Publié le jeudi 04 mars 2010 à 07H46
La ministre Marie-Luce Penchard a juré que non, il n’y aurait pas d’élections territoriales anticipées en Polynésie, mais la tentation reste grande dans certains cercles sarkozistes, de profiter de l’éventuelle année d’inéligibilité de l’ancien président tout puissant du Pays, pour rouvrir la voie des urnes. Gaston Flosse sera fixé le 8 avril sur le sort de ses deux mandats, sénateur et représentant, avec la décision de la Cour de cassation dans l’affaire des “sushis à 2,3 millions”. Si la Cour confirme, le temps que cette décision soit transmise au Conseil constitutionnel, et qu’il prononce une automatique déchéance, on arrivera sans doute à la deuxième quinzaine d’avril, voire début mai vue la rapidité légendaire de la justice. L’année d’inéligibilité du leader orange courra donc jusqu’en avril-mai 2011.
Tentant d’infliger l’estocade dans le cuir épais du Vieux Lion, en profitant de l’occasion pour mettre un point final à toutes velléités électorales. D’autant plus quand ils s’affichent increvables, ces vieux barons de l’outre-mer, comme le patron de la région Réunion, le fondateur du PC réunionnais Paul Vergès, toujours candidat à sa succession nonobstant ses… 85 ans ! Flosse n’en a finalement que 79 cette année.
Officiellement du côté de l’État, les élections territoriales anticipées, c’est non. N’empêche que l’accélération du mouvement autour de la réforme du mode de scrutin avec rétablissement de la prime majoritaire, et refonte de la loi Estrosi, permet de placer un fer au feu. Marie-Luce Penchard a redit hier à Paris que le gouvernement compter déposer quatre textes de loi relatifs à l’outre-mer avant fin 2010. L’un sur la collectivité unique Martinique-Guyane issue du référendum du 24 janvier, l’autre sur Mayotte, le 101e département français adopté en décembre 2008, un autre sur les Dom, et le dernier modifiant une énième fois la loi organique statutaire de la Polynésie à la recherche de la mythique stabilité politique.
“Avant fin 2010”, le délai laisse amplement le temps et l’argument est tout trouvé –pour peu que l’Élysée en décide ainsi–, de procéder à cette fameuse “abréviation du mandat de l’assemblée” que le fenua connaît bien désormais. Amplement le temps de réorganiser, un an avant la présidentielle en France, des élections territoriales en avril 2011, avec un Flosse toujours au régime sec de l’inéligibilité.
Politique fiction ? Peut-être. On va dire possibilité plutôt. Elle fait en tout cas partie actuellement des hypothèses de “travail” du paysage politique local, aux côtés toujours de la bonne vieille rumeur agitée de dépôt d’une motion de défiance. Les deux sont liées d’ailleurs, comme l’est depuis ces six dernières années le couple motions-élections. Voilà pourquoi ils sont déjà en campagne tous azimuts. Et pas simplement “au cas où”, vu la vigueur que certains y mettent, le Tahoeraa de Gaston Flosse en tête.
Au-delà de la belle unanimité aujourd’hui place Tarahoi contre le décret de la loi Morin sur les essais, les discours de campagne vont déjà montrer leur nez. Et Gaston Flosse ne se lance pas de Paris dans un rebrassage des commissions de l’assemblée juste pour faire joli sur le papier…
Muriel Pontarollo
Muriel Pontarollo






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Commentaires anonymes
04/03/2010 à 12h51
Prémonition ? Prévision ? Il est clair que, vu l'arrêt quasi complet des travaux des représentants à l'assemblée et l'absence de nouveaux projets du gouvernement, la politique polynésienne est en stand by dans l'attente de nouvelles élections.
On attend tous la décision pour le vieux lion mais quant est-il pour ses lionceaux comme Fritch et Tong Sang ? Ce dernier passerait-il au travers de la justice que Muriel qualifie si bien sa rapidité ?
Après le système Chirac-Flosse la polynésie aura-t-elle droit à un système Sarkozy-Tong Sang ? D'où, peut-être le possible retour du GIP !
C'est tellement gros qu'il ne faudra pas s'étonner de ces prévisions !