Publié le mercredi 16 décembre 2009 à 10H55
ASSEMBLÉE. La représentante orange, qui siège désormais en tant que non-inscrite, a certifié hier qu’elle soutenait le gouvernement GTS 3. Celui-ci en aura bien besoin pour faire adopter ses 63 amendements qui doivent modifier le budget Temaru.
L’ESSENTIEL
- Chantal Galenon a quitté le groupe Tahoeraa mais pas le parti, ni la majorité, a-t-elle précisé hier
- Les représentants ont adopté la réforme du statut des receveurs qui va permettre au gouvernement d’inscrire 3 milliards de recettes supplémentaires au budget
- Une “cavalerie budgétaire” selon l’opposition qui met en doute d’ores et déjà la sincérité du document budgétaire
L’assemblée a ensuite attaqué l’ordre du jour de cette dernière séance de la session budgétaire. D’abord la proposition d’acte de délégation de l’assemblée de la Polynésie française à la commission permanente. Même si elle a été adoptée à la quasi-unanimité (à l’exception de Hiro Tefaarere qui s’est abstenu), cette proposition a donné lieu à un débat musclé entre la majorité et l’opposition. Les représentants se sont ensuite penchés sur une délibération réformant le statut des receveurs afin de recouvrir des sommes dues au Pays, qui va surtout permettre à Gaston Tong Sang d’inscrire 7,7 milliards de Fcfp de recettes supplémentaires au budget du Pays. “Des recettes fictives”, pour Jean-Christophe Bouissou en face de dépenses sous-estimées qui vont entraîner un “déficit très important”, “des problèmes de trésorerie” et surtout, selon le président de Ia Ora te Fenua, “Gaston Tong Sang et son gouvernement seront dans l’obligation de revenir nous voir au mois de mai ou de juin pour demander à ce qu’on l’autorise à percevoir des taxes ou des impôts là où ils auraient dû le faire depuis le début de l’année”. Pour l’opposition, il ne s’agit pas d’une “opération vérité”, mais d’une opération “banqueroute”.
Gaston Tong Sang a quant à lui défendu la sincérité de son budget en rappelant que c’est la chambre territoriale des comptes qui réclamait cette réforme. De plus, il a reprécisé qu’il allait inscrire au budget “4,5 milliards de Fcfp en admissions en non-valeur”, c’est-à-dire de recettes admises comme perdues. “Je n’utilise pas la totalité des restes à recouvrer, les fameux 7,7 milliards, pour mettre en face des recettes réelles. Ce serait mettre en danger le budget du Pays au niveau de l’exécution. Déjà, sur les 7,7 milliards, j’enlève 4,5 milliards, pour n’utiliser finalement que 3 milliards, puisque d’après le payeur, c’est à peu près les sommes qu’on va recouvrer. En face de ces 3 milliards, jemets des dépenses, et là c’est sûr qu’on va les dépenser…” Alors s’il ne s’agit que de trois milliards de Fcfp…
Autre dossier à l’ordre du jour, le projet de loi du Pays relatif au chèque-service aux particuliers. Son examen en séance plénière a été à nouveau repoussé, à la demande du gouvernement. Selon Gaston Tong Sang, la ministre du Travail et de l’Emploi Lana Tetuanui n’était pas encore prête à défendre ce dossier, n’ayant pas encore pu rencontrer les banquiers pour définir les modalités précises du plan. Un report dont s’est offusquée l’opposition, et notamment l’ancien ministre du Travail et de l’Emploi Pierre Frébault, qui y a vu “unmanque de volonté politique” sur un dossier pourtant “urgent”. Comme quoi les coups de gueule font parfois avancer les choses : le gouvernement a annoncé, moins de deux heures après la clôture de la séance, la tenue ce mercredi d’une réunion de travail entre Lana Tetuanui et les représentants des établissements bancaires, sur la mise en place du chèque-service aux particuliers. Mais il faudra quand même un jour prendre la peine d’examiner le dossier à l’assemblée… Ainsi s’est achevée la session budgétaire alors que les représentants vont tout juste attaquer l’étude du… budget. D’abord dès aujourd’hui en commission des finances et si cette dernière est efficace, à partir de lundi en séance plénière. Jour où Gaston Tong Sang a programmé le début de la session extraordinaire qui doit voir le vote du budget avant la fin de l’année. Autant dire que le temps presse.
CV et YT
Entretien Chantal Galenon, représentante non-inscrite
Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à démissionner du groupe Tahoeraa ?
“C’est juste un problème interne au groupe.”
Allez-vous soutenir le gouvernement Tong Sang et voter le budget ?
