Publié le lundi 01 mars 2010 à 07H04
Le tremblement de terre à Haïti du mois de janvier a fait 220 000 victimes. Le séisme au Chili vient de tuer des centaines de personnes. Suite au passage de la tempête Xynthia, la France métropolitaine compte ses morts en dizaines. De fortes précipitations inondent actuellement Fidji. Le centre de Nadi a par ailleurs donné le statut de cyclone tropical hier, à une dépression qui s’est formée entre les îles Cook et les Samoa. Nisha, Oli, Pat et maintenant Sarah : pas moins de quatre cyclones ont vu le jour dans le Pacifique. Les températures ont atteint des records de chaleur, alors que le froid se faisait plus mordant ailleurs sur la planète. L’évolution climatique tant annoncée semble bel et bien arrivée.
Quelle leçon en tirer en Polynésie ? Que les services de secours et les plans d'alerte, qu'il s'agisse d'un tsunami ou d'un cyclone, sont de plus en plus efficaces. La réalité succédant aux exercices, communes, Pays et État peuvent corriger leurs défaillances et opérer de plus en plus vite.
Quelle leçon en tirer à l'échelle internationale ? Les phénomènes sont scientifiquement expliqués et détaillées. Qu'il s'agisse de dépressions tropicales, de tempêtes ou de tremblements de terre, les spécialistes sont désormais à même de nous dire pourquoi et comment les phénomènes se forment, de les suivre, voire de les prévoir.
Quelle leçon en tirer à l'échelle humaine ? Une leçon d'humilité. Le mouvement des plaques tectoniques est connu de longue date. Les cyclones se forment naturellement en saison chaude et humide. Les tsunamis menacent logiquement les bords de mer. Ainsi vit la terre et bien des fanatiques religieux et autres sectes utilisent la détresse, surtout chez les plus miséreux, pour compter de nouveaux adeptes.
Entre la science et l’obscurantisme, il serait peut-être temps de regarder et d’entendre les signes que la Terre envoie. À force de consommer jusqu’à gaspiller, à force d'épuiser les ressources naturelles, à force de polluer au point de réchauffer le climat de la planète entière et de modifier vents et courants marins, à force de construire dans le lit des rivières, de creuser les montagnes, de repousser le littoral, de couper la végétation qui retenait la terre, de raser les forêts qui sont autant de poumons, d’agrandir des déserts où la pluie ne s’arrête plus, de préférer l’agriculture intensive sans aucune végétation pour servir de barrière, etc. Les humains vont bien finir par le payer. Bien sûr, tous ces phénomènes sont scientifiquement justifiés. Mais pourquoi ne pas saisir cette occasion pour prendre du recul, regarder cette brave planète que nous exploitons comme un esclave à bout de force, et se dire qu'il est temps d'arrêter d'abuser. Les mêmes scientifiques qui expliquent les phénomènes terrestres et climatiques annoncent depuis longtemps que les bouleversements vont se multiplier avec leur lot de catastrophes naturelles. Ce n’est plus pour demain, c’est pour aujourd’hui. Sauf que l’être humain ne veut plus se plier aux aléas de la nature. Changer de mode de vie, il en parle, mais l’homme dit civilisé n’y est pas prêt. Ce sont en effet des sacrifices, et personne ne veut en faire plus que son voisin. C’est humain. On attend de ne plus avoir le choix. C’est pareil au niveau économique, et le fenua le vit cruellement. Ce sont peutêtre les populations qui feront évoluer de force les dirigeants ancrés à leurs habitudes. Sauf que dans la détresse, on ne pense plus qu’à soi, et certainement pas à la Terre mère.
Lara Dupuy
Lara Dupuy






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Commentaires anonymes
02/03/2010 à 04h20
Oui Lara c est ce que l'être humain devrait faire..mais il est incapable de la faire donc la nature gagnera...et à mon avis dans pas très longtemps.... parce que tout s accellère...et s'amplifie
Commentaires anonymes
01/03/2010 à 17h13
L'évolution climatique est effectivement arrivée. Entièrement d'accord (pour une fois) quoique Claude Allègre, scientifique connu (ex ministre de l'Education), a sa petite idée à lui, tout aussi vérifiable quand il dit que ces phénomènes naturels parfois très contrastés ont existé de tout temps avec sècheresse ou grand froid ici et inondations ou chaleur excessive là.
La main de l'homme (et du dirigeant en tant que tel) ancré dans ses mauvaises habitudes, en est la première responsable et chacun doit changer. Les dirigeants auront beau prendre toutes les mesures possibles et imaginables, si les populations ne suivent pas, c'est inutile d'autant qu'aujourd'hui interdire quoi que ce soit fait scandale. C'est l'affaire de tous.
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01/03/2010 à 14h38
Bel article