Publié le jeudi 16 avril 2009 à 10H20
GOUVERNEMENT. Un bébé multicolore devrait finir par pointer son nez au gouvernement. Hier soir, Oscar Temaru ne s'est pas entretenu qu'avec Gaston Tong Sang. Des représentants de toutes les couleurs étaient là, dans le but de donner le jour à un gouvernement inédit. To Tatou Ai'a est prêt à avoir moins de six ministres… à la condition expresse qu'il en soit exactement de même à l'UPLD. Ce genre de mariage à plusieurs a bien sûr de nombreux détracteurs. Mais Oscar Temaru, le grand marionnettiste, compte sur ce que GTS appelle “le noyau dur”. Une base qui s'est rétrécie à 37 élus minimum… plus selon les affinités. Du jamais vu, pourtant prévu pour aujourd'hui.
Ce rendez-vous de mercredi soir avec Oscar Temaru et des élus UPLD et Tahoeraa vous a-t-il permis de finaliser la formation du gouvernement ?
“Je pense qu’on approche de la phase finale. Bien sûr, comme il y a une séance de l’assemblée jeudi matin nous allons privilégier les travaux d’installation des commissions. C’est le gros point de l’ordre du jour de nos discussions de ce soir. Je pense que ça va aller très vite. Le président reste dans cette démarche de recherche de stabilité, d’un gouvernement représentant toutes les forces et les compétences. Jusque-là nous sommes d’accord. Il nous a présentés son projet d’installer dans un délai maintenant rapproché le gouvernement, comme il dit renforcé et élargi.”
Cela signifie-t-il que des élus Tahoeraa ou devenus ex-Tahoeraa vont vous rejoindre ?
“Nous sommes toujours à se demander s’ils vont démissionner ou rester.”
Les ministres Tahoeraa tels que Jacques Raynal et Frédéric Riveta que nous avons aperçus mercredi soir à la Présidence restent ministres ?
“Pour l’instant je n’ai pas entendu de démission.”
Mais sur le nombre de personnes de chaque groupe… êtes-vous prêt à ce que toutes les forces politiques soient mélangées ?
“Ça c’est le choix du président. Nous sommes une composante de cette majorité. On s’adapte à toutes les hypothèses.”
Restez-vous inflexible sur le nombre de ministres à six minimum ?
“C’est notre base mais on peut évoluer. Dès lors où la représentation est équilibrée entre UPLD et TTA, qui sont les deux socles de cette majorité, le reste est un peu un complément.”
Mais pourquoi tant de temps pour mettre en place ce nouveau gouvernement ?
“C’est vrai qu’Oscar Temaru veut avoir tous les éléments en main pour pouvoir décider, il aime bien consulter un maximum de monde séparément… Maintenant on est plus nombreux à la réunion et ça enrichit la discussion, ça évite les quiproquos, c’est important. Là je pense qu’on converge vers quelque chose.”
Mais êtes-vous donc prêt à accepter moins de six ministres ?
“Disons que nous voulons une représentation équilibrée. Si c’est six, c’est qu’il y a six UPLD. Si c’est sept c’est qu’il y a sept UPLD. Mais si demain matin on tombe à cinq, avec cinq UPLD et cinq To Tatou Ai’a, pourquoi pas : C’est ça qu’on veut jouer, pleinement notre rôle.”
Un équilibre dans le nombre de ministères…
“Oui, voilà, quand je parle d’équilibre, voilà, c’est notre débat.”
Ne craignez-vous pas qu’il n’y ait plus d’opposition dans un tel cadre ?
“Je ne veux pas m’immiscer dans les problèmes relationnels avec le président du Tahoeraa…”
Mais plus d’opposition à l’assemblée ?
“Ça m’étonnerait, la parole est tellement libre à l’assemblée… même dans la majorité il y a des prises de position différentes. Mais il y a un socle, et ça c’est important pour le président de compter sur ce noyau dur qui est à 37 on peut dire. Voilà le noyau dur. Après ça varie de 40… 45, selon les textes, les humeurs, les circonstances…mais il y a un socle, ce qui est important et rassurant pour le président.”
L’élaboration d’une nouvelle majorité avec TTA n’est donc pas comprise ?
“Ce n’est pas parce que nous avons eu un To Tatou Ai’a à l’assemblée qu’il faut maintenant dire qu’on s’en lave les mains et qu’on a eu ce qu’on voulait ! Au contraire on participe.”
Mais Oscar Temaru reste-t-il dans l’état d’esprit de constituer une majorité avec TTA ?
“Ah oui, je pense qu’il l’est plus que jamais.”
Comment interprétez-vous le fait que le Tahoeraa ne demande plus à ses ministres de démissionner ?
“Le jeu de déstabilisation continue. Mais l’impact est moins important qu’avant. Ce que j’observe c’est que les décisions du grand conseil du Tahoeraa ne sont pas respectées. Quel crédit accorder encore au parti et aux hommes qui dirigent ce parti… C’est dommage, ce n’est pas une belle image que l’on donne de la classe politique. En politique aussi il faut savoir être digne.”
Cela peut-il déstabiliser l’alliance UPLD / TTA ?
“Pour l’instant ça ne nous déstabilise pas.”
Mais vous êtes prêt à attendre jusqu’à quand ?
“Nous avons tout notre temps devant nous.Mais est-ce que le pays peut attendre ? Il y en a qui font tout pour empêcher le gouvernement de travailler. Ceci étant, un jour ou une semaine de plus, ce n’est rien face à quatre ans de calme et de stabilité.”
Oscar Temaru est-il d’accord avec les candidats aux ministères que vous lui avez présentés ?
“Il n’y a rien qui nous empêche de mettre en place un gouvernement remanié.”
Alors pourquoi ne l’est-il toujours pas ?
“On attend, effectivement, que certains qui se sont engagés respectent leur parole. Il y en a un en tous cas qui veut empêcher les institutions de fonctionner.”
Savez-vous quand Oscar Temaru va annoncer le nouveau gouvernement ?
“Je n’ai pas la réponse.”
Justement, ne trouvez-vous pas qu’il manque un peu de poigne à ne pas démissionner les ministres Tahoeraa alors que vous étiez tombés d’accord pour former le gouvernement ensemble ?
“Pour la décision qui a été prise à l’assemblée, il faut beaucoup de poigne, pour pouvoir mettre en marge le président du Tahoeraa. C’est un homme qui prend du temps pour prendre ses décisions. Je respecte totalement.”
N’est-ce pas un désaveu, une façon d’hésiter ?
“Non, pas du tout. Oscar Temaru est un homme réfléchi qui avance à pas sûrs. Je pense que pour l’instant il avance très bien.”
Jusqu’à quand allez-vous attendre ?
“Une semaine, un jour… si c’est pour installer durablement un gouvernement et une majorité pour quatre ans, ça vaut le coup d’attendre.”
Pouvez-vous nous éclairer sur le nom des ministres que vous proposez ?
“Je lis les noms dans votre quotidien.”
Propos recueillis par LD et PL
Entretien Jean-Christophe Bouissou
Que pouvez-vous nous dire de la réunion qui s’est tenue ce soir avec Oscar Temaru ?
“C’est une rencontre que nous avons tenue avec le président de To Tatou Ai’a, le président de l’UPLD et moi-même en tant que président de Ia Ora te Fenua. Nous avons discuté sur notre vision de l’avenir et sur la manière dont on conçoit l’ouverture de notre gouvernement, et notre souhait avec le président de To Tatou Ai’a et le président du gouvernement, c’est de faire en sorte que nous ayons l’ensemble des formations politiques qui soient représentées au sein de notre gouvernement. C’est vrai qu’il y a eu ces problèmes du passé mais est-ce que nous serions capables aujourd’hui de montrer à la population que nous savons mettre nos différends de côtés, c’est une grande question. Est-ce que nous sommes capables dans notre pays de montrer que nous pouvons faire un gouvernement d’union ? Nous avons répondu à cette question en répondant oui. Maintenant, c’est au président de gouvernement de concevoir son gouvernement et j’espère que le président du Tahoeraa, Gaston Flosse, va accepter pour que vraiment on puisse démontrer, peut-être pour la première fois, que les hommes politiques savent devenir intelligents.”
On peut dire que ce soir la donne a changé. Il n’est plus question de faire démissionner les ministres Tahoeraa Huiraatira…
“Il faudra bien évidemment que le président regarde comment est-ce qu’il peut composer son gouvernement en fonction du poids politique des groupes. Cela veut donc dire que si nous avons l’UPLD, To Tatou Ai’a, le Tahoeraa Huiraatira, Ia Ora te Fenua, il faut que tout le monde soit bien représenté de manière équitable, et pas uniquement au gouvernement, dans l’ensemble des fonctions de direction de nos sociétés, des compositions des conseils d’administration… Et le choix des hommes, par contre, relève du président. Nous sommes là pour faire des propositions mais le choix définitif relève du président.”
On a vu ce soir à la présidence Tamara Bopp-Dupont et Chantal Tahiata, pourquoi ?
“Parce que nous étions en train de discuter de la composition des commissions, de la présidence des commissions, questions qui seront abordées demain et tout naturellement, il est clair que nous devons nous mettre d’accord avant. Je crois qu’à une virgule près nous sommes pratiquement d’accord.” Êtes-vous candidat à la présidence d’une commission ou souhaitez-vous garder celle de la commission de contrôle budgétaire et financier ? “Ils souhaitent absolument que je garde la présidence de cette commission. Je suis prêt à laisser quelqu’un d’autre mais s’ils souhaitent que je poursuive, je le ferai.”
Et la commission permanente, ça vous intéresse ?
“Non, sur la commission permanente, il y a quelqu’un d’autre qui a tout à fait le statut pour être président de cette commission.”
Et les deux ministres Tahoeraa qui étaient présents ce soir…
“Oh, il y avait plus de deux ministres Tahoeraa ce soir, il y en avait pas que deux.”
Propos recueillis par CV








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Commentaires anonymes
01/05/2009 à 13h41
le programme QB le partage comme à naples , sardaigne , nY, tahiti division du 100 fcp en 4 X 25 = 100 balles joli coup
maero
Commentaires anonymes
18/04/2009 à 07h29
Monsieur Quito, le programme il est le même depuis toujours : se remplir les poches !
Commentaires anonymes
16/04/2009 à 15h42
Bonjour à tous,
La nouvelle majorité se met en place sans empressement et, apparemment surtout sans programme… !!!
Je propose que les prochaines questions soient les suivantes :
« QUEL PROGRAMME DE GOUVERNEMENT MESSIEURS OSCAR TEMARU, GASTON TONG SANG ET JEAN-CHRISTOPHE BOUISSOU VONT-ILS METTRE EN ŒUVRE AVEC CETTE NOUVELLE MAJORITE ??? »
« QUAND CE PROGRAMME SERA-T-IL RENDU PUBLIC ??? »
« A COMPTER DE QUELLE DATE SERA-T-IL APPLICABLE, ET SUR QUELLE DUREE ??? »
Espérons que nous aurons les réponses rapidement...???
Cordiales salutations,
Quito Braun-Ortega