Publié le samedi 19 décembre 2009 à 12H05
CONSENSUS. Après les Églises, les associations, les partis indépendantistes et le CESC, la plupart des partis autonomistes ont annoncé leur soutien à la marche contre la loi Morin, mais nuancent le “contre”. De plus, certains semblent craindre que le mouvement soit récupéré par le Tavini.
Hier matin, le Tahoeraa annonçait dans une conférence de presse qu’il appelait ses militants et ses sympathisants à marcher aujourd’hui (lire ci-dessous). Dans l’après-midi, la grande famille des autonomistes suivait le mouvement à coup de communiqués. D’abord No Oe e te Nunaa, puis Ia Ora te Fenua et enfin le To Tatou Ai’a de Gaston Tong Sang, l’actuel président du Pays. Trois préoccupations transpirent de la production des partis autonomistes : la première c’est bien sûr la volonté de voir améliorer la loi Morin, la deuxième c’est la crainte d’une récupération politique du Tavini et enfin la troisième, c’est la peur du débordement.
Faire pression. Bon gré mal gré, les partis autonomistes se voient contraints de se joindre à la vox populi pour demander à l’État d’apporter des améliorations à la loi Morin, comme l’extension des zones géographiques concernées ou le remboursement par la CPS des frais médicaux. Mais le Tahoeraa tout comme To Tatou Ai’a ont tenu à préciser qu’ils soutenaient depuis le départ le projet de loi Morin qui constitue “une avancée considérable”.
Éviter la récupération politique. Les partis autonomistes, à l’exception de Ia Ora te Fenua, le groupe à l’assemblée qui rassemble le Tia Tau de Béatrice Vernaudon, le Rautahi de Jean- Christophe Bouissou et Armelle Merceron, et qui siège aux côtés de l’UPLD sur les bancs de l’opposition, dénoncent toute tentative de “manipulation politique”. “Il ne s'agit en aucun cas pour No Oe e te Nunaa, de venir grossir les rangs des mouvements politiques qui cherchent à manipuler l'opinion publique et dont nous déplorons les propos agitateurs et revanchards”, précise le parti présidé par Nicole Bouteau. “Nous ne manquerons pas de condamner tous ceux qui tenteront, lors de ce mouvement, de récupérer à leur compte cette démarche citoyenne”, prévient To Tatou Ai’a. Seul le Tahoeraa désigne clairement le Tavini : “Nous ne sommes pas le Tavini et nous ne cherchons pas à détourner cette marche pour en faire un chop suey politique.”
Marcher pacifiquement. Enfin, tout comme les Églises, Moruroa e Tatou, le collectif No To’u Fenua, le Tavini, Ia Mana te Nunaa et le CESC l’ont fait, les partis autonomistes souhaitent éviter que la marche ne dégénère et appellent “à manifester pacifiquement.”
CV
DÉCRYPTAGE
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Départ 8 heures La marche part ce matin à 8 heures. Il y a deux points de rendez-vous. Pour ceux de la côte ouest, le rassemblement se fera au stade Willy Bambridge à Tipaerui. Et pour ceux de la côte est, le départ se situe à la gare routière de Vaitavatava.
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Jointure à Tarahoi Les deux groupes se rejoindront à la place Tarahoi où ils remettront leurs doléances à l’État. Ils demanderont notamment la rectification des “critères géographiques” de la loi qui doivent être étendus à toute la Polynésie selon les organisateurs de la marche.
- Pas de signes distinctifs L’Église protestante maohi demande que la marche soit sans “distinction professionnelle, politique et associative” : les teeshirts ou les banderoles affichant un parti politique ou une association sont bannis.
Le Tahoeraa appelle à marcher
Le parti orange et le Ai’a Api, représenté par Heifara Izal, ont tenu une conférence de presse hier matin pour demander à leurs militants et leurs sympathisants de participer à la marche, et expliquer le pourquoi de cette demande. Avant tout, René Temeharo, le président du groupe Tahoeraa à l’assemblée, a rappelé que le parti orange, tout comme To Tatou Ai’a, avait été favorable dès le départ au projet de loi Morin car il constituait “une avancée considérable”. Mais des améliorations restent à faire notamment “au niveau des décrets d’application”, et c’est pourquoi le parti orange, qui partage “entièrement les inquiétudes des Églises” participe à la marche. Mais ce n’est pas l’unique raison, le parti au fei souhaite aussi “éviter toute exploitation politique au seul profit du Tavini”.
