Oscar Temaru, l’équilibriste

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Publié le samedi 18 avril 2009 à 10H53

GOUVERNEMENT. “La politique est une science difficile”, dixit Oscar Temaru. Tout y est dit ou presque. Le nouveau gouvernement présenté hier arrive au terme d’intenses tractations où le président Temaru a dû prendre en compte les voix discordantes d’une UPLD que le Vieux Lion tente désormais de séduire.

L’ESSENTIEL

  • Le nouveau gouvernement est composé de 15 ministres : six UPLD, cinq To Tatou Ai’a, deux Ia Ora te Fenua et deux Tahoeraa ; Antony Géros gardant la vice-présidence
  • Deux questions demeurent en suspens : que feront les deux ministres orange si le Tahoeraa leur demande de démissionner ? Combien de voix discordantes y at- il à l’UPLD vis-à-vis du rapprochement entre Oscar Temaru et Gaston Tong Sang ?

Le gouvernement Temaru 4 est mort, vive le Temaru 5 ou le Temaru 4-1, c’est selon… Selon qu’on pense qu’il s’agit d’un renouveau ; selon qu’on pense qu’au fond ce fut un jeu de chaises musicales. Une chose est sûre, plus l’approche de l’annonce de ce nouveau gouvernement avançait, plus les dissensions ont émergé, celles de l’UPLD en tête. Oscar Temaru a dû, jusqu’à la dernière minute, maintenir la stabilité de son mouvement politique, prendre en compte les intérêts politiques à l’échelon local, juger les concessions de chaque partenaire et évaluer les conséquences des vraisfaux chantages. La fronde des mécontents UPLD de cette nouvelle alliance n’a pas manqué de faire valoir ses “droits” à être entendue par le président du Pays quant à leurs prétentions. Sinon ? Sinon c’est la possibilité de se laisser porter par les chants de guerre d’un Tahoeraa qui a senti le bon coup. Le coup d’appuyer là où ça fait mal, le coup d’insister sur la trahison de l’accord du 7/7/7, le coup de récupérer les déçus d’une UPLD qui ne digère toujours pas ce changement de Gaston.

Et les tractations visant à organiser les voix dissidentes ont pris forme. Pas plus tard que mercredi soir à la permanence du Tahoeraa, le Vieux Lion a distillé la “bonne parole” aux déçus, histoire de compatir, car pour président- forever, “c’est pas encore fini”. L’accouchement de ce gouvernement n’a donc pas échappé à la règle qui veut qu’en Polynésie, on assiste très souvent à une césarienne sans péridurale. Jusqu’au dernier moment, deux ou trois noms étaient dans la balance. Prévue à 11 h 30, la présentation de la nouvelle équipe gouvernementale a tardé pour apparaître enfin avec une bonne demi-heure de retard. Il se dit que notamment Georges Handerson aurait fait des pieds et des mains pour son maroquin : l’environnement. Après tout, avant d’être UPLD, il est Here Ai’a, et son ralliement en 2008 (son sacrifice ?) vaut peut-être bien la reconnaissance ministérielle. Avec la menace, certes, non dite mais bien réelle, ou du moins réalisable, de la formation d’un groupe à l’assemblée avec tous les déçus qu’Oscar Temaru tente de calmer.

Mais garder Handerson signifiait un ministère de plus pour l’UPLD et un de moins pour… le Tahoeraa. Au final, puisqu’en la matière l’effet domino est la règle, c’est peut-être Jacques Raynal, largement pressenti pour le portefeuille de la Santé, qui en a fait les frais. Un domaine de la santé étrangement attribué par ailleurs au To Tatou Ai’a, Nicolas Bertholon, qui, la veille de l’annonce, ne savait pas qu’il allait faire partie de cette “team” dont l’appellation “dream” devra se gagner à la sueur du front. Un vaste domaine pour ce douanier de formation, qui devra se préparer au périlleux déménagement du nouvel hôpital, dont les coûts de fonctionnement sont très loin de coïncider avec ceux de l’actuel établissement à Mamao.

Exit la société civile au profit de nominations à haute teneur politique

Les rouges se voient également confier l’Équipement, à Tearii Alpha, un proche de Gaston Tong Sang, l’Artisanat revient au Marquisien Joseph Kaiha et le Développement des archipels à la mairesse de Uturoa, Sylviane Terooatea. Cette dernière a été préférée à une autre mairesse, celle de Taha’a, Emma Maraea, qui lors des dernières municipales, a raflé la mairie de Taha’a à l’UPLD Ismaël Tuahu, un mécontent potentiel. Et enfin, les Transports aériens et maritimes ont été confiés à un membre du “clan” Teina Maraeura, Moehau Teriitahi.

