Publié le jeudi 18 février 2010 à 11H10
POLÉMIQUE. Le King Tamatoa continue de faire des vagues. Alors que le navire censé assurer la liaison maritime entre Tahiti et les îles Sous-le-Vent arrive lundi, hier une nouvelle déclaration du président du Pays a suscité de vives réactions. Au micro de RFO radio à Paris, Gaston Tong Sang a laissé entendre que le navire ne bénéficierait pas de “carburant totalement détaxé”. “Il ne partira pas. Un point c’est tout”, a répondu Bill Ravel.
L’ESSENTIEL
- Bill Ravel, gérant de la SARL Raromatai Ferry a déposé une demande de classification de son navire en bateau de croisière
- Cela lui permettrait, comme Air Tahiti son “principal concurrent”, de payer le carburant hors taxe
- Bill Ravel annonce que s’il n’obtenait pas “ce droit à l’équité”, le King Tamatoa ne voyagera pas
Gaston Tong Sang est à Paris. Aumicro de RFO radio, il a précisé que vous n’aurez pas de carburant totalement détaxé. Que répondez-vous ?
“Gaston Tong Sang veut qu’on passe par le FRPH. Les autres armateurs bénéficient tous du FRPH. Nous, nous avons écrit au ministre des Transports en août 2009 pour leur dire que nous ne voulions pas bénéficier du FRPH et en septembre, il nous a accordé une licence.”
C’est pour cette raison que vous avez demandé la classification de votre navire en tant que bateau de croisière afin de bénéficier d’exonération fiscale ?
“Oui nous avons demandé l’assimilation aux navires de croisière.”
Mais cette question doit être tranchée par le conseil des ministres ?
“Oui mais nous n’avons toujours aucune réponse parce qu’ils nous disent que nous ne sommes pas un bateau de croisière. Alors hier après midi j’ai remis au directeur de cabinet de Monsieur Tong Sang des contrats signés par des entreprises… et pour être précis certaines nous ont déjà versé un acompte. Ceci afin de voyager en croisière aux îles Sous-le-Vent. Nous, nous allons transporter plus de 200 000 passagers. Dans ces 200 000 passagers, il y aura des entreprises qui partiront pour rénover des routes, remettre les câbles sous tension ou encore un père de famille qui amènera sa femme à l’hôpital à Mamao…Alors quelle est la définition d’un croisiériste ? Un croisiériste c’est une personne qui prend un bateau et qui part faire une croisière sur un bateau. Alors à l’arrivée, même s’il ne dort pas sur le bateau, il dort à l’hôtel, il prend le bateau. S’ils veulent argumenter avec nous sur la définition d’un croisiériste, on pourra leur faire un cours”.
Vous espérez quoi concrètement, que l’on vous octroie la classification ?
“Oui mais ce n’est pas passé encore en conseil des ministres. Ce que je peux vous dire, c’est que Tong Sang est contre le projet depuis le début. Vous vous en êtes fait suffisamment écho dans la presse. Il a reçu les consultants des états généraux pour les îles Sous-le-Vent. Il a pris avec eux des engagements puisqu’à la sortie, ils ont donné une conférence de presse. Si aujourd’hui il revient sur les engagements pris et bien cela ne m’étonne pas de lui. Quand on est un président d’un Pays et qu’on est mis en examen et présumé innocent, excusez-moi, mais cela ne m’étonne pas de sa part. Cela prouve son honnêteté. Sachez que nous, nous avons prévu notre premier départ le 5 mars. Et je vous le confirme, le bateau ne partira pas, s’il ne paye pas le carburant.”
Que demandez-vous aujourd’hui ?
“Nous, ce que l’on veut, c’est payer les mêmes taxes que Air Tahiti. Notre concurrent c’est la compagnie aérienne donc nous voulons payer les mêmes taxes qu’eux. Voilà. Nous sommes un navire de croisière et nous voulons donc les mêmes taxes qu’eux pour le carburant. S’il ne le fait pas, nous n’achèterons pas de carburant. Et si on n’achète pas de carburant, nous ne pourrons pas naviguer entre Tahiti et les îles Sous-le-Vent.”
