Publié le mercredi 26 août 2009 à 10H00
RECOURS SUR LA TEP. Le haussariat l’a déposé le 4 août auprès du tribunal administratif. Il demande l’annulation des deux arrêtés désignant les représentants du Pays au sein de la Tep. Du coup, Raymond Van Bastolaer pourrait perdre le siège de PCA d’une société commerciale décidément pas comme les autres.
La désignation de Raymond Van Bastolaer comme PCA, devait être le dernier épisode de la saga Tep, il n’en est rien. La société “transport d’énergie électrique de Polynésie française” réputée comme sucette d’or –c’est-àdire une société satellite du Pays méconnue mais rémunératrice pour ses dirigeants– a aussi la particularité d’avoir un statut juridique pas clair. Société anonyme, société d’économie mixte ou les deux ? Si pour le Pays, la TEP est une SA, pour le haussariat, elle s’apparente à une Sem, ce qui d’ailleurs constitue l’argument principal du recours déposé au tribunal administratif le 4 août dernier.
Des décisions “entachées d’illégalité”. Dans son recours le haussariat demande l’annulation des deux arrêtés désignant les représentants du Pays au sein de la Tep. Le premier pris en conseil des ministres le 30 mars, nommait James Salmon, le ministre de tutelle de la société ; le second, pris également en conseil des ministres le 22 juin, désignait Terii Vallaux, Raymond Van Bastolaer (PCA) et Thierry Trouillet (directeur général). Pourquoi le haussariat considère-t-il que ces deux arrêtés sont entachés d’illégalité ? Parce que dans les deux cas, l’assemblée n’a pas été consultée et n’a pas pu assurer sa mission de contrôle, comme le prévoit l’article 157-3 du statut, qui s’applique aux désignations au sein des sociétés d’économie mixte. À cet égard, le haussariat avait envoyé le 18 mai, “une lettre d’observation” au Pays, qui, 15 jours plus tard avait répliqué que la Tep était une société anonyme qui n’avait pas encore acquis le statut de Sem, et que par conséquent elle était dispensée de la consultation au préalable de l’assemblée. Des arguments qui n’apparaissent pas “juridiquement fondés” au haussariat qui a donc demandé au tribunal administratif de trancher.
La Tep, une Sem qui s’ignore. Dans son argumentaire, le haussariat détaille le noeud du problème juridique : la loi définissant les Sem date du 7 juillet 1983 mais elle n’a été rendue applicable en Polynésie française qu’en 1990. La Tep a été créée en 1985, soit “antérieurement à l’applicabilité à la Polynésie française de la loi du 7 juillet 1983 mais après sa publication”. Mais le haussariat rappelle que la Tep est détenue à 51% par le Pays et que sa mission est d’intérêt général, deux conditions qui permettent de la classer dans les Sem. Raymond Van Bastolaer, l’actuel PCA de la Tep ne conteste pas l’argumentaire du haussariat.
Un mauvais “timing” selon le PCA. En effet, Raymond Van Bastolaer, le maire de Moorea et PCA de la Tep, se sent “en phase” avec le haussariat. “C’est tout à fait la politique du territoire, de nous transformer en Sem. Il n’y a pas de contradictions du tout, c’est simplement une question de timing.” Un timing qui a permis une fois de plus à James Salmon de placer un “copain” UPLD à la tête d’un établissement satellite du Pays. Car le chronomètre tourne depuis longtemps selon Raymond Van Bastolaer qui confie : “Il est vrai aussi que l’ancienne équipe n’avait pas tenu compte des appels du haut-commissariat. Nous, on arrive… Mais il y avait déjà eu des observations auparavant.” Et l’équipe d’avant, c’est Émile Vernaudon qui la dirigeait, lui qui grâce au chantage à la 29e voix, avait obtenu la sucette d’or, sous le gouvernement Tong Sang.
La saga Tep. Si la nomination d’Émile Vernaudon à la tête de la Tep, le 20 juin 2008, avec un salaire mensuel de 700 000 Fcfp avait provoqué de nombreuses protestations, c’est un rapport de la chambre territoriale des comptes, révélant les indemnités et les salaires records touchés par ses PCA et son directeur général, qui avait donné à la sucette le parfum du scandale. Le salaire du directeur général ayant grimpé jusqu’à 2,3 millions de Fcfp par mois. Début juillet, James Salmon a mis fin aux “sucettes d’or de la Tep”, selon sa propre expression, diminuant de 40% les traitements des dirigeants de la société. Raymond Van Bastolaer touche ainsi 300 000 Fcfp par mois contre 700 000 Fcfp pour son illustre prédécesseur. Mais dans son rapport, la CTC soulignait également le manque de transparence de la société dans son fonctionnement. En devenant une Sem, la Tep franchirait une première étape en ce sens. Le recours du haussariat devrait accélérer le mouvement.
CV
Entretien Raymond Van Bastolaer, PCA de la Tep : “Nous n’avons pas été pris en traître”
Étiez-vous au courant et que pensez-vous de ce recours ?
“J’ai reçu une lettre du haussariat m’indiquant qu’il saisissait le tribunal administratif. Il est demandé à la TEP de se transformer en Sem, puisque le territoire possède à lui tout seul la majorité des actions. Nous allons nous y soumettre. J’ai convoqué le conseil d’administration pour le 4 septembre, lequel va convoquer l’assemblée générale et puis nous allons étudier la demande du haut-commissaire. Mais c’est tout à fait la politique du territoire, de nous transformer en Sem. Il n’y a pas de contradictions du tout, c’est simplement une question de timing.”
