Publié le vendredi 15 janvier 2010 à 10H10
RÉUNION ET CONFÉRENCES. Alors que Gaston Tong Sang termine sa mission à Paris, du côté du fenua, les états-majors politiques s’agitent. Le Tahoeraa se réunit pour faire des “propositions”, Oscar Temaru continue de parler motion de défiance, tandis que Jean-Christophe Bouissou préfère la méfiance.
L’ESSENTIEL
- Les élus et les ministres Tahoeraa se sont réunis pendant 8 heures hier à l’assemblée… pour travailler à des “propositions au redressement du Pays”
- Pas un mot à la sortie, ni sur la réunion, ni sur les propos tenus par Édouard Fritch la veille, ni sur la réforme de la DGDE
- Quant à Oscar Temaru, il garde le cap de la motion, mais sans Ia Ora te Fenua
“On est bien là où on est”. C’est le message délivré par les membres du groupe Ia Ora te Fenua qui ont tenu une conférence de presse hier matin, à l’assemblée également. Le groupe a reprécisé sa position sur l’échiquier politique local : dans “l’opposition constructive”. En somme, Ia Ora te Fenua ne signera pas la motion que veut déposer Oscar Temaru, mais il ne rejoindra pas non plus la nouvelle majorité. Idem pour Béatrice Vernaudon et Armelle Merceron, qui ont opté pour la “vigilance” et le “pragmatisme”. Le fond, pas la forme. À l’heure où les grandes manoeuvres se remettent en marche, l’ancienne ministre de la Solidarité a tenu à revenir sur les amendements déposés par Ia Ora te Fenua lors de l’examen du budget et sur ses inquiétudes concernant la survie des trois régimes de protection sociale. Elle a d’ailleurs mis en garde le gouvernement quant à “sa fausse bonne idée” de solliciter la Cades. “Il ne faut pas déplacer le problème”, a-t-elle prévenu.
La motion quoi qu’il arrive. Malgré le non ferme de Ia Ora te Fenua, Oscar Temaru garde le cap de la motion. “Elle sera déposée en temps voulu. Nous attendons le réquisitoire du procureur, qui va être accablant et cinglant pour ceux qui sont à la tête de ce Pays, pour déposer notre motion. On le fera.” Et, “suivront ceux qui suivront”. Le président du Tavini attend que le procureur José Thorel ait rédigé son réquisitoire dans le cadre de l’affaire de l’atoll de Anuanuraro pour pouvoir faire du vote de la motion une sorte de plébiscite, pour ou contre la justice. Et il n’y aura pas de demi-mesure, il y aura ceux qui sont avec lui, du bon côté, et les autres. Le retour de Gaston Tong Sang s’annonce donc très prometteur, du moins en termes d’agitations, avec un premier rendez-vous à l’assemblée lors de l’ouverture de la session extraordinaire, jeudi prochain. D’ici là…
CV
COMMUNIQUÉ. Le Tahoeraa force de propositions
“Le vice-président du gouvernement, les ministres et les élus Tahoeraa Huiraatira et du Ai'a Api se sont retrouvés ce matin (hier, ndlr) à l'assemblée à l'invitation du président Gaston Flosse pour faire un premier point de situation depuis la formation de la nouvelle majorité. Face au constat de la situation politique, économique et sociale au terme de l'année 2009, les responsables du Tahoeraa Huiraatira et du Ai'a Api souhaitent apporter leur contribution et leurs propositions pour le redressement du Pays. Dans ce cadre, les débats ont exclusivement tourné autour des sujets qui préoccupent en premier lieu les Polynésiens, et principalement autour des propositions sur la relance économique, la relance de l'emploi, le rattrapage social et la préservation de la protection sociale généralisée. Si les Polynésiens ont entendu beaucoup parler de relance au cours de l'année 2009, il faut bien se rendre à l'évidence qu'elle n'a pas été au rendez-vous des politiques suivies par le précédent gouvernement. Il en va de même en termes d'emploi puisque les nouvelles mesures qui ont été prises l'année dernière n'ont pas empêché la disparition de plus de 3 000 emplois. Par ailleurs, la dégradation économique a entraîné une aggravation de la précarité sociale, de nombreuses familles étant aujourd'hui poussées à la rue en raison des licenciements. Le constat traduit une inadaptation des politiques menées et des dispositifs actuels. Les élus et ministres du Tahoeraa Huiraatira, qui ont notamment la charge des secteurs concernés, proposeront donc une nouvelle approche, tant en termes de relance économique qu'en matière d'emploi ou de rattrapage social. Les propositions formulées seront soumises, dans un total esprit de concertation et de recherche du consensus, aux autres membres de la majorité et au président de la Polynésie française dès les premières réunions du comité de majorité Le Tahoeraa Huiraatira entend s'inscrire en véritable force de proposition afin que le gouvernement de Gaston Tong Sang réussisse à relever le Pays tout en s'inscrivant dans des perspectives de développement à long terme, ainsi que de pérennité et de renforcement de la majorité actuelle. Le Tahoeraa Huiraatira se réunira également prochainement en séminaire, avec tous ses cadres, afin de faire part de ses propositions et évoquer le débat de la réforme du mode électoral.”
Fritch au perchoir
Le petit parcours du combattant
Pour pouvoir se porter candidat à l'élection du président de l'assemblée de la Polynésie française à l'occasion du renouvellement du bureau de l'assemblée (prévu le 8 avril), il faut d'abord que la majorité des représentants le demande. Donc Édouard Fritch a intérêt à se mettre d'accord avec ses partenaires, et rapidement, car la seconde condition est d'être représentant. Et pour cela, il faut qu'Édouard Fritch démissionne de la vice-présidence avant la fin du mois, afin de redevenir représentant en avril. Selon l'article 78 du statut : “Lorsqu’un membre de l’assemblée qui, après avoir renoncé à son mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française par suite de son élection en qualité de président de la Polynésie française ou par suite de sa désignation en qualité de vice-président du gouvernement ou de ministre, quitte ses fonctions au sein du gouvernement de la Polynésie française, il retrouve, à compter du premier jour du troisième mois qui suit la fin desdites fonctions, son mandat à l’assemblée de la Polynésie française au lieu et place du dernier représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui avait été élu sur la même liste et appelé à siéger à sa suite”.
Caroline Vauchère







