Publié le vendredi 12 mars 2010 à 11H03
ASSEMBLÉE. Les bascules vont bon train à Tarahoi. À quatre semaines de l’élection du président de l’assemblée, tout est permis. Gaston Flosse dit ne pas être candidat mais pour Édouard Fritch, le perchoir est “toujours réservé” au parti orange.
L’ESSENTIEL
- Édouard Fritch revient sur les accords de la majorité, arguant que le perchoir doit être orange
- Gaston Tong Sang a déclaré qu’aujourd’hui “tout était possible” au perchoir
- Néanmoins, sa préoccupation “est de savoir qui veut faire partie de la majorité, comment la consolider et comment l’élargir”
La machine de guerre Flosse est toujours à l’oeuvre. Même si publiquement, le Vieux lion ne lâche pas encore qu’il brigue le perchoir. Il martèle même, quand on évoque sa candidature à la présidence de l’assemblée de la Polynésie française : “Non, non, c’est faux”.
Du côté du Tahoeraa Huiraatira, Édouard Fritch annonce que pour l’heure, “théoriquement le perchoir est toujours réservé au Tahoeraa Huiraatira puisque je n’ai pas entendu de vent contraire depuis. Mais nous attendons les futures discussions au sein de la majorité et comme monsieur Flosse l’a rappelé et comme cela a été rappelé à plusieurs reprises, cela a été un des engagements pris lors de la constitution de cette nouvelle majorité entre To Tatou Ai’a, Te Mana o te mau Motu et le Tahoeraa. Donc aujourd’hui, il faut en tenir compte”. Le Tahoeraa présentera donc bien son candidat. Et quand on parle de Gaston Flosse à ce poste, le vice-président ne semble pas vouloir se mouiller. “Je ne sais pas. Il faut qu’on voit.
Le Tahoeraa Huiraatira décidera de son candidat. Comme vous le savez aussi, monsieur Flosse était prévu pour être viceprésident du gouvernement. Mais les choses et le déroulement des événements en novembre dernier l’en ont empêché. Mais c’est bien lui qui devait être vice-président et moi président de l’assemblée”, assène-t-il. “Donc il faut adapter à chaque fois la situation en fonction des événements. Sinon on devient menteur ou prédicateur”, ajoute-t-il avant de glisser : “Et je m’abstiendrai de vous dire qui sera le président de l’assemblée demain”.
À quatre semaines de l’élection, les bascules reprennent de plus belle au sein de l’hémicycle. Et les tractations vont bon train. Justine Teura a donné sa démission mercredi. Une nouvelle recrue pour le Tahoeraa ? “Non, je n’ai pas eu de contact avec madame Justine Teura. Donc je ne peux pas vous dire si c’est une nouvelle recrue ou si c’est un rapprochement”, répond Édouard Fritch. “Ce que je peux dire aujourd’hui, c’est qu’elle a annoncé publiquement qu’elle s’inscrivait chez les non-inscrits à l’assemblée. Je constate qu’elle participe favorablement au vote de certains textes de la majorité qui, aujourd’hui, font de toute façon l’objet d’un vote à l’unanimité. J’ai du mal à discerner le comportement entre ses derniers votes et de ce qu’elle fera demain”, précise-t-il.
Selon Gaston Tong Sang, “aujourd’hui tout est possible”. Ce qui préoccupe davantage le président du Pays, “c’est de savoir qui veut faire partie de la majorité, comment la consolider et comment l’élargir”. Il se veut rassurant en lâchant que pour lui “il n‘y a pas de bataille pour le perchoir”. Sauf que du côté des représentants de Tarahoi, Clarenntz Vernaudon revient dans le pré de la majorité, mais reste au centre en faisant de l’oeil à certains élus. Pourquoi pas d’ailleurs à Heifara Izal. La compagne d’Émile Vernaudon a pour sa part rétorqué : “Pour l’instant je reste là où je suis, mais pour l’instant”. Chantal Galenon, quant à elle, dans un contexte politico-judiciaire où le Vieux lion se verrait bien à la tête de l’assemblée, lui cède sa place à la commission des finances.