Mais le recours a tout de même été déposé le 4 août et si le tribunal administratif va dans le sens du haussariat, vous perdriez la présidence du conseil d’administration…
“Ça, ce n’est pas grave. Ce ne sont pas les personnes qui comptent, c’est de pouvoir se mettre en accord avec la réglementation, et nous sommes en train de la faire. Et nous l’avons fait savoir au haussariat.”
Pourtant dans le recours, on peut lire un échange de courrier, entre le hautcommissariat et la présidence du Pays à ce sujet et le Pays utilisait justement l’argument que la Tep n’était pas une Sem, mais une société anonyme (SA)…
“C’est une SA. Ce que le territoire demande, c’est de nous laisser le temps de convoquer légalement le CA et ensuite l’assemblée générale pour aborder la question de la transformation en Sem. L’État nous demande de nous conduire de prime abord comme si nous étions une Sem, nous pensons qu’il y a des étapes à franchir.”
Ce qui n’a pas empêché que le recours soit déposé au début du mois…
“Oui. Il est vrai aussi que l’ancienne équipe n’avait pas tenu compte des appels du haut-commissariat. Nous, on arrive… Mais il y avait déjà eu des observations auparavant.”
Vous semblez être sur la même longueur d’onde avec le haussariat, ne regrettezvous donc pas que le recours ait tout de même été déposé ?
“Non, je crois que chacun doit jouer son rôle, et c’est le rôle du haut-commissaire d’attirer notre attention et de saisir la justice. Le Pays a été averti, j’ai été averti, nous n’avons pas été pris en traître.”
Vous êtes à la TEP depuis un mois et demi, avez-vous ou comptez-vous embaucher du personnel ? Yves Conroy peut-être ?
“C’est la première fois que j’entends parler de cela. Mais pour le moment non, personne ne m’a saisi de cette question-là. Aucune candidature ne m’est parvenue. J’ai entendu dire que M. Conroy serait démissionnaire de son poste de collaborateur auprès du ministre chargé de l’Énergie mais c’est tout.”








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Commentaires anonymes
26/08/2009 à 22h25
Conroy ... encore !!! ..... toujours bien caché et qui bouffe à tous les rateliers ... champion des procédures lancées contre les autres ... en se gardant bien de se regarder ... allons les politico-cacahuètes au pouvoir, il n'y a aucun jeune sorti des hautes écoles pour véritablement porter notre Fenua ??? au lieu de compter sur ces fossiles inutiles et qui coûtent chers à tous, et surtout au petit peuple ... et sans doute déjà multi-retraités ... décidément le temps des copains, cousins et coquins est loin d'être révolu !!! en définitive, je crois que Oscar à raison depuis très longtemps ... l'indépendance devrait arrêter toutes ces conneries ... et le petit peuple sera toujours petit ... mais les grands, soit ils fouteront le camps, soit ils deviendront eux aussi petits ... et tout le monde sera malheureux ... au moins il y aura une égalité dans la misère ... c'est triste d'en arriver là ... mais s'il faut pour trouver une certaine équité ... allons-y ... y en a marre ... taahoa ... toujours les mêmes qui se tapent la cloche ... e o tihoni ma ra, a mataitai noa ia ... mea aroha te nunaa ... a tia i nia ...
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26/08/2009 à 21h34
Mr Van bastoaler,
vous faites franchement du bon boulot sur Moorea. Quelle difference par rapport au faible apparatchik tahoera sans vision qui vous précédait !!
Mais il y a encore beaucoup à faire ( transports terrestres et maritimes, maintenance des écoles, un lycée, un marché, un club med , finir les pistes cyclables ( bravo!), quelques routes, des aires de jeux pour les enfants, la cooperative de pêche, les chiens errants, les pollueurs,...) . Cette inutile SEM vous détourne de votre mission élective, de vos administrés, de notre commune. Alors laissez tomber cette usine a gaz de SEM ou encore mieux soyez son dernier PCA ayant organisé sa dissolution.
cordialement,
Frank
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26/08/2009 à 19h09
Pourquoi conserver une furure SEM qui ne sert à rien si ce n'est qu'à payer des gens à brasser du vent et, dans ce cas là, de l'énergie statique!
Commentaires anonymes
26/08/2009 à 15h32
Décidément on voit du "Conroy" à toutes les sauces, n'avait-il pas eu des "soucis de gestions" par le passé? on prend les même et on recommence.... quel dommage pour l'avenir du Fenua! mais à quand va-t-on enfin mettre des personnes "qualifiées" au lieu des ces "clowns politiques", le yoyo devient le mouvement perpétuel...
Commentaires anonymes
26/08/2009 à 15h00
Ben en voila une bonne occasion pour faire des économies ! Ce "truc" censé assurer pour le compte du Territoire, le contrôle de l'énergie, et payé par nos sous à nous ([i]voir vos factures EDT[/i]) pour ce faire, a délégué à EDT et Coder Marama Nui, l'essentiel de ses tâches. Il ne sert plus à RIEN sauf à verser des salaires, certes réduits, mais personne n'a parlé des primes et avantages ...
On peut donc le zapper tout simplement et récupérer un peu de sous pour combler le trou de 15 milliards, non ?