Chez les poids lourds bleus, on ne bouge pas les Géros, Drollet, Salmon, Frébault, Raapoto et Nena, qui gardent leurs attributions. Idem pour Ia Ora te Fenua qui garde la Solidarité pour Armelle Merceron et l’Économie et les Finances pour Georges Puchon. Mais l’enjeu de ce gouvernement, c’était la place du Tahoeraa, la place d’un parti dont le chef de file a désormais un contentieux avec Oscar Temaru. Après deux avis contraires (celui du grand conseil qui prônait la démission des ministres et celui du bureau exécutif de lundi dernier qui s’est borné à ne donner aucune consigne, laissant Oscar se dépatouiller avec les cinq ministres orange) le parti au fei se retrouve au final avec deux ministères. C’est ainsi qu’on retrouve Teva Rohfritsch aux Ressources de la mer, celui là-même qui a osé défier l’interprétation du Vieux Lion sur le résultat de la tournée parisienne d’Oscar Temaru. Figure également le fidèle des fidèles, le maire de Rurutu, Frédéric Riveta, qui garde l’Agriculture.

Au final, exit la société civile (Éric Pommier et Jacques Raynal) au profit de nominations à haute teneur politique. Un gouvernement “politisé” pour tenter de calmer les grondements faisant surface, opposés à ce rapprochement avec Tong Sang, et apparus au grand jour le jeudi 9 avril à l’assemblée par les voix notamment de Tamara Bopp-Dupont et de la présidente du groupe UPLD “herself”, Chantal Tahiata. Reste à connaître la valeur de ces voix discordantes –et surtout leurs nombres– d’une UPLD qui pourrait éventuellement perdre son titre de groupe le plus important de l’hémicycle si la dissidence prenait forme.

PL

Réactions

Oscar Temaru, président du Pays

“Gaston Flosse a fait son parcours”

Comment s’est passée la composition de ce gouvernement ? Car ça a pris beaucoup de temps…

“Très difficile… Très difficile parce que les hommes sont ce qu’ils sont. Il faut rencontrer tel leader de tel mouvement politique et ça dure deux à trois heures, alors vu le nombre de leaders de mouvements politiques, vous pouvez multiplier ça par quatre ou cinq. Et c’est ce qui a fait que ça a été long et je ne voulais pas non plus qu’on se précipite pour ensuite revenir plus tard. Mais je pense qu’aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui sera stable et que ça ira jusqu’au terme de cette mandature.”

Deux ministres Tahoeraa, c’est un message à la population ou un message au parti orange ?

“Bien sûr, tout ce qui s’est passé est regrettable et j’aurais voulu garder ces cinq ministres. Il ont tous bien travaillé mais avec un gouvernement élargi, il a fallu faire de la place et donc je veux remercier Teva Rohfritsch et Frédéric Riveta d’avoir accepté de rester au gouvernement et de travailler. Je pense que nous tous, nous avons mis en avant d’abord l’intérêt général de nos populations.”

Que voulez-vous dire aujourd’hui à Gaston Flosse ?

“Je pense qu’il n’est pas né d’hier… Il sait ce que c’est la politique et il a fait son parcours que nous connaissons tous… Je lance un appel à tout le monde, travailler ensemble pour le bien de nos populations.”

On parle de certaines tensions au sein de l’UPLD qui digère mal ce changement de majorité, on voit que Georges Handerson a été choisi comme ministre alors qu’il n’était pas prévu. Est-ce une manière de garder la stabilité au sein de votre propre mouvement ?

“Je pense plutôt que les médias ont beaucoup spéculé… J’ai lu les journaux, les commentaires alors que rien n’était joué. Aujourd’hui, vous avez bien vu ce qui s’est passé. Donc, ce sont des rumeurs. À l’UPLD, nous sommes habitués aux problèmes que nous connaissons tous et vraiment je gère l’UPLD peut-être d’une façon trop démocratique. Tout le monde s’exprime… c’est comme ça, c’est la démocratie.”

Est-ce que ce gouvernement à quatre va être plus stable que le gouvernement précédent à trois ?

“Il y a les hommes de bonnes volontés à qui j’ai fait appel, c’est surtout ça. Je pense que, dans ce gouvernement, nous avons les hommes et les femmes de bonnes volontés qui veulent que ce pays avance. Je veux remercier encore une fois le président Tong Sang, Teina Maraeura et également Jean-Christophe Bouissou d’avoir entendu et répondu à cet appel… Aujourd’hui, je suis encore beaucoup plus optimiste par rapport à tous les événements qui se sont déroulés dans notre pays et c’est pour ça que je me permets de dire que nous allons tout faire pour regagner la confiance de notre population et également des acteurs économiques de notre pays, les associations, les confessions religieuses… All together we can !”

