Publié le jeudi 21 janvier 2010 à 12H12
BILAN. Gaston Tong Sang a fait le point sur sa mission à Paris, mais aussi sur sa majorité : tout va bien, évidemment. Enfin… du moins jusqu'au renouvellement du bureau de l'assemblée en avril. Interview.
L’ESSENTIEL
- Gaston Tong Sang doit “bientôt” rencontrer Philip Schyle en “tête à tête”
- Malgré les menaces du dépôt d'une motion de défiance par l'UDSP, il fait confiance à sa majorité
- Le président du Pays se félicite que Nicolas Sarkozy se soit “enfin” décidé à engager le chantier de réforme de la loi électorale
Vous avez tenu un comité de majorité mardi, Gaston Flosse était présent, comment cela s'est-il passé ?
“Très bien. Sur des dossiers comme l'aéroport et la DGDE, il y a eu de bonnes explications. Je pense que nous nous sommes compris tous les deux. Nous sommes d'accords sur les objectifs, à savoir donner une vraie pérennité à la DGDE.”
Avez-vous parlé de la vice-présidence ?
“On verra ça au mois d'avril. Pour l'instant, tout marche bien, on a un gouvernement qui travaille et une majorité qui se mobilise sur des dossiers de fonds.”
Mais Gaston Flosse vous a-t-il fait savoir s'il souhaitait occuper la vice-présidence ?
“La question ne s'est pas posée, chaque chose en son temps. Au mois d'avril, peut-être qu'il y aura une nouvelle redistribution des cartes. Peut-être que la majorité va un peu s'élargir, je ne sais pas du tout. Ne faisons pas des plans sur la comète, attendons.”
Avez-vous abordé cette “redistribution des cartes” avec Philip Schyle ? Il était absent lors du comité de majorité, quels sont vos rapports avec lui ?
“C'est vous qui m'envoyez les propos de Philip Schyle. Je préfère m'adresser directement à Philip Schyle et je pense le rencontrer en tête à tête bientôt. Philip Schyle a aussi sa mairie a géré, d'ailleurs il a signé des conventions avec le vice-président hier pour financer des opérations communales. Donc c'est un homme d'action, c'est un homme de terrain. C'est un maire, il est très pris et il n'y a pas de problème particulier. Thilda Fuller était avec nous au comité de majorité.”
Avez-vous discuté avec le groupe Ia Ora te Fenua pour élargir la majorité ?
“Avec tout le monde. J'ai déjà rencontré Béatrice Vernaudon et j'ai dit que ma porte était ouverte. Il faut qu'ils participent au redressement de notre Pays, c'est dommage qu'ils restent sur le côté.”
L'UDSP parle de plus en plus de déposer une motion de défiance, êtes-vous confiant dans votre majorité ?
“Je fais confiance, c'est mon défaut une fois de plus. On a un objectif très clair, il y a un budget qui a été voté, il faut l'exécuter. S'ils ont d'autres projets… Mais une motion de défiance, il faut quand même la justifier.”
Ne trouvez-vous pas un peu indélicat de la part du Tahoeraa, durant votre absence, de tenir une réunion, de vous expliquer un peu comment faire pour y arriver…
“Mon vice-président a fait des déclarations et j'ai l'impression qu'on a un peu grossi les angles. Mais nous avons eu une explication hier en comité demajorité. Je préfèrem'expliquer avec mes partenaires plutôt que de parler par presse interposée.”
Sa langue a fourché alors quand il a dit que les accords de formation de la majorité prévoyaient la vice-présidence pour Gaston Flosse et le perchoir pour lui-même ?
“Ils prévoyaient que la vice-présidence, en attendant le renouvellement du perchoir au mois d'avril, reviendrait au Tahoeraa, ça, c'est sûr.”
Est-ce que vous sentez Gaston Flosse vraiment animé de la volonté de conforter cette majorité ?
“En tout cas, pas de la déstabiliser.”
