La guerre des consensus

3 contributions

Publié le samedi 30 janvier 2010 à 10H55

RÉFORME DE LA LOI ÉLECTORALE. Bruno Sandras et Gaston Tong Sang présenteront leur consensus respectif à la ministre de l'Outre-mer lundi. Consensus qui se rejoignent au moins sur deux points : pas de circonscription unique et le rétablissement de la prime majoritaire.

L’ESSENTIEL

 

  • Hier matin Bruno Sandras a rassemblé huit petits partis politiques pour plancher sur la réforme de la loi électorale et d'où il ressort un consensus sur le maintien des circonscriptions, la prime majoritaire et le non à l'élection du président au suffrage universel
  • La majorité, réunie à l'assemblée, a elle aussi sorti son consensus, qui sur les circonscriptions et la prime majoritaire rejoint, sur la forme du moins, celui de Bruno Sandras
  • Le député-maire de Papara estime par ailleurs qu'il y aura des élections territoriales anticipées.

Sandras le matin à Papara, la majorité l'après-midi à l'assemblée, les travaux pour trouver le graal de la stabilité se sont déroulés dans un climat quelque peu instable, limite défiant. Tout un symbole au pays de l'instabilité. Alors que le députémaire avait pris les devants en invitant l'ensemble des formations politique à plancher avec lui sur la réforme de la loi électorale, la majorité a préféré organiser sa réunion, refusant, par là même, de participer aux travaux du député.

Bruno Sandras s'est donc retrouvé entouré d'une dizaine de responsables politiques, qui durant près de deux heures, ont avancé leurs propositions respectives. Mais si le député voulait provoquer le débat, lequel a souffert d'un certain manque de représentativité étant donné la présence des seuls petits partis, il voulait surtout sortir avec un document proche du consensus. Et visiblement l'objectif a été atteint, au moins sur quatre points : une baisse du nombre de représentants d'au moins une dizaine ; pas de circonscription unique “pour pouvoir garantir une représentation des îles” ; une prime majoritaire “pour garantir une majorité stable à l'issue du scrutin” et pas d'élection du président au suffrage universel. C'est ce consensus qu'il portera lundi à Marie-Luce Penchard.

Consensus qui rejoint, sur deux points au moins, celui trouvé hier soir par la majorité dont les composantes avaient répondu présentes. Annoncé par Gaston Tong Sang, ce consensus s'articule autour du fait de ne pas abonder dans le sens d'une circonscription unique mais d'être favorable au rétablissement d'une prime majoritaire. Le président du Pays devrait par ailleurs plaider dans le même temps en faveur de son souhait de voir élire le président de la Polynésie au suffrage universel direct car, a-t-il précisé “c'est le président des Polynésiens et non pas uniquement le président des élus de la Polynésie à l'assemblée”.

Mais s'il a été annoncé un consensus, reste que la majorité semblerait chercher en son sein un autre type de consensus. Car “n'ayant pas été sollicité”, Philip Schyle, le président de l'assemblée, était absent de cette réunion. Un président dont le perchoir serait dans la balance, d'après le scénario déjà décrit par Édouard Fritch voulant que les accords, qui ont servi au renversement d'Oscar Temaru, se basent sur une vice-présidence et un perchoir pour le parti orange. Au sujet de cette absence, le président du Pays s'est dit “étonné” reléguant le fait au rang de “petit incident”.

Sur la réunion du matin organisée par le député, le vice-président du Pays, Édouard Fritch, s'est demandé : “À quel titre Bruno Sandras intervient pour demander à la majorité d'aller plutôt à Papara que de se réunir entre elle ?” Un Bruno Sandras qui par ailleurs semble persuadé que les élections territoriales seront anticipées. L'annonce faite par le président de la République sur la réforme de la loi électorale notamment “va conduire, selon le député, inévitablement, à une abréviation du mandat actuel et donc à un retour aux urnes avant le terme initial de 2013”. Autant dire que la campagne pourrait donc rapidement recommencer, faudrait-il cependant qu'elle ait au moins cessé.

PL

  • Lire réactions et interviews dans Les Nouvelles de Tahiti de ce samedi 30 janvier 2010

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Commentaires anonymes

01/02/2010 à 11h55

Avec un représentant unique à l'APF, il n'y aurait plus de problème de majorité.