“Oui. N’oublions pas que j’ai participé à la motion de défiance. En adéquation avec ma personnalité, je continuerai dans la logique et je soutiens ce gouvernement.”
Votre démission ne fragilise-t-elle pas la majorité ?
“La majorité ne sera pas fragilisée par moi. Je suis non-inscrite parce que j’ai envie de faire entendre ma voix quand il le faut, parce que j’ai été très attentive aux remarques de la population au moment de la motion de défiance. C’est vrai que ces derniers jours, on a l’impression de participer à un marchandage de tapis au sein de l’assemblée et je voudrais rétablir un peu l’image des politiques que nous sommes.”
N’avez-vous pas peur que l’effet contraire se produise et que cette mise à l’écart précipite la chute du gouvernement Tong Sang, et dégrade encore l’image de la politique ?
“Je sais quelles sont mes responsabilités et je n’ai pas l’intention de faire tomber le gouvernement actuel. Je tiens seulement à faire entendre ma voix quand ce sera le moment.”
Vous parlez de problèmes internes au Tahoeraa, mais le Tahoeraa se disait hier extrêmement surpris de votre démission du groupe…
“Cela nous regarde, et j’arrangerai cela avec mes collègues, c’est tout.”
Souhaitiez-vous un ministère au sein de ce gouvernement ?
“Je ne suis pas là pour les places, sans ça je me serais désistée depuis longtemps et je me serais affirmée depuis longtemps.”
Souhaitez-vous garder vos responsabilités au sein du Tahoeraa, notamment en tant que présidente du comité des femmes ?
“J’attends la décision du bureau exécutif et du président-délégué, puisque mon président sénateur Gaston Flosse ne peut pas trancher…”
Pourquoi ne pas les avoir prévenus hier de votre décision ?
“C’était une décision personnelle, je n’avais pas envie de faire de la publicité. Vous savez, quand on parle de “Chantal Galenon star”, ce n’est pas ma tasse de thé.”
Pourriez-vous réintégrer le groupe Tahoeraa Huiraatira dans les jours ou les semaines à venir ?
“Le temps le dira.”
Peut-être n’avez-vous pas apprécié le prêt d’une élue Tahoeraa à un autre groupe ?
“Voilà, merci pour la question. C’est vrai que depuis vendredi, avec la constitution du nouveau groupe, j’ai envie de vous dire que la politique du Tahoeraa a toujours été que nous soyons unis, le Tahoeraa c’est être uni ! Et c’est un peu ça qui m’a déstabilisée dirons-nous…”
Serez-vous aux côtés de la majorité à la commission des finances ?
“Oui, si tout le monde me connaît, j’agirai d’abord pour l’intérêt général. Nous sommes là en tant qu’élus de la Polynésie française, il faut éviter de penser à nos intérêts personnels.”
Avez-vous parlé de votre démarche à Gaston Flosse ? Vous a-t-il approuvée, encouragée ?
“Non, pas du tout, c’est une démarche tout à fait personnelle. Je n’en ai pas parlé avec lui parce qu’on ne peut se voir comme ça, j’attends de le voir quand il sortira.”
Affaire Flosse
Le Tahoeraa parle de“connivence” entre Temaru et l’Élysée
Dans un communiqué envoyé hier matin, le Tahoeraa a accusé le Tavini d’être un “complice du pouvoir central” et demandé s’il ne faut pas voir, “dans le sort réservé au sénateur Flosse, une certaine connivence entre le président du Tavini et l’entourage du président de la République”. Soulignant “qu’il y a encore peu de temps, Oscar Temaru était en ligne directe avec M. Biancarelli, le conseiller du président Sarkozy”, le parti orange est allé jusqu’à présenter le Tavini comme l’“un des instruments” de la “très forte emprise politique sur les affaires judiciaires actuelles”. Moins d’une heure plus tard, l’UPLD a répliqué, trouvant “pathétique d’entendre les anciens hérauts officiels de Paris, qui se vantaient d’avoir ligne directe et entrée libre chez ‘Tonton Jacques’ vouloir donner des leçons de ‘complicité avec le pouvoir central’”.
JEAN-CHRISTOPHE BOUISSOU, président du groupe Ia Ora te Fenua
“L’option de la banqueroute”
Qu’entendez-vous par “cavalerie budgétaire” ?
