Publié le lundi 30 août 2010 à 10H14
Entre la réunion d'information sur le budget que prévoit de tenir Gaston Tong Sang mercredi avec les élus de l'assemblée et sa table ronde pour discuter de la réforme électorale, la semaine va encore être épique pour le président du Pays qui part en fin de semaine pour Paris. Avant de rencontrer Marie- Luce Penchard, il veut tenter de montrer qu'il fait de son mieux ; d'une part pour assainir les finances du Pays, d'autre part pour mettre les partis autonomistes sur la même longueur d'onde. Le rêve serait d'arriver au ministère de l'Outremer avec des choses concrètes, calées, au moins les prémisses d’entente des uns et des autres… Sauf que là, on frise l'utopie. Le cabinet de Marie-Luce Penchard doit osciller entre amusement et désespoir.
L'UPLD boude.
Ia Ora te Fenua a décidé de faire cavalier seul.
Le Tahoeraa veut faire croire qu'il est à l'origine de tout et que rien ne peut se faire sans lui.
To Tatou Ai'a tente de sauver son étiquette –depuis longtemps mise en pièce– de groupe unificateur des partis autonomistes derrière son leader consensuel...
À cette mixture indigeste s'ajoutent les petits partis qui ne pèsent rien, dont certains n'ont jamais rameuté assez de voix pour remporter un siège ou qui n'ont même pas encore eu le temps de se frotter à des élections mais qui veulent avoir voix au chapitre même s’ils ne valent pas d’autres voix que la leur ! À l’instar de Bruno Sandras qui, fort d'un mandat de député qu'il a obtenu grâce au Tahoeraa, se fend d'une fibre de rassembleur, mais comme tous les Iznogoud qui l'entourent… il ne voit personne d'autre que lui-même à la tête d'une mouvance pour la conquête des rênes du Pays !
À Paris, on sait déjà que toute réforme ou décision qui sera prise recevra les plus âpres critiques de la Polynésie française. Raison pour laquelle la tenue de nouvelles élections est loin de faire partie des priorités. Et si élection il y a, celui qui les remportera ne sera pas sorti d'affaires pour autant. Si une majorité à peu près stable permettant de diriger le Pays parvient à sortir la tête du lot, la sérénité ne sera en effet pas automatiquement au rendez-vous.
Ce ne sont pas des élections qui éviteront aux autonomistes de se tirailler, par manque d’une personnalité qui les unit. L’UPLD reste donc le seul parti à maintenir un cap uni derrière son leader, mais il critiquera le résultat des urnes s'il n'est pas élu et il dénoncera l’insuffisance de la réforme s'il l'est. Si Oscar Temaru demeure l'un des seuls à garder autour de lui des élus et électeurs fidèles, c'est parce qu'il reste fidèle à son objectif : l'accession à l'indépendance. C'est peut-être le seul groupe qui garde un cap. Sauf qu'en termes de programme et de solutions pour sortir le Pays de la crise ou de méthodes pour que la Polynésie puisse enfin s'imaginer un avenir un peu plus rose, l'UPLD n'a pas grand-chose à proposer d'autre que les mythes et les idéaux. Le Pays a des défis urgents à relever et un éventuel processus d’accession à l'indépendance n’y changera rien. L'indépendance n'incarne pas un programme, elle représente un projet à bâtir.
Lara Dupuy
Lara Dupuy






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Commentaires anonymes
31/08/2010 à 11h09
Quelle hypocrisie votre billet, miss Novelas. Vous qui, depuis le temps, faites tout pour diviser, vous voilà à souhaiter que nos élus s'entendent!!! Who can believe you all anymore?
De toute manière la sérénité ne risque pas d'être au rendez-vous quand la Sarkozye se soucie de la mobilisation syndicale qui les attend le 7 septembre prochain, ou du remaniement ministériel qui fera des mécontents, ou...... Bref, notre Réforme dans tout ça, elle doit pas peser bien lourd dans la balance et leurs grosses têtes. Ce sera comme à l'accoutumée et à la sauce sarko-estro-fantaisiste, expédié vite fait, bien fait.
Commentaires anonymes
30/08/2010 à 15h42
Pour la dernière fois, tellement je suis las de me répéter.
Pourquoi M.L.P. ne laisse pas les polynésiens prouver qu'ils sont des grandes filles et des grands garçons en décidant eux même de la loi électorale donc de leur avenir?
Puisque, comme l'écrit notre éditorialiste, la loi qui viendra d'en haut sera toujours critiquée par certains, comme, en son temps,la loi C.E. avec le vote des 44.