Publié le mardi 31 août 2010 à 11H31
FENUA AIHERE. Le projet hydroélectrique sur la commune de Taiarapu Ouest fait face à une contestation menée par des associations de protection de l’environnement. Souvent pointé du doigt, comme ce week-end par Jacky Bryant, patron de Heiura les Verts, l’homme d’affaires Dominique Auroy, dont la société architecte Sedep participera à hauteur de 35% dans la Sem qui gérera les installations (les 65% restants étant à la commune), a tenu notamment à réaffirmer le caractère “micro” du projet…
L’ESSENTIEL
- Le projet prévoit une installation hydroélectrique qui bénéficiera à 150 familles au Fenua Aihere
- Selon Dominique Auroy, dont la société est architecte, on est en face “de petits aménagements, de la microhydroélectricité”
- Les associations, elles, craignent une destruction de l’environnement
Une protestation s’est cristallisée autour de ce projet hydroélectrique, vous avanciez que la plupart des manifestants ne sont pas issus de la vallée en question, quelle est votre approche ?
“Je peux parfaitement comprendre que les gens s’inquiètent d’aménagements qui auraient tendance à détruire l’environnement. Je ne reproche pas aux gens de s’interroger sur notre futur au niveau de la Presqu’île comme de l’île. Mais je pense que ce qui est important, c’est que les gens sachent exactement ce qui est prévu d’être réalisé. Et qu’est-ce que j’ai pu constater : c’est qu’il y a une information totalement incomplète, pour partie même érodée, où les gens auraient tendance à croire qu’on allait tout casser. Je pense qu’il faut ramener les choses à leur vraie dimension. Il y une population qui a un besoin énergétique électrique, d’eau potable ; les gens du Fenua Aihere ont les mêmes droits en termes de confort que les gens du reste de l’île. Ils ont fait une demande à la mairie pour avoir cette eau et cette énergie. La mairie, dans le contexte économique actuel, ne peut pas avoir de subventions, ni de l’État, ni du Pays, n’a pas les ressources et a mis à contribution une société d’économie mixte qu’elle a créée il y a quatre ans pour permettre une distribution d’eau potable sur la commune. Cette société, la Sem Vavi, a été mise à contribution. Une visite a eu lieu sur place avec la mairesse de Teahupoo et l’administrateur d’État, et il a été reconnu que cette solution était fiable, possible, et permettrait grâce à deux petits aménagements hydroélectriques d’avoir une économie de projets permettant le programme dans sa totalité. Ça, c’était il y a un an. On est dans un cadre où il n’y a aucune anarchie de quoi que ce soit…”
Jacky Bryant ce week-end parlait en effet de “quasi-anarchie” lors de sa conférence…
“Je regrette que M. Bryant n’ait pas pris contact avec moi. J’aurais eu plaisir à lui expliquer ce qui était prévu, comment c’est prévu, et fournir toutes les pièces sur ce sujet. Il y a une réglementation très draconienne qui existe en la matière. Il y a d’abord obligation de faire des études. Ces études étant faites, elles vont être complétées par une étude d’impact d’un autre cabinet totalement indépendant qui a été fait dans le cas présent par la SNC Pae Uta. Cette étude d’impact a tout analysé, fait des recommandations qui ont été prises en compte. Et l’enquête publique en cours, permet à tout le monde de s’exprimer et d’avoir connaissance des dits dossiers. C’est bien la preuve, qu’on est dans le cadre d’une réglementation suivie, appliquée, où tout le monde peut s’exprimer, étant entendue que les travaux n’aient pas commencé. Le plus important c’est que les propriétaires de ces deux vallées qui habitent sur place et vivent dans cet environnement, après avoir examiné l’étude d’impact, ont donné leur accord et ont d’ailleurs à charge de surveiller et les travaux et l’exploitation, puisque comme ça a toujours été dit, et c’était la volonté du conseil municipal : aucune route ne sera créée, le matériel sera transporté par barge. C’est-à-dire que l’environnement était le critère numéro un pour que ces aménagements se fassent et il sera respecté”.
L’environnement était le critère numéro un pour que ces aménagements se fassent
C’est pourtant un des thèmes des manifestants mis en avant s’agissant d’une éventuelle dégradation de la rivière…
“Ce qui est quand même un peu curieux c’est que les gens qui s’expriment ne sont pas ceux qui vivent sur place ou qui sont concernés dans leur propre vallée. Personne ne m’a demandé de renseignements en tant qu’architecte, car notre rôle est celui d’architecte industriel et notre société est quand même la seule en Polynésie qui a une véritable expérience et qui a réalisé des aménagements hydroélectriques. Donc personne ne nous a demandés de renseignements. Et je réaffirme que toute personne qui veut des renseignements sur ce sujet en accord avec le maire et le conseil municipal, pourra les obtenir. Les gens pourront se rendre compte qu’on est dans de petits aménagements de la micro-hydroélectricité. Il n’y a pas de barrage, il y a juste une prise d’eau, une conduite sera mise sous le chemin qui mène au captage et au bâtiment de la centrale (10 à 15 m2). Je ressens que d’un petit aménagement en réalité, on est en train d’en faire une montagne, on est plutôt une souris pour laquelle les gens voudraient qu’elle accouche d’un éléphant. Non, c’est une petite souris qui sera toujours une petite souris”.
À vous entendre on a l’impression que les revendications ne seraient qu’une vitrine, est-ce selon vous un mouvement politique ?
“Je ne peux pas porter de jugements, si c’est politique ou pas. Je ne peux porter qu’un jugement technique. Techniquement, que les gens prennent connaissance des dossiers. Il y a eu plusieurs réunions publiques sur place au niveau de la population. Je ne peux que répéter que ce sont de petits aménagements qui ne vont dénaturer ni l’environnement, ni la nature et qu’au contraire, on apporte enfin une énergie verte. Est-il préférable de conserver des groupes électrogènes pour le Fenua Aihere que de mettre une énergie hydro ? Je pense que la vraie question est là. Ou on laisse un groupe électrogène, tout le monde n’aura pas une énergie et elle coûte cher, ou on a des micros aménagements hydro de dimensions très réduites faites dans des conditions strictes de respect de l’environnement où les propriétaires eux-mêmes comme l’administration feront leur travail.”
Les gens qui s’expriment ne sont pas ceux qui vivent sur place
Quel sera le coût final pour les bénéficiaires ?
“Les bénéficiaires auront de l’énergie électrique au même prix que celle distribuée sur le reste de la Presqu’île par le Secosud. La Sem aura une production d’énergie qui lui permettra de faire des pompages et autres dépenses à un coût économique et aucun privé, même les actionnaires de la Sem, et je suis le premier à le regretter, ne tireront un profit particulier si ce n’est d’être satisfait d’avoir rempli une fonction, c’est-à-dire amener de l’eau et de l’énergie électrique à des gens qui n’en ont pas”.
Comment s’organise le financement du projet ?
“Le financement sera réalisé par la Sem. Quand toutes les autorisations auront été données, la Sem demandera les subventions qui sont prévues tant au niveau de la DGI à Bercy qu’au niveau du Pays, elle complétera par une partie emprunt et une partie en fonds propres. Le propriétaire des installations ce n’est pas un privé c’est une Sem où la mairie est majoritaire. Et une Sem ce n’est pas le loto, la rentabilité est strictement encadrée.”
Propos recueillis par PL
Patrice Lafforgue







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Commentaires anonymes
03/09/2010 à 05h59
Bonjour à vous tous,
La SEM VAVI a été fondée le 26 avril 2006 avec pour partenaire la SEDEP.
Dans la présentation du projet conformément aux délibérations n°84-1049 AT du 28 décembre 1984 et de l'Arrêté n°150 CM du 27 février 1985, il est inscrit à la page 4 alinéa 2.1 Rivière VAVI-MAAROA et juste au-dessous 2.1.1 seuil déversant
L'ouvrage sera un seuil déversant en remblai de matériaux alluvionnaires avec une prise d'eau dans la partie centrale.
La longueur totale en crête du barrage sera de 45 mètres avec une hauteur sur fondation de 7 mètres, représentant un volume total de 6000 m3 de remblais.
La retenue ainsi créée atteindra un volume utile de 10000 m3 à sa cote nominale.
Jusqu'à ce jour, je n'ai pas vu l'article permettant cette modification et ni à l'intérieur du J.O
Si de tel projet sont adopté, une chose est sûre, c'est la moyenne classe qui va payer et surtout pas les petites gens qui eux consomment beaucoup plus.
Il suffit d'évaluer le pourcentage des personnes qui payent leurs redevances.
Je ne suis plus d'accord de payer pour les autres et si par malheur, un engin lourd pénètre à l'intérieur du fenua aihere, ils profiteront de vampiriser tous les tout-venants à chaque embouchure.
On appelle ça, une dégradation irréversible.
Faaitoito à vous L’association Vai ara o Teahupoo
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02/09/2010 à 10h05
Avant de créer de nouveaux barrages il faut changer les anciens et les mettre aux normes.
Aucun ne respecte,
**Le débit minimum qui doit rester égal à celui de la période d'étiage, jusqu'à l'embouchure,et non comme c'est le cas à sec totalement pendant les 3/4 de l'année,
**ni la circulation des espèces migrantes par le lit et par les berges.
Avant de proposer quelque barrage que ce soit, réhabilitez, s'il vous plaît, puisque vous avez tant d'énergie et de motivation,réhabilitez la Punaruu et la Papenoo pour montrer un exemple acceptable.{:o(
Les deux rivières que vos appétits destructeurs convoitent doivent rester intactes car elles sont les dernières rivières vivantes du pays, et de part la volonté des citoyens qui vous ont fait part de leur VETO.
Quant à leur intérêt touristique, il est évident, les autres rivières dévastées étant devenues impraticables.:'(
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01/09/2010 à 08h45
M. Auroy,
Le port du titre d'architecte est protégé, comme celui de médecin ou d'avocat.
A bon entendeur.
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31/08/2010 à 20h03
Comment peut on croire cet homme d'affaire qui a il y a quelques années
tout fait pour le FIASCO de TAMARAA NUI et son Usine à TIPAERUI,qui à coutée beaucoup d'Argent au PEUPLE.Passé sur le Pont de la PAPENOO et regardé la couleur de l'eau de la Rivière pour s'en rendre compte que quand l'homme s'attaque à la NATURE,on en voit le résultat.Et parlons de la PUNARUU,et observons dans quel état calamiteux les soit disant Hommes l'en laissés .....mais pas pour toi peuple Propriétaire de cette NATURE qui n'en a malheureusement pas pour très longtemps si nous ne manifestons pas notre désapprobation.Criant Haut et FORT que nous n'en voulons pas de ces projets tape à l'oeuil.Criant Haut et Fort STOP à toutes leurs CONNERIES!!!!!!!.......