Pas de quorum sans l’opposition

Publié le jeudi 03 décembre 2009 à 15H15

ASSEMBLÉE. C’est encore une situation épique qui va se dérouler aujourd’hui dans l’hémicycle. La majorité sera largement minoritaire, avec une motion qui lui plane au-dessus de la tête. Il ne peut donc y avoir de quorum sans l’opposition. (Le quorum a été atteint ce matin et la séance se déroule actuellement)

L’ESSENTIEL

  • Tous les membres du gouvernement ont opté pour leur ministère, sauf Édouard Fritch qui attend que sa suivante de liste Madeleine Brémond soit disponible
  • Avec l’absence de nombreux îliens et la détention de Gaston Flosse, la majorité sera loin d’atteindre le quorum
  • L’opposition a annoncé qu’elle participera pour permettre à la séance de se tenir
  • La motion de défiance n’est pas oubliée, mais reste pour l’instant dans les tiroirs

L’ascenseur est finalement monté entre les sièges de l’hémicycle et ceux des ministres, et même du président et du vice-président du gouvernement. Hier soir, seul Édouard Fritch n’avait pas opté pour son ministère. L’assemblée n’avait pas reçu les options de Gaston Tong Sang et Temauri Foster, envoyées au haut-commissariat hier, mais comme l’a confirmé le président du Pays, ils assisteront à la séance en tant que membres du gouvernement. Il semble que la confiance dans leurs suivants de liste était ténue et reste à fiabiliser. Peut-être une motivation pour Édouard Fritch à prendre le temps d’opter pour la vice-présidence. Mais la motion de défiance, même si elle reste pour l’instant dans les tiroirs, demeure dans les esprits de bien des membres de l’UPLD qui ont continué les rencontres hier. Dans la même proportion que la fragile majorité, ladite opposition n’a pas assez d’élus fiables pour tenir une nouvelle majorité... évidemment, ce seraient toujours les mêmes élus girouettes qui permettraient de boucler une petite majorité.

Tous les chefs de partis semblent opter pour une révision de la loi électorale pour mettre fin à cette instabilité chronique et croissante. Encore faut-il qu’ils s’entendent sur la forme. Certains tiennent particulièrement à une circonscription unique à l’image des régions métropolitaines, comme Jacqui Drollet par exemple, d’autres insistent sur l’élection du président au suffrage direct, comme Gaston Tong Sang... Avant de réussir à persuader Paris, comme Marie-Luce Penchard l’a rappelé, ce n’est pas vraiment dans les priorités de Paris qui renvoie les hommes politiques polynésiens à leurs responsabilités. Alors pour se faire entendre, ils ont intérêt à accorder leurs violons. Tous semblent y être enclins... mais en préparant des motions de défiance en même temps, difficile de se révéler crédible !

Aujourd’hui, avec de nombreux élus des îles absents, Philip Schyle à Paris, Gaston Flosse en détention... la majorité risque de péniblement dépasser les 20 élus. Elle sera donc loin d’atteindre le quorum pour que la séance se tienne. Mais ayant demandé son report, l’absence de quorum l’arrangerait plutôt, même si la séance ne serait alors retardée que d’une journée. L’opposition a donc beau jeu à arriver en force. D’abord parce qu’elle pourra ainsi démontrer à la majorité qu’elle arrive à rassembler plus d’élus qu’elle. Ensuite parce que les dossiers à l’ordre du jour datent du gouvernement Temaru précédent... C’est tout à son honneur de donner l’image d’une continuité. Justement à l’ordre du jour, le renouvellement de plusieurs commissions est au programme. Et là, l’UPLD peut, si elle a davantage d’élus dans l’hémicycle, jouer de tout son poids pour le choix des membres des commissions. Les élus vont en effet devoir non seulement élire lesmembres des commissions qui ont rejoint le gouvernement, mais aussi ceux qui ont quitté l’hémicycle, remplacés par les membres de l’ancien gouvernement. Sauf qu’Édouard Fritch a annoncé qu’il siégerait en tant que représentant aujourd’hui. Il faudra donc recommencer pour les postes qu’il occupe quand il aura rejoint le gouvernement, comme celui de président de la commission de la communication.

L’incarcération de Gaston Flosse hier, outre le manque de fiabilité des 28 autres élus et l’absence de Philip Schyle, représente une épine de plus dans le pied de la majorité. En détention provisoire, le représentant Gaston Flosse ne peut en effet pas permettre à la majorité d’atteindre le quorum. S’il peut voter une loi du Pays par procuration, il ne peut par contre participer à aucune motion de défiance. L’examen du budget s’en révélera d’autant plus difficile. La séance d’aujourd’hui en sera une petite mise en bouche. Antony Géros a déjà annoncé qu’il allait “donner de la voix”. Parmi les questions orales, les élus UPLD vont évoquer le coût du renversement d’un gouvernement... L’ordre du jour ne sera donc à nouveau qu’un prétexte pour que les groupes s’entre-déchirent. On peine à imaginer qu’ils parviennent à tomber d’accord sur une réforme statutaire.

LD

  • Plus d'informations sur ce sujet et les interviews de Gaston Tong Sang, Edouard Fritch, Teva Rohfritsch et Ronald Tumahai dans Les Nouvelles de ce jeudi 3 décembre 2009

Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti