Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 10H30
Une fois n’est pas coutume dans cette myriade d’effets d’annonce jamais suivis des faits, voilà enfin une annonce qui se concrétise. Et fait son effet. Le ministre de la Reconversion économique Teva Rohfritsch avait annoncé les nouvelles offres Internet haut débit pour septembre, hier, 1er septembre, il les a officiellement lancées. Et, pour une fois aussi, elles tiennent toutes leurs promesses. Les Nouvelles vous proposent un comparatif avant et après (lire en p. 6-7), rien à redire. Les forfaits “No limit” haut débit proposés par Mana valent le “coût”, et la Polynésie entre enfin dans la cour des grands de la connexion au “village global”. Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour être soulignées de deux traits.
Seul petit regret, le “louveteau” du gouvernement aurait mieux fait pour une fois de s’abstenir de bomber le torse et faire son mariol contre les médias en général, et Les Nouvelles en particulier.
D’abord parce que le manque d’humilité, ce n’est jamais bon pour le mana. Pour Mana non plus d’ailleurs, dont le site est désespérément resté en rade tout l’après-midi d’hier, empêchant les internautes d’accéder aux nouveaux abonnements, alors qu’ils étaient censés être disponibles dès midi. Saturé Mana. Victime de son succès. Pour l’image du “bienvenue dans la nouvelle dimension haut débit”, ça fait un tantinet désordre. Nous n’ergoterons pas plus que cela sur ce faux départ, dès lors que le haut débit est enfin en ordre de marche.
Ensuite, et surtout, parce qu’aucun des bisbilles autour du câble Honotua n’est réglé, malgré la posture d’auto-satisfaction de Teva Rohfritsch. L’autorisation d’exploitation des autorités américaines provisoire, reste toujours provisoire jusqu’à décembre. Le coût pour l’OPT de la connexion de Honotua au hub de Honolulu n’a pas encore été arrêté et ne sera fixé qu’après l’autorisation définitive. L’OPT s’acquitte pour l’instant de 7 millions de Fcfp par mois, mais après ?
Et toujours côté coût, l’Office va bien devoir changer tout son réseau cuivre en fibre optique pour assurer le haut débit pour tous : 5 milliards d’investissement sur cinq ans. Et enfin, juridiquement, la question de la gestion commerciale de ce câble sous-marin n’est pas réglée non plus.
Le haut débit est enfin disponible pour les utilisateurs. Personne ne s’en plaindra. Promesse tenue pour Teva. Mais de là à faire le paon... Muriel Pontarollo