Publié le mercredi 06 mai 2009 à 11H43
MACHINE ARRIÈRE TOUTE. Édouard Fritch a eu beau répété hier, avant et après le bureau exécutif du Tahoeraa, que ce n'était pas le cas, le président délégué du parti orange a bel et bien freiné des deux pieds. Il y a dix jours, il demandait à Gaston Flosse de “prendre de la hauteur” et de “passer franchement le flambeau à une nouvelle équipe de direction”. Hier il déclarait : “Il n'a jamais été question pour moi de virer mon président ni de lui demander de partir”.
L’ESSENTIEL
- Le 24 avril, Édouard Fritch convoquait la presse pour demander à Gaston Flosse de “passer le flambeau”
- Mais les médias ont mal compris, il s'agissait en fait de créer “un débat en interne”
- Lundi, Édouard Fritch a rencontré Gaston Tong Sang pour discuter du projet de loi Morin
Comment le Tahoeraa se porte-t-il ?
“Je n'ai pas très bien compris pourquoi, dans mes déclarations, on a vu le mauvais côté de la chose, alors qu'en fait, je voulais créer un débat en interne pour que l'on parle entre nous et que le Tahoeraa Huiraatira, par ce genre d'idées, puisse renforcer sa cohésion. Mais il n'a jamais été question pour moi de virer mon président ni de lui demander de partir. Au contraire, nous devons travailler ensemble. J'ai simplement demandé que la direction soit assurée en équipe.”
Vous avez quand même demandé à Gaston Flosse de passer le flambeau, aujourd'hui, vous faites machine arrière ?
“Non je ne fais pas marche arrière, mais laissez-nous le temps de la discussion. Je n'ai pas du tout pour intention de prendre la place de qui que ce soit. Mon intention première, c'est de tout faire, et je crois que le président est aussi en phase avec moi puisqu'il est sur le terrain, pour que le Tahoeraa Huiraatira, qui est le seul parti dans l'opposition, reprenne du poil de la bête, se conforte, se restructure et redevienne plus fort.”
Et donc puisque Gaston Flosse n'a pas envie de passer le flambeau, vous allez le soutenir dans cette démarche ?
“Je crois qu'il ne faut pas non plus prêter à Gaston Flosse ce qu'il ne vous a jamais dit. Pourquoi pensez-vous que Gaston Flosse ne passera pas le flambeau ? Moi je suis optimiste, je pense qu'il faudra commencer par un partage et les choses évolueront petit à petit. L'essentiel, c'est d'en débattre.”
Comment s'est passé ce bureau exécutif ?
“Très bien.”
Pourtant Gaston Flosse est parti avec le visage fermé ?
“Non pas du tout. Le bureau exécutif s'est très bien passé, Gaston Flosse accepte le dialogue et ce débat interne que nous avons souhaité.”
Vous avez parlé de quoi ? Avez-vous pris des décisions ?
“Le président a informé le bureau exécutif que l'on se réunissait en séminaire en fin de semaine prochaine pour parler des propositions que j'avais faites lors de ma conférence de presse et je me suis expliqué làdessus et Gaston Flosse a accepté le principe que l'on discute entre nous et ensuite en élargissant.”
Est-ce que vous allez discuter de la question de la succession à la tête du Tahoeraa ?
“La succession n'est pas ouverte. Je l'ai dit tout à l'heure, je n'ai pas l'intention de demander à mon président de partir. Mais par contre, je pense que l'on peut participer beaucoup plus activement à la direction du parti. Le comportement que j'ai aujourd'hui, c'est un comportement que je veux constructif parce qu'il faut, je crois, que le Tahoeraa Huiraatira consolide sa cohésion, à partir d'un débat que l'on ouvre en interne pour discuter, parler, s'exprimer. Je ne veux plus, je dis ‘je’, mais on est un certain nombre, on ne veut plus voir nos amis partir avec un préavis de 12 heures ou de 24 heures, ça veut dire qu'il y a un problème quelque part.”
Comment comptez-vous le résoudre ? Et qu'entendiez-vous par passer le flambeau ?
“Je n'ai pas de solution miracle, il faut qu'on en discute. Je compte beaucoup sur l'expérience de mon président, parce que cela fait un moment qu'il est dans la politique et il connaît les hommes. Je pense qu'il nous apportera son expérience pour trouver la solution, mais je crois que l'intérêt, c'est qu'on en parle, et on en parle beaucoup.”
On sent quand même que vous calmez beaucoup le jeu. Qu'est-ce qui vous a adouci ?
