Publié le mercredi 25 août 2010 à 11H12
Ce n’est pas faute de l’avoir écrit et répété, en lançant trop tôt le chantier de la réforme du mode de scrutin, sans autre ambition de réforme en profondeur d’un système politique qui patauge depuis des lustres dans la gabegie, Sarkozy a rouvert la boîte de Pandore. Et puisque l’État continue allégrement de laisser planer le doute sur un éventuel retour anticipé aux urnes dès 2011, nos chefs de parti de tous bords s’y engouffrent, trop heureux de retrouver leurs joujoux préférés : les promesses de campagne plutôt que les actes, la perpétuation du système, plutôt que sa remise à plat, le maintien du moule ancien, plutôt qu’une vraie réflexion sur le modèle économique de demain à repenser de A à Z.
Si un énième mode de scrutin pouvait ramener la stabilité en Polynésie, depuis 2004 qu’ils nous le changent, ça se saurait. Les modes de scrutin ne changeront pas les comportements politiques. Bien au contraire. Tant qu’il y a de l’espoir pour eux de perpétuer leur système, on peut leur faire confiance pour s’y accrocher. Pas étonnant qu’ils réclament tous aujourd’hui un retour aux urnes dès 2011, histoire d’être bien sûrs de rester seuls en lice, et en liste, pour retrouver leurs fauteuils. Et d’empêcher toute relève de pointer le bout de son nez.
Au nom d’un hypothétique retour à la stabilité, les tractations sur la réforme du mode de scrutin vont forcément déstabiliser un peu plus encore le Pays. Pourquoi nos élus se mettraientils enfin au boulot, quand toute leur attention va de nouveau se concentrer sur des comptes d’apothicaire pour savoir comment et avec qui être élu au prochain coup ?
Voilà qui ne va pas manquer non plus de relancer la machine à renverser. La session budgétaire commence le 16 septembre et l’on sait que décembre, terme pour l’adoption du budget primitif, est la saison qu’ils affectionnent le plus pour déposer leurs motions. Les jours de Gaston Tong Sang seront d’autant plus comptés que le nouveau mode de scrutin sera connu. Et très vite on va entendre proclamer “dissolution !” en lieu et place de “démission”. Six ans que ça dure, et pas le moindre signe d’une volonté de changer.
L’UPLD en tête bien sûr, qui en tournant le dos à Paris, se prépare déjà au combat contre la “France coloniale” qui restera à ce titre responsable de tous les maux, y compris d’ailleurs en cas d’échec du camp d’Oscar Temaru dans les urnes. Flosse est aussi dans les starting-block. Il ira là où sa calculette le mènera, pour se rapprocher le plus possible de “sa” présidence. Quant à l’union des autonomistes, comme dirait président- forever : “dans tes rêves, mon ami”. Inutile d’y croire plus aujourd’hui qu’en 2008, les hommes sont les mêmes, les egos en présence aussi, encore plus divisés qu’il y a deux ans.
La visite surprise hier à la réunion organisée par le député Sandras de Gaston Flosse, comme de Teina Maraeura a eu son petit effet. Ou comment surfer sur les revendications des micro-partis pour tendre son piège à Tong Sang. To Tatou Ai’a encore aujourd’hui, on sait que le Don Corléone des îliens peut être partout demain. Et c’est justement lui, Teina Maraeura, qui a été désigné par le camp dit “autonomiste” pour aller convaincre Tong Sang de ne pas aller à Paris. En clair, pour l’obliger à scier la dernière branche sur laquelle il est assis. Ou pense l’être. Difficile pour l’encore président du Pays d’accepter. Et dans le cas contraire, il ne va pas manquer de se prendre une nouvelle volée de bois... orange, et bleue aussi sans doute, sur le thème du “traître” à la patrie... ma’ohi.
Et pendant ce temps-là, rien ne bouge, et rien n’avance sur le front socio-économique. Cadet de leur souci. C’est tellement plus rigolo de jongler avec les urnes. Surtout quand l’État s’y met aussi.
Muriel PONTAROLLO
Muriel Pontarollo






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Commentaires anonymes
25/08/2010 à 22h12
Il aurait fallu que ça cesse, pour repartir.
Et si l'Etat s'y met à fond la caisse, c'est que 2012 pointe à l'horizon et qu'il n’est jamais trop tôt pour rattraper les immondes conneries accumulées. Votre chat-perché est prêt à s’envoyer toutes les souris qui traînent à ses pieds, des Ultra Pommées à celles de l’Extrême Droite sur lesquelles il n’a eu de cesse de cracher. Tout est bon à prendre. Et il fait (ou croit faire) ce qu'il faut pour les attraper, sans la moindre gêne. The only problem being that they know him, now; et il n’est pas dit qu’elles se laisseront piéger, de nouveau.