:P:P:P

Commentaires anonymes

31/01/2010 à 07h20

Pourquoi ajouter "-ensus" ?

30/01/2010 à 16h42

Il apparaît clairement que tous les chefs de file tout parti politique confondu, se mettent au pied de guerre pour faire des propositions au regard de ce "boomerang" de réforme avancée par le Président de la République, bouleversant ainsi cette culture et politique à laquelle cette caste au pouvoir aurait été les seuls bénéficiaires uniques et souverains depuis des décennies octroyée par ce statutu d'autonmie élargie, alors que la collectivité aurait été écartée.
Au regard de cette instabilité chronique, "véritable fléau (Haussaire), intoréable (Sarkozy) cette autonomie élargie serait un véritable désastre et un échec d'où l'appel du Président vers une réforme en profondeur.
Les propositions avancées par cette caste ne changent en rien dans le fond pourqu'une véritable réforme intervienne, le maintient du statut actuel avec quelques "retouches", permettrait à cette meme caste de revenir au pouvoir.
"La voie de la sagesse c'est le commencement de la science" disait cette pensée classique d'il y a 2000 ans. Or l'échec essentiel du statut actuel repose sur le fait que le peuple n'a pas été consulté. Cette autonomie aurait été taillée sur mesure par l'ancien régime, ni consultation populaire, premier échec, puis revisitée par un ExMinistre d'outremer Estrosi, du gouvernement Sarkozy, un deuxième échec, les émeutes des Antilles sous un Exministre Jégo, troisième échec de l'Etat, en particulier le Gouvernement Sakozien, d'où la volonté du Président de la République d'engager les Etats Généraux, à la suite de cette colère populaire au regard de cette instabilité chronique retenue par les EG du fenua, le Président engage à une reforme profonde en Polynésie.
Au regard de ce qui précède, il est impensable que Madame la Ministre encore moins le Président de la République d'engager cette réforme sur un terrain déjà miné (le même) car il y va de leur crédibilité politique au regard de la Nation toute entière relative à leur gestion politique d'outremer.
A aucun moment le peuple n'aurait pas été consulté au regard de ce statut d'autonomie. Il me parait donc essentiel que Madame la Ministre doit se mettre à l'écoute non seulement les tenants du pouvoir qui aurait ficelé celui ci en cercle fermé à leur seul profit, mais également tous les partis minoritaires non représentés à l'assemblée, y compris toutes les forces vives de la collectivité et les collectifs d'associations apolitiques qui, dans leur ensemble, représentent véritablement la voix et les préoccupations de la majorité siliencieuse.
Afin que tout ce monde devient acteur et participant dans cette démarche. Pour finir, il faudrait que le peuple soit consulté collectivement dans cette démarche, qu'il soit acteur, participant, car il est souverain, c'est démocratiquement et constitutionellement justifiée et justifiable, avant que les élections anticipées interviennent.
Vouloir écarter cet ensemble de voix de cette majorité silencieuse, et cette consultation populaire et souveraine à cette démarche, serait anti-démocratique et inconstitutionelle, qui pourrait être préjudiciable à l'intégrité politique du Ched de l'Etat et celle de son Ministre de tutelle. Ce serait un risque énorme, je crois, à moins que je me trompe, que le Président de la République devrait y songer sérieusement. Cependant, il n'a aucun choix, puisque les 3 tentatives auxquelles les décisions auraient été prises en cercle fermé, ont été un échec monumental auquel la collectivité en ressent les effets desasteux à l'heure actuelle.
Donc cette autonomie élargie, testée depuis des décennies ne correspondent plus aux attentes et aux intérêts de la collectivité, mais au seul profit des tenants du pouvoir. Par conséquent, une réforme radicale et profonde devrait être envisagée.
La rage populaire est à un point tel, c'est une véritable bombe à retardement auquel le Chef de l'Etat ne peut se permettre qu'un 4eme échec intervienne sous sa Présidence relative à sa politique d'outremer.
Espérons que Mme la Ministre saura prendre ces pensées classiques à coeur lorsqu'elle sera sur le fenua : "la voie de la sagesse c'est le commencement de la science" et "Vox populi, vox dei"
Faaitoito et bon weekend!

Légal

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