Publié le vendredi 11 décembre 2009 à 09H46
ASSEMBLÉE. Sans surprise, le quorum n'a pas été atteint hier. La séance a donc été reportée à aujourd'hui, toujours avec à l'ordre du jour la “désignation des représentants au sein de la commission des finances de l'assemblée de la Polynésie française”. Une commission “clé” pour le nouveau gouvernement et son budget.
L’ESSENTIEL
- En l’absence de quorum hier, la 10e séance de la session budgétaire débute aujourd’hui
- Principal enjeu pour la majorité, récupérer la commission des finances afin de pouvoir amender en toute sérénité le projet de budget d’Oscar Temaru
- Pour cela, il faut 29 voix. La majorité va se “compter” aujourd’hui
Autre sujet abordé hier durant cette non-séance, le cas Fritch. Le représentant Tahoeraa n'a toujours pas opté pour la vice-présidence ce qui fait s'interroger les représentants de l'opposition. “Y a-t-il un problème avec Madeleine Brémond ?”, questionnait hier Jean-Christophe Bouissou. Et ce n'est qu'au bout de deux heures que Hiro Tefaarere, qui officiait au perchoir, a constaté l'absence de quorum et repoussé l'ouverture de la séance à aujourd'hui. Pour en revenir au cas Fritch, ce n'est pas la première fois qu'un membre du gouvernement met un certain temps à opter, mais la question c'est pourquoi. Madeleine Brémond, la suivante de liste Tahoeraa qui doit le remplacer à l'assemblée, est actuellement retenue en France auprès de son époux souffrant. Voilà l'excuse invoquée par le parti orange. Gaston Flosse est retenu en prison, mais cela ne pose pas de problème, il lui suffit de donner sa procuration, ce qui fonctionne aussi en commission. Alors quelle est la véritable raison de cette hésitation ? Peut-être qu’Édouard Fritch n'a pas encore vraiment décidé s'il préférait être viceprésident du Pays ou... président de l'assemblée. Il en avait été question lors des négociations autour de la motion de défiance. Mais pour pouvoir être élu président de l'assemblée, il faut être représentant. La prochaine fenêtre pour obtenir le perchoir sera début avril, et quand on démissionne du gouvernement, il faut trois mois pour redescendre à l'assemblée… Il serait idiot d'opter pour le gouvernement et démissionner aussitôt dans l'optique d'obtenir la présidence de l'assemblée. Mais peut-être qu’Édouard Fritch prend vraiment son temps.
Assemblée et présentation du budget aujourd'hui. Les représentants se retrouvent aujourd'hui pour renouveler la composition de la commission des finances. Il s'agit en fait de récupérer la commission des finances pour la micro-majorité du gouvernement GTS 3. D'autant que Gaston Tong Sang a finalement décidé d’amender le budget Temaru 5 plutôt que d’en produire un de son cru –une contradiction que n'a pasmanqué de soulever Ia Ora te Fenua (lire communiqué ci-dessous)– et du coup, il devient important de récupérer la commission des finances, en charge justement de traiter ces amendements. Le hic, c’est que la majorité est minoritaire au sein de ladite commission. Pour reprendre la majorité, les rouges orangés vont avoir besoin de Philip Schyle au perchoir afin qu’il donne son interprétation de l’article 58 du règlement intérieur de l’assemblée. Un article 58 qui stipule que “l’assemblée fixe elle-même, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, la composition de chaque commission en respectant autant que possible la représentation politique de l’assemblée”. Si les membres de l'assemblée n'arrivent pas à se mettre d'accord, Philip Schyle procédera à un vote de liste. Celle qui obtiendra la majorité absolue sera adoptée, sinon, ce sera retour à la case départ. Il faut donc que la majorité soit impérativement une vraie majorité aujourd’hui. D'autant que dans la foulée, Gaston Tong Sang doit présenter son projet de budget à 14 heures à la présidence, ou plutôt celui d'Oscar Temaru, mais amendé.
