Publié le mercredi 01 septembre 2010 à 08H46
Un retour aux urnes anticipé, pour quoi faire ? Ça changera quoi, si c’est pour reprendre les mêmes et recommencer… C’est en substance l’opinion qui prévaut aujourd’hui à Paris, au ministère de l’Outre-mer comme à l’Élysée, à une semaine de la série de rencontres de Marie-Luce Penchard avec les forces politiques du fenua qui ont bien voulu faire le déplacement pour causer réforme électorale. Globalement toutes, sauf le Tavini qui préfère fustiger dans son coin les “toutous de la République” dans un communiqué qui ramène la recherche de solution de stabilité à sa seule conviction : “le fait colonial reste l’entrave principale du développement (...) de tous les peuples sous tutelle”. Avec ça, le Pays va avancer… Le rapport Barthélemy, dont Les Nouvelles ont pu se procurer les principales pistes retenues, ne prône pas non plus l’abréviation du mandat de l’assemblée pour des élections anticipées dès 2011. Comme il relève d’ailleurs que la seule modification du mode de scrutin ne réglera rien. Il faut aussi casser les “joujoux” qui ont jusqu’à présent permis à nos élus de s’amuser à la balançoire, de souffler sur les girouettes, de se bousculer, se basculer, se renverser, sur une musique effrénée de chaises musicales où tous, les uns derrière les autres, se sont allègrement assis sur les urnes.
Parmi les mesures proposées : un président de l’assemblée élu pour cinq ans et impossible à déloger du perchoir, et une motion de défiance qui ne pourrait être adoptée que par les 2/3 ou les 3/5e de l’assemblée. Ça reste un peu court pour véritablement “siffler la fin de la récré”, tel que le souhaite aujourd’hui la ministre Marie-Luce Penchard. Du rapiéçage de statut sans véritable projet d’envergure, qui risque rapidement de se terminer –vu la capacité d’imagination de nos élus quand il s’agit de détourner les textes pour reprendre le pouvoir– comme l’aventure “Estrosi”.
Mais si l’État avait une ambition pour la Polynésie, ça se saurait. Cette énième réformette, qui se veut poser les conditions d’un retour à la stabilité, ne peut hélas suffire à sortir le Pays de la nasse dans laquelle les comportements boulimiques de la caste politique l’ont enfermé. Mais au moins, pour peu que la ministre de l’Outre-mer annonce enfin haut et clair qu’il n’y aura pas de retour anticipé aux urnes, et que le nouveau mode de scrutin ne s’appliquera qu’au terme du mandat de l’assemblée en 2013, nos politiques vont peut-être être contraints de se mettre enfin à travailler sur un projet pour le Pays et des ambitions à moyen terme, plutôt que de se cacher encore derrière de belles promesses de campagne à effet immédiat pour mieux couvrir leurs appétences de pouvoir.
Les couper dans leur élan de campagne, et leur course au pouvoir qu’ils ont déclenché unilatéralement, c’est bien entendu prendre le risque d’un nouveau renversement de gouvernement. Et alors ? De toute manière, il est déjà inscrit sur les tablettes des ténors de l’assemblée pour décembre, élections ou pas, qu’il s’agisse de Temaru ou de Flosse ou… des deux mon général. Qu’ils renversent donc, ensemble ou séparément, histoire d’aller au bout de leur histoire, au fond du fond, il faudra peut-être le toucher pour en finir définitivement avec le système d’antan, avant de pouvoir pousser sur ses jambes et remonter vers la surface pour retrouver un nouveau souffle.
Un retour aux urnes en 2011, c’est la garantie de perpétuer cinq ans encore le système des vieux chefs. Reposer le couvercle. Et les laisser remettre le couvert, pour continuer à se partager ce qu’il restera du gâteau. Ce qu’ils en laisseront, faute de mettre la main à la pâte.
Muriel Pontarollo
Muriel Pontarollo






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Commentaires anonymes
01/09/2010 à 17h56
les électeurs ne changent pas , ne réagissent pas ,donc les élus resteront les mêmes, eux l'ont compris.
Pays en faillite depuis plusieurs années, emploi en chute libre ,mais on rigole quand même ,la réalité ramassera ces sourires dans quelques années.
Commentaires anonymes
01/09/2010 à 14h50
Le problème de nos politiques, et ce n'est un secret pour personne, c'est le partage du gâteau.....Et si la France supprimait le Gâteau ?
Y aurait-il autant de monde pour prendre la place ???:D