“Ils ont sorti leur baguette du chapeau”

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Publié le jeudi 17 décembre 2009 à 10H31

BUDGET. La commission des finances a commencé hier et devrait poursuivre aujourd'hui l'examen de la copie budgétaire. Soixante-trois amendements à étudier, c'est long, d'autant que l'opposition n'est pas pressée.

L’ESSENTIEL

  • Antony Géros confirme le dépôt d’un recours contre le renouvellement de la commission des finances opéré lors de la dernière séance de l’assemblée mardi
  • L’étude du projet de budget dans cette même commission pourrait continuer aujourd’hui

Comment se déroule l'étude du budget en commission des finances ?

Antony Géros : “Nous avons eu une première séance de la commission des finances, que je vais contester en justice, parce que je m'apprête à déposer un recours en vue de l'annulation de son renouvellement qui n'était pas conforme à la fois à la loi statutaire et au règlement intérieur.”

Pourquoi ?

Dans le cadre du règlement intérieur, il y a deux dispositions qui sont très claires. La première, c'est que l'assemblée, quand il y a des changements de gouvernement, peut procéder soit à un renouvellement, soit à un remplacement de ses membres. Le renouvellement, lorsqu'il y a une annulation contentieuse de la commission, et le remplacement lorsqu'il y a des mouvements de représentants entre l'hémicycle et le gouvernement. Nous étions manifestement dans le cadre d'un remplacement, mais nous avons été renouvelés.”

Quelles pourraient être les conséquences de votre recours si jamais vous obteniez gain de cause ?

“On se pose la question de savoir si on ne va pas être obligés de revenir à la case départ pour étudier ce budget et donc les amendements qu'ils ont présentés, qui sont certes au nombre de 63, mais qui représentent quand même plus de 300 pages. C'est la première fois que nous vivons cette manière cavalière d'étudier un budget. Nous avons demandé, pour la sérénité de nos travaux, de nous laisser une journée et de commencer les travaux de la commission jeudi. Ils ont refusé, dont acte. Nous avons essayé en cinq minutes de faire le tour de ces 300 pages et vous comprendrez bien que nous n'y sommes pas arrivés.”

Où en êtes-vous de l'étude du budget au sein de la commission finances ?

“Je pense que nous allons clôturer en ayant achevé la partie recettes et commencé la section dépenses. Mais sans augurer la décision du tribunal quant au recours, la séance devrait se poursuivre toute la journée de jeudi voire même vendredi.”

Ce qui veut dire que l'étude du budget ne pourra pas commencer lundi…

“Il est bien entendu qu'ils vont chercher par tous les moyens à accélérer cette procédure, quitte à passer de manière simplifiée sur certains chapitres avec l'expérience et le savoir-faire qu'ils ont dans ce domaine.”

S'ils font tout pour accélérer, ne faites vous pas tout pour ralentir ?

“Cela aurait été plus facile s'ils nous avaient présenté leur document budgétaire, mais là, nous devons découvrir comment ils ont amendé notre document budgétaire. D'ailleurs, ce mercredi matin, pour donner un petit exemple, ils ont évoqué le soutien à la promotion touristique et parallèlement à cela, ils nous ont présenté un amendement pour diminuer les crédits du GIE Tahiti Tourisme. Nous avons cherché à comprendre où était le bug et ils nous ont dit, ‘parce qu'il y a des restes à recouvrer que nous allons récupérer dans un ‘énième’ collectif’ pour compléter la dotation que nous avions prévue. Deuxièmement, au niveau politique, un budget suscite un débat d'orientation budgétaire donc il faut des lignes directrices, des orientations politiques. J'ai posé la question de savoir est-ce que le président du Pays pouvait nous donner une idée de l'orientation politique qu'il entend donner au Pays, aux finances de l'administration publique, et il nous a tout simplement dit avec un petit sourire ironique : ‘Vous avez bien compris que la différence entre ce que vous avez proposé et nous, c'est tout simplement de ne pas toucher la fiscalité et d'essayer de compenser le manque à gagner par des restes à réaliser’. Et son deuxième point c'est : il y a deux principes budgétaires qui l'animent, c'est celui de l'équilibre et celui de la sincérité. Je lui ai dit qu'on ne va pas très loin comme ça en matière d'orientation politique, parce que de toute façon, on n'est pas obligé d'être un politique pour s'obliger à respecter ces principes. En revanche nous avons beaucoup parlé de la contraction fiscale parce que nous lui avons dit : vous êtes sur des perspectives de recettes qui n'ont pas pu être mobilisées pendant 30 ans. Alors comment cela se faitil que la 31e année, tout d'un coup, on a le sentiment qu'on va les réaliser ?