Est-ce qu'éventuellement cela vous arrangerait qu'il écope d'une peine d'inéligibilité ?
“Ça, je ne le souhaite à personne. Je n'utilise pas les affaires pour mener ma politique. J'ai été élu, et je n'utilise pas une affaire pour dire, avec cette affaire, je pourrais éliminer mes ennemis.”
Quel va être le positionnement du Pays par rapport au Rocklands ?
“Une plainte a été déposée et à ce titre, j'ai demandé à être entendu par le juge d'instruction à Paris pendant mon séjour. J'ai été entendu parce que je me porte partie civile dans cette affaire et le juge m'a indiqué que l'enquête suivait son cours, ici et en Nouvelle-Zélande.”
Comment réagissez-vous à l'annonce de la modification de la loi électorale faite par Nicolas Sarkozy ?
“J'attendais cette décision plus tôt, lorsqu'en début 2009 j'avais demandé à ce qu'on ouvre le chantier de la loi électorale. Car la loi électorale existante n'a pas permis de donner une majorité large et stable à notre assemblée. Et il n'est pas possible de monter une majorité sans constituer des alliances, certes parfois contre-nature, mais quand même des alliances. Enfin, Paris a compris que pour le renouvellement à terme de notre assemblée, il faut d'ores et déjà préparer une nouvelle loi électorale. Et la majorité a décidé de constituer un groupe de travail pour que nous fassions des propositions à Paris et que ce ne soit plus Paris qui nous impose une loi électorale, mais nous avec les acteurs locaux et pourquoi pas élargir ce groupe à d'autres formations politiques.”
Vous souhaitez que l'élection du président du Pays se fasse au suffrage universel direct, cela veut dire une modification de la Constitution. Est-ce que Paris vous entend là-dessus ?
“Àmon avis, il n'est peut-être pas utile d'aller jusque-là. Il faut simplement imaginer, soit que l'élection du président du Pays se fasse au suffrage direct, soit par un mode d'élection assis également sur une base légitime, qui est le suffrage qui a permis de faire passer sa liste. On peut imaginer ce mode de scrutin, mais il est vrai que si l’on veut donner de la solidité à la stabilité, il faut certainement retoucher l'article 74.”
Est-ce que ce n'est pas l'aveu que les responsables locaux sont incapables seuls d'assurer la stabilité au Pays ?
“Je pense que c'est trop facile de tout mettre sur le dos des élus. Il y en a peut-être certains qui créent l'instabilité dans notre assemblée, cela ne veut pas dire que c'est le cas de tout le monde. Il y a une prise de conscience de plus en plus, il y a eu les états généraux, il y a les critiques incessantes faites à la classe politique. Chaque matin je me réveille et j'entends ça. Cela finit par réveiller les consciences de nos hommes politiques. On doit du respect aux électeurs qui ont élu ces hommes politiques et aussi à ces hommes politiques qui ont parfois un mandat difficile.”
Souhaitez-vous des élections anticipées ?
“Non, pas du tout, il faut aller jusqu'au terme du mandat. Nous avons trois ans peut-être de gestion difficile et, si on se met d'accord sur la loi électorale et sur un calendrier, je pense que l'on peut stabiliser les institutions.”
Propos recueillis par CV
Zoom
Réformer l'administration
C'est le chantier que veut lancer dès la semaine prochaine Gaston Tong Sang. Les mots d'ordre seront la “qualité”, la “performance” et bien sûr la “baisse des coûts”. Explications du président du Pays : “Nous sommes obligés de nous y engager. Ce n'est pas en coupant les crédits de 5-10% à chaque exercice budgétaire que nous allons y arriver. Maintenant, il faut poser clairement les questions. Il faut regarder dans son ensemble les services et les établissements publics. Cette réforme est très attendue par l'organisme de notation Standard & Poors qui m'a posé beaucoup de questions sur ce que nous allions faire”. Pour ce faire, Gaston Tong Sang a obtenu un accord de principe de la part de Matignon pour l'envoi d'une mission pluridisciplinaire en Polynésie française, composée d'inspecteurs généraux des finances, de l'administration et des affaires sociales.
