Publié le vendredi 03 septembre 2010 à 09H15
C’était bien la peine de hurler aux loups en novembre dernier et de se jeter bille en tête dans la “motion de trop” avec soi-disant plein de solutions miracles pour éviter l’augmentation de la pression fiscale. Les miracles n’existent plus. Un an et des dizaines de réunions et de tergiversations plus loin, les “vendeurs de rêve” sont bien obligés de retomber de leur nuage : augmentation des cotisations maladie, baisse de 10 points du taux de remboursement qui tombe de 80 à 70% et hausse des taxes. On y est.
Forcément, faute d’interventions urgentes et d’actions concrètes, le déficit maladie de la CPS a continué de se creuser, véritable tonneau sans fond des Danaïdes. Sans fond, et sans fonds... Car ces mesures que nous vous détaillons en pages 6-7, ne sont que du colmatage du déficit 2011, prévu à 7 milliards de Fcfp. Aucune solution effective n’a encore été trouvée pour les 16 milliards perdus en 2010. Tong Sang croit dur comme fer que la Cades nationale va accepter de lui accorder un emprunt pour boucher le trou de 2010, mais, jusqu’à présent, personne n’a vu la couleur du moindre centime. Ni le début d’un accord signé. Et ce n’est pas l’augmentation des taxes en 2011 déjà annoncée qui pourra faire la différence, à moins d’une flambée…
Et ça discutaille toujours. Les Nouvelles ont pu se procurer le dernier projet en date, mais tout n’est pas encore réglé. Loin de là. Si une bonne partie des professions médicales ont depuis accepté de participer à l’effort de sauvetage, les médecins généralistes continuent leur résistance et refusent catégoriquement de baisser le prix de leurs consultations. Comme il y a un an. Et comme il y a un an aussi, la CPS menace de déconventionner les récalcitrants. Le serpent se mord la queue.
Tout ça pour ça. Un an de perdu pour en arriver quasiment au même point. Un an de perdu juste pour que ces messieursdames puissent perpétuer leur jeu favori de la joute oratoire, en tentant de tirer la couverture à eux. Pas la couverture sociale en tout cas, parce qu’il n’y a nulle trace d’un projet de loi du Pays dans cette réforme pour mettre fin au système privilégié de nos représentants et ministres qui ne cotisent pas, eux, à la CPS mais à un régime de capitalisation privé. Pas de hausse de cotisations pour nos élus donc... Juste un manque à gagner de plus de 140 millions de Fcfp par an pour la CPS.
“Faire et défaire, c’est toujours travailler”. Sauf que ce n’est pas ainsi que le pays va avancer. Cette réforme de la branche maladie de la CPS constitue la preuve la plus éclatante qu’il n’y a plus aujourd’hui 36 moyens d’agir pour s’en sortir. Ça vaut pour la branche maladie, comme pour la réforme générale de la PSG, là encore une priorité qui n’a pas avancé d’un pouce. Ça vaut en fait pour tous les grands dossiers en souffrance de ce pays, en attente d’une vaste remise à plat pour repartir d’un modèle plus conforme aux réalités polynésiennes.
La CPS est la preuve “vivante” que les solutions miracles ne sortent plus du chapeau de personne, quelle que soit la couleur du chapeau. Vont-ils enfin finir par comprendre que mieux vaut unir leurs efforts, plutôt que de défaire et refaire en permanence le boulot du voisin ? Un peu de courage politique m’sieursdames.
Muriel Pontarollo