Comment travailler alors que vous n’avez pas de programme commun ? “

Notre programme commun, c’est notre pays avec tous les moyens, toutes les ressources de ce pays... Il y aura des temps difficiles, nous le savons tous, la crise politique, économique, financière… Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut baisser les bras, au contraire, nous sommes des hommes et des femmes de défi, nous sommes là pour relever ce défi.”

Dans son discours à l’assemblée, Édouard Fritch avait évoqué l’accord du 7/7/7 en évoquant désormais une éventuelle guerre entre Maohi, est-ce selon vous l’analyse adéquate ?

“Tout ça, c’est du passé. Il faut regarder l’avenir, ce que nous pouvons faire ensemble…”


JEAN-CHRISTOPHE BOUISSOU Président du groupe Ia Ora te Fenua

“Il y a toujours des velléités et il faut les gérer”

Êtes-vous satisfait de ce renouvellement ministériel ?

“Oui, je suis satisfait que nous soyons arrivés à permettre l’intégration de l’ensemble des forces politiques constituées à l’assemblée. Je suis également satisfait parce que je pense qu’avec l’intégration de To Tatou Ai’a, nous avons vraiment les moyens d’assurer la stabilité et surtout d’avoir un gouvernement qui pourra maintenant conduire la réalisation du programme et du plan de relance sans s’inquiéter de la situation politique à l’assemblée.”

Pourtant, il semblerait qu’il y ait eu des pressions sur Oscar Temaru jusqu’à la dernière minute…

“C’est toujours ainsi que cela se passe lorsqu’on remanie ou constitue un gouvernement, il y a toujours des velléités et il faut les gérer. Et cela a été géré comme il faut, avec beaucoup de compréhension. Maintenant, ces petits problèmes existants dans tel ou tel groupe, c’est à nous de les gérer en tant que chef de groupe. En ce qui nous concerne, je voudrais vraiment remercier Éric Pommier pour le travail qu’il a réalisé et sa compréhension de la nécessité que nous fassions tous des efforts pour permettre cet élargissement de la majorité.”

Tout le monde ne l’a pas compris apparemment. Georges Handerson était préssenti pour retourner dans l’hémicycle et il est toujours là. Du coup, Jacques Raynal se retrouve au bord de la route…

“C’est au président de décider de la composition de son gouvernement. C’est vrai que nous avions souhaité que Jacques Raynal puisse rester au gouvernement. Il a fallu, lors de notre rencontre ce matin, gérer cette situation et cela a été tranché par le président, c’est de son ressort.” Quand vous dites “cette situation”, qu’entendez-vous ? “Je n’ai pas envie de rentrer dans les détails, mais il faut garantir l’intégrité de nos groupes politiques. Il faut discuter, entendre, écouter, prendre des décisions et c’est ce qui a été fait. Maintenant, ces petits problèmes sont dépassés.”

Vous travaillez à nouveau avec Gaston Tong Sang, comment cela se passe-t-il entre vous ? Y a-t-il du ressentiment ?

"Non, pas du tout. Lorsque nous nous sommes retrouvés pour discuter, nous nous sommes retrouvés comme des compagnons de route. Peutêtre, maintenant que nous sommes dans un autre contexte, avec une meilleure compréhension de tout ce qui s’est passé.”

Le nouveau gouvernement est 100% politique, il n’y a plus aucun ministre issu de la société civile, pensezvous avoir réussi à mettre en place ce fameux gouvernement de “compétences” que vous appeliez de vos voeux ?

“C’est le gouvernement qui est issu de choix réalisés par les chefs de file, acceptés par le président du gouvernement et le chef de la majorité. En ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de la compétence et de l’expérience. Je pense que c’est le travail qui a également été réalisé par les autres chefs de file. Bien évidemment, on a toujours en tant qu’observateur, des choses à dire sur telle ou telle personnalité choisie, mais lorsqu’on regarde ce gouvernement, nous avons des gens expérimentés et qui ont des compétences dans leurs domaines d’intervention. Il y en a d’autres qui sont plus jeunes, c’est vrai et qui viennent d’arriver et qui demandent à faire leurs preuves. Mais je trouve que c’est un bon assortiment.”


GASTON TONG SANG Président du groupe To Tatou Ai’a à l’assemblée

“On fera tout pour qu’il y ait la stabilité”

Ce remaniement a-t-il été difficile ?

“Pour nous, il n’y a pas eu de difficultés majeures. Je sais que le président avait des données qu’il a dû intégrer dans ses choix difficiles. Cela a certainement été plus difficile pour lui que pour nous.”