” Est-ce que vous remettez en question la sincérité du budget Tong Sang ?

“Tout à fait. Nous avions voulu utiliser ce levier pour équilibrer notre budget, mais pour éviter d'enfoncer le pays dans une situation incertaine, nous avons préféré parler le langage de vérité et essayer de trouver un consensus avec les partenaires sociaux pour essayer de toucher aux indicateurs fiscaux afin de retrouver cet équilibre. Ce à quoi nous sommes arrivés, puisqu'à la fin de ce travail, nous avons réussi à supprimer la TIS. Eux, ils ont sorti leur baguette du chapeau et ils ont préféré la reprise de l'ensemble de ces recettes à recouvrer. On verra ce que l'exercice de 2010 va donner, mais en tous les cas, je leur ai posé la deuxième question : en 2011, comment on fait ? Il n'y aura plus de recettes à recouvrer en 2011.”

Propos recueillis par CV

Plus c’est long, moins c’est bon… pour la majorité

Une véritable course contre la montre s’est engagée pour la majorité qui, si elle veut que le budget puisse être étudié dès l’ouverture de la session budgétaire lundi, devait absolument boucler son étude en commission des finances hier (délai d’information de quatre jours pour les représentants). Du coup, le rendez-vous était donné aux membres de la commission hier matin à 7 heures, même si les membres de l’opposition souhaitaient avoir une journée pour étudier les “300 pages” des 63 amendements proposés par le gouvernement. D’ailleurs, dans un premier temps, Françoise Tama, la présidente UPLD de la commission, avait convoqué la réunion de la commission pour jeudi matin. Mais après intervention de Philip Schyle, le président de l’assemblée, la réunion s’est finalement tenue hier. Les débats ont commencé avec une heure de retard, deux membres de l’opposition, Hiro Tefaarere et Antony Géros, se sont fait désirer, et la présidente de la commission, Françoise Tama, a préféré les attendre. L'étude du budget et des 63 amendements n'a commencé qu'au retour de la pause déjeuner. Et coup de théâtre, à 19 h 15, Françoise Tama a décidé de suspendre les travaux de la commission “contre l’avis du gouvernement”, précise un communiqué de la vice-présidence. L’opposition a donc quitté la salle, mais “la séance a continué sous l’autorité de la vice-présidente de la commission, Mme Tarita Sinjoux, avec les seuls élus de la majorité et les membres du gouvernement”. Une tentative d’obstruction selon le gouvernement qui, à ce rythme-là, aura bien du mal à tenir ses délais.

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Commentaires anonymes

18/12/2009 à 16h55

@BOB : Ah ok... baguette = galette ;D

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18/12/2009 à 08h31

Il me semble que le président de la commission à l'APF avait autorité sur sa conduite et non le gouvernement. Ce qui fait bien la différence entre le législatif et l'exécutif !

De plus, avec une Tarita Sinjoux comme vice-présidente et sans l'opposition, la majorité relative a forcément "enregistré" les amendements sans trop de questions !

Ca nous rappelle le temps du Vieux, comme diraient certains, le bon vieux temps !

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17/12/2009 à 23h17

@CORRECTOR

Je pense que tu n'y es pas du tout.
Il s'agit de la baguette de pain sorti du chapeau !

Comme il faut bien manger et donner à manger à tous les habitants, il est nécessaire de faire sortir la baguette (représentant les salaires) du chapeau (représentant l'opposition car Oscar se ballade toujours avec son chapeau) !

En gros il veut dire que GTS reprend les idées d'Oscar pour donner à manger à la population.

CQFD !

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17/12/2009 à 16h11

'Ia ora na

Je pense que par "sorti leur baguette du chapeau", Antony Géros voulait dire "sorti leur lapin du chapeau". Car s'il s'agit bien de la baguette magique d'un magicien, elle sert généralement à faire sortir un LAPIN du chapeau, Antony. Donc question magie, c'est pas gagné.

Légal

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