“Ça veut dire qu’on fait une fuite en avant alors qu’on sait pertinemment qu’il y a des engagements à prendre pour permettre aux missions de service public de pouvoir se réaliser en 2010. On va gonfler de manière artificielle les recettes du Pays. On va aussi réduire de manière unilatérale des dépenses alors qu’on sait pertinemment que ces dépenses devront être honorées en cours d’année. Cela s’appelle l’option de la banqueroute. Ce n’était pas l’option du précédent gouvernement, bien au contraire, qui avait fait le choix plutôt courageux de faire face aux obligations du Pays. Aujourd’hui, ils ont trouvé, à travers le texte qui modifie le statut des receveurs pour leur donner la responsabilité du recouvrement des sommes dues au Pays, le moyen d’inscrire plusieurs milliards aux recettes du budget du Pays alors qu’on sait pertinemment que cette somme d’argent ne sera jamais recouvrée en 2010.”
Pourquoi, et à votre avis, quelles vont être les conséquences ?
“Pour faire croire à la population qu’il a tenu sa parole sur l’équilibre du budget sans avoir à augmenter les taxes ou les impôts, mais encore une fois, ce n’est pas sérieux et c’est totalement irresponsable. Nous allons le voir dans la réalisation du budget et nous allons nous rendre compte assez rapidement que, d’abord, le déficit va être très important, que nous allons avoir d’importants problèmes de trésorerie, et surtout que Gaston Tong Sang et son gouvernement seront dans l’obligation de revenir nous voir au mois de mai ou de juin pour demander à ce qu’on l’autorise à percevoir des taxes ou des impôts là où il aurait dû le faire depuis le début de l’année.”
Réaction
GASTON TONG SANG, président du Pays
“Taxer ces chiffres de fictifs, c’est remettre en cause la probité de nos chefs de services”
Quelle est votre réaction sur la démission de Chantal Galenon du groupe Tahoeraa et sur son impact sur la majorité gouvernementale ?
“Elle a fait une déclaration en début de séance pour dire qu’elle reste dans la majorité, je ne retiens que ça. Il est important effectivement que la majorité reste unie, quand bien même il peut y avoir des différends au sein de chaque groupe.”
Jean-Christophe Bouissou s’est montré assez virulent à l’égard de votre future copie du budget. Que répondez-vous à ces attaques, concernant notamment les “recettes virtuelles” ?
“Je vais vous donner un scoop : j’ai donné autorisation aux services techniques, à la direction des Finances et au payeur du Pays de s’adresser directement aux médias, sans intermédiaire politique, pour bien dire à l’opinion que ce n’est pas moi qui ai arrêté ces chiffres.”
Ça reste quand même votre décision d’inscrire ces recettes au budget…
“Avec le texte que nous venons d’adopter, c’est devenu une obligation pour moi, sinon je suis en faute. La chambre territoriale des comptes pourrait se retourner contre moi en disant : ‘Maintenant que la question des receveurs est réglée, voilà que l’ordonnateur ne veut plus l’inscrire’… Ce serait une faute grave pour l’ordonnateur que je suis.”
Quand l’étude du budget commencera-t-elle ?
“Dès demain matin (ce matin, ndlr) au sein de la commission des finances, en espérant que ce projet de budget amendé que je défendrai en personne arrivera suffisamment à temps devant le bureau de l’assemblée pour qu’il soit examiné à partir du lundi 21 décembre.”
N’avez-vous pas peur que l’opposition fasse traîner le dossier sur chacun des 63 amendements ?
“(…) Si l’opposition estime que ce budget n’est ni sincère ni équilibré, elle peut toujours demander au hautcommissaire et en dernier ressort à la chambre territoriale des comptes de vérifier. (…) Ces chiffres, je ne les ai pas inventés, ils viennent des services techniques. Taxer ces chiffres de fictifs, c’est remettre en cause la probité de nos chefs de services.”
Il reste tout de même une part de fiction dans le sens où certaines recettes sont incertaines…
“Je suis ordonnateur du budget du Pays, et c’est moi qui propose à l’assemblée de voter des recettes et des dépenses. Après, il faut exécuter ce budget. Il faut faire entrer des recettes, et c’est le rôle des receveurs, qui viennent d’être dotés d’un statut plus confortable et qui sont dorénavant de vrais comptables publics. Jusque-là, la comptabilité ne permettait pas aux receveurs d’entrer ces titres de recettes dans les comptes du payeur du Pays. Maintenant, c’est vrai, on chiffre les recettes à un certain montant, et le payeur dit qu’il arrive généralement à recouvrer jusqu’à 95%, mais pas sur une année, peut-être sur deux, sur trois, ou sur dix ans, parce qu’on accorde des étalements de paiement des impôts. L’essentiel est que les recettes rentrent. Si à la fin de l’année le payeur constate que sur tant de recettes estimées il n’a pu encaisser que tel ou tel pourcentage, alors il me demande d’inscrire le reste en admissions en non-valeur et c’est de mon devoir de m’y plier. Jusque-là, on a parfois inscrit zéro franc, et le plus fort montant que l’on ait jamais inscrit est de 100 millions, dans le budget transmis par Temaru à l’assemblée. Moi, je mets 4,5 milliards en admissions en non-valeur. Je n’utilise pas la totalité des restes à recouvrer, les fameux 7,7 milliards, pour mettre en face des recettes réelles. Ce serait mettre en danger le budget du Pays au niveau de l’exécution. Déjà, sur les 7,7 milliards, j’enlève 4,5 milliards, pour n’utiliser finalement que 3 milliards, puisque d’après le payeur c’est à peu près les sommes qu’on va recouvrer. En face de ces 3 milliards, je mets des dépenses, et là c’est sûr qu’on va les dépenser…”








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Commentaires anonymes
17/12/2009 à 11h20
Si vous voulez sauver Chantal, envoyez 1 par SMS au 5757*.
