Où est passé l'argent des sinistrés ?

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Publié le vendredi 12 février 2010 à 08H54

CAVC. Le procédé n’est pas nouveau. Sauf que cette fois, il tombe très mal. Chaque gouvernement a utilisé à son tour le Compte d’aide aux victimes de calamité (CAVC) comme une caisse tampon à renflouer ou pomper en fonction de l’état des recettes du budget du Pays. Et l’an dernier, pour boucler le budget 2009, le CAVC s’est fait “pomper” 1,2 milliard de Fcfp sous l’ère Temaru, il n’a pas été réalimenté par la majorité Tong Sang sur le budget 2010 et se retrouve donc aujourd’hui réduit à sa plus simple expression : 300 millions. Un budget 2009 que le conseil des ministres a, comble de l’ironie, constaté à quelques heures seulement du passage d’Oli mercredi dernier sur la Polynésie...

L’ESSENTIEL

  • Le 18 septembre dernier, Oscar Temaru prenait un arrêté approuvant le versement de 1,2 milliard de Fcfp du CAVC au profit d'un budget général du Pays que le gouvernement devait équilibrer
  • 1,2 milliard de Fcfp, c'est presque la moitié du financement pour reconstruire les habitations détruites par le cyclone
  • Les comptes spéciaux peuvent servir parfois à des réaffectations au budget général, sauf que la constatation en conseil des ministres concernant le CAVC s'est faite quelques heures avant qu’Oli ne s'abatte sur les Australes
Mais où sont passés les fonds du CAVC destinés aux victimes de catastrophes naturelles ? Même le maître toutes catégories des déplacements post-sinistre, président forever, se l'est demandé, mercredi à Tubuai. Créé en 1992, le CAVC se veut le spécialiste de la reconstruction. Sa mission première étant le financement de la réparation des dégâts “causés par les calamités naturelles aux biens privés comme aux infrastructures publiques” (délibération N° 92- 94 AT). Il est financé essentiellement par la taxe spéciale spécifique de consommation qui s'applique aux hydrocarbures, boissons alcoolisées et tabacs. Et les projecteurs médiatiques se sont braqués mercredi sur ce compte d'aide qui “dormait” au fond des oubliettes budgétaires, rangé au chapitre des comptes spéciaux entre le Fonds de péréquation des prix des hydrocarbures et le Fonds pour l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés.

Après avoir été remis sur le devant de la scène suite au passage d’Oli dans la nuit de mercredi dernier, Gaston Tong Sang le présentait comme un moyen de contribuer à la reconstruction de l'habitat. Montant : aux environs de 300 millions de Fcfp disponibles, selon le président du Pays. Comment expliquer alors qu'un fonds, au budget qui tourne autour du milliard et demi (1,4 milliard pour 2010), en soit réduit à quelques centaines de millions aujourd'hui ? “Par une manip’ budgétaire”, a commenté un spécialiste des finances du Pays. Vous vous souvenez en 2009, les milliards qui manquaient pour équilibrer le budget général ? Le compte d'aide aux victimes de calamités a semble-t-il servi de rustine budgétaire. Grosso modo, on réaffecte les excédants de ce fonds (arrêté PR n° 2131 du 18 septembre 2009) pour combler les manques financiers du budget du Pays issus d'une crise économique aggravée par l'instabilité politique chronique. À la présidence hier, on a fait savoir qu’interpréter cela comme une ponction “était une erreur d'interprétation”. On a ajouté également qu'“une partie de ces réserves provenant des années sans calamité pourra être utilisée pour faire face aux dégâts occasionnés par Oli. Cemontant est arrêté à 1,2milliard de Fcfp” et qu'il est prévu que 3 milliards de Fcfp soient demandés à Paris pour le CAVC.

Toutefois, cette “manip’ budgétaire” consistant à alimenter le budget général ne date pas d'aujourd'hui. “On ne peut pas considérer que ça soit complètement anormal”, fait encore observer un fin connaisseur des pratiques budgétaires, admettant au passage que “si une partie de ce fonds n'avait pas été remis au pot du budget général, il aurait été disponible”, et de reconnaître que “le timing n'est pas génial”. Disponible pour financer les dégâts d'Oli par exemple…Car ironie de l'histoire, lors de la présentation de l'exécution du budget au 31 décembre 2009 au cours du conseil des ministres du 3 février –soit quelques heures avant qu’Oli ne s'abatte sur les Australes–, il était notamment question de l'augmentation des recettes non-fiscales du budget général du Pays pour laquelle a contribué le CAVC, à hauteur de 1,207 milliard de Fcfp. Presque la moitié des besoins en reconstruction de l'habitat dont les dégâts ont été estimés à 3 milliards de Fcfp. Au budget, on explique que cette décision a été prise bien avant que l'on parle de cyclones et l'excédent du compte “peut être utilisé pour faire autre chose dès lors qu'il n'y a pas de calamités naturelles qui seraient soit prévisibles soit pendantes”. Reste donc à se tourner vers Paris, ce que fera le président du Pays, armé d'un bilan très détaillé des dégâts, qui décolle ce soir pour la capitale.

