alors que le FRPH est moindre avec une vingtaine de centimes par litre. Mais on a connu de plus importantes interventions du FRPH. Le cadre réglementaire pose quelques difficultés parce que cette disposition est applicable à l’avitaillement des bateaux de croisière et des aéronefs mais ne trouve pas son application sur la desserte maritime inter-insulaire. Il faudrait faire évoluer les choses et se poser la question : dès lors que ce service sera mis en oeuvre, il y aura de nouvelles recettes ne serait-ce que par la TVA perçue par les échanges. Où le Pays vat- il se retrouver entre l’abandon d’une recette de 2 Fcfp et les recettes engrangées par ce nouveau service. C’est la grande question. Mais dans la situation actuelle, il faudrait une évolution du cadre réglementaire.”
Alors allez-vous soutenir la proposition de loi de Jean-Christophe Bouissou ?
“Au titre de l’UDSP, il ne s’agit pas de faire une réglementation spécifique au King Tamatoa. Il n’est pas question de faire un cadre réglementaire pour une entité. Si l’on doit prendre une réglementation de ce type, elle doit s’appliquer à toute la desserte, sauf si ce navire se classe en navire de croisière. Le cadre réglementaire existe.”
Seriez-vous favorable à son classement en navire de croisière ?
“Il y a des conditions à remplir en terme de nombre de cabines…il lui appartiendra de s’y conformer s’il le souhaite. Dans ces conditions il faudra ensuite qu’il demande une nouvelle définition de licence d’exploitation auprès du gouvernement. Ce sont des choses distinctes. Nous étudions toutes les pistes, notamment l’évolution du cadre de la réglementation applicable à la desserte maritime permettant la sortie du coût de ces hydrocarbures du FRPH.”
Vous êtes donc d’accord avec les requêtes de Bill Ravel ?
“Nous sommes d’accord sur le fait que ce service doit être rendu aux habitants des îles.” Mais pas à n’importe quel prix pour le Pays ! “Le Pays ne va pas s’engager dans des situations financières. Logiquement avec sa licence il bénéficie du FRPH. Les coûts sont actuellement faibles mais s’ils remontaient, la facture pour le Pays serait importante. Avec ce qu’il consomme, nous envisageons plusieurs pistes. Il a demandé la sortie du FRPH, pourquoi pas, mais il faut un cadre réglementaire. La volonté des élus est d’accompagner au mieux ce dossier.”
Quand ce nouveau cadre pourrait-il être réglé ?
“Le temps de rédiger une loi de Pays, il y a des contraintes. C’est plutôt au gouvernement de savoir ce qu’il veut et de savoir s’il a une réactivité. Mais obligatoirement une nouvelle loi passe par l’assemblée. Au besoin nous allons proposer une loi pour aller vite.”
Vous allez travailler avec Jean-Christophe Bouissou ou chacun la sienne?
“Je pense qu’on se concertera là-dessus mais la question reste posée au gouvernement !”
Êtes-vous rassuré concernant l’installation de machines à sous et la protection de l’emploi local ?
“Il nous a précisé qu’il abandonnait le projet de machines à sous qu’il avait envisagé. Concernant le recrutement du personnel, il a recherché les compétences. Il y aura des Polynésiens, notamment dans des fonctions de cadre.”








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Commentaires anonymes
21/02/2010 à 15h12
Et voilà, c'est parti mon kiki.
Ah les requins, même la gueule fermée, on voit leurs dents. Ils rodent dans l'ombre et à l'heure de mordre, eiaha oe s'inquiète, ils attaquent et te bouffent.
"Bill Ravel a été clair : si on lui met trop de bâtons dans les roues et qu’il ne peut se débrouiller par ses propres moyens pour acheter du carburant pas cher et détaxé… il n’assure pas les rotations interîles !"
Mais le pire, ce sont les kai toa (à commencer par Gaston Tetuanui a Temaru) qui l'encouragent.
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21/02/2010 à 09h42
Cher tous,
J'ai la solution si les politiciens ne nous écoutent pas, elle est très simple et très facile, bloquons les aéroports des îles sous le vent !
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21/02/2010 à 09h14
Encore des Lois du Pays créées "sur mesures" pour encaisser par des sanctions sur les interdits et condamnations, au lieu d’être sensées protéger les intérêts et biens des contribuables. Comme sur d’autres Lois, les postes et les embauches sont créés pour que la chasse aux primes des "sanctions, majorations et intérêts" ne deviennent que leurs priorités (pour boucher des trous dans les caisses).
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20/02/2010 à 22h40
Tous ces politicoKKouettes de notre belle assemblée n'ont en rien à foutre .. ce n'est pas eux qui payeront ... c'est encore le petit peuple ... c'est tellement plus facile de créer des Loi de Pays sur mesure, avec de belles dispositions pour les poches de QUI ??? et sur le dos de QUI ??? pauvre petit peuple !!! ... décidément, ils veulent sans doute que la ville brûle une énième fois !!! JCB joue sa carte ... une carte intéressée !!! et ceux de l'UDSP, des vrais à voile et à vapeur", qui disent une chose et son contraire ... Billy est fort avec son fric qui pue ... la preuve, tous bavent après son passage comme emboucanés !!!
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20/02/2010 à 22h27
la population va se bouger venez signez cette pétition qui sera remise a l assemblée !!!!!!
www.petitionduweb.com/oui_aux_king_tamatoa-6346.html
merci a vous