“Je ne calme pas le jeu parce que je n'ai pas voulu casser ni créer une scission au Tahoeraa Huiraatira. Ce que je voulais, c'est créer la réflexion et créer le débat parce qu'il le faut, on en a besoin aujourd'hui. Je crois que tout le monde doit se remettre en cause. C'est le Tahoeraa Huiraatira qui commence, mais je suis persuadé que dans les autres partis, ça va venir bientôt, parce qu'il y a quand même beaucoup d'incohérences dans le comportement des différents partis et des différentes composantes des groupes à l'assemblée. Voyez l'affaire cet après-midi des essais nucléaires. On a été obligé de démettre deux rapporteurs pour en mettre quatre issus des quatre groupes de l'assemblée. Cela traduit un malaise dans le comportement des uns et des autres. Je crois que nous avons besoin, au niveau politique aujourd'hui, de se ressaisir et d'être plus sérieux, aux yeux de ceux qui nous regardent, aux yeux des citoyens, aux yeux de ceux qui nous ont élus.”
C'est au sujet du nucléaire que vous avez rencontré Gaston Tong Sang ?
“Nous nous sommes vus pour discuter du projet de loi sur les essais nucléaires, parce que je pense, et cela a été la position du Tahoeraa Huiraatira, je pense que l'État a fait un bel effort aujourd'hui, en reconnaissant le fait nucléaire en Polynésie française. Je ne vous cache pas que j'ai été surpris de découvrir l'avis défavorable du président Oscar Temaru. J'ai voulu savoir si cela était aussi le sentiment des autonomistes de l'actuel gouvernement et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé à voir Gaston Tong Sang, mais ce n'était que pour cela. Et cet après-midi, on a assisté pratiquement à l'explosion de l'avis de la majorité puisque les deux rapporteurs UPLD vont être remplacés demain par quatre rapporteurs. Cela traduit une crise quelque part, il y a un vrai problème chez nous en Polynésie française.”
Pourquoi convoquer un séminaire plutôt que le grand conseil ?
“Il sera convoqué bientôt. Je crois que le président Gaston Flosse doit le convoquer sous quinzaine parce qu'il nous faut prendre position sur les élections européennes qui arrivent et transmettre le résultat de nos réflexions sur comment redonner du power au Tahoeraa Huiraatira.”
Propos recueillis par CV
Zoom
Édouard Fritch a dit
Extraits de son discours qu’il a prononcé lors d’une conférence de presse le 24 avril dernier : “Le Tahoeraa se retrouve dans l’opposition sans avoir de ligne de conduite précise. La seule perspective qui ait été annoncée se résume dans le fait que le gouvernement actuel ne réussira pas dans son entreprise et que le Tahoeraa pourrait en tirer profit pour revenir renforcé aux prochaines territoriales. Permettez-moi de vous dire que, pour moi, ce n’est pas une perspective. D’abord, parce que je n’entends pas bâtir l’avenir sur les ruines de mon pays. Je n’attends pas que le gouvernement échoue, parce que s’il échoue, nous aurons tous échoués. La population attend une amélioration de son quotidien, une relance de l’économie. Elle n’attend pas que tout se casse la figure pour appeler le Tahoeraa au secours. C’est totalement illusoire et très dangereux pour notre pays comme pour notre mouvement.”
“Je suis persuadé que, pour maintenir l’unité du Tahoeraa Huiraatira, mettre un terme aux hémorragies observées, en une phrase pour redonner crédibilité et avenir au Tahoeraa, le président doit aujourd’hui, sans plus tarder, reconsidérer sa position au sein de notre mouvement, prendre de la hauteur et passer franchement le flambeau à une nouvelle équipe de direction, qui saura faire fructifier à nouveau ce bel héritage si difficilement construit. Bien évidemment, si ce choix ne devait pas être retenu, je demanderais la réunion du Grand conseil pour qu’il prenne position sur cette question. Je ne souhaite pas arriver à cette extrémité. Je ne souhaite pas un désaveu collectif du président de notre mouvement.”








Les dernières contributions
Commentaires anonymes
07/05/2009 à 11h41
Pourquoi prêter attention à ce que raconte tous ces clowns. Cela n'a aucun intérêt. Ils n'ont plus rien à dire et ne souhaitent que monopoliser l'attention.
Commentaires anonymes
06/05/2009 à 21h07
Quelle pression! Pauvre Edouard avec toute cette horde de journalistes à l'entrée du Tahoeraa hier soir, espérant des fois que... Alors là, leurs têtes, c'était à filmer; qu'est ce qu'ils étaient déçus. Zut alors, c'est loupé. En tous les cas, un grand bravo Edouard.