PL

Patrice Lafforgue
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Commentaires anonymes

15/02/2010 à 20h10

"Mais où sont passés les fonds du CAVC destinés aux victimes de catastrophes naturelles ?"
Il a fallu attendre que Flosse (à Paris pendant Oli) revienne de Paris, que Flosse dépose ses valises et refasse ses valises, que Flosse reparte à Tubuai, que Flosse arrive sur le terrain, que Flosse ouvre la bouche. Pour se rappeler qu'il avait en 1992 mis en place ce compte et alimenté année après année pour être prêt "quand la bise fut venue".
CA S'APPELLE PREVOIR ET PRENDRE LES MOYENS.
Et ça, C'EST GASTON FLOSSE que cela vous plaise ou non.
Mafieux hier et pas mafieux aujourd'hui, juste "pas très intelligent" et lalala. En tous les cas, Président Forever vient encore de vous en boucher une, A TOUS, à ce que je vois. Et s'il était encore notre président, nous sommes certains que cet argent RESERVE à nos sinistrés serait en caisse. Mais voilà, OSCAR QUI CRIE JUSTEMENT AUJOURD'HUI AU VOLEUR L'A DETOURNE. Quelle ironie alors!
Passons aux gens vraiment sérieux, le Haut-Commissaire et Thorel ma, intelligents, prévoyants, irréprochables et lalala, ils n'auraient pas un petit CACV caché en sommeil pour les assistés-sinistrés du système Flosse? Il ne peut pas décréter que nous sommes zone sinistrée comme en France et indemniser les victimes comme en France. Sans jouer les marchands de tapis, encore une fois.

Commentaires anonymes

15/02/2010 à 08h30

Question : Ou est passé l'argent des sinistrés ?
Réponse : Dans la poche des élus.

Franchement, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures.

13/02/2010 à 07h30

Depuis que la planète Terre existe, elle n’a pas cessé de se modifier à travers les calamités naturelle impossible à l’être humain de maîtriser. Mais il y a pire que les calamités naturelles qui traversent le monde, ce sont les calamités de la destruction et de la bêtise humaine qui pourraient être contournées, maîtrisées ou faire cesser.

Prévoir une caisse CAVC, est une bonne chose, la laisser dormir, la remplir et la garder en est bien meilleure « quand la bise fut venue »…. Elle est source de sécurité, de consolation et d’aisance pour les coups durs et les démunis. Ma « prof » de couture me disait que « faire et défaire » c’est toujours travaillé. Au travail, chacun ses outils, rendons notre condition de vie belle et la plus agréable possible. C’est le tourisme qui amènera des ressources (emplois, commerces, activités) sans limite. Chercher où est passé l'argent ne mène à rien. Il est parti comme une fusée, il est passé par ici, il est passé par là-bas. Si c'est pour des urgences dans la fin du budget 2009... mais il ne faudrait pas abuser,ce n'est quand même pas juste.

13/02/2010 à 03h17

Allons-nous continuer à voter pour ces mêmes qui ont depuis des décennies dilapidé les fonds de la collectivité pour boucler les déficits qu'eux même auraient créés par une gestion incompétente de l'argent des contibuables, alors qu'ils se gavent grassement aux dépens de ces sans abris ?
Comment l'Etat pourrait-il continuer à collaborer avec des incapables pareils à la direction du fenua, pour assurer une autre stabilité qui aura le meme sort, instabilité à répétition.
Il y a un phénomène politique que les Autorités de l'Etat ignorent, qu'en politique à la sauce locale, notamment avec cette autonomie élargie, tout est possible, tous les jeux et tous les coups sont possibles et sont permis à condition d'en connaître les règles du jeu pour descendre son adversaire et reprendre les rennes du pouvoir.
Espérons que cette réforme engagée par le Président serait la bonne, sinon, catastrophe à tous les niveaux, échec et mat!
Faaitoito et bon weekend!

Commentaires anonymes

12/02/2010 à 23h31

Le problème, c'est que Temaru avait réaffecté une partie du fond du CAVC mais ayant "sauté" entre temps, le Tong Sang ne l'a pas réapprovisionné ! Ce qui fait dire que GTS était tout à fait d'accord avec OMT... CQFD !

a moins que ça ne soit un oubli de sa part, alors-là, ça craint !

Commentaires anonymes

12/02/2010 à 15h05

Non content de ne jamais avoir cherché à réconforter les Polynésiens touchés par le cyclone, au premier rang desquels figurent les plus démunis, temaru a piqué l'argent prévu pour la reconstruction .... il se fout du peuple.

Légal

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