JH
Entretien Gaston Tong Sang, président de la Polynésie française
“Trop tôt” pour le perchoir
On parle aujourd’hui d’une candidature de Gaston Flosse à la présidence de l’APF. Vous y seriez favorable ?
“On n’est pas encore au 8 avril. On a prévu un séminaire de la majorité début avril, mais aujourd’hui on est plutôt occupé par la reconstruction. Il n’y a pas de bataille pour le perchoir pour moi. Le problème, c’est de savoir qui veut faire partie de la majorité, comment la consolider et comment l’élargir.”
Étiez-vous au courant de cette candidature ?
“Non, vous savez, tout est possible aujourd’hui. J’ai entendu parler également d’une candidature de Jean-Christophe (Bouissou, ndlr)...”
Vous avez eu des discussions avec M. Bouissou ?
“Non pas du tout, il n’y a pas eu de distribution de cartes, de portefeuilles, de responsabilités.”
Pourtant il y avait des accords entre To Tatou Ai’a et le Tahoeraa concernant le poste de vice-président du gouvernement et celui de président de l’assemblée ?
“Le Tahoeraa occupe le poste de vice-président, ça fait partie de nos accords. On verra au 8 avril comment la majorité se consolide. On ne va pas distribuer des responsabilités et en même temps demander de rejoindre la majorité.”
La majorité va-t-elle demander le renouvellement du bureau et de la présidence de l’APF le 8 avril ?
“Ça fait partie de nos discussions, on n’a pas encore avancé sur ce point. On est sur la reconstruction après le cyclone, pour que les gens aient leur logement dans les délais les plus courts. Ensuite viendra le temps de s’occuper de l’assemblée.”
Si toutefois il y avait un renouvellement du perchoir, le nom de Gaston Flosse étant évoqué au sein de la majorité, ne serait-ce pas gênant d’écarter M. Schyle qui était resté “loyal” envers vous lors du vote de la motion de défiance ?
“J’étais le premier à dire que Schyle a eu beaucoup de classe, de dignité à ce poste de président de l’APF. Il fait partie des gens dont on est satisfait. J’ai vu aussi que M. Flosse avait été président de l’APF, je ne sais plus en quelle année... Mais j’ai aussi entendu parler de candidat femme, on parle beaucoup des femmes en ce moment. Donc la porte n’est fermée pour personne.”
Y a-t-il eu des discussions déjà au sein de la majorité sur ces questions ?
“J’ai entendu des discussions à l’assemblée mais pas au sein de ma majorité, non. Il y a un séminaire début avril et je soumettrai d’abord la question à mon groupe, c’est une décision collective. Et après la question sera posée à l’ensemble de ma majorité, qui je l’espère sera élargie à ce momentlà.”
Propos recueillis par Antoine Samoyeau








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Commentaires anonymes
14/03/2010 à 17h45
C'est marrant que le groupe des non-inscrits soit pratiquement devenu le groupe poubelle de l'assemblée ! Il y a tous les rebus de la politique polynésienne quand ils n'ont pas été adoptés par les plus gros partis !
Entre la Justine Teura qui espère monnayer sa voix contre un poste de ministre pour sa fille et Kalin qui n'arrive toujours pas à se démêler de l'affaires des X-Games, sûr que toutes les sangsues et autres poux vont séjourner dans ce groupe dans l'attente d'une adoption. C'est un peu la SPA des politiques.
Commentaires anonymes
12/03/2010 à 22h46
Que se soit Flosse, Fritch, Pierre, paul, ou Jacques, le futur président de l'assemblée, qu'est ce que ça change ? Ce président de pacotille, n'a pas plus de pouvoir que le commun des élus, ce n'est jamais qu'une histoire de fric, comme tout le reste, alors...
Et comme d'habitude en Polynésie, ce n'est pas une affaire politique, mais une affaire de corruption.