Publié le mardi 22 décembre 2009 à 11H05
ASSEMBLÉE. Faute de quorum, en l'absence de l'opposition, la session extraordinaire qui devrait s'ouvrir hier ne débute que ce matin. Pour Gaston Tong Sang, le temps presse : Il faut impérativement que le budget soit voté avant le 31 décembre. Entretien.
Comme prévu, l'opposition n'est pas venue donc il n'y a pas de quorum et l'ouverture de la séance est reportée à mardi. Même si ce n'est pas une surprise, êtes-vous déçu de perdre une journée pour l'étude du budget ?
“J'aurais cru qu'à un moment donné, au moins une partie de l'opposition ne jouerait pas le jeu de l'opposition systématique et j'ai même appelé certains membres de l'opposition pour leur demander s'ils avaient l'intention ou pas de boycotter cette séance et on voit le résultat. C'est dommage parce que je pensais qu'un sursaut de conscience aurait pu amener certains des élus à être là parce que les travaux de l'assemblée pour le budget sont importants. Mardi, ils vont de toute façon commencer. À l'ordre du jour de cette session extraordinaire ne figure que le budget et il faudra, avec l'accord du président de l'assemblée, se fixer un rythme de travail évitant de voir les séances s'éterniser comme nous avons pu le voir par le passé.”
Antony Géros a déposé deux recours contre la commission des finances et un contre Michel Yip, comment réagissez-vous ?
"Je pense que le Tavini ne croit plus dans le choix des électeurs et fait plutôt confiance aux recours qu'ils déposent pour déstabiliser la majorité. Je reste serein devant ces recours et je crois que le tribunal saura parfaitement qu'ils ont pour seul objectif de retarder les travaux, de déstabiliser le fonctionnement de l'assemblée. Il y a une règle d'or qui existe : dès lors que la majorité décide d'une chose, il faut respecter cette majorité. Nous faisons tout pour respecter les lois et le règlement intérieur de l'assemblée et jusqu'à preuve du contraire, ces lois n'ont pas été violées. Nous pensons être dans notre bon droit mais eux aussi. Attendons la décision des tribunaux, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut qu'on arrête nos travaux à l'assemblée. Au contraire, il faut aller vite, mais sans précipitation, de manière à ce que les débats sur le budget puissent se dérouler dans de bonnes conditions.”
Vous dites qu'il faut aller “vite mais sans précipitation”, mais étudier tout un projet de budget et 63 amendements et le projet de budget de l'assemblée, en une seule journée en commission des finances, n'est-ce pas un peu précipiter les choses ?
“Non pas du tout. 63 amendements, c'est rien du tout. Pour le budget 2008, le budget Flosse, il y avait plus d'une centaine d'amendements, et on ne nous avait pas transmis les amendements la veille. Moi, j'ai pris le soin de transmettre les amendements la veille. D'accord c'est un peu court, mais franchement, c'est pour supprimer les taxes que l'ancien gouvernement voulait instaurer et ce sont les seuls amendements qui méritaient d'être étudiés. Donc, tout tournait autour de cet axe-là, ce qui forcément introduisait des changements de chiffres dans le budget, mais pour tout ce qui est emploi, développement du secteur primaire, pêche agriculture et perle, même le tourisme, nous avons maintenu ces priorités. Je ne pense pas que nous ayons restreint le droit de l'opposition dans l'examen de ce projet de budget ; pour moi, 12 heures, c'est largement suffisant pour débattre. Nous avons répondu à toutes les questions et s'ils étaient restés, nous étions encore là pour répondre. De toute manière, la commission c'est une étape ; la partie la plus importante c'est la séance plénière, donc c'est à partir de cette semaine et ils auront largement le temps de poser les questions qu'ils veulent.”
L'opposition qualifie votre projet de budget “d'insincère”, que répondez-vous à cette critique ?
“S'ils estiment que c'est insincère, ils peuvent déposer un recours, c'est devenu la mode, et il y a des instances qui sont là pour ça. En tout cas, la décision de dire il n'y a pas de taxe, ça c'est politique mais les chiffres qui alimentent le budget, ce n'est pas moi qui les établit, ce sont les services techniques. Sauf à mettre en doute la sincérité de ces personnes… Pour nous, c'est un budget sincère ; ce n'est pas un budget extraordinaire mais on y évite d'augmenter la pression fiscale en diminuant les dépenses, et en même temps, on préserve les secteurs prioritaires comme l'emploi, les aides aux entreprises. C'est un budget en progression par rapport au budget 2009 en investissement, sans pour autant afficher un budget en expansion parce que le recours aux emprunts est limité, donc nous en prévoyons moins que le gouvernement précédent.”
Pensez-vous que le budget sera voté avant Noël ?
"C'est mon souhait et je pense que c'est le souhait de l'ensemble des élus, même de l'opposition. Tout le monde a envie de regagner son foyer et voir sa population, je pense notamment à nos élus des îles."
Et si vous n'arrivez pas à faire adopter votre projet de budget avant le 31 décembre…
“Nous envisagerons à ce moment-là les décisions qu'il convient de prendre. Mais il n'y aura pas de blocage des institutions si c'est ce que certains espèrent. Le Pays pourra fonctionner, avec un budget qui marchera au douzième du budget 2009. Mais à la limite, c'est tant mieux pour nous, parce que budget 2009, il est en augmentation par rapport au budget 2010. Je n'ai pas envie d'entraîner le Pays dans cette situation-là, je souhaite mettre en place dès le départ les mesures de rigueur nécessaires."
Propos recueillis par CV
Caroline Vauchère






