Vers une DGA à 20 milliards

Publié le vendredi 15 janvier 2010 à 10H04

PARIS. Après l'Outre-mer et l'Élysée, Gaston Tong Sang est allé chercher l'appui du ministre du Budget, Éric Woerth. Le président du Pays serait en passe d'obtenir une revalorisation de la DGDE à 20 milliards de Fcfp.

Reçu, hier à Paris, par Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, puis dans la soirée par Alexandre de Juniac, directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, le président Gaston Tong Sang semble être en bonne voie pour obtenir la revalorisation de la DGDE après 13 années de stagnation. “Tout le monde estime, dans le cadre de sa réforme, qu’il faut partir sur de nouvelles bases, cette fameuse base assainie que j’avais annoncée au ministère de l’Outre-mer”, a expliqué le président qui souhaite voir l'actuelle DGDE à 18 milliards de Fcfp passer à 20 milliards de Fcfp. Un montant quasi identique à celui demandé par l'équipe précédente (20,3 milliards de Fcfp). Du côté du ministère du Budget, il n'y aurait pas d'objection, mais pour le oui définitif il faudra attendre la venue en Polynésie de Marie-Luce Penchard vraisemblablement du 1er au 5 février. “Je n’anticipe pas sur le voyage de Marie-Luce Penchard qui viendra faire ellemême l’annonce de cette bonne nouvelle”, laissait entendre hier Gaston Tong Sang.

Une actualisation de deux milliards qui pourrait bien donner un peu d'air au régime de solidarité de la CPS comme l'explique le président du Pays : “L’État a toujours aidé le Pays à financer le régime de la solidarité géré par la CPS. Depuis deux ans, l’État a cessé de participer aux côtés du Pays et cette actualisation de 2 milliards de Fcfp est de nature à nous aider à financer la solidarité.” Lors des négociations du précédent gouvernement, Antony Géros souhaitait, lui, discuter le rattrapage de l'indexation depuis 1996. Dans les négociations qui devaient s'engager à l'époque le but était de proposer à l'État de revenir au financement de la solidarité en apportant comme première pierre de cet édifice le montant qui allait résulter de ce rattrapage pour ensuite l'inscrire dans une loi pérenne qui serait elle-même calculée par rapport à un montant totalement dissocié de celui actuel de la DGDE.

Gaston Tong Sang avait demandé quelques jours plus tôt au gouvernement de l'aider à obtenir plusieurs dizaines de milliards de Fcfp pour les projets d'investissement 2010 de la Polynésie auprès de “bailleurs de fonds”, comme l'AFD, la CDC et Dexia. Hier encore, le président du Pays, qui a de grosses ambitions, a sollicité le soutien d'Éric Woerth, en particulier auprès de l'AFD. “Pour les financements des budgets d’investissement, j’ai annoncé l’enveloppe, il nous faut trouver 30 milliards de Fcfp en emprunt.” La tâche ne s'annonce pas facile. D'ailleurs, ce mois-ci, le conseil d'administration de l'AFD doit étudier une demande de prêts de 4,7 milliards de Fcfp en faveur de la Polynésie dans le cadre d'un financement budgétaire global alors que le Pays espérait un prêt beaucoup plus important. Aujourd'hui, en fin de journée, le président devrait rencontrer Odile Lapierre, directrice en charge du département Pacifique Sud à l'AFD.

Le ministre “n’a pas semblé limiter l’appui de l’État”

Le ministre du Budget a également été sollicité pour les projets en matière de défiscalisation dont la Polynésie a besoin pour la relance économique “Le Pays seul ne peut pas sortir la Polynésie de la crise. Il faut entraîner tout le secteur privé et j’ai grand espoir qu’en 2010, tout le secteur privé participera fortement à la relance économique de notre pays”, a expliqué le président Gaston Tong Sang qui n'a pas pour autant obtenu de chiffre du ministre mais assure que ce dernier “n'a pas semblé limiter l'appui de l'État”. “Je ne dis pas que l’enveloppe est illimitée, mais en tout cas, au regard du budget total consacré à la défiscalisation, la Polynésie pourra organiser la relance économique”, a-t-il précisé avant de se féliciter qu'en l’espace d’un mois, ils avaient agréé une dizaine de projets pour plus de 4 milliards de Fcfp. Et de tacler au passage le travail de son prédécesseur, “nous avons découvert malheureusement que pendant neuf mois, l’ancien gouvernement n’a agréé que cinq projets”. Enfin, le président Gaston Tong Sang a plaidé auprès d’Éric Woerth, qui participera à l’arbitrage auprès du Premier ministre, en faveur d’un allongement de la liste des maladies liées aux essais nucléaires, ouvrant à indemnisation.

Interrogé sur la mauvaise image que pourrait avoir la Polynésie française dans les cabinets ministériels, Gaston Tong Sang a insisté sur le fait que “c’est à nous, Polynésiens, de changer cette image. 20 000 kilomètres nous séparent de la France, et vu de loin, les images sont forcément déformées”. Et d’affirmer : “Ma mission à Paris, c’est aussi de dire que la Polynésie française, audelà de ce que l’on peut entendre ici, c’est à présent, des élus qui veulent assumer leurs responsabilités. Telle est la ligne de conduite que j’ai donnée, pour aboutir et faire voter le budget 2010. Nous avons réduit de manière drastique nos dépenses tout en garantissant de quoi financer la part d’autofinancement de l’investissement. Les gestes de ce genre sont reconnus et appréciés.” En bon VRP de la Polynésie française, Gaston Tong Sang devrait revenir à Paris mi-février. Déjà, il a reculé son retour vers le fenua et ne devrait pas être à Tahiti avant lundi soir, le même jour que la société Egis.

ASF avec FXG (agence de presse GHM)


NUMÉRIQUE

Teva Rohfritsch discute câble avec Nathalie Kosciusko-Morizet

Le ministre de la Reconversion économique, Teva Rohfritsch, a rencontré, hier à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, auprès du Premier ministre.

Dans un communiqué, le ministère de la Reconversion économique affirme que madame Kosciusko- Morizet apporte tout son soutien au dossier de défiscalisation du projet de câble sous-marin Honotua, ainsi qu'à la bonne fin des démarches administratives auprès des autorités américaines. Alors que le câblier est déjà parti en direction de Hawaii, la Polynésie française n'a toujours pas obtenu toutes les autorisations nécessaires de la part des États- Unis. L’autre point abordé lors de cet entretien concerne les perspectives de collaboration entre les deux ministères pour la mise en oeuvre d'un plan de développement de l'économie numérique en Polynésie française. Un appui technique de la part des équipes de Madame Kosciusko-Morizet a ainsi été acté et sera mis en oeuvre dans les prochaines semaines.

Enfin, dans le cadre de l'ouverture du marché de la téléphonie mobile à la concurrence, un transfert des bonnes pratiques et un accompagnement de l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) –qui est l'agence française chargée depuis le 5 janvier 1997 de réguler les télécommunications et le secteur postal– et de la toute nouvelle DGCIS (la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services, qui a pour mission de développer la compétitivité et la croissance des entreprises de l’industrie et des services) seront engagés, sous l'impulsion du secrétariat d'État chargé de la Prospective et du Développement de l'économie numérique.

Alexandra Sigaudo-Fourny
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