Schyle espère être prévenu

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Publié le mardi 16 février 2010 à 10H15

PERCHOIR. Il pourrait le perdre en avril si la majorité décide de le donner à quelqu’un d’autre. En attendant, Philip Schyle “poursuit sa mission”, et notamment le renforcement des liens avec les assemblées calédonienne et wallisienne. Interview.

Vous partez vendredi pour une mission en Nouvelle-Calédonie, qui vous accompagne ?

“Il y aura un représentant de chaque groupe politique de l'assemblée. L'objectif de cette mission, c'est principalement de signer une convention de partenariat entre le Congrès de Nouvelle- Calédonie, l'assemblée territoriale de Wallis et Futuna et l'assemblée de la Polynésie française.”

Quel est le but de cette convention ?

“Il s’agit de mettre en place un partenariat basé sur des liens d'amitié, mais aussi des liens que je qualifierais de naturels entre ces trois collectivités, puisque nous sommes trois collectivités françaises. Il repose d'abord sur l'idée d'un échange de compétences, de savoir-faire, d'idées sur des thématiques communes, qu'elles soient d'ordre économique, social, démographique… Cette convention repose également sur l'idée de mutualiser nos opinions, de nous fédérer vis-à-vis de décisions et de propositions émanant de l'État. Régulièrement, nos trois assemblées reçoivent des demandes d'avis de la part du gouvernement de la République sur des projets d'ordonnance, ou parfois sur des projets de lois, et jusqu'à aujourd'hui, chaque assemblée donne son avis, il n'y a jamais eu de concertation. L'idée, c'est de pouvoir nous coordonner davantage et en même temps nous fédérer lorsque l'État vient à prendre des décisions qui peuvent être lourdes de conséquences dans la vie économique ou sociale de nos trois collectivités.”

Comme la réforme de l'ITR…

“Si nous nous étions fédérés et coordonnés à l'époque, je pense que la décision finale aurait été différente. Il y a une autre idée sous-jacente à cette convention, c'est que nous puissions nous retrouver chaque année quelques jours alternativement dans l'une ou l'autre des trois collectivités et organiser une sorte de congrès qui puisse regrouper les élus de nos trois assemblées pour confronter et partager nos opinions.”

En octobre 2008, le président Gaston Tong Sang avait souhaité la signature d'une convention de partenariat entre les gouvernements polynésien et calédonien qui, finalement, s'est changée en lettre d'engagement moral à signer ultérieurement. La convention a-t-elle enfin été étudiée par le Congrès ?

“Ce projet de partenariat se heurte à quelques difficultés. Le projet de convention qui avait été proposé à l'initiative de la Polynésie française pouvait avoir des incidences au niveau de l'emploi notamment, ce qui avait suscité de nombreux débats en Nouvelle- Calédonie. Je crois que pour l'instant, cela perdure un petit peu. J'en avais parlé l'année dernière à mon homologue Harold Martin, lequel m'a assuré que le texte faisait toujours partie des dossiers que le Congrès doit examiner, mais que pour l'instant, il ne figure pas à l'ordre du jour des prochaines séances. J'envisage, lorsque je serai à Nouméa, d'essayer de faire avancer ce dossier.”

Le milieu politique est un milieu d’apparences et d’hypocrisies

Qu'en est-il des projets de partenariat avec la Nouvelle-Zélande et le Queensland en Australie ?

“Ce projet en est resté au niveau des rencontres qui se sont tenues en juillet dernier avec le président de l'assemblée législative du Queensland ainsi que le président du Parlement de la Nouvelle-Zélande. On avait convenu d'échanger sur des problématiques communes qui doivent encore être listées. Pour ma part, j'ai souhaité prioriser le partenariat avec les deux autres collectivités françaises. Dans un deuxième temps, j'avais envisagé de travailler davantage sur le partenariat avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande. J'espère que ça se fera.”

Justement, pensez-vous pouvoir mener ce projet à son terme alors que le mois d'avril pourrait voir un nouveau président de l'assemblée au perchoir ?

“Seul l'avenir le dira.”

Le nom de Jean- Christophe Bouissou est de plus en plus évoqué…

“Je dirais que c'est normal. Dès qu'il y a élection du président de l'assemblée, forcément il y a des mouvements, des rencontres, des tractations, des négociations, des noms qui surgissent. Ça fait partie de l'enjeu normal de ce type d'élection.”

Mais pour qu'il y ait élection du président de l'assemblée, il faut que la majorité le demande. Avez-vous évoqué ce sujet au sein de la majorité ?

“La majorité saura le moment venu, suffisamment tôt j'espère, me prévenir de sa décision. Mais pour ma part, je reste très serein et cela ne m'empêchera pas de poursuivre ma mission jusqu'à son terme.”

Il était apparemment prévu dans les accords de formation de la majorité que le perchoir revienne au Tahoeraa. Si jamais c'est Gaston Flosse qui est proposé, vous qui trouviez insupportable l'idée qu'il soit au gouvernement, comment réagirez-vous dans ce cas de figure ?

“Joker. Je m'exprimerai le moment venu.”

Comment la majorité se porte-t-elle ?

“Pour l'instant, elle se porte bien puisque je sais qu'il y a des rencontres qui se font pour préparer des dossiers et notamment la prochaine session extraordinaire. Normalement, est prévu un collectif budgétaire la première semaine de mars.”

N'y a-t-il pas d'animosité malgré votre franchise ? Ce n'est pas un secret que vous avez voté la motion de défiance avec des réticences, sans parler des déclarations que vous avez pu tenir dans la presse ainsi qu’Édouard Fritch…

“En apparence, non.”

Ce qui veut dire que sous la surface…

“Il ne faut pas oublier que le milieu politique est un milieu d'apparences, d'hypocrisies.”

Oscar a-t-il essayé de vous approcher pour la motion de défiance dont il parle depuis le début de l'année ?

“Non, aucun contact, aucun appel du pied de sa part ou de ses plus proches collaborateurs.”

Propos recueillis par CV

Caroline Vauchère
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Commentaires anonymes

16/02/2010 à 15h50

Espérons Que M. Philip Schyle restera Président à l'APF jusqu'à la fin de son mandat et que l'ambitieux BOUYSSOU n'arrivera pas à le faire tomber pour lui "[i]voler[/i]" sa place.
Félicitations à Philip Schyle pour son excellent travail car il oeuvre pour tous !

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