Si vous voulez qu'elle démissionne, envoyez 2 par SMS au 5757*.
5757* : 0 fcp hormis le coût du SMS. (Puisque c'est déjà prélevé par les différentes taxes.)
:o:o:P:P
Commentaires anonymes
17/12/2009 à 09h44
“Je vais vous donner un scoop... , pour bien dire à l’opinion que ce n’est pas moi qui ai arrêté ces chiffres.”
Quel courageux ce GTS ! Ce n'est pas moi ! C'est eux ! J'ai été trompé par les chefs de services ! Quand il s'apercevra que les modifications du budget qu'il a apporté ne sera réduit finalement qu'à une peau de chagrin, sûr que ce ne sera pas de sa faute mais de celle des autres...
Caliméro tu es, Caliméro tu resteras, petit par la taille mais tellement grand par la conn.rie !
Quant à la Chantal, comment peut-on faire partie du Tahoera'a en se positionnant en tant que non-inscrite et en continuant à le soutenir ? Il est vrai que Sandra est plus "potable" qu'elle mais quand même !
Commentaires anonymes
17/12/2009 à 06h58
L’ancien Ministre du Travail et de l’emploi Mr Pierre FREBAULT était à l’origine « Chef de Syndicat des salariés ». Pour arriver à ce poste de Ministre du Travail et faire tomber la « Période FLOSSE » il a eu la bonne idée de faire savoir avant la campagne que le SMIG qui était à 90.000 fcp serait à 150.000 fcp (ce qui est le cas aujourd’hui avec toutes les charges comprises).
On aurait pu se contenter de 130.000 fcp avec les charges, OU environ un SMIG net de 100.000 fcp ; ce grand écart a appauvri les entreprises qui ne font pas du bénévolat, voir aussi qui sont en retard sur les frais des charges malgré la DARSE, qui sont obligé de diminuer le personnel et avec la crise beaucoup ont cessé toute activité ou reste patron avec 0 à 2 employés. A vouloir trop gagné, on finit par tout perdre. Il y a augmentation importante de chômeurs et diminution des recettes, des cotisations, etc.
Avec le « Chèque service au particulier » c’est le « Self service du travail ». Le chômeur cherchera son travail en faisant comme des commerciaux du porte à porte. Il ne travaillera pas au « noir », sa situation ne sera pas occulte. Les fonds publics placés et stockés dans les banques serviront à avancer l’argent des futurs employeurs potentiels.
Après avoir poussé les entreprises à se créer, la manne est si importante dans les prestations de service que la TVA de 7% est passé à 10%. Aujourd’hui nous sommes habitués, il faut bien amasser de l’argent dans la caisse, nous en avons besoin pour notre bien être (dépenses du Pays et autres, ).
Ces prestataires patentés verront leur clientèle se tourner vers le CSP dont le tarif horaire est au SMIG ; il n’y a ni TVA et ni charges à payer. Mais ce n’est pas sûr que le taux de chômage diminue. C’est à l’usure que l’on verra. Des personnes aimeront être salariées mensuellement que plus tôt à la tâche.
Le CSP sera très utile pour les « gens de maison » envoyés par la CPS, les Services Sociaux pour s’occuper, comme en Métropole, des personnes aux foyers qui sont dans des difficultés de santé, ect.
Commentaires anonymes
16/12/2009 à 16h54
ah oui Chantal, c'est bien..... continue donc, c'est fou comme on est ravi de voir nos zélus faire leur cinéma, même plus besoin de regarder la télé quand on s'ennuie..
Dans l'épisode précédent : Chantal voyant Sandra toute peinturlurée à la télé commence à comprendre la façon de se faire entendre à l'assemblée bla bla bla... zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz