Publié le samedi 28 août 2010 à 10H34
Vous connaissiez le grand principe démocratique du “un homme, une voix”. Au fenua, nos élus nous inventent un nouveau concept : “un homme, un parti”. Ça se conjugue au féminin aussi : “une femme, un parti”. Chacun pour soi, et plus personne pour s’occuper de tous. Et à l’heure où le pays a avant tout besoin d’une fédération de toutes les énergies pour s’en sortir, c’est l’effet inverse qui se produit dans une caste politique qui ne sait plus où elle crèche… ni avec qui. Le phénomène commence même à toucher le bloc monolithique qu’est encore le Tavini. Dans l’île soeur, le combat n’a rien de très confraternel. Pour des rancoeurs toutes personnelles, on se déchire entre bleus, en essayant de tirer les orange à soi. Mauvaise perdante, la représentante UPLD à l’assemblée Tamara Bopp-Dupont est prête à tout pour faire payer au prix fort à Raymond Van Bastolaer son fauteuil de maire qu’elle convoitait. Qu’elle convoite toujours d’ailleurs. Même s’il est désormais impossible de renverser un maire malgré lui, pas grave, Tamara joue à fond la déstabilisation en cherchant à faire basculer la majorité du conseil municipal pour tout bloquer. Moorea, petite soeur de la place Tarahoi…
Les toussotements du Tavini n’ont cela dit encore rien de comparable avec la grosse fièvre qui monte, qui monte… dans le camp dit autonomiste. Ils se sont tous tellement pris en grippe… Vieux lion (Flosse), lionceaux (Tong Sang, Bouissou, Sandras & co), Panthère rose (Fritch) et louveteau (Rohfritsch)… tous d’accord pour s’unir bien sûr, mais derrière eux. “Moi le bon, moi le boss”, comme disent les mômes.
Le café de jeudi matin à la présidence n’a pas calmé les appétits, et encore moins les dissensions sur la réforme du mode de scrutin. “Pour un sujet de cette importance, Gaston Flosse et Gaston Tong Sang ont mis de côté leur pea pea personnel” affirmait Robert Tanseau. Trop mignon… En version Tahoeraa, ça donne plutôt : “malgré une manigance de petitdéjeuner présentée comme l’étape clé pour se mettre d’accord sur une proposition commune de loi électorale (....) GTS doit rendre à l’autre Gaston ce qui appartient à Flosse !” Il n’est pas là question de la présidence du Pays (quoi que…), mais de savoir de qui vient l’initiative des premières rencontres entre autonomistes !
Et le psychodrame ne s’arrête pas là. Leur débat du jour se limite désormais à savoir quand et où va se tenir la prochaine réunion de “recherche de consensus” ! Si, si… Jusqu’au bout du ridicule. Pour Flosse, ce doit être “le lundi 30 août à la mairie de Papeete sous la présidence d’Édouard Fritch” pour Tong Sang, ce sera le 31 août sous sa présidence. Ça les amuse encore…
Enfin pas tous. Bouissou, lui, a jeté l’éponge. Comme Nicole Bouteau et Philip Schyle avant lui. Il n’ira nulle part, ni chez GTS, ni chez les autres, regrettant “cette démarche tardive de rassemblement que vous entreprenez à quelques jours du départ”. Direction Paris sans passer par la vraie fausse case des “autonomistes réunis”, qui ne peut décidément plus que faire marrer tout le monde. Si ce n’est que l’ambiance n’est plus du tout à rire, dans une société en souffrance, dégoûtée de leurs clowneries.
Muriel PONTAROLLO
Muriel Pontarollo