CV
RÉACTION OSCAR TEMARU, représentant UDSP
“L’erreur est humaine”
Vous vous êtes longuement exprimé sur les affaires lors de cette séance…
“La politique a toujours été pour moi une science morale et sociale. Le respect de l’éthique est primordial. Or, quand on voit toutes ces affaires qui sortent dans les journaux, que ce soit ici ou ailleurs… Vous savez, cela n’a pas été facile, il a fallu se battre pendant des années et des années, il a fallu le Taui de 2004 pour faire venir les spécialistes des finances de France et ils me l’ont dit quand ils sont venus me voir : ‘vous n’auriez pas gagné ces élections, toutes ces affaires seraient dans la poubelle’. Je viens d’avoir ce document et je remercie la personne qui m’a fait parvenir ce document qui vient du Conseil d’État. Je viens de le lire et je l’ai fait pour informer les 57 élus de cette enceinte. Qu’ils ne disent pas plus tard devant leur jeunesse, devant leur histoire, devant leur Pays, devant leur miroir tous les matins qu’on n’était pas au courant de tout ça.”
Vous accusez notamment Gaston Tong Sang et Édouard Fritch d’avoir renversé votre gouvernement dans le but de s’enrichir et de se protéger de la justice…
“La loi organique de 2007, dans son article 362, prévoit que les erreurs commises ne sont pas détachables de la fonction de président ou de ministre. Ça veut dire quoi ? Cela veut dire essayer de tout faire une fois encore pour faire supporter tout ça par les fonds publics, par notre argent à nous tous. Voilà la stratégie qui a été mise en place, c’est pas beau.”
Vous avez accepté au sein de l’UDSP Hiro Tefaarere, Clarenntz Vernaudon et Fernand Roomataaroa. Les deux premiers ont voté la motion de défiance qui vous a renversé…
“J’ai formé un gouvernement de large ouverture. Il y avait du Tahoeraa, il y avait du To Tatou Ai’a, il y avait tout le monde.”
Mais là, il s’agit de personnes qui ont participé à votre renversement…
“Ce n’est pas un problème, l’erreur est humaine.”
COMMUNIQUÉ IA ORA TE FENUA
“GTS plébiscite le budget Temaru”
“À l’issue du conseil des ministres, Édouard Fritch déclarait que finalement il n’y aurait pas de budget Tong Sang et que le budget Temaru serait conservé mais amendé. Or, toute la soidisant légitimité de leur motion de défiance adoptée il y a trois semaines reposait sur le fait que le budget Temaru devait partir à la poubelle et que M. Tong Sang, en grand sauveur, allait proposer à la Polynésie son propre budget 2010 “miracle”. (…) Il était pourtant prévu le 20 novembre dernier une commission des finances pour étudier ce fameux budget Temaru, auquel le gouvernement de l’époque s’était engagé à présenter des amendements, commission au cours de laquelle les représentants du To Tatou Ai’a et du Tahoeraa auraient pu présenter eux aussi des amendements. Pourquoi Gaston Tong Sang n’a-t-il pas souhaité apporter à ce moment-là sa contribution par des amendements ? (…) Nous avons aujourd’hui encore la démonstration que la seule chose qui intéressait le To Tatou Ai’a et le Tahoeraa, c’est la récupération du pouvoir uniquement pour des intérêts personnels, en se moquant délibérément des attentes de la population et de la grave situation dans laquelle le pays est plongé.”
COMMUNIQUÉ TAHOERAA
“Le poids de l’aigreur”
“Le Tahoeraa Huiraatira a écouté les interventions des élus de l’UPLD à l’assemblée, et notamment celle d’Oscar Temaru. Le président du Tavini a fait état d’un arrêt de la Cour de cassation, datant de 2006, qu’il ressort à chaque fois que son gouvernement est renversé. Rien de nouveau sous son crâne. Comme à son habitude, M. Temaru veut jouer les chevaliers blancs, mais il bafoue toujours les principes républicains de la présomption d’innocence et travesti la vérité. (…) Il y a quelque temps, le président du Tavini gouvernait sans aucun problème avec ceux qu’il fustige aujourd’hui. Il leur a couru après pour éviter la dernière motion de défiance. M. Temaru n’a aucune leçon de morale à donner quand on connaît la qualité et le passé judiciaire de certaines nouvelles recrues du groupe UDSP. Quand il s’agit de tenter des coups de force, le président du Tavini n’a aucun scrupule. Hélas pour M. Temaru, la présidence de la Polynésie française n’est pas celle du Tavini. Elle n’est pas à vie. Pour la conquérir, il faut une majorité qu’il n’arrive pas à constituer malgré ses manoeuvres, ses promesses ministérielles et sa volonté de déstabiliser le gouvernement en place.”






