C’était prévisible

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Publié le samedi 06 mars 2010 à 12H15

Après le cyclone et l’alerte au tsunami, c’est la pluie qui agresse désormais la Polynésie française. Des phénomènes d’origine naturelle mais prévisibles. Sauf que les constructions et infrastructures ne sont pas adaptées au climat du pays ! Les intempéries de ce week-end se révèlent certes exceptionnelles, mais pas anormales à la saison des pluies dans un climat tropical ! Sauf que, surprise : rien n’est prévu en conséquence. La course des eaux sur les îles hautes en forme de cône est pourtant relativement aisée à prévoir. Un spécialiste en la matière nous a confié que s’il y a tant d’inondations, glissements de terrain et autres éboulements, c’est principalement parce que les réseaux d'évacuations d'eau urbains sont sous-dimensionnés par rapport au climat, et parce que le réseau pluvial n’est pas assez entretenu, surtout au regard l’incivisme de la population. De nombreux déchets sont en effet jetés dans les rivières et même dans les petits ruisseaux en hauteur, notamment des encombrants tels que vieux réfrigérateurs. Ils ne sont alors emportés que lorsque le niveau de l’eau est assez élevé, et ensuite descendent jusqu'aux rivières qu’ils obstruent. Si les pollueurs sont en partie responsables, au Pays de prendre en charge le curage des rivières et pourquoi pas, de sévir.

Mais il faut pour se faire voir à long terme ; et en Polynésie, on voit de plus en plus à court terme : celui de la prochaine motion. Un horizon plutôt restreint. Additionné avec la vision des promoteurs qui ont le profit comme ligne d’horizon... on constate le résultat ! Les plateaux ont été urbanisés à outrance sans que ne soit gérée en aval la question du franchissement de l'eau jusqu'au lagon. Le nouveau plan de prévention dont est dotée la commune de Punaauia prévoit que l’aménagement de plus d'un hectare en montagne devra désormais s’accompagner d’études qui démontrent qu'il n'y a pas de risque en bas. Actuellement, on ne voit pas plus loin que le bout de son terrain, comme c’est le cas de la plupart des résidences en altitude. Idem pour la RDO. Tout est réalisé au fur et à mesure, par petits bouts. Face aux risques naturels, le rapiéçage ne tient pas. Il faudrait tout revoir à zéro quartier par quartier, route par route. Un investissement colossal pour rattraper tous ces manquements. Rattraper coûte beaucoup plus cher que prévoir. Hier Tearii Alpha a annoncé que les victimes des dégâts causés par les fortes pluies seraient probablement ajoutées à celles du cyclone Oli dans le prochain vote du collectif, mercredi prochain. Une mesure d’urgence, mais après ?

Lara Dupuy

Lara Dupuy
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Commentaires anonymes

06/03/2010 à 20h47

La pire catastrophe: la gestion de nos dirigeants politiques !
Cyclone; alerte au tsunami, pluies diluviennes, la Polynésie a fait l'expérience en quelques semaines de phénomènes naturels dramatiques. Mais ces phénomènes ont provoqué moins de dégâts que la catastrophe qui afflige le pays depuis vingt ans, et dont la population paie les conséquences au prix fort: la gestion désastreuse de nos politiciens, cette caste à la fois sans vision, dépourvue du sens de l'intérêt public, gloutonne à en être rapace, et de ce fait complètement discréditée.
L'éditorial souligne très justement l'absence d'infrastructures, ou leur conception inadaptée, alors que les moyens de les réaliser ont été largement versés aux budgets du territoire par prélèvements sur les revenus des contribuables métropolitains et locaux. Notre "élite" autonomiste a préféré entretenir son obésité et sa prospérité financière, en créant ces pompes à finances publiques que constituent les SEM, EPIC et autres GIE, au détriment d'infrastructures et de services au profit de la population.
Le résultat est là, consternant. Le pays apparaît aujourd'hui nu et sans fard, totalement déglingué, ruiné, au bord de la faillite. L'"élite" autonomiste (et ses ralliés indépendantistes, qui finalement ont bien profité du "système" eux aussi) est, elle, à l'abri du besoin s'étant constitué en cash, foncier, immobilier, un solide patrimoine. La masse de la population, elle, ne peut que constater les dégâts...
L'"élite" est dans sa bulle, et le rappelle sans cesse avec une stupide ingénuité: comment, par exemple, imaginer promouvoir la principale ressource potentielle de la Polynésie, le tourisme, comme notamment "un refuge pour milliardaires" et autres sornettes ! Qu'il soit milliardaire ou "sac à dos", le touriste apprécie qu'un pays soit bien organisé, dispose d'infrastructures et de services sûrs et efficaces, équipements initialement conçus pour la population locale bien sûr.
Les résultats catastrophiques du tourisme, la faillite virtuelle des SEM (comme ATN, TNTV et autres), EPIC et autres structures parapubliques (une CPS pompée, avec la complicité des syndicats, par des frais de fonctionnement indécents, voire maffieux) relèvent de la même origine fondamentale que les conséquences des perturbations climatiques: c'est le résultat de la même arrogante gabegie de nos dirigeants politiques, de leur incapacité fondamentale à gérer dans l'intérêt général.
Il semble qu'il ne reste plus qu'une solution: laisser aller le système au dépôt de bilan (avec la casse qui accompagne ce genre d'opération), pour reconstruire ensuite sur des bases nouvelles. Mais il faudrait une relève intègre, compétente, visionnaire et réaliste, qui écarte et élimine notre actuelle "aristocratie" dirigeante. De quoi se faire du souci !

Légal

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