Et un bon conseil d'ami : tes copains qui ne t'aiment que pour leurs sucettes et n'ont rien à faire du tahoeraa, de notre population et de notre pays, tu ferais bien de t'en méfier et de regarder à l'avenir où tu mets les pieds en évitant leurs peaux de bananes. Temaru leur a donné leur sucette, c'était clair comme de l'eau de roche et de ministre et de dircab etc. Espérons qu'ils s'en contenteront.
Et ce soir sur RFO, Beatrice Coppenrath, ton maire-adjoint d'alors en qui tu avais entièrement confiance et qui t'a roulé avec ses calins miéleux, hypocrites et calculateurs. C'était pour mieux te manger mon enfant. A ton âge, tu n'as pas encore compris que la confiance, ça se mérite autrement qu'avec des bisous.
Et après avoir démoli l'UDSP, elle parle de paix et d'union. De qui se moque t-elle?
Commentaires anonymes
06/05/2009 à 20h37
Cet épisode nous amène à la conclusion suivante :
1) E. FRITCH n'a pas les épaules d'un leader capable de reprendre le mouvement en main, et du reste, c'est bien pour cela que G. FLOSSE le garde près de lui, en seconde ligne, histoire de faire obstruction à d'éventuels prétendants (qui pour la plupart ont quitté le parti).
Sans doute n'a-t-il pas oublié le précédent LEONTIEFF, qui l'avait évincé dans les années 90 après avoir été son poulain. Mais aujourd'hui, à bientôt 80 ans, sommes-nous dans les mêmes conditions ?
2) Que va devenir le Tahoeraa ? Ce qui faisait autrefois la force du Tahoeraa, c'était sa capacité à tirer les Polynésiens dans la modernité, à rassembler autour de lui des personnes autour d'un projet commun, celui d'un developpement aidé par l'autonomie. Un grand nombre d'électeurs adhérait à cet objectif, et c'est en cela qu'il y avait modernité : on n'était plus dans le lien affectif au pouvoir (je vote pour toi à condition que tu me donnes des avantages à moi et à mes fetii). Le principe de la compétence des hommes devait (en théorie, car dans la pratique, c'était bien différent) prévaloir si, effectivement, on souhaitait que le développement se concrétise.
L'histoire démontrera plus tard l'échec d'une telle contruction, face à des dérives que tout le monde connaît désormais. Aujourd'hui, le Tahoeraa n'est plus capable de proposer un projet "abstrait" pouvant fédérer les hommes. On le voit bien, c'est le lien affectif qui reprend le dessus et non l'intérêt du parti orange. Il n'y a qu'à regarder les commentaires des rares internautes du Tahoeraa pour constater un réel manque d'objectivité, une incapacité à se remettre en question. G. FLOSSE s'est tellement discrédité par ses mensonges, ses volte-faces, que les électeurs (les vrais, ceux qui votent en fonction des idées) ne sont plus enclins à lui faire confiance. A force de ne plus savoir se situer entre l'autonomie et l'indépendance, il s'est définitivement exclu de l'espace politique, du débat idéologique.
En outre, il n'est plus capable, comme autrefois, de rapporter des milliards de Paris dans sa hotte de père Noël. Et ça, ça fait une grosse différence...
C'est pourquoi il est fort probable que le Tahoeraa revienne à un registre plus traditionnel (le lien affectif) qui, du reste, est celui d'E. VERNAUDON ou des autres îliens. Ces derniers sont de véritables girouettes etle Tahoeraa a démontré, depuis un certain temps, une réelle capacité à les imiter. Mais dans ce genre de situation, les formations ne durent pas, ou tout du moins, meurent avec leur metua. C'est hélas ce qui risque d'arriver au parti de G. FOSSE...
Commentaires anonymes
06/05/2009 à 15h13
Pauvre homme ! Il n'a pas pas encore compris qu'il sera le toutou obéissant de GF jusqu'à la fin, il lui est trop redevable.
Commentaires anonymes
06/05/2009 à 15h03
Lamentable !!! Edouard ! A force de rater le top départ, tu vas définitivement te crasher sur l'autel des présidents éternels qui n'existent guère que dans les républiques bananières et les régimes totalitaires... Et hélas aussi en Polynésie...
Elle est belle la relève, c'était à elle de prendre de la hauteur, une fois de plus tu as laissé passer ton heure et l'autocrate à nouveau en place va ruiner ta carrière !!! Ah mais beaupapa m'a dit...
Tu peux être fier de toi ! Courageux mais guère téméraire, pauvre de toi et pauvre Taoheraa, on va où là ???!!!