Publié le samedi 06 juin 2009 à 09H52
DE TAHITI À MAOHI NUI. Le coup d’envoi a été donné hier matin. La présentation à l’université a rassemblé beaucoup de personnalités civiles, très motivées pour participer. Aux politiques l’obligation de fournir des résultats ensuite.
L’ESSENTIEL
- Oscar Temaru a clarifié la situation politique lors de la présentation des états généraux hier matin
- Les membres de la majorité ont rappelé leur objectif de stabilité
- Les représentants de la société civile venus nombreux, se disent tous prêts à participer, mais attendent du concret
Philip Schyle a lui aussi mis l’accent sur le besoin de “stabilité”, sur “l’emploi et la reprise économique”, rappelant l’attachement à la France. On aurait pu arrêter là. La solennité des discours des présidents du Pays, puis de l’assemblée aurait pu suffire. Mais il fallait que chacun ait sonmot à dire face aux rumeurs de renversement et d’union autonomiste. Gaston Tong Sang s’est voulu rassurant sur la solidité de la majorité lui aussi. Il a insisté sur le besoin de travailler “en bonne intelligence avec l’État” et de montrer que la classe politique, forte de ses erreurs, est capable de “progresser”. Jean-Christophe Bouissou a été dans le même sens, en remettant une couche sur la “loyauté de son engagement” vis-à-vis d’Oscar Temaru.

Après tous ces voeux pieux, les chefs d’entreprises, salariés, représentants d’associations, de syndicats, religieux... et autres représentants de la société civile, ont enfin pu poser leurs questions. Ils ont démontré qu’ils étaient unanimement convaincus de leur désir de participer à ces états généraux, et de la nécessité de leur tenue. Si quelques critiques ont émané sur l’organisation, selon l’implication des intervenants dans tel ou tel thème, tous étaient impatients de participer. “OK on participe activement, on apporte nos idées, mais on veut du concret”, semble vouloir dire à l’unisson la société civile. Aux politiques d’assurer ensuite que les états généraux débouchent vite sur des actions, à court, moyen et long terme. C’est la société qui risque de les pousser sinon ! “Je nous invite à joindre la parole aux actes” déclarait Philip Schyle hier. Gouvernants et élus vont bien devoir s’y mettre s’ils ne veulent pas définitivement se discréditer alors que tout bouge autour. Tout le monde est motivé, ce n’est pas le moment de louper le coche.
Si les forces politiques présentes se sont un peu trop fait remarquer, les absents, à l’instar du Tahoeraa, sont par contre passés inaperçus, presque oubliés. Le train risque de partir sans eux. Aucun représentant de l’État n’était présent hier en raison de la période de réserve, par rapport aux élections européennes d’aujourd’hui. L’État sera par contre là lors de la conférence des états généraux, véritable top départ, le 16 juin à la présidence.
Lara Dupuy
DÉCRYPTAGE
Les thèmes
- Atelier 1 animé par Tamatoa Bambridge : La Polynésie française face au choc de la crise économique et financière
- Atelier 2 animé par Joël Allain : Grands projets structurants et développement durable
- Atelier 3 animé par Christophe Serra-Mallol : Renforcement de la contribution des productions locales au développement économique
- Atelier 4 animé par Yolande Vernaudon : Renforcement de l’efficacité du fonctionnement des institutions
- Atelier 5 animé par Jean-Paul Barral : Mise en oeuvre d’un partenariat rénové Polynésie française-État-communes
- Atelier 6 animé par Heremoana Maamaatuiahutapu : Promotion de la culture polynésienne, développement culturel et artistique
- Atelier 7 animé par Patrick Howell : Gérer l’après-nucléaire : mémoire, reconnaissance et esponsabilités.
- 16 juin : lancement officiel/comité d’organisation
- Du 17 juin au 31 juillet : phase de diagnostic
- Du 1er août au 11 septembre : déroulement des ateliers (5 réunions par atelier)
- Du 14 au 25 septembre : synthèse générale et validation
- Du 26 au 30 septembre : restitutions
Zoom
Participer sur le net
Les étudiants polynésiens en métropole avaient fait part de leur souhait de participer, même à distance, à ces états généraux. Les habitants des îles avaient émis le même voeu. Un site internet a donc été spécialement conçu à cet effet. Simple de navigation, le site www.etatsgeneraux.pf regroupe sur sa page d’accueil les différents thèmes des ateliers ainsi qu’une présentation très succinte des animateurs. L’intérêt de ce site internet se trouve surtout dans la possibilité pour tout un chacun de laisser des messages, poser des questions, faire des propositions. Bref, contribuer au débat. Et voilà un exemple des premières contributions que l’on peut lire sur l’atelier dédié au nucléaire : “Il y a trois ans au musée de Tahiti & des îles, il y avait eu une exposition temporaire sur les essais. Je pense que l’on doit s’approprier ces essais en exposant de manière permanente ce qu’ont apporté les essais : par exemple une partie d’une salle du musée pourrait y être dédiée. Ces essais ont induit une mutation profonde de la société polynésienne, et il faut l’intégrer dans l’histoire. L’État pourrait financer mais sans censure sur le contenu.” Un message “posté” par Bernard P. Outre la contribution écrite, il est possible de laisser également une vidéo. Les étudiants à Paris ont d’ailleurs déjà déposé un témoignage visuel. Hier, dans l’amphithéâtre de l’université, l’idée d’une ligne téléphonique dédiée aux états généraux a été demandée afin de permettre aux personnes n’ayant pas accès à internet de ne pas être écartées du débat. L’idée fait son chemin.