Communiqués
TO TATOU AI’A “Poursuivre le chemin d’une concertation efficace”
Dans un communiqué, To Tatou Ai’a rappelle d’une part qu’il a “depuis le début, soutenu la démarche initiée par l’État” car elle constitue une “avancée considérable”. Cependant, To Tatou Ai’a estime qu’il reste du chemin à faire et donc, “hors de toute opération politique, le groupe s’associe à la démarche entreprise par les Églises de notre pays pour montrer à l’État que la détermination de la population est toujours aussi forte, et que nous veillerons à ce que le travail accompli porte tous ses fruits. Ce soutien s’inscrit dans un esprit non partisan, pacifique et ouvert”. Cependant le groupe prévient : “Nous ne manquerons pas de condamner tous ceux qui tenteront, lors de ce mouvement, de récupérer à leur compte cette démarche citoyenne et qui en feraient le fondement d’arguties politiciennes inadmissibles et dangereuses”.
TAVINI “Une marche pour réveiller une France sourde et amnésique”
Le parti indépendantiste rappelle que le but de la marche d’aujourd’hui “est de rappeler à l’État ses responsabilités des 30 années de viol nucléaire” et estime que, “près d’un demi-siècle après l’explosion de la première bombe et alors qu’il admet la dangerosité de ces expériences, l’État continue de se défiler et manque à toutes ses responsabilités”. Le Tavini appelle à une “manifestation (qui) se veut calme et résolue”.
IA ORA TE FENUA “L’État doit nous aider à tourner la page”
Dans un communiqué, le groupe de l’assemblée présidé par Jean-Christophe Bouissou rappelle qu’en juin “l’unité des représentants polynésiens” avait permis d’obtenir plusieurs avancées sur le projet de loi Morin, comme “l’accord de principe sur le remboursement des frais CPS, la consultation préalable des associations dans l’élaboration des décrets…”. Mais Ia Ora te Fenua constate que “nombre de ces propositions se sont dissipées lors du vote de la loi Morin. Aussi les élus de Ia Ora te Fenua souhaitent que l’État nous aide à écrire ensemble la page de l’après nucléaire, ce qui ne peut être fait que par la sensibilisation et la reconnaissance du fait nucléaire, sans demi-mesure et sans tabou.”
NO OE E TE NUNAA “Manifester pacifiquement”
“En droite ligne avec son engagement pour un développement durable, No Oe e te Nunaa s’associe une nouvelle fois à la défense des intérêts des Polynésiens et de la Polynésie française dans le dossier du nucléaire. Il ne s’agit en aucun cas de venir grossir les rangs des mouvements politiques qui cherchent à manipuler l’opinion publique et dont nous déplorons les propos agitateurs et revanchards. Il est grand temps de mettre un terme favorable au fait nucléaire en Polynésie française, c‘est pour cette cause que No oe e te Nunaa appelle à manifester pacifiquement, et uniquement pour cela.”








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Commentaires anonymes
21/12/2009 à 09h00
A priori le Père Noël est plus crédible et audible que nos politico-kkouettes.
A lui seul il a mobilisé plus de 10 000 personnes, et sans communiqués ...
Commentaires anonymes
19/12/2009 à 20h24
Deux milliers de participants ...Bravo !!! cela a été HISTORIQUE(dixit le Président de l'Eglise Protestante Maohi) ... difficile de cacher sa déception !!! MORIN pourra venir prochainement la fleur à l'oreille !!! je pense tout simplement que le fait de voir associer les politiques à cette marche a tout simplement fait fuir le peuple ... le peuple ne veut plus cotoyer ni marcher avec nos politiques ... voilà le pourquoi du FIASCO !!! de la très faible participation du peuple ... le peuple est écoeuré des politiques de notre Fenua ... le Haut-Commisssaire avait un sourire jusqu'aux oreilles ... et OT qui affirme que cette mobilisation est la preuve enfin d'une prise de conscience de notre peuple !!! à se tordre de rire ... il faut que nos politiques, quels qu'ils soient, prennent, eux, conscience que le peuple ne veut plus les écouter ... le peuple ne les suit plus ... le temps du poromu niau ne marche plus ... le peuple veut du travail et la baisse des prix ...
Commentaires anonymes
19/12/2009 à 15h26
la grosse blague: ce sont ceux qui dénoncent "toute tentative de récupération politique" qui invitent à la marche, comme pour faire entendre leur nom: tavini, tahoera'a, to tatou aia, no oe te nuna'a. Quelle bande d'hypocrites, ils pensent vraiment que s'ils "invitent à la marche" les gens vont se déplacer "parce qu'ils l'ont dit"? On ne boit plus leurs paroles depuis bien longtemps, il serait temps qu'ils s'en rendent compte.