Et si vous aviez votre classification…
“Et bien j’espère que nous l’aurons. Jusqu’à présent, il ne nous a rien donné en terme de défiscalisation. Ce bateau aujourd’hui ne nous appartient plus. Il n’appartient pas non plus à Gaston Tong Sang. Il appartient aux usagers des îles Sous-le-Vent.”
Autrement, que feriez-vous ? Naviguer sous d’autres cieux comme vous avez pu le dire ?
“On verra. Chaque chose en son temps. Pour le moment, il y a un départ prévu le 5 mars. Si on n’a pas le carburant au même prix que Air Tahiti et bien on ne naviguera pas et puis c’est tout. C’est aussi simple que cela.”
Que représentent les taxes d’Air Tahiti ?
“Justement, elles sont de zéro. Tout comme les bateaux de croisière. Donc moi je dis que je veux payer les mêmes taxes dans le cadre de l’équité puisque c’est mon concurrent. Air Tahiti Nui et le Paul Gauguin ne payent pas non plus de taxe sur le carburant. Je ne veux pas être classé comme bateau de croisière mais y être assimilé. Cela me permettrait d’être au même régime que le Gauguin et Air Tahiti. Ils payent un carburant hors taxe et il n’y a rien d’autre.”
Avez-vous l’impression que le président du Pays essaye de vous mettre des bâtons dans les roues ?
“Nous ne ferons pas notre premier voyage tant que la situation ne sera pas claire avec lui. Je ne sais pas si le conseil des ministres va trancher. C’est Gaston Tong Sang qui le commande et pas moi. Il fait comme il veut. C’est lui le président, mais moi je ne transporterai pas des passagers en payant un prix plus élevé qu’Air Tahiti. Ils nous parlent des armateurs mais les armateurs ne transportent pas de passagers. Le King Tamatoa a été mis en place pour casser le monopole d’Air Tahiti. Pour créer la concurrence et la population attend cela.”
Propos recueillis par Jenny Hunter
CHRONOLOGIE
Le King, un bateau qui fait des vagues
GTS SUR RFO RADIO
“Pourquoi il paierait un carburant totalement détaxé ?”
“Le King Tamatoa a une licence d’armateur comme le Taporo, le Hawaiki Nui sur les îles Sous-le-Vent. Donc il a le même droit que les autres armateurs, donc il paye le même carburant. Pourquoi il paierait un carburant totalement détaxé, comme les bateaux de croisière ? Pour cela, il faudrait alors qu’il fasse de la croisière ! Les paquebots eux, ils ne font pas de la desserte ! À l’époque, Oscar, qu’est ce qu’il a dit ? “Il aura sa licence mais il n’aura ni la défisc, ni la détaxe”. Il ne peut pas l’avoir sinon il faut défiscaliser le carburant de tous les armateurs de toute la Polynésie.”








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
22/02/2010 à 11h09
"[b]Je veux[/b] payer la même chose que Air Tahiti"
En voilà un qui ne manque pas d'air !
S'il veux les même conditions tarifaires de carburant qu'Air Tahiti, qu'il desserve les îles comme le fait Air Tahiti !!!
C'est quoi ce caprice?!
Quand j'étais gamine, quand je disais "je veux", j'avais droit à une claque!
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 18h33
Je ne sais pas si tous ces intervenants passionnés, lisent objectivement tous les informations données de part et d'autre.
On nous promet le développement de nos iles. Certes, mais dans cette période de vache maigre et suite aux destructions importantes dues à Oli, sommes nous tenus de faire un chêque en blanc à un Ravel, connu pour son avidité, sans ni prendre de précautions, ni avoir l'assurance que son navire marchera ou sera porteur de notre espoir !!!!
Analysez les horaires proposés et les prix pratiqués !!
Pour les touristes extérieurs, il faudra compter une semaine et demi pour faire le seul tour des Raros!!
Pour les éventuels touristes locaux, trop de temps (08H30 pour aller à Bora) et d'argent perdu pour un seul week end !!! Pour se retrouver, sans activités véritablement attrayantes, avec fermeture de nos commerçants à 17H00, et à des prix 40 à 60% plus chers !!!
Pour les pécheurs et les agriculteurs, arrivée de leurs produits en soirée, voir même le dimanche à 21H00 à Papeete !!!
Avant d'accorder quoi que ce soit d'autre à Ravel, qu'il fasse ses preuves pendant quelques mois. Les dernières réservations (à ma connaissance, chiffres annocés par le KT)) étaient de 200 seulement....
Beaucoup des "défenseurs de Raro" du KT auront du mal à expliquer, en chargeant leur superbe 4X4, à la population dans le besoin et piégée sur leur ile, pourquoi ils vont faire leur course à Papeete, suite aux augmmentations de TVA qui ne manqueront pas de se faire suite aux débordements du budget 2010.....
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 15h53
Après le xxxx et ses copains en France,
voici
le xxxx, ses copains (Air Tahiti ma) en Polynésie.
:o:o:o;D:P:P
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 13h07
pas contre la concurrence, loin de là! A l'heure d'aujourd'hui, rien n'empêche le KT de naviguer et de partir comme prévue le 5 mars prochain.
Le KT comme toutes les autres compagnies concurrentes sur la ligne, a obtenu sa licence d'armateur avec tous les avantages inhérents prévus pour les caboteurs, c'est à dire avec exonération du gasoil, des huiles et lubrifiants, les pièces détachées etc... .Le KT a une capacité d'emport de 800 passagers, 800 tonnes de frêt, 250 véhicules!!!+le pavillon mata utu qui le permettrait de recruter du personnel étranger. A l'heure d'aujourd'hui combien de polynésien sont à bord ???
Que veux t-il de plus que ces concurrents qui n'ont en pas!
Il faut savoir ce qu'on veut, où l'on fait du cabotage et là il a toutes les autorisations et avantages réglementaires ou de la croisière auquel cas, il faudra se passer de ses 800t de frêt et 250 véhicules.
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 12h23
Un navire de croisière est un navire spécialisé dans le transport de passagers, dont le but n'est pas comme pour les paquebots de transporter les passagers d'un port à un autre, mais de proposer un voyage touristique en mer. En général le navire accostera plusieurs destinations touristiques intéressantes, ce qui permet aux passagers, à chaque nouvelle escale, de découvrir de nouvelles impressions culturelles. LOL
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 11h53
Je crois que la lumière se fait jour au fur et à mesure que l'on découvre les discours démagogiques des guignols de cette société.
Le point d'orgue fut un temps l'aide apportée à nos pécheurs et agriculteurs. Les horaires ne leurs sont pas plus favorables que celles réservées à d'éventuels touristes !!!
Et ça veut bénéficier d'avantages réservés à la délégation de service public !!!!
Restont cependants vigilants, Veolia a suffisamment de pouvoir (financier et politique) pour monopoliser les transports maritimes de notre fenua, et comble de l'ironie, au nom même de la concurence!!!
GTS a promis de faire bénéficier des mêmes avantages au KT que les transports déjà présents, à titre de concurrence loyale, pas de privilèges de détaxe de croisière (!!!!), qui aboutirait à un monopole quasi absolue du KT, conséquence d'une concurrence déloyale.
Pour les travaux souhaités par le KT, et non pas essentiels à ses rotations, le coût estimé est de près d'un milliard sur les seuls Raro!!!!
Ce coût n'est absolument pas budgété cette année, et avec les problèmeS actuels du budget 2010, sans compter les conséquences d'Oli, c'est plus que probématique. Attention à utiliser de manière réfléchi les quelques deniers de cette année, sous peine de retour de batons de notre population ayant souffert du cyclone ....
Je suis pour un développement durable des Raros, appuyée par une desserte appropriée.
Mais cet affairiste de Ravel, qui d'emblai a joué la carte politique pour se remplir les poches sur notre dos, a des exigeances grandissantes proche du chantage.
Les aides apportées à Air Tahiti, le territoire peut à tout moment les récupérer à travers ses parts. Il n'en est rien du KT.
Si le gouvernement cède à ces nouvelles exigeances, quand sera t il dans quelques mois (ou même moins), à la moindre difficulté rencontrée ?
Ravel reprendra les Raros en otage, pour accéder à ses revendications ???
Attention, il est question là de plusieurs milliards en jeu (entre les travaux d'aménagement et les détaxes). Notre population des Raros a certainement plus besoin de cet argent à sa reconstruction !!!!
Commentaires anonymes
19/02/2010 à 06h34
Gourmand, gourmand et demi… De toutes les façons, ces deux hommes d’affaires, sans faire de « parti pris », avec celui de l’Aéroport de Tahiti, vont apporter des réalisations qui vont beaucoup faire du bien au Pays et pour la population toute entière espérons-le.
Commentaires anonymes
18/02/2010 à 22h09
Depuis quand, faire Papeete ==> Iles Sous Le Vent est une croisière ? Quand Aremiti l'a fait (pas longtemps) ça n'était pas assimilé à une croisière. Dans ce cas là, si le fait de monter sur un navire d'une ile à l'autre est une croisière, alors la navette Tahiti - Moorea est une croisière.
Commentaires anonymes
18/02/2010 à 16h40
BOUSCULER !
Les pesanteurs locales sont si lourdes en Polynésie, les conservatismes si profondément ancrés, les monopoles tellement accrochés à leurs privilèges, que pour progresser il va falloir bousculer !
Les Iles sous le vent et Tahiti ont cruellement besoin, depuis de longues années, de liaisons maritimes de bonne capacités et abordables, tant pour la liberté de circuler des Polynésiens que nous sommes, que pour le tourisme, qu'il est crucial de développer.
Le King Tamatoa a peut-être des défauts, peut-être n'est-ce pas exactement le navire le mieux adapté....Mais au moins nous allons disposer avec cette unité d'un moyen de communication susceptible de désenclaver les îles sous le vent et d'assurer la liberté de circuler aux populations locales et aux touristes, à un prix acceptable.
Certes, le monopole aérien d'Air Tahiti et l'oligopole maritime des autres armateurs, partie de la clientèle autonomiste, vont être défiés et secoués... C'est une bonne, une excellente chose. Le King Tamatoa va bousculer les avantages acquis et forcer tout le monde à s'adapter à la concurrence. La Polynésie doit s'ouvrir au monde moderne, et la caste autonomiste au pouvoir, qui musèle la société à son avantage (avec ses sociétés protégées et favorisées, sur le dos et au détriment de la population), doit elle aussi être défiée et bousculée !
Espérons que le King Tamatoa va ouvrir une brèche dans cette muraille protectionniste, et que d'autres secteurs vont être ensuite, à leur tour bousculés pour s'ouvrir à la concurrence: télécommunications, électricité, carburants, gaz, transports en commun routiers, taxis, mais aussi l'industrie des boissons par exemple, ou la grande distribution ! Ce n'est que par l'ouverture à la concurrence, avec la remise en cause des protections, monopoles ou oligopoles, que ce pays va pouvoir devenir compétitif, redevenir accueillant, et retrouver la croissance et créer des emplois.
Il faut d'ailleurs être bien conscient que c'est en accueillant des sociétés "étrangères", avec leurs investissements et leurs compétences, que les Polynésiens vont pouvoir se développer et acquérir à leur tour des capacités et des savoir-faire. Le repli sur soi-même prôné depuis des années par une caste politique obtuse (qui veut régner sans partage) démontre chaque jour son impasse, et l'on peut égrener comme un chapelet (ou un collier de perles) les échecs, qui ont mené à la faillite du tourisme, de la perliculture, de la pêche, à l'incurie des transports terrestres et maritimes, etc...
Il nous faut des King Tamatoa pour ébranler le système failli. Et on peut compter sur Bill Ravel pour cogner, dans le domaine qui est le sien !
Commentaires anonymes
18/02/2010 à 16h23
Aujourd'hui on demande à Gaston de faire un référendum et de s'en tenir au résultat de la population polynésienne !!!!
Ce bateau est tout simplement synonyme d'évolution!!
Commentaires anonymes
18/02/2010 à 16h19
Aujourd'hui on apprend que le King Tamatoa ne prendra pas le départ le 5 mars comme prévu!!Et tout ça parce que le président ne veut pas lui accordé les mêmes avantages qu'à Air Tahiti et au Paul Gaugin !!
Si cela se confirme, faudrait peut-être penser à se mobiliser pour montrer que ce bateau est important pour toutes les îles.
Gaston n'a qu'à faire un référendum et voire ce que veulent vraiment les Polynésiens.
Ce bateau ne peut être que synonyme d'évolution.
Commentaires anonymes
18/02/2010 à 15h50
evidemment Bill Ravel c'est pas un copain a flosse alors on vas le plomber ;D mieux vaux magouiller du coté de tupai, la c'est un copain a flosse!