Les nouvelles de Paris
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Réforme de la DGDE
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Loi Morin
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Amortissement de la dette sociale








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
23/01/2010 à 09h22
"On verra en avril "
Vous allez voir que ça va être la faute du POISSON D'AVRIL !
Commentaires anonymes
21/01/2010 à 15h15
Dans les Nouvelles de Paris, vous avez oublié de relater les dossiers ci-dessous :
> Débloquer les projets faisant appel à la défiscalisation
La défiscalisation est un dispositif qui ne doit pas souffrir de la lourdeur administrative. Aussi, des dossiers actuellement en suspens depuis plusieurs mois au niveau de l’administration central seront débloqués, notamment ceux concernant la construction de logements sociaux, le développement numérique via le câble Honotua ou les énergies nouvelles. Nous avons convenu avec l’Etat d’une liste de dossiers prioritaires à débloquer.
> L’avenir de l’aéroport de Tahiti – Faa’a envisagé sur le long terme
Grâce à la signature d’un protocole d’accord stratégique avec l’Etat, le développement de l’aéroport de Tahiti-Faa’a sera envisagé dans le cadre d’une démarche basée sur le long terme, dont les actions phares sont :
-La création d’un comité stratégique Etat / Pays / Commune de Faa’a avec la participation de l’Agence française de développement, coprésidé par le ministre de la République chargé des transports et le Président de la Polynésie française, chargé d’examiner les actions décisives au développement de la plate-forme aéroportuaire, dans une démarche d’efficacité et de cohérence ;
-L’octroi d’une concession de longue durée à un professionnel de la gestion aéroportuaire, avec un contrat qui devrait être conclu, fin mars, avec le groupement Caisse des dépôts et consignations / EGIS. Concession qui prendra en compte les intérêts des salariés de l’actuelle SETIL – Aéroports.
-Cela permettra la stabilité de l’exploitation et la réalisation des investissements importants à entreprendre tels que les travaux de réhabilitation de la piste de l’aéroport de Tahiti Faa’a, tout en s’inscrivant dans une logique de développement de l’aéroport (amélioration de la qualité d’accueil, du service aux usagers, possibilité d’accès aux airbus A380 dans la perspective de liaisons Asie – Amérique via la Polynésie).
> Vers une pérennisation du soutien de l’Etat à notre système éducatif
Notre mission à Paris a été fructueuse dans le domaine de l’éducation sur deux points.
En premier lieu, nous avons signé avec le ministre de l’éducation nationale Luc CHATEL, d’un avenant à la convention du 4 avril 2007 qui dispose des dotations financières allouées par l’Etat au Pays, tant pour le fonctionnement que pour l’investissement. Le montant global de cette convention est de l’ordre de 3,2 milliards de Fcfp, avec 1,2 milliard de Fcfp en investissement et 2 milliards en fonctionnement.
En second lieu, nous avons abordé la mise en place d’un cadre pérenne construit sur la base d’une dotation globale de compensation (DGC) qui doit succéder à la convention d’avril 2007. Il s’agit ici de définir avec l’Etat les besoins financiers du Pays pour les années à venir pour améliorer notre système éducatif, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Cette dotation, une fois définie, sera inscrite dans la loi de finances et transférée au Pays chaque année.
Il s’agit d’une avancée significative qui permettra au Pays d’obtenir de l’Etat un soutien pérenne pour assurer ses besoins financiers en matière d’éducation, ce que ne permet pas la convention actuelle. Pour l’heure, nous avons d’ores et déjà obtenu des ministères de l’éducation et de l’outre-mer, la création prochaine d’une commission d’évaluation des charges qui aura pour mission d’entamer les travaux de mise en place de la DGC