Vous n’avez pas le sentiment d’avoir été lésé au vu du nombre de portefeuilles ministériels ?

“Non pas du tout. Effectivement, on pensait avoir six ministres. Mais, le maintien des ministres Tahoeraa a fait qu’on a accepté de réduire un peu nos prétentions compte tenu de la nécessité de faire cette ouverture. C’est la volonté du président. Mais finalement quand on regarde les quatre commissions à l’assemblée et un ministre en moins, pour l’instant, je pense que globalement les choses sont équilibrées. L’équilibre des forces est globalement respecté. L’essentiel, je pense, ce n’est pas de savoir si on a plus ou moins. L’essentiel est de savoir si on a mis en place des hommes et des femmes capables de travailler ensemble. J’y crois. Vous avez vu nous n’avons pas proposé des noms pour faire couler le bateau. On a proposé des noms de gens capables d’exercer ces fonctions de ministres, qui sont des fonctions difficiles. Je me suis engagé à jouer loyalement quand bien même, il faut le souligner, ce n’est pas To Tatou Ai’a qui a voté pour qu’Oscar soit président de la Polynésie française. La situation est un peu inédite. Il est venu nous chercher et on a accepté de participer, d’être partenaire de cette majorité pour justement faire face à la crise. Ce n’est pas le moment de se diviser. Par contre, il faut rassembler nos forces. Les défis sont tellement énormes, au niveau économique et social, qu’il nous faut rassembler. Le fait d’intégrer dans le gouvernement des ministres Tahoeraa, pourquoi pas pour faire face à la situation.”

Comment ce gouvernement peut-il tenir sur la durée ?

“Le temps nous le dira. Je n’aime pas faire des pronostics sur l’avenir. On fera tout pour qu’il y ait la stabilité. L’économie a besoin de cette stabilité pour avancer. Mais maintenant, que ça tienne ou pas, les uns et les autres tirent la couverture à eux car malgré tout nous sommes des politiciens. Je crois que le vrai choix maintenant appartient aux électeurs. À mon avis, c’est à nous d’aller expliquer cette union auprès de nos électeurs.”

D'autres réactions dans votre édition de samedi des Nouvelles de Tahiti.

Patrice Lafforgue
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Commentaires anonymes

21/04/2009 à 08h09

Moi, je le trouve cool Oscar, son style vestimentaire me fait un peu penser à celui de Nelson Mandela - en un peu moins classe quand même, lol -.

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20/04/2009 à 23h52

Quand même la photo avec le prerezidon et ces belles Nike blanches (un cadeau de Tanseau ?) on a vraiment l'impression d'avoir The Dream Team de la politique en fait une belle brochette de vainqueurs. De quoi bien rigoler pendant 18 semaines. Alors on le fait quand ce dîner?

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20/04/2009 à 20h34

Oscar démocrate,... mais président à vie de son parti; et quand il prônait l'abstention il prenait bien note des quelques félons bravant l'interdit en faisant leur devoir d'électeur ... eh oui il ne faut pas oublier ...
il a du bien se marrer en se disant "démocrate" !
En tout cas on est loin du résultat des urnes ... démocratiques (elles).

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19/04/2009 à 16h01

Qu'est ce que vous ne diriez pas!
"Exit la société civile pour des nominations à haute teneur politique".

Il se serait agi d'un gouvernement Flosse que vous auriez écrit :
"exit la compétence ou les popa'a, que sais-je pour les copains-coquins"

Je peux comprendre les jeunes qui, rien qu'à vous lire, disent que vous exercez un drôle de métier qu'ils n'aimeraient pas exercer.
Ce qu'il n'ont pas compris, c'est que c'est un beau métier. A condition d'avoir un minimum de conscience tout court, et professionnelle aussi! Et ça, ce n'est pas donné à tout le monde hélas. Les alimentaires, il n'y a pas qu'en politique mais dans le journalisme aussi.

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19/04/2009 à 11h25

Quelle insulte à la science de la comparer à la politique !!

Commentaires anonymes

18/04/2009 à 14h40

Comment ce gouvernement peut-il tenir sur la durée ?

“Le temps nous le dira. Je n’aime pas faire des pronostics sur l’avenir. On fera tout pour qu’il y ait la stabilité. L’économie a besoin de cette stabilité pour avancer. Mais maintenant, que ça tienne ou pas, les uns et les autres tirent la couverture à eux car malgré tout nous sommes des politiciens. Je crois que le vrai choix maintenant appartient aux électeurs. À mon avis, c’est à nous d’aller expliquer cette union auprès de nos électeurs.”

ici : http://tahitidebat.e-monsite.com/forum-cat-28257.html

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