GTS et Borloo causent autonomie énergétique

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Publié le mardi 12 janvier 2010 à 10H53

PARIS. Le ministre d’État Jean-Louis Borloo recevait lundi soir le président Tong Sang, accompagné du ministre de la Reconversion économique Teva Rohfritsch et du ministre du Tourisme Steeve Hamblin. Il s'agissait du premier rendez-vous de la mission parisienne conduite par le président du Pays qui, le matin même, avait assisté à la cérémonie en mémoire de Philippe Séguin aux Invalides. Au centre des discussions de la rencontre avec Jean-Louis Borloo : le développement des énergies renouvelables et la “révolution énergétique de la Polynésie”. Entretiens avec le ministre et Gaston Tong Sang.

L’ESSENTIEL

  • Jean-Louis Borloo annonce qu'il se rendra en Polynésie avant les grandes vacances
  • Gaston Tong Sang souhaite que la Polynésie atteigne l'autonomie énergétique à l'horizon 2020
  • Une convention sur l’énergie thermique marine est en discussion et pourrait aboutir durant la mission à Paris
Quel était l’objet de votre entretien avec le président Tong Sang ?

“C’est en fait un suivi permanent que nous faisons. Je retrouve avec plaisir mes amis, notamment le ministre qui a été un grand acteur du Grenelle de la mer et des océans… Le président Tong Sang a porté quelques décisions, notamment celle qui veut que nous mettions ensemble des moyens au service du territoire pour assurer une meilleure surveillance maritime par un système déclaratif. Nous suivons le dossier de l’Institut de la mer ; nous suivons la mise en place de l’archipel France Polynésie qui est issu du Grenelle de la mer et puis il faut dire, surtout ou presque, toute la révolution énergétique de la Polynésie. Le président veut l’autonomie énergétique, tout simplement. C’est ça la stratégie ! Ça va des accords avec l’agence des économies et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qui ont bien avancé depuis un an, les travaux sur la mise en place d’une agence de l’urbanisme, la discussion sur les tarifs de l’énergie pour inciter au développement de l’énergie renouvelable sur l’ensemble de la Polynésie. Le président souhaite à juste titre une agence polynésienne de l’énergie, mais c’est à lui de le dire… Nous nous sommes mis d’accord pour un processus de soutien et de cofinancement dont le périmètre est à définir assez rapidement. C’est absolument vital. Et puis nous avons évoqué le sujet de l’énergie marine.”

Il est question d’une convention entre votre ministère et la Polynésie, où en est-ce ?

“Une convention que nous soutenons et que, j’espère, nous soutiendrons au titre du financement expérimental et au titre des aides fiscales nécessaires, sachant qu’on l’a déjà fait sur un autre dossier, celui de la défiscalisation de la partie énergie autonome de Tetiaroa. C’est bizarre, je m’y sens chez moi sans y être jamais allé…”

Allez-vous justement vous y rendre ?

“As soon as possible ! Je pense vraiment qu’on a un point opérationnel à faire aux alentours du printemps. Parce que ce qui est bien, ce n’est pas d’y aller pour y aller, ce n’est pas le propos. En revanche, je crois absolument mordicus que pour la France, c’est vital qu’on réussisse. Je crois vraiment que la France est un des pays industrialisés qui réussit le plus vite en ce moment sa révolution écologique. Avec plein de difficultés, bien sûr, mais à une vitesse folle. Les consommateurs, les producteurs, les organisations syndicales, les collectivités… Je regardais encore les chiffres des énergies renouvelables métropole outre-mer : 298% d’augmentation l’année dernière et on va vers 2 000%. Il y a des choses où on avait un retard considérable et sur lesquelles on va à une vitesse folle. Je suis convaincu que la France peut être le premier pays industrialisé à avoir une stratégie vraiment durable partout ! La Polynésie, comme la Réunion ou les Antilles, mais spécifiquement la Polynésie et la Réunion ont les hommes politiques, les porteurs de projet. On sent cette envie, cette évidence… En tout cas, j’irai en Polynésie avant l’été.”

Vous changez d’interlocuteur souvent avec la présidence polynésienne, n’est-ce pas gênant pour vous ?

“Ben… Finalement, heu… Oui. Mais ça change suffisamment vite pour qu’on ait l’impression que ce sont les mêmes (rires).”

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

La suite du programme des rencontres

  • AUJOURD'HUI : - 9 heures : le président Gaston Tong Sang, accompagné de Teva Rohfritsch et Steeve Hamblin, ministre du Tourisme, seront reçus par Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des Transports. - 12 heures : Gaston Tong Sang aura un entretien à l'Élysée avec Olivier Biancarelli, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy pour l'Outre-mer. - 16 heures : Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, recevra le président Tong Sang, Teva Rohfritsch et Steeve Hamblin.
  • DEMAIN : - 12 heures : Gaston Tong Sang, Teva Rohfritsch et le président de l'assemblée et maire de Arue Philip Schyle seront reçus par Hervé Morin, ministre de la Défense. - 16 h 30 : Gaston Tong Sang, Teva Rohfritsch et Moana Greig, ministre de l'Éducation, seront reçus par Luc Châtel, ministre de l’Éducation nationale.
  • JEUDI : - 19 heures : Gaston Tong Sang rencontrera les étudiants polynésiens à la Délégation de la Polynésie française.

GASTON TONG SANG, président du Pays

“Nous voulons l’autonomie énergétique pour 2020”

Qu’avez-vous négocié lors de votre entretien avec Jean-Louis Borloo ?

“Le ministre d’État nous apporte constamment l’expertise dont nous avons besoin, car notre idée est de faire de la Polynésie française la vitrine demain de tout le savoir-faire des meilleures technologies françaises dans le Pacifique. Et je crois qu’avec 5 millions de km2, il y a de quoi faire dans le domaine de la mer, cette biodiversité qui est unique. Nous devons être l’avant-poste de la France dans le Pacifique pour vendre ce qu’on a de meilleur en faisant de nos îles des centres pilotes d’expérimentation de ces nouvelles technologies.”

Concrètement, de quoi s'agit-il ?

“C’est l’Institut de la mer qui avance, le contrat avec l’Ademe, et, dans le domaine des énergies renouvelables, l’avancée des projets qui touchent l’énergie thermique des mers, la climatisation par les eaux profondes. On a déjà une petite avance sur cette technologie. L’objectif, c’est gagner notre autonomie dans le domaine énergétique. Je crois que le pari n’est pas impossible, au contraire, on a des idées bien arrêtées et de la ressource. Ce qui est important, c’est cette fameuse ressource d’eau froide en quantité incommensurable qui se trouve pratiquement à nos pieds.”

Quelle échéance vous donnez-vous ?

“Le ministre veut que nous avancions très vite et qu’on mette en place une équipe de suivi de projet et que nous fassions un point tous les trimestres au-delà des rencontres de niveau institutionnel. Nous voulons l’autonomie énergétique pour 2020. Aujourd’hui, c’est le solaire qui se développe très vite. Nous avons déjà une dizaine d’opérateurs. De nombreux toits sont déjà équipés et on va aller plus vite. Il y a d’autres pistes comme l’énergie thermique des mers, le vent et pourquoi pas l’huile de coprah.”

Disposez-vous de spécialistes localement ?

“Nous sommes venus pour demander de l’expertise pour nous aider à définir très précisément les programmes.”

Le ministre est-il d’accord ?

“Il est totalement d’accord sur ce point.”

Vous avez par ailleurs assisté aux obsèques de Philippe Séguin. Pourquoi avez-vous tenu à être présent ?

“M. Séguin est un homme qui a marqué également la Polynésie. Il a fait ses premiers stages dans les services de l’État. Et puis on l’a rencontré, il y a un an, jour pour jour. Il avait alors prononcé un beau discours sur la gestion des fonds publics, c’est justement d’actualité… C’était un homme attachant, un homme de coeur et nous avons absolument tenu à être présent aux obsèques pour exprimer toute l’affection de la Polynésie française vis-à-vis d’un homme d’État qui fait honneur à la France dans le Pacifique. Nous avons voulu exprimer cette reconnaissance à sa famille et j’ai beaucoup apprécié l’éloge fait par le président de la République.”

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

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13/01/2010 à 13h37

Ah il est bon le ministre, dixit "ça change suffisamment vite pour que l'on ait l'impression que ce sont les mêmes !..." Eh oui, comme il y en a que trois qui tournent et que l'un est coincé entre le palais de justice et le pénitencier où il risque de retourner et que l'autre attend les condamnations judiciaires éventuelles des deux premiers pour son come back, il n'y en a en fait que deux d'opérationnels dont un seul apprécie vraiment les fastes de l'Elysée... S'il n'en reste qu'un, je serai celui là ! Et nul besoin de GPS pour GTS dans les cabinets ministériels !
Il n'y avait que Borloo pour nous la sortir celle-là ! En tous cas, étant assurément l'un des meilleurs ministres (le seul ? Non il y a quand même Lagarde...), on pourra peut-être espérer, en effet, faire de l'autonomie énergétique autre chose que l'Arlésienne de l'aéroport international de Bora Bora par ex et de tant d'autres projets tombés à l'eau avant même de démarrer ! Que le King des ISLV tienne la route lui, c'est tout ce que l'on demande !... Tiens bon la barre Bill !!!

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