ASF








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
09/06/2009 à 15h16
Désolée Minou et merci pour tes éloges mais je n'en sais guère plus que toi...
Certes Maohi semble signifier "indigène" en général et s'il est assez étrange que certains tendent à le réduire au terme "d'insulte", la majorité semble récuser de manière justifiée cette traduction et l'assimile au terme de "nationalité" réelle des habitants originaires de nos archipels par opposition au terme de "Polynésie française" qui semble choquer leurs oreilles... Normal et concevable pour des souverainistes le plus souvent.
Mais combien reste-t-il de vrais Maohis ? That is the question ? Tahiti à l'instar de New York n'est-elle pas devenue le réel "melting-pot" d'une ville au carrefour du monde, des cultures et des civilisations et dans les deux capitales en toute harmonie ?
Mais dans l'esprit du président de la future ex "Tahiti nui" abandonnée pour celle de Maohi nui, le terme Maohi Nui signifie à l'évidence la patrie de ses nobles ancêtres considérés certes par d'autres comme des "Indigènes", ce terme n'ayant d'ailleurs rien de péjoratif à l'origine et signifiant tout simplement "autochtones" (résidents originaires du pays où ils se trouvent) voire peut-être dans l'esprit du président de la future Maohi Nui, originaires d'une ancienne colonie...
Mais ceci n'engage que moi... Cordialement à toi.
@ Parau
Si le représentant de l'Etat n'était pas là lors du lancement des EG à l'université c'est tout simplement qu'il se devait de respecter une "réserve démocratique" républicaine et obligatoire en cette période officielle d'élections européennes afin de symboliser la neutralité de l"Etat.
Commentaires anonymes
09/06/2009 à 07h30
POEA si c'est pour moi que tu réponds pour me faire comprendre le terme "Maohi Nui" merci mais ce n'est pas le sujet de mon commentaire auquel je demande de l'aide pour comprendre!!! Peux-tu le faire à la place de CC etPARAU? Si oui je serai enchanté Merci de ta bonne volonté.
Commentaires anonymes
08/06/2009 à 09h19
Y a pas besoin de sortir de polytechnique pour comprendre que "Maohi nui" est venu remplacé "Tahiti nui", notion qui désigne les 5 archipels polynésiens. Seulement dans "Tahiti nui", il y a "Tahiti" qui peut apparaître réducteur et impérialiste au vu des autres archipels. Alors que Maohi est bcp plus fédérateur puisque le terme vise et englobe un même peuple, celui de Polynésie française.
Commentaires anonymes
08/06/2009 à 07h25
CC et PARAU internautes dont j'apprécie les commentaires sensés, pouraient-ils répondre à mon commentaire?
Commentaires anonymes
08/06/2009 à 07h17
"MAOHI NUI" le terme employé par M. Oscar Manutahi TEMARU Président de la Polynésie Française. Comme je ne suis pas très lettré, je cherche évidemment à connaître ce que veut dire cet ensemble de mot. Alors je prends le dictionnaire Français-Tahitien et Tahitien-Français édité par MAI-ARII CADOUSTEAU et JACQUES-FRANCOIS du PERRON qui me définissent la traduction du mot à mot :
MAOHI = n.indigène de la Polynésie Française
NUI = adj. grand, suprême
En d'autre terme, suivant ma seule logique ce la voudrait dire : indigène suprême
Or, aujourd'hui encore et défiant la chronique des gens très experts nous disent que l'emploi du mot MAOHI aurait un sens indiquant une "injure" ma question : Que dois-je en penser et qui peut m'expliquer ce qui est "PROPRE ou IMPROPRE" ? je m'y perds
Commentaires anonymes
06/06/2009 à 16h21
Comique?!
SarkoJego nous vend, sa "France outre-mer",
tandis que le lapin indépendantiste remarié à sa carpe de fille UMPsarkoautonomiste pour "travailler en bonne intelligence avec l'Etat" vend du "maohi nui".
Nous eussions hautement apprécié que Monsieur le Haut-Commissaire fusse présent à LEURS Etats Généraux pour savourer cela : du foie gras à la sauce fafaru!
Commentaires anonymes
06/06/2009 à 13h40
Le sénateur Tuheiava a eu raison de saluer la pertinence de ces Etats Généraux en une période de si grande incertitude pour l'avenir de la Polynésie et de résultats économiques aussi "atones" selon l'IEOM.
Le président Sarkozy n'ayant rien à voir avec l'immobilisme de l'ex-chiraquie, les inquiétudes sur leurs retombées émisés par certains membres de la sté civile sont à mon avis, nuls et non avenus.
D'autant que c'est la première fois que la société civile est conviée à s'exprimer et devra le faire en masse si elle veut concrétiser ses espérances ou atténuer ses doléances hors du champ de ce qui ressemble bien souvent à de l'indifférence si ce n'est à de l'impuissance de la part des politiques, même les plus engagés... Certes il y en a guère, lorsqu'ils existent on se doit de les saluer !
L'espoir réside pour ma part au niveau du renforcement de l'efficacité des institutions et d'un partenariat Pays-Etat moderne et confiant sur 15 ou 20 ans afin que ce Pays cesse de naviguer à vue et sans le moindre cap à l'instar d'un navire en détresse quasi perpétuelle...